‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 16 sur 68 · HISTOIRE DE LA. UÉCADEKCE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA. UÉCADEKCE

nations établies du Volga au Danube. Les fatigues d'une vie militaire et sauvage avaient fortifie' la vigueur de son esprit et celle de son corps. Couvert d'une peau d'ours, il se couchait ordinairement sur la terre, la lête appuyée sur une selle ; sa nourriture était simple et grossière comme celle des héros d'Homère (i); les viandes dont il se nourrissait, et qui consistaient souvent en chair de cheval , étaient rôties ou grillées sur les charbons. L'habitude de la guerre forma et disciplina son armée , et il y a lieu de croire qu'il n'était pas permis aux soldats de porter le luxe plus loin que leur général. Une ambassade de l'empereur Nicéphore détermina Swatoslas à entreprendre la conquête de la Bulgarie, et un présent de quinze cents livres d'or servit à le défrayer des dépenses de l'expédition , ou à payer les travaux qu'elle devait lui coûter. Il embarqua soixante mille hommes qui sortirent de l'embouchure du Borysthène, et marchèrent vers celle du Danube; leur débarquement se fit sur la cote de Mœsie ; et, après un combat sanglant, l'épce des Russes triompha des

(i) Celle ressemblance se découvre bien clairement dans le neuvième livre de l'Iliade ( 2o5-22i ) , et les détails de la cuisine (rAcliillf. Un poète nui mettrait aujourd'hui un pareil tableau dans un poème épique, déshonorerait son ouvrai;;e et dégoûterait ses lecteurs: mais les vers grecs sont harmonieux; les expressions d'une langue morle nous paraissent rarement ignobles ou familières; et vingt -sept siècles , écoulés depuis le temps d'Homère , rendent les mœurs de l'antiquité très- piquantes pour nous.

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traits de la cavalerie bulgare. Le roi vaincu descendit au tombeau ; ses enfans tombèrent au pouvoir du va'nqueur,et les guerriers du Nord subjuguèrent ou ravagèrent ses e'tats jusqu'au mont He'mus ; mais au lieu d'abandonner sa proie et de tenir ses engagemens , le prince Varangien était plus disposé à marcher en avant qu'à se retirer; et si le succès eût couronné la fin de son entreprise , le siège de l'empire de Russie eût été transféré dès le dixième siècle sous un climat plus tempéré et plus fertile. Swatoslas voulut jouir des avantages qu'il sentait bien être attachés à cette nouvelle position, où il pouvait réunir autour de lui , soit par le commerce ou par la rapine, les diverses productions de toute la terre. Une navigation aisée lui apportait les fourrures , la cire et l'hydromel de la Russie : la Hongrie lui fournissait des chevaux et les dépouilles de l'Occident , et la Grèce regorgeait d'or , d'argent et de ces objets de luxe qu'affectait de dédaigner sa pauvreté. Les bandes des Patzinacites , des Ghozares et des Turcs, accouraient de tous côtés sous les drapeaux d'un prince victorieux. Sur ces entrefaites, l'ambassadeur de Nicéphore trahit son maître , se revêtit de la pourpre , et promit de partager les trésors de l'Orient avec ses nouveaux alliés. Le prince russe , des bords du Danube, continua sa marche jusqu'à Andrinople : on le somma d'évacuer la province romaine; sa réponse fut dédaigneuse , et il ajouta que Constantinople devait s'attendre à voir bientôt son ennemi et sou maître.

Sa défaite Nicephorc n'était plus en état de repousser le nns(è.s. A.D Hial que lui-même avait attiré, lorsque son trône et ^^°"'' ■ sa femme passèrent à Jean Zimiscès, qui, sous une petite taille , cachait le courage et les talens d'un he'ros. (i). La première victoire de ses lieutenans priva les Russes de leurs allie's étrangers, dont vingt mille furent ou tués ou entraînés à la révolte, ou enfin prirent le parti de la désertion. La Thrace était délivrée ; mais soixante-dix mille Barbares demeuraient en armes , et les légions qu'on avait rappelées des nouvelles conquêtes de la Syrie se disposèrent à marcher au printemps sous les drapeaux d'un prince guerrier qui se déclarait l'ami et le vengeur des Bulgares. Les défilés du mont Hémus n'avaient pas été gardés; les troupes de l'empire les occupèrent sur-le-champ: l'avant-garde romaine était composée des immortels , nom orgueilleux imité des Persans; l'empereur conduisait un corps de dix mille cinq cents fantassins; le reste de ses forces, le bagage et ^es machines de guerre venaient ensuite lentement et avec précaution. Pour premier exploit, Zimiscès réduisit en deux jours Marcianapolis ou Peristh-

(i) L'éplthète singulière de Zimiscès -vient de la langue arménienne : les Grecs traduisaient le mot de ^iftio-Kfjs par celui de ftn^uicil^yjç ou de fAoï^otKi^yji. Comme j'ignore également le sens de ces deux expressions , il doit m'ètre permis de demander , comme dans la comédie ,je vous prie , lequel de vous deux est l'interprète ? Mais , d'après la manière dont ils sont composés , ils paraissent signifier adolescentulus (Leu Diacon,!. iv,MS, ap. Ducange, Gloss. grœc, p. lô/o).

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laba (i). Les murs en furent escalades au son des trompettes; huit mille cinq cents Russes furent passe's au fil de l'e'pe'e, et les fils du roi bulgare, délivrés d'une prison ignominieuse, furent revêtus du vain titre de rois. Après ces pertes multipliées, Swatoslas se retira dans le poste bien fortifié de Dristra, sur les bords du Danube, et fut poursuivi par un ennemi qui employait tour à tour la célérité et la lenteur. Les galères de Byzance remontèrent le fleuve; les troupes achevèrent une ligne de circonvallation, et le prince russe, derrière les fortifications de son camp et celles de la ville , se vit environné , assailli et réduit à la disette. Les Russes firent un grand nombre d'actions de valeur; ils essayèrent plusieurs sorties désespérées , et Swatoslas ne céda à sa fortune qu'après un siège de soixantecinq jours. La capitulation qu'il obtint annonce la prudence du vainqueur, qui estimait la valeur et craignait le désespoir d'un guerrier d'un caractère mdomptable. Le grand-duc de Russie s'engagea , par des imprécations solennelles, d'abandonner tousses

(i) Dans la langue esclavonne , Peristhlaba signifiait la gi'ande ou l'illustre y\\\e; ftîyu?\.>i kx) tsa-ot kui Xtyofievij , dit Anne Coranène (Jle:riade, 1. vu ,p. iq4 )• D'après sa situation entre le mont Hémus et la partie inférieure du Danube, il paraît qu'elle occupait l'emplacement ou du moins la station de Marcianopolis. On n'est pas embarrassé sur la position de Durostolus ou Dristra, et il est aisé de la reconnailre. ( Comment, Jcad. Petropol. , t. ix, p. 4^^» 4*^ > d'Anville , Géogr. anc. , 1. 1 , p. 3o7-3l 1.)

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projets contre l'empire : on lui permit de retourner dans ses e'tats; on re'tablit la liberté du commerce et de la navigation ; on accorda une mesure de blé à chacun de ses soldats, et le nombre de vingt-deux mille mesuies qui furent distribue'es dans le camp fait connaître ce qu'il avait perdu de ses troupes et ce qui lui en restait. Les Russes, après un pénible voyage , regagnèrent l'embouchure du Borysthène; mais ils n'avaient plus de vivres, la saison était défavorable ; ils passèrent l'hiver sur la glace , et avant de pouvoir continuer sa marche, Swatoslas fut surpris et accablé par les tribus des environs, avec lesquelles les Grecs avaient soin d'entretenir d'utiles liaisons (i). Le retour de Zlmiscès fut bien différent ; il fut reçu dans sa capitale comme Camille et Marius , les libérateurs de l'ancienne Rome ; mais le dévot empereur attribua sa victoire à la mère de Dieu, et l'image de la Vierge portant dans ses bras son divin enfant, fut placée sur un char de triomphe chargé des dépouilles de l'ennemi, et décoré des ornemens royaux de la monarchie des Bulgares. L'empereur fît son entrée à cheval ; le diadème ornait sa tète ; il tenait à la main une couronne de laurier, et Gonstantinople fut étonnée d'avoir à célébrer les vertus guerrières de son souverain (2).

(1) Le livre De admijiistratione imperii ^ dt-veloppe , surtout dans les sept premiers chapitres, la conduite politique des Grecs avec les Barbares , et en particulier avec les Patziracites.

(2) Dans le récit de cette guerre, Léon le diacre '^apud

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Photius, patriarche de Gonstantinople, en qui Conversion

/ wi T- • rn- ■ 1^' 1 de la Russie,

l'ambition a égale le desir de savoir, fehcjte 1 Eglise A. D. 864. grecque , et se félicite lui-même de la conversion des Russes (i). Il avait déterminé ces hommes farouches et sanguinaires à reconnaître Jésus-Christ pour leur Dieu, les missionnaires chrétiens pour leurs docteurs , et les Romains pour leurs amis et leurs frères. Son triomphe fut de courte durée : il put se faire qu'entraînés par les divers événemens qui suivirent leurs expéditions, quelques chefs russes consentissent à recevoir les eaux du baptême; un évêque grec a pu , sous le nom de métropolitain, administrer dans l'église de Kiow les sacremens à quelque congrégation composée d'esclaves et des nalurels du pays ; mais la semence de l'Évangile tombait sur un sol ingrat; le nombre des apostats fut considérable , celui des conversions le fut très- /

peu , et le baptême d'Olga doit être regardé comme

Pagi, Critica , t. iv , A. D. 968-973) est plus authentique et plus circonstancié que Cedrenus (t, 11 , p. 660- 683) et Zonare(t. ii^ p. 2o5-3i4). Ces déclamateurs ont porté à trois cent huit mille et trois cent trente raille hommes le nombre des troupes russes dont les contemporains avaient donné une évalualion modérée et vraisemblable.

(1) Phot. , epist. a , n° 35, p. 58 , édit. Monlacut. Ce savant éditeur n'aurait pas dû prendre , pour le cri de guerre des Bulgares , les deux mots ra Vaç , qui signifient la nation russe; et Photius, qui avait des lumières, ne devait pas accuser les idolâtres esclavons tsjs- 'Z^>~>jyiKijs ««< uêtix ê'oîm. Ils n'étaient ni Grecs ai athées.

go HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

l'époque de re'tablissement du christianisme en Russie (i). Une femme, peut-être des dernièVes classes delà société, qui, comme Olga, avait su venger la mort et saisir le sceptre d'Igor son mari , devait être douée de ces vertus actives qui inspirent la crainte à des barbares , et les déterminent à la soumission. Dans un moment où sa nation jouissait de la paix au dedans et au dehors , elle se rendit de Kiow à Baptême Constantifiople ; l'empereur Constantin Porphyroge- D. q55. "^'^^ ^^ reçut dans son palais, et il a décrit minutieusement le cérémonial de cette réception : on eut soin, autant que le permettait le respect dû à la pourpre, de disposer les détails de l'étiquette, les titres , les salutations , les banquets et les présens , de manière à satisfaire la vanité de la princesse étrangère. (2). Elle prit sur les fonts de baptême le nom révéré de l'impératrice Hélène. Il paraît que sa conversion fut précédée ou suivie de celle de son oncle, de deux interprètes , de seize dames , de dix-huit

(1) Les détails les plus complets que nous ayons sur la religion des Slaves et la conversion de la Russie , sont ceux que , dans VHist. de Russie(t. 1 , p. 35 , 5^ , 69-92 1 9^ , 1 13- 121 , 124-1 29 , 148 , 149? etc. ) , M. Lévesque nous a donnés d'après les anciennes Chroniques et les observations faites par les modernes.

(2) Voyez le Cerern, aulœ hyzant.^ t. 11 , c. i5, p. 343- 345 : il appelle Olga ou Elga Aç;^oy7«r«r« P«««f. Les Grecs, pour désigner la souveraine des Russes , employaient le titre d'un magistrat d'Athènes avec une terminaison féminine qui aurait étonné l'oreille de Démosthène.

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femmes d'un rang- moins élevé , de vingt-deux domestiques ou ministres, et de quarante-deux négocians qui formaient son cortège. De retour à Kiow et à Novogorod , elle demeura attachée à sa nouvelle religion ; mais ses efforts pour propager l'Evangile n'eurent point de succès; et, soit opiniâtreté, soit indifférence , sa famille et son peuple restèrent attachés aux dieux de leurs ancêtres. Swatoslas, son fils , craignit le mépris et le ridicule de ses compagnons, et Wolodimir, son petit-fils, se livra avec tout le zèle de la jeunesse au soin de multiplier et de^écorer les monumens de l'ancien culte de la Russie. C'était encore par des sacrifices humains que les peuples du Nord cherchaient à fléchir leurs farouches divinités; et dans le choix de la victime, on préférait un citoyen à un étranger, un chrétien à un idolâtre : et le père qui arrachait son fils au couteau des prêtres périssait avec lui victime de la rage d'une multitude fanatique. Toutefois les leçons et l'exemple de la pieuse Olga avaient fait une impression secrète, mais profonde sur l'esprit du prince et celui du peuple ;les missionnaires grecs continuaient à prêcher, à se disputer et à baptiser des convertis ; et les ambassadeurs , les négocians russes comparaient leur idolâtrie grossière avec le culte plus élégant de Constantinople. Ils avaient admiré l'église de Sainte-Sophie , les tableaux animés où se voyait représentée la vie des saints et des martyrs , les richesses de l'autel, la multitude des prêtres et leurs magnifiques vêtemens , la pompe et le bon ordre des

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cérémonies : e'difie's de ces hainionieux cantiques auxquels succe'dait un silence religieux, ils se laissaient persuader sans peine qu'un chœur d'anges descendait chaque jour du ciel pour se joindre à la dévotion des chrétiens ; i); mais ce qui détermina De Wolo- ou hâta la conve^^sion de Wolodirair , ce fut son désir

dimir.A.D. i i ii- ^ r • t r i ' ■

^3^ de s allier a une temme romauîe. Le ponhre chrétien

le baptisa et ie maria en même temps dans la ville de Cherson : il rendit cette ville à l'empereur Basile, frère de son épouse; mais elle avait des portes d'airaiij qu'on transporta, dit-on, àiS'ovogorod, et qu'on plaça devant une église comme un monument de sa victoire et de sa foi (2). A son ordre souverain ,'Péroun , le dieu du tonnerre , qu'il avait adoré si longtemps , se vit renversé et traîné dans les rues; son image informe fut chargée de coups de massue par douze robustes barbares qui le jetèrent ensuite avec

(i) Ployez un fragment anonyme publié par Banduri(/A/zper. or. t. II , p. 112, i i3). De conversione Russorum.

(2) Herberstein {apud Pagi , t. iv, p. 56) dit que Wolodimir fut baptisé et marié à Cherson ou Corsun : >'ovogorod conserve encore de nos jours cette tradition, et les portes dont nous avons parlé dans le texte. Cependant un voyageur exact et observateur fait venir ces portes d'airain de Magdebourg ( Coxe's Tmvels into Russia , etc. , vol. 1 , p. 4^2), et il cite une inscription qui semble le prouver. Le lecteur ne doit pas confondre cette Cherson, \ille de la Tauride ou de la Crimée, avec une ville du même nom, qui s'est élevée à l'embouchure du Boryslhène , et qui a été dernièrement honorée par une entrevue de la czarine et de l'empereur.

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indignation dans le Borysthène. Wolodimir avait déclare, dans un édit , que tous ceux qui refuseraient le baptême seraient traite's en ennemis de Dieu et du prince : aussitôt les rivières reçurent des milliers de russes obéissans, qui reconnaissaient la vérité et l'excellence d'une doctrine adoptée par le grand-duc et ses boyards. La génération suivante vit disparaître les restes du paganisme ; mais les deux frères de Wolodimir étant morts sans avoir reçu le signe du christianisme, leurs ossemens furent tirés du tombeau , pour être purifiés par un baptême posthume et irrégulier.

Aux neuvième, dixième et onzième siècles de l'ère Chrîstiachrétienne, le règne de 1 Évangile et de I Église Nord^^A.D. s'étendit sur la Bulgarie , la Hongrie f la Bohême , la °'*'"°°- Saxe, le Danemarck, la Norwège , la Suède, la Pologne et la Russie (i). Les triomphes du zèle apostolique se renouvelèrent à cette époque , dans cet âge de fer du christianisme, et les contrées septentrionales et orientales de l'Europe se soumirent à une religion qui différait du culte des idoles dans la théorie plutôt que dans la pratique. Une louable ambition excitait les moines de l'Allemagne et de la Grèce a parcourir les tentes et les huttes des Barbares : la pauvreté, la fatigue et les dangers furent le partage

(i) Voyez le texte latin ou la version anglaise de l'excellente Histoire de l'Église , par Mosheim , au premier chapitre ou à la première section des neuvième, dixième et onzième siècles.

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de ces premiers missionnaires : leur courage était actif et patient , leurs motifs purs et dignes d'estime ; le témoignage de leur conscience et la vénération d'un peuple reconnaissant , étaient l'unique salaire auquel ils pussent prétendre. Les orgueilleux et riches prélats des temps postérieurs ont recueilli le fruit de ces missions. Les premières conversions furent volontaires ; les missionnaires n'avaient pour armes que la sainteté de leurs mœurs et l'éloquence de leurs discours; mais ils combattaient par des miracles et des visions les fables domestiques des païens; et pour mieux séduire ceux qui gouvernaient, ils flattaient leur vanité et s'occupaient de leurs intérêts. Les chefs des nations auxquels on prodiguait les titres de rois et de saints ( i \ croyaient faire une œuvre légitime et pieuse en assujettissant à la foi catholique leurs sujets et leurs voisins. La côte de la Baltique , depuis le Holstein jusqu'au golfe de Finlande , fut envahie au nom et sous la bannière de la croix; et la conversion de la Lithuanie au quatorzième siècle termina le règne de Tidolatrie^ Cependant, la vérité et la bonne foi obligent d'avouer que la conversion du Nord procuia plusieurs

(i) L'an looo , les ambassadeurs de saint Etienne reçurent du pape Silvestre le tilre de roi de Hongrie , avec un diadème travaillé par des artistes grecs. On le «lestiiiail au duc de Pologne; mais les Polonais, de leur aveu, éiaient trop barbares pour mériter une couronne angëliqiie el apostolique ^ Katona , Hist. crit. regain stirpis Arpadianœ , t. i , p. 1-20).

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avantages temporels aux anciens et aux nouveaux chre'tlens. Les préceptes de l'Évangile qui recommandent la charité et la paix , ne purent anéantir la fureur de la guerre naturelle aux hommes , et l'ambition des princes catholiques a renouvelé dans tous les siècles les calamités qu'entraîne ce fléau. Mais l'admission des Barbares dans la société civile et ecclésiastique délivra l'Europe des ravages, sur mer et sur terre , des Normands , des Hongrois et des Russes, qui apprirent à respecter le sang humain et à cultiver leurs possessions (i). Lecleigé contribua , par son influence , à l'établissement des lois et du bon ordre ; et les peuples sauvages connurent les élémens des arts et des sciences. La piété éclairée des princes russes leur fit prendre le soin d'attirer à leur service les plus habiles d'entre les Grecs pour embellir leurs villes et instruire le^ habilans. On copia grossièrement, dans les églises de Kiow et de Novogorod, le dôme et les tableaux de Sainte-Sophie .-.les écrits des pères furent traduits en langue esclavonne, et on

(i) Ecoutez les chants de triomphe d'Adam de Brème ( A. D. I 080 ) , dont le fond est vrai : Ecce illa ferocissima

Danorum , etc. natio jamduduin novit in Del laudibus

alléluia resonare.... Ecce populus illc piraticus.... suis nunc finihus contentas est. Ecce patr.a kornbilis semper inaccessa propter cultum idolorum... prœdicatores veritatis ubique certatirn admittit , elc. [De situ Daniœ, eic. , p. 40, 41 , édit. Elzevir) ; ouvrage qui offre un tableau curieux et original du Nord de l'Europe , et de l'établissement du christianisme dans cette partie du monde.

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