‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 54 sur 153 · FIG. 29. — SCENE DE DANSE THEATRALE · texte numérisé non relu

FIG. 29. — SCENE DE DANSE THEATRALE

(Peinture de vase.)

Pourtant, chez les Romains, la danse profane semble avoir pris moins d'extension que chez les Grecs. Et cela tient à deux causes principales : d'abord le déve-

loppement rapide des danses théâtrales, d'où les Atellanes et la Pantomime prirent naissance. L'an 364 de la fondation de Rome, une peste terrible s'abattit sur les bords du Tibre. Les dieux, interrogés par les devins étrusques, firent répondre qu'ils demandaient à être adorés par des danses religieuses solennelles, qui, même après la disparition du fléau, restèrent en honneur. Mais fatigués à la longue de cette saltation toujours la même, les jeunes Romains, en s'y livrant, eurent l'idée de l'entrecouper de chants reliés à une action. C'était une variante des jeux pantomimes des Grecs. On verra dans un chapitre suivant1 ce que devint cette danse théâtrale à Rome (fig. 29).

La seconde raison fut le goût de la populace romaine pour les combats sanglants des gladiateurs, ornement obligatoire de toutes les fêtes, et dont les joies cruelles firent abandonner les plaisirs plus délicats des chorégraphies helléniques. La Grèce, malgré sa corruption, avait conservé un certain cachet de poésie; Rome ne comprenait que la crudité grossière; et bien plus tard seulement, lorsque l'influence grecque de V eurythmie s'y fit ressentir, le gladiateur blessé tentait un suprême effort pour tomber avec grâce, et mourir selon les lois du rythme, sans quoi les derniers spasmes de son agonie eussent été siffles par un public connaisseur.

Mais ceci était encore un restant de la civilisation hellénique; il ne devait pas tarder à disparaître. Bientôt le gladiateur n'eut plus besoin d'expirer avec eurythmie : on lui demandait seulement de mourir. Les danses

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