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solu ; et le pape , au heu de repasser les Alpes avec ^ ^ ^^53 une armée d'Allemands , ne ramena que sept cents soldats de la Souabe et quelques volontaires de la Lorraine. Dans sa marche lente de Mantoue à Bénévent, il reçut sous la sainte bannière un vil mélange d'Italiens de toutes les classes (1). Le prêtre et le voleur couchaient dans la même tente : on voyait dans les premiers rangs les piques se mêler avec les croix , et le saint guerrier qui les conduisait répétait dans l'ordre des marches, des campemens et des combats, les leçons militaires qu'il avait reçues dans sa jeunesse. Les Normands de la Fouille ne purent mettre en campagne que trois mille cavaliers et un petit nombre de fantassins. La défection des naturels du pays les priva de vivres et coupa leur retraite, et un respect superstitieux glaça pour un moment leur bravoure incapable de crainte. En voyant Léon
(1) Voyez ^ sur l'expédition de Léon ix contre les Normands, Guillaume l'ApuIien ( I. II , p. iîSg 261) et Geoffroy Malalerra(l. i,c. i3, 14, «5, p. 253 j. Ces deux auteurs ont de l'imparlialilé; leur |)révention naturelle se trouve contrebalancée par leur prévention de prêtres.
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s'approcher en ennemi , ils fle'cliirent le genou sans honte et sans répugnance devant leur père spirituel. Mais le pape fut inexorable ; ses Allemands , fiers de leur haute taille , se moquèrent de la petite stature de leurs adversaires; et on déclara à ceux-ci qu'ils devaient choisir entre la mort et l'exil. Les Normands dédaignaient la fuite, et plusieurs d'entre eux n'ayant pas pris de nourriture depuis trois jours, leur petite armée se décida pour une mort plus prompte et plus honorable. Après avoir monté la colline de Civitella , ils descendirent dans la plaine , et chargèrent, en trois divisions, les troupes du pape. Sa dcfaiie et Richard, comte d'Averse et le fameux Pvobert Guis- JuiuTs." ^ card , qui étaient à la gauche et au centre , attaquèrent , enfoncèrent , mirent en déroute et poursuivirent les troupeaux d'Italiens qui combattaient sans discipline et fuyaient sans rougir. Le comte Humphroy, qui menait la cavalerie de l'aile droite, eut à remplir une tâche plus difficile. On a représenté les Allemands comme peu habiles (i) à manier la lance et le cheval; mais ils formaient à pied luie impénétrable phalange , et ni homme , ni cheval , ni
(i) Teutonici quia Cœsaries et forma decoros Fecerat egregie proceri corpvris illos Corpora dérident Normannica quœ brcviora Esse l'idebantur.
Les vers de l'Apulien oui ordinairement cette plalitiult' ; mais il s'échauffe dans la description de la bataille. Deux de ses comparaisons , tirées de la chasse au faucon el de la sorcellerie , indiquent les mœurs de sou temps.
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armure , ne pouvaient re'sister à la pesanteur de leurs énormes sabres , qu'ils faisaient tombera deux mains sur l'ennemi. Us se défendaient avec opiniâtreté , lorsque la cavalerie, qui revenait de la poursuite, les environna, et ils moururent dans leurs rangs avec l'estime de l'ennemi elle plaisir de s'être vengés. Le pape prit la fuite et trouva les portes de Civitelia fermées; il fut pris par ses pieux vainqueurs, qui, baisant ses pieds, lui demandèrent sa bénédiction et l'absolution de leur coupable victoire. Dans cet ennemi captif, les soldats ne voyaient que le vicaire de Jésus-Cbrist : et bien que ces marques de respect puissent de la part des chefs être attribuées à la politique, il y a tout lieu de croire qu'ils partageaient les superstitions du peuple. Dans le calme de la retraite, le pontife, dont les intentions avaient été bonnes, regretta l'effusion du sang humain verse à son occasion; il sentit qu'il avait été une cause de péchés et de scandales , et comme son entreprise n'avait pas réussi, il voyait le blâme général s'attacher à l'inconvenance de sa conduite (i j. Dans ces dispositions, il ne se refusa point au traité avantageux
(i) M. de Saint - Marc (t. ii,p. 200-204 ) allègue les plaintes ou les censures que formèrent alors , de la conduite du pape , plusieurs personnages respectables. Comme Pierre Damien , l'oracle de ce temps , avait refusé aux papes le droit de faire la guerre , le cardinal Haronius (^JnnaL eccles., A. D. io53 , nos 10— 17 ) remet l'ermite à sa place ( Lugens ereini incola') , et soutient avec chaleur les prérogatives des deux glaives de saint Pierre.
IlS HTSTOIRE DE Là DÉCADENCE
qu'on lui proposait ; il abandonna une alliance prêche'e par lui-même comme la cause de Dieu , et ratifia les conquêtes passées et futures des Normands. De quelque manière qu'elles eussent été usurpées , Origine de Ics provinccs de la Pouille et de la Calabre faisaient d'u"Voyaume partie de la donation de Constantin et du patrimoine *^ue donne le ^^ saint Pierre : ainsi le don et l'acceptation confirpape, maient à la fois les prétentions du pontife et celles
des Normands. Ils se promirent réciproquement l'appui de leurs armes spirituelles ou temporelles : les Normands s'engagèrent ensuite à payer à la cour de Rome un tribut ou une redevance de douze deniers par charrue , et depuis cette transaction mémorable, c'est-à-dire depuis environ sept siècles , le royaume de Naples est demeuré fief du saint siège (i).
iVaissance On fait descendre Robert Guiscard (2) tantôt d'un
(i) Giannone ( Islor. civ. di Napoli, t. n , p. 37-49-57-66) discute Labilement , comme jurisconsulte et comme antiquaire , l'origine et la nature des investitures papales ; mais il s'efforce vainement de concilier les devoirs de patriote et ceux de catholique , et par cette frivole distinction , Ecclesia romana non dédit, sedaccepit, il échappe à la nécessitéd'un aveu sincère , mais dangereux.
(2) On trouve des détails sur la naissance, le caractère et les premières actions de Guiscard; dans Geoffroy Malalerra (1.1 ,c. 3, 4-ir-i6, 17, i8-38, Sg , 40 ), dans Guillaume de la Pouille (Lu, p. 260-262 ) , dans Guillaume Gemelicensis ou de Jumièges (1. xi , c. 3o , p. 663 , 604, édit. de Cambden),et dans Anne Comnène {Alexiadc, 1. 1, p. 23-27 ; 1. VI, p. i65, 166) , avec les Noies de Ducange {Not. in
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paysan, tantôt d'un duc de Normandie : l'orçueil et «^ caractère
*^/ ' / • T . ^ . de Robert
l'ignorance se sont reunis chez une princesse grec- c.nisoaid.
que (i) pour rabaisser la naissance de Guiscard , et io85. l'ignorance et l'adulation chez les Italiens , ses sujets , pour la relever (2). Il avait reçu le jour dans la seconde classe ou l'ordre moyen de la noblesse (3). Il sortait d'une race de vavasseiws ou bannerets du
Alex. , p. 23o-232-32o ), qui a ramassé toutes les chroniques latines et françaises , pour tu tirer de nouvelles lumières.
(i) O «Te Vafizrt^']/)? (mot corrompu à la grecque) aloç yjv Nt^ftavvos ro yivoç , rijv ru^t^v Uff-tj^aç.,., aiWewvs i^ ucpava; tc-xvu Ttix,*!? ^i^t<ptcv>jç , et dans un autre endroit (1. iv , p. 84 ) :> «t^o iF^artiç TTivieiç xui rux'^^ u^xvaç. Anne Comnène était née dans la pourpre; mais son père n'était qu'un particulier, illustre à la vérité , que son mérite avait élevé à l'empire.
(2) Glannone (t. 11 , p. 2), oubliant ses auteurs originaux, s'en rapporte , pour faire sortir Guiscard d'une maison de prince , au témoignage d'Inveges , moine augustin de Palerrae , qui vivait dans le dernier siècle. Ces deux auteurs prolongent la succession des ducs depuis Rollon jusqu'à Guillaume 11, le bâtard ou le conquérant, qu'on croyait {^communemente si tiene) le père de Tancrède de Hauteville. Cette erreur est grossière et bien étonnante , car lorsque les fils de Tancrède faisaient la guerre dans la Fouille, Guillaume 11 n'avait que trois ans ( A.. D. j 087 ).
(3) Le jugement de Ducange est juste et modéré : Certe humilisfidt ac tennis Roheitifamilia , si ducalem et regiutn spectetnus apicetn , ad quein poslea pervenit ; quœ honesta tamen et prœter nobilium vidgariiun statum et condilionein illustris habita est ^ « quœ nec hnmi reperet y nec allum qiiid tumeret^> ( Guill. de Malmsb. , De gest. /tngloruin, 1, m, p. 107 , Not. ad Alexiad, , p. 7.Z0).