DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LVI. I
nard se reunirent pour la ruine du brigand de Sicile. Roger, après une vigoureuse résistance, se vit chassé du continent de l'Italie; et, à la cérémonie de l'investiture d'un nouveau duc de la Fouille, le pape et l'empereur tinrent chacun une extrémité du gonfanon ou bâton du pavillon , pour marquer qu'ils soutenaient leurs droits et suspendaient leurs querelles. Mais cette amitié inquiète fut de peu de durée; la maladie et la désertion ne tardèrent pas à détruire les armées d'Allemagne (i). Roger, qui pardonnait rarement à ses ennemis morts ou vifs , extermina le duc de la Fouille et tous ses adhérens. Innocent, aussi faible que hautain , devint , ainsi que Léon ix , son prédécesseur, le captif et l'ami des Normands ; et leur réconciliation fut célébrée par l'éloquence de saint Bernard , alors plein de respect pour le titre et les vertus du roi de Sicile.
Four expier sa guerre sacrilège contre le succès- ses conqaèseur de saint Pierre , Roger avait promis d'arborer '"^ ''\'*^q* l'étendard de la croix , et il s'empressa d'accomplir "^*"^^' un vœu si favorable à ses intérêts et à sa vengeance. Les outrages que venait de recevoir la Sicile l'engageaient à de justes représailles sur les Sarrasins. Les Normands , qui s'étaient alliés à un si grand
(1) Roger corrompit le second officier de l'armée de Lothalre, qui fil soimer la retraite, ou plutôt qui cria aux troupes de se retirer ; car les Allemands, dit Cinnamus (1. III , c, 1 , p. 5i ), ignorent Tusage des trompettes. Il est bien ignorant lui-même.