HISTOIHE DE LA DECADENCE
engag^ea ou l'on força trois cents jeunes nobles à suivre les leçons du collège de Jaroslas. Il paraîtiait que la Russie aurait pu tirer, pour le progrès des lumières , de grands avantages de ses liaisons particulières avec l'Eglise et l'e'tat de Constantinople , qui alors méprisait a juste titre l'ignorance des Latins. Mais la nation grecque était esclave, isole'e et dans un état de décadence rapide : après la chute de Kiow , la navigation du Borysthène fut négligée ; les souverains de Wolodimir et de Moscou se trouvèrent séparés de la mer et de la chrétienté , et les Tartares firent subir à la monarchie divisée le joug honteux de la barbarie (i). Le royaume des esclavons et des Scandinaves , convertis parles missionnaires latins , se trouvait à la vérité exposé à la juridiction spirituelle et aux prétentions temporelles des papes (2) : mais ils avaient la même langue
(i) Les grands princes abandonnèrent en i 1 56 la résidence de Riow , qui , en i2/lo, fut ruinée par les Tartares. Moscou devint au quatorzième siècle le siège de l'empire. Voyez le premier et le second volume de VHist. de Russie , par M. Lcvesque , et les Voyages de Co.re dans le Nord , t. I , p. 241.
(2) Les ambassadeurs de saint Etienne avaient employé les expressions respectueuses de regnuin oblatnm , debaarn obedientiarn , etc., que Grégoire vji interpréta à la rigueur; et les Hongrois se trouvent très-embarrassés entre la sainteté du pape et l'indépendance de la couronne ( Katona , Hist. critica , t. 1, p. ao - 26 ; t. 11, p. 3o4 , 346, 36o , etc.).
T>T. l'e;\TPIRE BOMAIW. CHAP. LV. Qn
et le même culte que Rome; ils prirent l'esprit libre et ge'ne'reux de la republique europe'enne, et partagèrent peu à peu les lumières qu'on vit s'élever sur l'Occident.
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