Ibid., XV
3. Cette expression chœur de musique signifiait chez les anciens l'union de la danse et de la musique. C'est ainsi, d'ailleurs, que les Grecs, en qui se résumait toute la civilisation antique, les comprenaient (note de la Bible). Du reste, fait observer M. Maurice Emmanuel (la Danse grecque antique), le mot x°P°S a une signification plus étendue que notre mot chœur. Il implique presque toujours l'union du chant et de la danse.
io HISTOIRE DE LA DANSE.
lui offrant des holocaustes et des hosties pacifiques, tandis que Moïse converse avec Dieu sur la montagne : « Et s'étant approché du camp, il (Moïse) vit le Veau d'or et les danses. Alors il entra dans une grande colère1. »
Plus tard le roi David, conduisant l'arche du Seigneur à Jérusalem, se livre à de saints transports de joie au milieu des acclamations du peuple, au son des trompettes, des hautbois, des timbales, des cithares et autres instruments de musique : « Et l'arche du Seigneur étant arrivée jusqu'à la ville de David, Michal; fille de Saûl, regardant par la fenêtre, vit le roi David qui sautait et qui dansait devant l'Éternel et elle le méprisa dans son cœur2. »
On peut aussi ranger parmi les danses religieuses celles que les femmes juives exécutèrent au retour de Saûl lorsque David eut vaincu les Philistins. Les Hébreux célébraient aussi par des danses sacrées les trois principales fêtes de l'année : la fête de Mai, la fête des Moissons et la fête des Tabernacles.
Les cérémonies, qui avaient lieu dans le temple de David et dans celui que Salomon éleva en l'honneur de Dieu, se composaient, sans doute, en grande partie de danses religieuses. Salomon, dans ses Prescriptions, avait laissé une grande place à la musique. L'historien Josèphe, en faisant l'énumération de tous les objets que Salomon avait réunis pour servir aux solennités, parle de deux cent mille trompettes et quarante mille autres instruments, Nébels ou Kinnors. Lorsque le peuple
i. Exode, XXXII, 19.
2, Samuel, liv. II, chap. vi, v. 16.
L'ANTIQUITÉ. n
devait fêter quelque événement heureux où la puissance divine s'était manifestée d'une façon évidente, les Lévites et le peuple exécutaient des danses solennelles. D'après l'historien Josèphe, la fête de Lancenie, instituée par Judas Macchabée en l'honneur de la reconstruction du Temple, fut célébrée pendant huit jours « comme une réjouissance publique qui consistait en danses au son des cantiques et des hymnes à la louange de Dieu1 ». Les Psaumes 149 et i5o disent qu'il faut louer le Seigneur « par des concerts et des danses au son des instruments ». Lemot^opô? signifie bien exactement danse et il est employé dans les deux cantiques avec ce sens. Un écrivain sacré dit à ce sujet : « Je pense que l'on doit entendre dans tous les psaumes, par les chœurs dont il est fait mention, une troupe d'hommes dansant au son des divers instruments de musique, car je ne crois pas qu'on puisse douter de la multitude des danses et des chants en usage chez le peuple juif2. »
La Grèce ancienne, au sol et au climat « si favorables au développement de l'esprit », eut pour premiers habitants les Pélasges, rameau des antiques races aryennes, qui avaient peuplé, non seulement THellade « mais les pays situés immédiatement au nord, l'Asie mineure, l'Italie, le sud de la Gaule et un grand nombre des îles de la mer Méditerranée ». La plupart des noms de ses divinités, de ses principales cités sont tirés du sanscrit et des langues indianiques : elle a dû emprunter à l'an-