‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 3)Chapitre 14 sur 44 · DE L EMPIRE ROM AIN. CITAP. XXV · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROM AIN. CITAP. XXV

dans cette forteresse tentait l'avarice du Persan ; mais Olympias , femme ou veuve du roi d'Arménie , excitait la compassion publique , et animait jusqu'au désespoir la valeur des citoyens et des soldats. Les Persans furent surpris et repoussés sous les murs d'Artogerasse , dans une sortie audacieuse et bien concertée ; mais les troupes de Sapor se renouvelaient et s'augmentaient sans cesse ; la garnison épuisée perdait courage ; un assaut emporta la place , et l'orgueilleux vainqueur, après avoir détruit la ville par le fer et par la flamme , emmena captive une reine infortunée, qui, dans des temps plus heureux, avait été destinée à épouser le fils de Constantin (i). Mais Sapor s'était trop tôt flatté de la conquête de deux royaumes subordonnés; il eut bientôt lieu d'apercevoir qu'une conquête est toujours mal assurée quand les sentimens de la haine et de la vengeance restent dans le cœur des citoyens. Les Satrapes qu'il était forcé d'employer, saisirent la première occasion de regagner la confiance de leurs compatriotes, etde signaler leur haine implacable pour les Persans. Les Arméniens et les Ibériens , depuis leur conversion , regardaient les chrétiens comme les fworis de l'Etre suprême, et les mages comme ses ennemis. L'influence qu'exerçait le clergé sur des peuples superstitieux fut constamment employée en faveur des Romains.

(1) Tillcmont [Hlst. des einper., t. v , p, 701 ) prouve , par la chronologie , qu'OIyrapias doit avoir été 1.1 mère de Para.

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Tant que les successeurs de Constantin avaient dispute à ceux d'Artaxercès la possession des provinces interme'diaires de leurs états , les liens de fraternité établis par la religion avaient donné un avantage décisif aux prétentions de l'empire. Une faction nombreuse et active reconnut Para , fils de Tyranus , pour le légitime souverain de l'Arménie ; ses droits au trône étaient consacrés par une succession de cinq cents ans. Du consentement unanime des Ibériens, les deux princes rivaux partagèrent également les provinces ; et Aspacuras , placé sur le trône par le choix de Sapor, fut obligé de déclarer que ses enfans , en otage chez le roi de Perse , étaient la seule considération qui l'empêchât de renoncer ouvertement à son alliance. L'empereur Valens , qui respectait la foi du traité, et qui craignait d'ailleurs d'envelopper l'Orient dans une guerre dangereuse , ne se permit qu'avec beaucoup de lenteur et de précautions de porter secours, en Arménie et en Ibérie , aux partisans des Romains. Douze légions établirent l'autorité de Sauromaces sur les rives du Cyrus , et la valeur d'Arinthœus défendit les bords de l'Euphrate. Une puissante armée , sous les ordres du comte Trajan , et de Yadomair , roi des Allemands , établit son camp sur les confins de l'Arménie ; mais , dans la crainte de se voir imputer la rupture du traité , on leur enjoignit sévèrement de ne pas se permettre les premières hostilités; et telle fut la stricte obéissance du général romain, qu'il se retira, poursuivi par une grêle de traits que lui lancèrent les Persans,

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