LES DA NSES GU
La véritable origine de ces danses guerrières pourrait être cherchée dans Jes sacrifices humains en usage chez les premiers peuples.
Les Grecs, qui immolaient des captifs et des esclaves sur la tombe des héros1 renoncèrent bientôt à cette coutume qu'ils remplacèrent par des simulacres de combat et la danse guerrière quifutlaPyrrhique, tandis que les Étrusques conservèrent plus longtemps cet usage et le
transmirent aux
ERRIERES.
i. Duruy, op. cit.
Romains, peuple éminemment guerrier et sanguinaire. La plus ancienne des danses guerrières de Rome fut le Bellicrepum l établi par Romulus en l'honneur de l'enlèvement des Sabines. Les Saliens institués par Numa Pompilius ne viennent qu'en second lieu par ordre chronologique. On a vu plus haut2 en quoi consistaient leurs danses sacrées, processions armées entremêlées de saltation religieuse et de chant des Saliaria Carmina et des Axamenta, très anciens monuments de la langue étrusque, que déjà du temps de Varron on ne comprenait plus. Tullius Hostilius créa plus tard une seconde troupe de prêtres danseurs qu'il appela . Agonales. Le costume des Saliens se composait de vêtements de différentes couleurs que recouvrait la toge brodée de pourpre. Ils portaient sur la tête un bonnet très haut en forme de cône (fig. 76); parfois leur poitrine était ornée d'une plaque métallique.
Une autre tradition fait remonter leur institution à Salius, compagnond'Enée, venu avec lui en Italie.
Festus Pomponius parle aussi de filles saliennes appelées Virgines Saliares qui accompagnaient les prêtres dans leurs cérémonies, vêtues du costume militaire appelé Paludamentum, et coiffées d'un bonnet semblable à celui des hommes, mais de forme un peu moins élevée; il est, du reste, le seul auteur qui mentionne ces prêtresses guerrières.
Mais les danses belliqueuses ne devaient pas tarder à dégénérer et à s'écarter de leur institution