F I G . 6 6. — LE BAL MASQUÉ
Fêtes données au Roi et à la Reine, par la Ville de Paris, le 23 janvier 1782 à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Dauphin.
(D'après une gravure de Moreau le Jeune.)
plus que des bougies au lieu de chandelles. » L'éclat de ce nouveau mode de luminaire avait attiré en très grand nombre ces futiles papillons qu'on nomme les noctambules * ».
L'exemple de l'Opéra avait été suivi par d'autres théâtres. La Comédie-Française obtint le même privilège en 17 16; mais cette concurrence faisait un grand tort aux directeurs de l'Opéra qui en obtinrent la suppression. Il fut rendu à la Comédie-Française en 1753.
L'Opéra-Comique de la Foire Saint-Laurent eut aussi le droit de donner des bals masqués publics en 1734, et la Comédie-Italienne le reçut à son tour vers la même époque.
Ces théâtres conservèrent le privilège des bals jusqu'en 1766.
Les jeunes seigneurs de la cour avaient établi l'usage d'aller danser le soir au clair de lune dans le grand rond du Cours-la-Reine. Cela donna l'idée d'établir des bals publics où les travestissements, le domino et le masque n'étaient pas obligatoires. On vit alors s'ouvrir les Jardins Ruggieri (1766), le Vaux-Hall de Torré et le Jardin des grands marronniers (1767), le Colisée (1771), le Vaux-Hall d'hiver (1773), le Ranelagh (fig. 71), \g Bal d'Autenil, la Redoute chinoise (1774). Le privilège des bals de l'Opéra n'en souffrait pas, car ces jardins, ouverts généralement l'été, ne pouvaient lui causer aucun préjudice; au contraire, ils rendaient les danseurs plus alertes, plus dispos. Tous ces bals n'étaient pas seulement des endroits où l'on dansait.