‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 15 sur 153 · FIG. 7. — DANSEUSES JAVANAISES · texte numérisé non relu

FIG. 7. — DANSEUSES JAVANAISES

(D'après une photographie prise à Java en 1886.)

Les mêmes caractères s'observent dans les pays birmans. Dans l'Orient tout entier, la danse religieuse offre des aspects identiques, témoin les prêtresses danseuses de Java (fig. 7) dont la chorégraphie représente toutes les évolutions de la danse astronomique. L'orchestre étrange des danseuses javanaises est composé d'instruments à percussion aux mélodies pénétrantes. Sur cette

musique douce et hypnotisante, les mignonnes bayadères se remuent lentement avec des gestes mystérieux des mains, comme des divinités créatrices de mondes, marchant demi-nues, la peau brune reluisant sous les ornements bizarres et les tiares hiératiques. Ces gestes nobles, bien qu'un peu contournés, ces lentes évolutions du corps, ces majestueux mouvements de tête ces ondulations souples de la taille, rappellent les actions des dieux façonnant et fécondant la terre, la marche cadencée des astres en leur cours. Ces danses religieuses se rapprochent aussi des pantomimes dont il sera question plus loin.

La danse sacrée a presque entièrement disparu des temples japonais. On la retrouve encore dans certaines provinces, particulièrement dans celle de Nara (fig. 8). Il y a une quinzaine d'années nous avions eu l'occasion d'assister à une de ces pompes religieuses. En voici une description exacte empruntée aux notes de voyage, prises en présence même des petites prêtresses. « Sur une estrade, vis-à-vis les grands Torii, se trouvent les gueshas sacrées, toujours disposées à représenter le Kagoura (danse religieuse), en l'honneur des dieux. Ces minuscules vestales, fort gentilles, sont âgées de treize ans au plus. Leurs cheveux, lissés sur le front en deux bandeaux « à la vierge », se réunissent en une longue tresse attachée par des cercles de papier doré formant deux grands anneaux. Sur les tempes sont placées deux touffes de camélia et de wistaria, aux fleurs rouges. Comme les gueshas, elles y joignent des ornements de métal, ont les joues plâtrées et

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les lèvres avivées de carmin; les sourcils rasés sont remplacés par de petites traces noires peintes à la place où se trouvent les bosses de la sagesse dans les images de Bouddha. Leur costume se compose de larges pantalons rouges (hakama) et de douze

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