B4 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
et la manière de faire la guerre de toutes les peuplades qui se trouvent au même degré de civilisation : j'ajouterai que les Hongrois devaient à la pêche et a. la chasse une partie de leur subsistance, et que, puisqu'on a observé qu'ils cultivaient rarement la. terre, il faut que du moins dans leurs nouveaux établissemens ils aient tenté quelques -informes et légers essais d'agriculture. Dans leurs migrations, et peut-être dans leurs expéditions guerrières, on voyait à la suite de l'armée des milliers de moutons et de bœufs qui formaient un nuage de poussière effrayant, et entretenaient dans la horde une salutaire et constante abondance de lait et de nourriture animale. Le premier soin du général était pour l'abondance des fourrages ; et dès que les troupeaux étaient assurés de leur pâture, les guerriers, pleins de courage, devenaient insensibles au danger et à la fatigue. La confusion de leur camp, où, sur un vaste espace, les hommes et le bétail étaient dispersés pêle-mêle, aurait pu les exposera des surprises nocturnes , si les alentours n'eussent été gardés par leur cavalerie légère, toujours en mouvement pour épier et différer l'approche de l'ennemi. Après avoir fait quelques expériences des usages militaires des Romains , ils adoptèrent Tépée et la lance , le easque du soldat et l'armure du cheval ; mais l'arc usité dans la Tarlarie fut toujours leur arme principale. Leurs enfans et leurs esclaves étaient exercés dès leurs premières années à lancer le trait et à manier un cheval ; leur bras était vigoureux et leur
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coup d'œil sûr ; au milieu de la course la plus rapide , ils savaient se retourner en arrière et remplir l'air d'une grêle de dards. Ils se montraient également redoutables dans une bataille rangée , dans une embuscade , dans la fuite ou dans la poursuite: les premières lignes gardaient une apparence d'ordre ; mais elles étaient jetées en avant par l'impulsion des corps qui se trouvaient sur le derrière et qui se précipitaient avec impatience du côte de l'ennemi. Après avoir mis des guerriers en de'route, ils les poursuivaient tête baisse'e , à toutes brides et £n poussant des cris affreux ; s'ils prenaient la fuite eux-mêmes dans un moment de terreur réelle ou simulée, l'ardeur des troupes qui se croyaient victorieuses était réprimée et châtiée par les subites évolutions qu'ils savaient former au milieu de la course la plus rapide et la plus désordonnée; ils poussèrent l'abus de la victoire à des excès qui étonnèrent l'Europe, encore dans l'angoisse des coups que lui avaient portés les Sarrasins et les Danois ; ils demandaient rarement quartier et l'accordaient plus rarement encore : on accusait les deux sexes d'être inaccessibles à la pitié ; ils passaient pour boire le sang et manger le cœur des vaincus, et leur goût pour la cliair crue semblait appuyer ce conte populaire. Cependant les Hongrois n'étaient pas étrangers à ces principes d'humanité et de justice que la nature inspire à tous les hommes. Us avaient des lois et des châtimens établis contre les crimes publics et particuliers; et le larcin , le plus séduisant des cri-