Les bals de l'Opéra ont été supprimés en
ao5 HISTOIRE DE LA DANSE.
Une note d'un ouvrage galant du xvme siècle apprend que « les entrepreneurs de la Redoute chinoise, du Vaux- Hall, de la Foire Saint-Germain, ainsi que les directeurs de spectacles des boulevards, distribuaient plusieurs fois par semaine des billets gratis aux demoiselles, afin d'attirer beaucoup de monde à leur spectacle ».
L'époque de la Révolution se fait remarquer par la folie dansante qui s'empare des esprits. L'abolition deprivilèges laisse à une foule d'établissements de ce genre, la licence — c'est le cas d'employer ce terme — de se fonder. A Paris, on en compte un nombre invraisemblable. 'UAlmanach des spectacles de 179 1 porte leur chiffre à plus de 400. Cette rage s'apaise pendant la Terreur pour reprendre avec le Directoire. L'on vit cependant, au milieu de cette période de sang, s'ouvrir le Bal des Victimes, où, pour être admis, il fallait qu'un membre de la famille fût tombé sous le couteau de la guillotine.
L'an 1795 vit se créer les Folies de Chartres, au Parc Monceau, V Elysée du Jardin Bourbon, Paphos, Idalie, (Jardin Marbeuf), le Pavillon de Hanovre} le Jardin Beaujon, le Bal de Sceaux-Penthièvre, le Bal du Palais-Royal, Tivoli, les Jardins de Biron, sans compter les bals organisés chez les particuliers.
En 181 5, leur nombre ne diminue pas, bien que la vogue en ait été un peu moins grande sous l'Empire : tout entières aux victoires, les armées se disséminent sur les champs de bataille de l'Europe et les danseuses manquent de cavaliers. Le calme apporté par le retour de la monarchie donne un regain à ce genre de plaisirs : alors s'ouvrent les bals du Tivoli d'Eté, rue de
BALS MASQUÉS. — BALS PUBLICS
Clichy, des Montagnes de Belleville, de la Grande Chaumière (fig. 68), du Prado, où est actuellement le Tribunal de Commerce, du Salon de Mars, rue du Bac, du Tivoli d'Hiver, tandis que le Cotisée, le Bal d'idalie, passage de l'Opéra, continuent à faire florès.