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nés par un serment de soumission , de tribut et de service militaire, qu'ils renouvelèrent et violèrent souvent. Par une singulière conjoncture, les Esclavons du Péloponnèse et les Sarrasins de l'Afrique se réunirent pour former le siège de Patras. Les citoyens de cette ville se trouvaient à la dernière extrémité ; on imagina , pour ranimer leur courage , de leur persuader que le préteur de Corintlie s'avançait à leur secours; ils firent une sortie qui eut du succès; les étrangers se rembarquèrent, les rebelles se soumirent , et on attribua la victoire à un fantôme ou à un guerrier inconnu qui, dit-on, combattit au premier rang sous la figure de l'apôtre saint André. On orna des tropbées de la victoire la châsse qui contenait ses reliques, et la race captive fut pour jamais dévouée au service et soumise au pouvoir de l'église métropolitaine de Patras. La révolte de deux tribus esclavonnes établies aux environs de Hélos et de Lacédémone, troubla fréquemment la paix de la péninsule. Elles insultèrent quelquefois à la faiblesse du ministère de Byzance, et quelquefois elles résistèrent à son oppression ; enfin, sur la nouvelle qu'une troupe de leurs compatriotes marchait à leur secours, elles arrachèrent une espèce de charte qui réglait les droits et les devoirs des Ezzerites et des Milengi, dont le tribut annuel fut fixé a douze cents pièces d'or. Le prince qui a fait la description des provinces de l'empire, a eu soin de ne pas confondre avec les Esclavons une race domestique, peut-être indigène, et qui pouvait tirer son
T.esliomraes origine des malheureux ilotes. Les Romains, et Au-
libres de la • i- • rr 1 • 1 i i •
Laconie. guste en particulier, avaient aitranchi de la domination de Sparte les cites maritimes , et ce privilège valut à leurs habitans le titre à' Eleuthera ou de Laconiens libres (i). Au temps de Constantin Porphyrogenète , ils portaient déjà celui de Maniotes ^ sous lequel ils deshonorent leur amour de la liberté par l'habitude inhumaine de saisir et piller les vaisseaux échoués sur leurs rochers. Leur territoire, qui ne produisait point de blé , mais où l'on recueillait beaucoup d'olives, s'étendait jusqu'au cap Malée; ils recevaient leur chef ou prince de la main du préteur de Byzance , et un léger tribut de quatre cents pièces d'or était le gage de leurs immunités plutôt que de leur dépendance. Les hommes libres de la Laconie montrèrent l'énergie des Romains, et adhérèrent long-temps a la religion des anciens Grecs. Ils embrassèrent le christianisme par les soins de l'empereur Basile; mais Vénus et Neptune avaient reçu les offrandes de ces grossiers adorateurs cinq siècles encore après la proscription des divinités du pagarevenus du nismc daus l'Empiie romain. Le thème du Péloponl'e;opoiiuese. ^^^^ Comprenait encore quarante villes (2); et au dixième siècle , Sparte , Argos et Corinthe pouvaient se trouver à une égale distance de leur antique splendeur et de leur misère actuelle. Ceux qui
(1) Strabon, Geogr., 1. viii , p. 562 ; Pausanias , Çrœc, Vescriptio ^ 1. m, c. 21 , p. 264 , 265 ; Pline, Hist. natur. , 1. IV, c. 8.
(2) Conslaiilin , De administr. imperio, 1. JJ, c. 5() , 5 1 , 52.
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possédaient les terres ou les bénéfices de la province furent assujettis au service militaire, soit en personne ou par remplacement : on exigea cinq pièces d'or de chacun des riches tenanciers , et les citoyens qui avaient moins de fortune, se réunissaient pour payer la même capitation. Lorsqu'on proclama la guerre d'Italie , les habitans du Péloponnèse , pour se dispenser de servir, offrirent cent livres d'or ( quatre mille livres sterling) et mille cavaliers avec leurs armes et leurs équipages. Les églises et les monastères fournirent leur contingent; on trouva une ressource sacrilège dans la vente des honneurs ecclésiastiques, et l'indigent évêque de Leucadie(i) fut force de répondre d'une pension de cent pièces d'or (a).
Mais la richesse de la province, la source la plus Des mann-
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certaine du revenu pubUc, se tirait des précieux et ^^ j.ji(,uii^.p abondans produits du commerce et des manufactu-^^^^^.^'"''!"^*
A^ de soie»
res. On aperçoit quelques symptômes d'une saine politique dans une loi qui affranchit de toute espèce d'impôt personnel les marins du Péloponnèse, et les ouvriers qui travaillaient le parchemin et la pourpre.
(i) Le rocher de Leucade formait la pointe méridionale de son diocèse. S'il eût eu le privilège exclusif du saut des Amans , si bien connu des lecteurs d'Ovide y epist. Sapho , il eût été le plus riche prélat de l'Eglise grecque.
(2) Leucatensis rnihi juravit episcopus , quot annis ecclesiam suarn debere Nicephoro aureos centurn persolvere , similiter et cœteras plus ininusve secundum vires suas ( Luitrprand , in Légat. , p. 489)»
Il paraît que sous ce titre on comprenait les fabriques de toile, de laine , et surtout celles de soie : les premières florissaient dans la Grèce dès le temps d'Homère, et les dernières étaient en activité peut-être dès le règne de Justinien. Ces arts , qu'on exerçait à Corinthe , a Thèbes et à Argos , occupaient et nourrissaient un grand nombre d'individus; on y employait, selon leur âge et leur force , les hommes , les femmes et les enfans ; et si plusieurs de ces ouvriers étaient des esclaves, leurs maîtres qui dirigeaient leurs travaux et qui en recueillaient les fruits , étaient d'une condition libre et honorable. Les présens qu'offrit à l'empereur Basile, son fils adoptif, qui les tenait d'une riche matrone du Péloponnèse , avaient sans doute été fabriqués dans les ateliers de la Grèce. Cette femme, qui s'appelait Danielis, lui envoya un . tapis d'une très-belle laine, dont le dessin représentait les yeux d'une queue de paon , et qui était assez grand pour couvrir le pavé d'une nouvelle église qu'on venait d'élever en l'honneur de Jésus-Christ , de l'archange saint Michel et du prophète Élie : elle lui donna , de plus, six cents pièces de soie et de toile de différentes espèces et destinées à différen s usages: les étoffes de soie, teintes en couleurs de Tyr, étaient ornées de broderies à l'aiguille; et telle était la finesse des toiles , qu'une pièce entière pouvait se placer dans le creux d'un roseau (i). Un historien
(l) Voyez Constantin ( in vit. Basil. y c. 74 , 76, 76 , p. 195- 157 , in Scriptor, post Theophanem ) qui emploie un grand
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de Sicile, qui décrit ces produits de l'industrie de la Grèce, détermine leur prix d'après la quantité et la qualité de la soie, la finesse du tissu, la beauté des couleurs, le dessin des broderies. On se contentait ordinairement, dans le tissu des étoffes, d'un, de deux ou trois fils; mais on en fabriquait à six, qui étaient beaucoup plus fortes et plus cbères. Parmi les couleurs , il vante avec le patbos d'un rhéteur la flamboyante écarlate, et l'éclat plus doux de la couleur verte. On les brodait en or ou en soie»; les ravures ou les cercles composaient les ornemens simples, les plus belles présentaient des fleurs imitées avec exactitude : celles qu'on fabriquait pour l'usage du palais ou des autels, étincelaient souvent de pierres précieuses; elles offraient des figures dont les contours étaient formés de files de perles orientales (i). Jusqu'au douzième siècle, la Grèce était le seul pays de la chrétienté qui possédât l'insecte
nombre de mots techniques ou barbares : Barbares, dit-il , T>} rcùv %o'hXûùi Mf^oièiot, KoiXov yuo eTfi rovroiç kqivoMktîiv. Ducange s'efforce d'eu expliquer quelques-uns j mais il lui manquait la science du fabricant.
(i) Ce que dit Hugo Falcandus des fabriques de Palerme (///.s/, sicula in Proëm. in Muratori Scriptor. reriun itaVc, t. V , p. 206), est pris sur celles de la Grèce. Sans transcrire ses phrases de déclamaleur , que j'ai adoucies dans le texte, j'observerai que dans ce passage , Carisius, le j)remier éditeur, a substitué avec raison le terme de cranthemata y au terme bizarre d'exarentasmata. Falcandus vivait vers l'an V r yo.
précieux auquel nous devons la matière de ces élégantes superlluitës , et des ouvriers habiles dans l'art de les fabriquer; mais les Arabes avaient eu l'adresse de dérober ce secret; les califes de TOrient et de l'Occident auraient cru s'avilir en tirant d'un pays infidèle leurs meubles et leurs étoffes; et deux villes d'Espagne, Almerie et Lisbonne, devinrent célèbres par leurs manufactures d'étoffes de soie, par l'usage qu'on en faisait, et peut-être parleurs expor- Elles pas- t^tiQ^s en cc g^cure. Les Normands introduisirent
sent de ia ^ o
Grèce en Si- ces fabriques dans la Sicile ; et en y portant ainsi un art utile , Roger distingua sa victoire des infructueuses et uniformes hostilités de tous les siècles. Après le sac de Corinthe , d'Athènes et de Thèbes , son lieutenant embarqua à sa suite une foule captive de tisserands et d'ouvriers des deux sexes ; trophée glorieux pour son maître, autant que honteux pour l'empereur grec (i). Le roi de Sicile fut sensible à la
(i) Inde ad interiora Grœciœ progressi Corinthuin^ Thehas , Athenas antiquâ nob'ilitate célèbres expugnant ; et maxlmâ ibidem prœda direptâ , opijîces etiam qui Sericos pannos texere soient , ob ignominiam impcratoris illius , siùque principis gloriam , captivos deducunt. Quos Rogcrlus , in Palermo Siciliœ rnetropoli collocans , artem texendi siios edocere prœcepit ; et exhinc prœ dicta ars illa , prias à Grœ^ cis tantutn inter christianos habita , Romanis patere cœpit ingeniis. ( Otho Frisingen. , De Gestis Frederici / , 1. i, c. 33 ; in Muratori , Scriptor, Ital. , t. vi , p. 668). Cette exception permet à l'évêque de vanter Lisbonne et Almérie, in sericorum pannorum opificio prœnobilissimœ ( in Chron. , apud Muratori, Annal, d'ital. , t. ix , p. 4i5)-
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valeur du présent , et lors de la restitution des prisonniers, il n'excepta que les ouvriers mâles et femelles de Thèbes et de Corinthe , qui travaillaient sous un maître barbare , dit Thistorien de Byzance , comme les Éretriens travaillaient autrefois au service de Darius (i). On construisit dans le palais de Palerme un magnifique bâtiment pour rétablissement de cette industrieuse colonie (2), et cet art fut propagé par les enfans des ouvriers et par les élèves qu'ils formèrent de manière à satisfaire aux demandes toujours croissantes des nations de l'Occident. On peut attribuer la chute des fabriques aux troubles de File, et à la concurrence des villes de l'Italie. L'an l3i4î de toutes les républiques italiennes, celle de Lucques était la seule qui fît le commerce des étoffes de soie (3). Une révolution intérieure dispersa ses ouvriers à Florence , à Bologne, à Venise , à Milan , et même dans les pays situés au-delà des Alpes; et treize années après cet événement, les statuts de Modène ordonnent de planter des mûriers et règlent
(1) Nicetas, in Manuel, 1. 11, c. 8, p. 65. Il représente ces Grecs comme habiles tvtjTfmsç oùovuç vÇiuivav^ comme içu
(2) Hugo Falcandus les appelle noblles officlnas. Les Arabes plantèrent des cannes , et firent du sucre dans la plaine de Palerme ; mais ils n'y apportèrent pas la soie.
(3) Voyez la Vie de Castruccio Castracani , non celle qu'a publiée Machiavel, mais celle de Nicolas Tegrini , qui est plrs authentique. Muratori , qui l'a insérée dans le onzième volume de ses Scriptorcs ^ etc., cite ce passage ctirieux dans ses Antiquités d'Italie (t. i, Dissert, 26, p. 378).
l'impôt sur la soie ecrue (i). Les climats du nord sont moins propres a l'éducation des vers à soie; mais les soies de la Chine et de l'Italie alimentent les fabriques de la Fiance et de l'Ang^leterre (2). Revenu jg (Jois surtout me plaindre ici de ce que le va-
ae 1 empire ^ *^ ^ . ^
grec. gue et l'insuffisance des mémoires du temps ne me
permettent pas de donner une évaluation exacte des impôts, des revenus et des ressources de l'empire grec. De toutes les provinces de l'Europe et de l'Asie, l'or et l'argent venaient par un cours abondant et régulier se rendre dans le trésor impérial. Les pertes de l'empire , en dépouillant le tronc de quelques-unes de ses branches, augmentèrent la grandeur relative de Constantinople , et les maximes du despotisme réduisirent l'état à la capitale, la capitale au palais, et le palais à la personne du prince. Un voyageur juif qui parcourut l'Orient au douzième siècle, se perd dans son admiration des richesses de Byzance. « C'est là, dit Benjamin de Tudèle, dans cette reine des cités , que sont déposées chaque année les contributions des sujets de l'empire 5 ses hautes tours sont remplies de soie, de pourpre et
(i) Voy. l'extrait des statuts manuscrits de Modène, cités par Muratori dans les Antiquités d'Italie (t. 11 , Dissert. 3o ,
(3) Les fabriques d'étoffes de soie ont été établies en Angleterre l'an 1020 (Andersons, Chronological Déduction ^ vol. II, page 4)' Mais c'est à la révocation de Tédit de Nantes que la Grande-Bretagne doit la colonie de Spilalfields.
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d'or. On dit que Constantinoplc paye tous les jours à son souverain vingt mille pièces d'or, qu'on lève sur les boutiques, les tavernes et les marches, sur les marchands de la Perse et de l'Egypte , de la Russie et de la Hongrie, de l'Italie et de l'Espagne, qui s'y rendent par mer et par terre (i). » En affaires d'argent, l'autorité d'un Juif est sans doute de quelque poids ; mais comme les trois cent soixante-cinq jours de l'année donneraient une somme de plus de sept millions sterling, je crois qu'il faut retrancher au moins les nombreuses fêtes du calendrier grec. Les trésors amassés par Théodora et par Basile ii donneront une idée vague mais brillante des revenus et des ressources de l'empire. La mère de Michel, avant de se retirer dans un cloître, voulut contenir ou dévoiler la prodigalité de son fils ingrat, en donnant un compte fidèle des richesses qui passaient entre ses mains. Ce compte se montait à cent neuf mille livres d'or et en outre trois cent mille livres d'argent , fruits de son économie et de celle de son mari (2). L'avarice de Basile n'est pas moins célèbre que sa valeur et sa fortune. Il paya et récompensa
(1) Voyage de Benjamin de Tiidèle ^ t. i , c. 5 , p. 44"" 52. Le texte hébreu a été traduit en français par Baraticr, cet enfant merveilleux par son savoir , et qui a joint à sa version un volume d'une érudition mal digérée. Les erreurs et les fictions du rabbin juif ne suffisent pas pour contester la réalité de ses Voyages.
(2) y oyez le continuateur de Théophane (1. iv, p. 1 07 ) >. Cedrenus (p. 544 )? ^^ Zonare ( t. 11 , 1. xvi , p. lôy).
f.\nO HISTOIRE DE LA DEGADE^XE
ses armées victorieuses sans loucher a un trésor de cent mille livres d'or (environ huit miUions sterhng) qu'il gardait dans les voûtes souterraines du palais (ï). La théorie et la pratique de notre politique moderne s'opposent à de pareilles accumulations d'argent, et nous sommes plus disposés à calculer la richesse nationaie par 1 usage et l'abus du crédit public. Au reste, un roi redouté de ses ennemis, une république respectée de ses alliés, suivent encore ces maximes des gouvernemens anciens , et l'un et l'autre sont arrivés à leur but , qui sont pour l'un la puissance militaire , et pour l'autre la tranquillité domestique. ' Easte et Quelles que fussent les sommes réservées aux be-
]uxe des euî- ,. ,, i-r ii''.^i
percars. soms journaiicrs et aux besoms luturs de letat, les dépenses consacrées au faste et aux plaisirs de l'empereur étaient mises en première ligne , et n'avaient de bornes que sa seule volonté. Les princes de Constantinople étaient loin de la simplicité de la nature ; toutefois, au retour de la belle saison , conduits par le goût ou la mode , ils allaient hors de la fumée et du tumulte de la capitale , respirer un air plus pur ; ils jouissaient ou ils paraissaient jouir de la rustique joie des vendanges; leurs loisirs étaient consacrés à l'exercice de la chasse et aux plaisirs plus tranquilles
(i) Zonare ( t. ii , 1. xvii , p. 225 ), au lieu de livres , se sert (le la dénomination plus classique de talens : en prenant le sens littéral de ses expressions, le trésor de Basile , par un calcul exact, se trouverait soixante fois plus considérable.
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de la pêche , et durant les chaleurs de l'été , ils cherchaient les lieux ombragés et rafraîchis par les brises de la mer. Les côtes et les îles de l'Asie et de l'Europe étaient couvertes de leurs magnifiques maisons de campagne ; mais aulieude ces modestes ornemens d'un art qui , travaillant a se cacher , ne veut servir qu'à orner les scènes de la nature, les marbres de leurs jardins ne servaient qu'à montrer la richesse du maître et le travail de l'artiste ; les domaines du prince , agrandis par les héritages et les confiscations , avaient rendu le souverain propriétaire d'un grand nombre de superbes maisons dans la ville et dans les faubourgs; les ministres d'état en occupaient douze; mais le grand palais, principale résidence de l'empe- Le palais
-, . .X 1 1 de Conslan*
reur, conserva exactement durant onze siècles le tjnopie, même emplacement, entre l'hippodrome ,'la cathédrale de Sainte-Sophie , et Les jardins, dont les nombreuses terrasses descendaient jusqu'aux rivages de laPropontide(i). Constantin , en élevant le premier édifice, avait voulu copier ou égaler l'ancienne Rome ( les embellissemens graduels exécutés par ses successeurs avaient pour objet de rivaliser avec les merveilles de l'ancien monde (2). Au
(1) SI vous désirez une description très-détaillée du palais iftipérial, voyez la Constantinop. christlana (1, ir, c. 4> p. 1 i3-i23 ), de Ducange , qui est le Tillemont du moyen âge. La laborieuse Allemagne n'a pas produit deux savans plus laborieux et plus exacts que ces deux antiquaires , formés cependant du sang pétulant des Français.
(2) Si l'on en croit une épigramme ( Antholog. grœc, ,
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dixième siècle, le palais de Byzance, incontestablement supérieur en solidité, en grandeur et en magnificence à tout ce qui existait alors , excitait l'admiration des peuples, ou du moins celle des Latins (i): mais le travail et les trésors de sept siècles n'avaient produit qu'une grande masse irre'gulière ; chaque édifice séparé portait l'empreinte du temps où on l'avait élevé et du goût de son fondateur , et le défaut d'espace put quelquefois fournir un motif au monarque régnant pour renverser, peut-être avec une secrète satisfaction , l'ouvrage de ses prédécesseurs. L'économie de l'empereur Théophile ne se porta pas sur son luxe particulier et ce qui pouvait augmenter réclat de sa cour. L'un de ses ambassadeurs , pour lequel il avait une affection particulière, et qui avait étonné les Abbassides eux-mêmes par son orgueil et par ses libéralités, lui rapporta le modèle d'un palais que le calife de Bagdad venait de construire sur les rivages du Tigre. Ce modèle fut sur-le-champ imité
L IV, p. 488, 4^9, Brodaei , ap. Wechel ) attribuée à Julien, ex-préfet de i'Égyple, le palais de Byzance était supt-ricur au Capitole, au palais de Pergame, au btis Kufinieri [ Çen^fiov uyuX/^oi^ , au temple d'Adrien, à Cyzique , ans Pyramides, au Phare, etc. Brnnck a recueilli ( Ann/cct» ^rœc. , l. II, p. 49^- 5 10) soixante-onze des f^piç;^ranim»\s de ce Julien; quelques-unes sont piquantes , mais celle-ci ne s* trouve pas dans son recueil.
(i) Constantino]>ollt(iniun palatlnm nonpnhhlum y verutn ctiain fortttiu'.'m' oinnibiis q'-r, ram mnnidonihus prœstat i^^Luitpr. , t-
et surpassé : les nouveaux bâtimensde Théophile (1) furent accompagnés de jardins et do cinq éghses , parmi lesquelles on en distinguait une d'une étendue et d'une beauté remarquable : elle était surmontée de trois dômes ; le comble, d'airain doré, reposait sur des colonnes de marbres d'Italie, et les murs étaient revêtus de marbres de différentes couleurs : quinze colonnes de marbre de Phrygie soutenaient au devant de l'église un portique demi-circulaire, qui avait la forme et était désigné par le nom du sigma des Grecs , et les voûtes souterraines offraient la même construction. Une fontaine décorait la place qui précédait le portique , et des plaques d'argent faisaient la bordure du bassin. Au commencement de chaque saison , on remplissait ce bassin des fruits les plus délicieux , qu'on abandonnait a la populace pour l'amusement du prince. Il jouissait de ce spectacle tumultueux du haut d'un trône étincelant d'or et de pierreries , placé au-dessus d'un escalier de marbre de la hauteur d'une terrasse élevée. Au-dessous du trône étaient assis les officiers de ses gardes , les magistrats et les chefs des factions du cirque ; le peuple occupait les gradins inférieurs, et au devant la place était remplie par des troupes de danseurs , de chan* teurs et de pantomimes. Le palais de la justice , Tarsenal et les bureaux environnaient cette place :
(1) y oyez le continuateur anonyme de Thëo])liane ( p. 59-61 -86), que j'ai suivi d'après l'extrait élégant et concis de Le Beau ( Hist. du Bas-Ernpire , t. xiv, p. 436- 438).