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L HOPPAK, DANSE POPULAIRE KO SAKE

tagnes de la Suisse1 et nous aurons fini avec les danses nationales de l'Europe.

Arrivons dans l'Amérique du Sud. Nous trouvons d'abord la Bandeca, en faveur dans le Venezuela, la voluptueuse Chica, venue de l'Afrique par les Antilles

1. Fertrault, Histoire anecdatique et pittoresque de la Danse.

ija HISTOIRE DE LA DANSE.

et que l'on prétend à tort avoir donné naissance au Fandango et à la Chacone, à cause de la similitude du nom. Il est plus vraisemblable de croire, au contraire, que la Chica est devenue, avec l'occupation espagnole, une transformation grossière du Fandango qui porte bien la marque des mœurs mauresques. Moreau de Saint-Méry, dans ses Souvenirs sur les danses américaines, parle de l'extrême licence de la Chica.

Dans cette catégorie de danses peut se ranger le Kalenda aux gestes lascifs, et qui, au dire de Compan, « choquent les yeux même les moins pudiques ». Quelques-unes de ces danses sont peut-être les derniers vestiges delà chorégraphie des races aujourd'hui anéanties et des tribus sauvages. Ces peuples primitifs, étant foncièrement imitateurs, ont pu aussi emprunter, en les défigurant, quelques pas de la danse des Espagnols.

Du reste, ces tribus nomades pratiquaient différentes sortes de saltations. « La danse chez les sauvages, dit Chateaubriand, se mêle à toutes les actions de la vie... On danse pour les mariages, pour recevoir un hôte, pour fumer un kalumet, pour la naissance d'un enfant et surtout pour les morts. » La remarque faite par le célèbre littérateur peut s'appliquer aux peuplades disséminées dans les îles du Pacifique.

Les voyageurs l'ont, du reste, observé dans leurs relations. Bornons-nous donc à citer ici les principales : Les danses de la Découverte, lorsqu'on surprend les ennemis, du Kalumet, lorsqu'on raconte les victoires, et qui, malgré leur apparence guerrière, doivent être placées parmi les danses nationales, car elles servent admirablement à caractériser en temps de paix les instincts

belliqueux de ces tribus ; la danse du Feu, exécutée autour des brasiers et se terminant par des acrobaties faites avec des tisons enflammés, etc.

Le côté véritablement artistique de ces sortes de danses n'est pas nettement défini. On y sent une civilisation très embryonnaire, à peine dégagée de la barbarie native. Tantôt ces saltations sont brutales, échevelées, presque démentes et sans aucun souci d'un rythme et d'une cadence que rien ne peut préciser; tantôt elles sont lentes et semblent différer à peine de la marche. Chez d'autres peuplades plus raffinées, la danse revêt la forme d'une pantomime suivie; elle raconte une légende ou explique une coutume ancienne. Elles sont rarement indécentes.

Le caractère de chaque peuple se retrouve, on le voit, dans ses danses nationales. Sans aucun doute, le philosophe verrait, sur ce sujet, d'intéressants parallèles à établir; mais notre devoir d'historiographe, beaucoup plus restreint, doit se borner à énumérer ces danses, suffisamment connues pour la plupart et non à les décrire dans tous leurs détails. C'est pour cette raison que nous avons tenu à rester dans les limites, forcément un peu étroites, du cadre qui nous était tracé.

OUVRAGES CONSULTES

G. Vuillier, la Danse à travers les âges. R. Charbonnel, la Danse.

Fertrault, Histoire anecdotique et pittoresque de la Danse. Paris, Aubry, 1854.

M. de Rienzi, VOcéanie. Paris, Didot, 1837.

Moreau de Saint-Méry, de la Danse. Parme, i8o3.

Chateaubriand, Génie du Christianisme.

Cook, Voyage dans l'hémisphère boréal et austral. Lausanne,

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