‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 83 sur 153 · FI G. 6 3. — LA FÊTE DU VILLAGE · texte numérisé non relu

FI G. 6 3. — LA FÊTE DU VILLAGE

(D'après le tableau de Téniers, gravé par Le Bas, 1772.

le ballet de cour était créé. Les bals costumés et masqués prirent alors une grande extension; le règne de Louis XIV fut leur apogée. L'Italie, l'Espagne, l'Angleterre, les cours allemandes suivaient ces gais exemples de folie galante. Les bals masqués eurent] une grande

BALS MASQUÉS. — BALS PUBLICS. 199

vogue, tant à cause des intrigues qui s'y nouaient que pour l'extrême licence qui régnait chez les masques dont V incognito devait être respecté. « On sait aussi, dit Bonnet, qu'il n'est pas permis de démasquer un masque, quelque personne que ce puisse être : ce qui fait connaître que ceux qui ont établi le bal masqué n'ont pas manqué d'y joindre quelques préceptes et des règles pour y conserver un ordre convenable aux mœurs de la nation. Le masque a même la liberté de prendre la Reine du bal, quand même ce serait une princesse de sang, quoique tout masqué; le fait se produisit dans un bal donné par le roi à Versailles, où un simple officier de la cour fit danser la duchesse de Bourgogne. L'entrée du bal doit être libre à tous les masques pendant le carnaval, surtout après minuit. »

Les grands seigneurs avaient adopté l'usage de ne laisser entrer les masques que par billet, « ce qui est contraire à la liberté publique, dit Bonnet, ainsi qu'à l'institution des bals masqués, parce que le plaisir du déguisement consiste à n'être point connu et d'y entrer librement ». On voit en quels excès les bals pouvaient dégénérer.

Ces sortes de grands bals n'étaient pas l'apanage de la cour. Partout les seigneurs et les courtisans imitaient les princes et les rois. Seuls les bourgeois et le peuple laissaient aux grands de la terre le luxe éblouissant de ces fêtes parées et dont les frais étaient souvent considérables. Ils avaient cependant les bals champêtres, qui viennent des danses rustiques de la Grèce et de Rome. Les dimanches et les fêtes, au village, on se réunissait autour du ménétrier; mais la danse, « destinée à faire

oublier les misères de la servitude et du labeur quotidien », faisait oublier aussi les devoirs religieux et les obligations de la morale : pour ces motifs les Conciles essayèrent plusieurs fois de Tinterdire.

Cette somptuosité des seigneurs, inabordable pour

LACADEMIE ROYALE

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