‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 28 sur 68 · IIE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LVI · texte numérisé non relu

IIE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LVI

bientôt Tripoli (r), place forte située sur la côte de la mer ; et s'il égorgea les mâles et réduisit les femmes en captivité, on doit se souvenir que les musulmans se permirent souvent le même abus de la victoire. La capitale des Zeirides portait le nom d'Afrique , de celui de la contrée , et on l'appelait quelquefois Mahadia (2) , du nom de l'Arabe qui en avait jeté les fondemens : elle est forte et bâtie sur un isthme ; mais la fertilité de la plaine des environs ne compense pas l'imperfection du port. George , amiral de Sicile , assiégea Mahadia avec une escadre de cent cinquante galères , bien pourvue de soldats et de machines de guerre ; le souverain avait pris la fuite ; le gouverneur maure refusa de capituler : mais ne voulant pas affronter le dernier assaut , il s'échappa secrètement avec les musulmans, et abandonna aux Français la ville et ses trésors. Le roi de Sicile et ses lieutenans subjuguèrent en plusieurs expéditions Tunis , Safax , Capsia, Bona et une lon-

( I ) Tripoli ( dit le géographe de Nubie , ou , pour parler plus exactement, le shérif al Edrisi) urhs fortis , saxeo tnuro vallata , sita prope littus maris. Hanc expugnavit Rogerius , qui rnulieribus captivis cluctis > viros peremit.

(2) Voyez la Géographie de Léon l'Africain ( in Ratnusioi t. \ , fol. 74 , vers. fol. 7$ , recto ), et les Voyages de S/iaw , (p. 110), le septième livre du président de Thou, et le onfcième de l'abbé de Vertot. Les chevaliers de Malte eurent la sagesse de refuser cette place, que Charles-Quint leur offrait , à condition de la défendre.

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gue étendue de côtes (i; : on mit des garnisons dans les forteresses , on assujettit la contre'e à un tribut, et la flatterie put assurer avec quelque apparence de vérité', que le glaive de Roger tenait l'Afrique sous le joug (a). Après sa mort , ce glaive se brisa ; et , sous le règne orageux de son successeur, on négligea , on évacua ou l'on perdit ces possessions d'outre-mer (3). Les triomphes de Scipion et de Bélisaire ont prouvé que l'Afrique n'est ni inaccessible ni invincible ; mais de grands princes de la chrétienté ont échoué dans leurs arméniens contre les Maures, qui peuvent encore se glorifier de la rapidité de leurs conquêtes et de leur domination en Espagne.

Soninva- Après la mort de Robert Guiscard, les Normands

sion de la ,.v . -, • . ,, .

Grèce.A.D. oublièrent soixante ans leurs projets sur 1 empire ^"* ■ de Constantinople. L'habile Roger sollicita auprès

(i) Pagi a indique d'une manière exacte les conquêtes de Roger eu Afrique; et scfn ami l'abbé de Longuerue a suppléé à ses remarques , au moyen de quelques Mémoires arabes (A. D. 1147, n"' 26 , 27 ; A. D. i 148 , n° 16, A. D. Ii53, n« 16).

(2) Appidus et Calaber, Siculus rnihi servit et Afer.

Inscription orgueilleuse, d'où il résulte que les vainqueurs normands étaient toujours distingués de leurs sujets cbi'ctiens et musulmans.

(3) Hugo Falcando {^H'tst. Sicitla, î« Muratori , Script.. t. VII, p. 570, 271 ) attribue ces pertes à la négligence ou à la perfidie de l'amiral Majo.

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des princes grecs des alliances politiques et domestiques , qui pussent relever son titre de roi : il demanda en mariage une fille de la maison des Comnène, et les premières négociations du traité paraissaient annoncer une issue favorable ; mais le mépris qu'on témoigna à ses ambassadeurs irrita sa vanité , et , selon les lois des nations , un peuple innocent fut puni de la morgue de la cour de Byzance (r). George, amiral de Sicile, passa devant Corfou avec une escadre de soixante-dix galères. La capitale et l'île entière furent livrées par les habitans , peu attachés à la cour qui les gouvernait , et instruits par l'expérience qu'un siège est toujours plus désastreux qu'un tribut. Durant cette invasion, qui est de quelque importance dans les annales du commerce , les Normands se répandirent sur la Méditerranée et les provinces de la Grèce ; l'âge respectable des villes d'Athènes, de Thèbes et de Corinthe n'arrêta ni la rapine ni la cruauté. Aucun monument de la dévastation que subit Athènes n'est parvenu jusqu'à nous. Les Latins escaladèrent les anciens murs qui environnaient les richesses de Thèbes sans les garder ; les vainqueurs ne se souvin-

(i) Le silence des historiens de Sicile, qui finissent trop tôt ou commencent trop tard, doit être supplô*'? par Olhoa de Freysingcn {De gest. Fredcr. /, 1. i , c. 33 , in Muralori. Scriptor., t. vi, p. 668), par le Vénitien André Dandolo (/^. , t. xn , p. 282 , 283 ) , et par ks auteurs grecs , Cinnamus (1. 111, c. 2-5) et NiceJas [^in Manuel, 1. 11 , c. 1 -6).

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rent de l'Évangile que pour le faire intervenir dans le serment par lequel ils firent jurer aux légitimes proprie'taires , qu'ils n'avaient soustrait aucune portion de leurs biens. La ville basse de Corinthe fut évacuée à l'approche des Normands ; les Grecs se retirèrent dans la citadelle , placée sur une hauteur, où la source de Pirène , si connue des amateurs de l'ancienne littérature , versait des eaux en abondance ; elle eût été imprenable si les avantages de l'art et de la nature pouvaient suppléer au défaut de bravoure. Les assiégeans n'essuyèrent d'autre fatigue que celle de gravir la colline. Leur général , étonné de sa victoire, témoigna sa reconnaissance envers le ciel en arrachant de l'autel une image précieuse de Théodore , le saint tutélaire de la forteresse. Les fabricans de soie des deux sexes, que Roger envoya en Sicile , formèrent la partie la plus précieuse du butin ; et, comparant l'habile industrie de ces artisans avec la fainéantise et la lâcheté des soldats , il s'écria que la quenouille et le métier étaient les seules armes que les Grecs fussent capables de Son amiral manier. Cette expédition maritime fut signalée par

délivre Louis i / ' i i i i 'i- i«

Tii, roi de ^^ux cvcnemens remarquables ; la dehvrance d un rance. ^^-^ j^ France, et Constant inople insultée par les vaisseaux siciliens. Les Grecs , violant toutes les lois de l'honneur et de la religion , avaient arrêté Louis VII à son retour d'une croisade malheureuse, La flotte normande le rencontra et le délivra. Il fut conduit avec honneur à la cour de Sicile, d'où il

DE l'empire romain, chap. lvi. i83 se rendit ensuite à Paris en passant par Rome (i). L'empereur ffrec se trouvait absent; Constantinople ï' insnit»

. , . Constantino-

et l'Hellespont e'taient sans défense et ne se croyaient pie. pas en danger. Les galères de Sicile vinrent mouiller devant la cité impériale, et jetèrent l'épouvante parmi le clergé et le peuple ; car les soldats avaient suivi les drapeaux de Manuel. L'amiral sicilien n'avait pas assez de forces pour assiéger une si grande métropole ou l'emporter d'assaut; mais il eut le plaisir d'humilier l'arrogance des Grecs , et de montrer aux vaisseaux de l'Occident le chemin de la victoire. Il débarqua quelques soldats pour dévaster les jardins de l'empereur, et il arma de pointes d'argent , ou , ce qui est plus vraisemblable , de matières enflammées , les traits que lança son armée contre le palais des Césars (2). Manuel affecta de L'empereur

(i) J'applique à la prise et à la délivrance de Louis vu le îr«p' oAiyov tjXSt t» «>iû;v«/j de Cinnamus , 1. 11 , c. 19, p. 4g. Muratori se moque , d'après d'assez bons témoignages (^Jnn. iVltal.^ t. IX, p. 420» 4'3i),de la délicatesse de quelques auteurs français qui assurent marisque nullo impediente pe~ riculo ad regnuni propriurn rêver sum. esse ;sl\\. reste, j'observe que Ducange , leur défenseur , est moins positif lorsqu'il commente Cinnamus , que lorsqu'il donne l'édition de Joinville.

(2) In palatium regium sagittas igneas injecit, dit Dandolo ; mais Nicétas (1. 11, c. 8 , p. 66) transforme ces traits en Bé/jj «çy£»7ejîr £%ov7« et'jfiax.lisfj il ajoute que Manuel qualifiait cet outrage de Treiiyviov , yiXa'J».... ><tiçtuo»'](». Un compilateur , Vincent de Beauvais , dit que ces traits étaient d'or.

Monnel re- mépriser cette mauvaise plaisanterie des pirates de

ponsse les i c' M r • ' t> i i- -i

Normands, l» bicile , lavorisee par un moment d oubli et de jj^„' "^" ne'gligence; mais son courage et ses forces étaient prêts à la vengeance. L'Archipel et la mer d'ionie furent couverts de ses escadres et de celles de Venise; cependant, je ne sais combien il faudrait supposer de bâtimens de transport, de navires munitionnaires et de chaloupes, pour accommoder notre raison ou même les calculs de notre imagination à ceux de l'historiefl de Byzance , qui porte à quinze cents le nombre des bâtimens mis en mer dans cette occasion. L'empereur diiigea cette opération avec sagesse et avec énergie ; George perdit dans sa retraite dix -neuf galères, dont plusieurs tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Gorfou , après une défense opiniâtre , implora la clémence de son légitime souverain ; et, dès ce moment, le territoire de l'empire ne renferma pas un navire ou un soldat de Roger qui ne fût captif La prospérité et la santé de ce prince déclinaient ; tandis qu'il écoutait au fond de son palais les messagers qui lui annonçaient une victoire ou une défaite , l'invincible Manuel , toujours le premier au combat , était regardé des Grecs et des Latins, comme l'Alexandre ou l'Hercule de son siècle.

T! réduit la Un princc d'un semblable caractère ne pouvait se

Fouille et la • r • i5 • ' • i rw i

Calabre. A. trouvcr satistait d avou" repousse un msoient Barbare. Son devoir et le soin de ses droits , peut-être son intérêt et sa gloire , lui ordonnaient de rétablir Tancienne majesté de l'empire , de recouvrer les pro-

DE l'empire romain. CHAP. LVT. 1 85 -vinces de l'Italie et de la Sicile , et de châtier ce prétendu roi, petit-fils d'un vassal normand (i). Les naturels de la Calabre se montraient toujours attachés à la langue et au culte des Grecs, sévèrement proscrits par le clergé latin. Après l'extinction des ducs de la Fouille , le roi de Sicile avait prétendu que cette province fût regardée comme une dépendance de sa couronne ; le fondateur de la monarchie de Sicile avait gouverné par le glaive, et sa mort avait diminué la frayeur de ses sujets sans dissiper leur mécontentement. Le gouvernement féodal renfermait des germes de rébellion, et un neveu de Roger lui-même appela en Italie les ennemis de sa famille et de son pays. La dignité de la poujpre et une suite de guerres contre les Hongrois et les Turcs empêchèrent Manuel de conduire en personne l'expédition d'Italie. Il confia au brave et noble Paléologue la flotte et l'armée de l'empire; le siège de Bari fut son premier exploit, et dans toutes les occasions l'or servit autant que le fer aux succès de ce général. Salerne et quelques villes de la côte occidentale demeurèrent fidèles au roi normand ; mais il perditen deux campagnes la plus grande partie des possessions qu'il avait sur le continent, et le mo-

(i) Voyez sur l'invasion de l'Italie , que dédaigne presque Nicétas, l'histoire plus soignée de Cinnamus (1. iv, c. 1-1 5, p. 78-101 ). Ce dernier amène une narration diffuse par cette pompeuse déclaration : îs-eç< tjj? "EduXius rt, KUi Ttis lTtc?iûiv t(rnfff']rjO yij?,âs xeii']ccv']u; Ft»f*utois amirûxrtitlo.

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deste empereur, dédaignant la flatterie et le mensonge , se contenta d'entendre vanter la réduction de trois cents villes ou villages de la Fouille et de la Calabre, dont on grava les noms et les titres sur tous les murs du palais. Pour se conformer aux préjugés des Latins , on leur montra une donation vraie ou fausse des Césars de T Allemagne (i); mais le successeur de Constantin , renonçant bientôt à ce honteux prétexte, fît valoir ses droits inaliénables sur l'Italie, et déclara qu'il voulait reléguer les Barbares Il a le des- au-delà des Alpes. Les cités libres, encouragées par

sein d'acqué- 1 i- t- i i ..1

rir J'iiaiie et '^^ discours capticux , Ics iargcsscs et les promesses cnknrA^^^"^ bornes de Manuel, leur allié, persévérèrent ii55 - 1174 , jjajjs leur généreuse résistance au despotisme de Frédéric-Barberousse ; l'empereur de Byzance paya les frais de la reconstruction des murs de Milan , et versa , dit un historien, une rivière d'or dans la ville d'Ancône , affermie dans son attachement aux Grecs par la jalouse haine des Vénitiens (i). Le commerce d'Ancône et sa situation dans le cœur de l'Italie en

(1) Un auteur latin , Olhon [De g^estis Fredericl / , 1. 11 , c. 3o , p. 734)» atteste la supposition de cette pièce; le Grec Cinnamus (1. 1 , c. 4 , p. 78 ) fait valoir une promesse de restitution qu'avaient donnée Conrad et Frédéric. Une fraude est toujours croyable lorsqu'on l'attribue au\ Grecs.

(3) Quod Anconitat't grœcum imperium nimis tiiligerent.... Veneti speciali odio Anconam otJenint. Les bénéficia et le fi/urnen aureum de l'empereur étaient la cause de cet amour et peut-être de cette jalousie. Cinnamus (1. iv, c. 14 > P-98) <:onflrme la narration latine.

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faisaient une place importante ; les troupes de Fréde'ric l'assiégèrent deux fois , et se virent deux fois repoussëes avec le courage qu'inspire l'amour de la liberté. Il était entretenu par l'ambassadeur de Constantinople ; les patriotes les plus intrépides étaient comblés, par la cour de Byzance, des honneurs et des richesses réservés à ses plus fidèles serviteurs ( i ). L'orgueil de Manuel ne voulait point d'un Barbare pour collègue : son ambition était animée par l'espoir d'arracher la pourpre aux usurpateurs de l'Allemagne et d'établir, en Occident ainsi qu'en Orient, son titre légitime de seul empereur des Romains. Dans ce dessein, il sollicita l'alliance du peuple et de l'évêque de Rome. Plusieurs nobles se rangèrent de son parti : le mariage de sa nièce avec Odon Frangipani lui assura les secours de cette puissante famille (2) , et l'ancienne métropole de l'empire accueillit avec respect son étendard ou son image (3).

(1) Muratori fait mention de deux sièges d'Ancône : le J>remier en 1167, soutenu contre Frédéric i^"^ en personne {Jnn. , t. X , p. 39 , etc.) ; le second , en 1173, contre l'archevêque de Maycnce , lieutenant de ce prince, prélat indigne de son titre et de ses emplois (p. 76 , etc.). Les Mémoires que Muratori a publiés dans sa grande collection (t. VI, p. 921-946) sont ceux du second siège.

(2) Nous tirons cette anecdote d'une Chronique anonyme de Fossa Nova , publiée par Muratori (Script, ital. , t. VII, p. 874).

(3) Le B«(r<Ae/<Jv (7-;î^£<o» de Cinnamus (l.iv,c. 14. !>• 99 ) est susceptible de ces deux explications. Un étendard est

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Dans le cours de la querelle entre Fre'de'ric et Alexandre III, le pape reçut deux fois au Vatican les ambassadeurs de Constantinople. On flatta la pie'^é du pontife de l'union des deux Eglises annoncée depuis si long-temps; on excita la cupidité de sa cour vénale ; on exhorta Alexandre m à venger ses injures et à profiter d'un moment favorable pour humilier la farouche insolence des Allemands , et reconnaître le véritable successeur de Constantin et d'Auguste (i).

Ses desseins Mais CCS conquêtcs en Italie , ce règne universel, étaient des chimères qui s'évanouirent bientôt. Les premières demandes de Manuel furent éludées par la prudence d'Alexandre m , qui pesa les suites de cette importante révolution (2),et une dispute personnelle ne put déterminerle pape a renoncer à l'héritage perpétuel du nom Latin. Une fois réconcilié avec Frédéric, il parla plus nettement, confirma les actes de ses prédécesseurs, excommunia les adhérens de

plus analogue aux mœurs des Latins , et une image à celles des Grecs.

(i) Nihllominus quoque petebat , ut quia occasio justa et tempus opportunurn et acceptahile se obtulerant , romani corona imperii à sancto apostolo sibi redderetur; quoniam non ad Frederici Alamanni , sed ad suurn jus asseruit pertinere {vit. Alexandri m h cardinal. Aragoniœ , in Script, rer. ital. , t. iTi , part, i , p. 468). Il partit pour sa seconde ambassade, curn immensd multitudine pecuniarum.

(2) Nimis alla et perplexa sunt (^vit. Alexandri m, p. 460 , 461 ) , disait le pontife circonspect.

DE l'empire komain. chap. lvi. 189 l'empereur g^rec, et prononça la se'paration définitive des Eglises ou du moins des empires de Constantinople et de Rome (1). Les cites libres de la Lombardie oublièrent leur bienfaiteur étranger, et le monarque de Byzance se vit bientôt exposé à la haine de Venise , sans conserver l'amitié d'Ancône (2). Soit cupidité, soit qu'il se laissât entraîner par les plaintes de ses sujets, il fit arrêter les négocians vénitiens et confisquer leurs effets. Cette violation de la foi publique irrita un peuple libre et commerçant. Cent galères équipées et armées en trois mois, balayèrent les côtes de la Dalmatie et de la Grèce ; mais après des pertes réciproques , la guerre fut terminée par un accommodement peu glorieux pour l'empire et qui ne satisfaisait pas la république. Ce fut à la génération suivante que fut réservée la vengeance complète de ces injures aggravées encore par des injures. nouvelles. Le lieutenant de Manuel avait mandé à sa cour qu'il avait assez de forces pour étouffer les révoltes de la Fouille et de la Calabre , mais qu'il ne pourrait résister au roi de Sicile, qui ne tarderait pas à l'attaquer. Sa prédiction se vérifia bientôt ; la mort de Paléologue partagea le comman-

/iu^tçuv 'Tcot.Xu.t u-is-ojijioijitiKriûv. (Cinnanius, 1. iv, c. l4»P- 99*) (2) Cinnamus raconte dans son sixième livre la guerre de Venise, que jNicélas n'a pas jugée digne de son attention. Muratori rapporte (année 1171 , etc.) les récits des Italiens, qui ne satisfont pas notre curiosité.

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dément entre plusieurs chefs tous égaux en grade, et également dénués de talens militaires. Les Grecs furent accablés par mer et parterre, et les captifs qui échappèrent au glaive des Normands et des Sarrasins, abjurèrent toute espèce d'hostilités contre la personne et les états de leur vainqueur (i). Toutefois le roi de Sicile estimait le courage et la persévérance de Manuel , qui avait fait débarquer une seconde armée Paix avec les sur la côtc d'Italie; il adressa des propositions res- A. D, ii56. pectueuses a ce nouveau Justmien; il sollicita une paix ou une trêve de trente ans , accepta le titre de roi comme une faveur, et se reconnut le vassal militaire de l'Empire romain (2). Les Césars de Byzance agréèrent ce fantôme de domination sans espérer, et peut-être sans désirer le service des Normands; et la trêve de trente ans ne fut troublée par aucune hostilité entre la Sicile et Constantinople. Elle allait expirer lorsque le trône de Manuel fut usurpé par un tyran inhumain , en horreur à son pays et au monde,

(1) Romuald de Salerne {in Muratori , Script, ital., t. vu, p. 198 ) fait mention de cette victoire. Il est assez singulier que Cinnamus (1. iv, c. i3 , p. 97 , 98 ) ait plus de chaleur et soit plus détaillé que Falcando ( p. 268-270 ) dans l'cloge du roi de Sicile. Mais l'auteur grec aimait les descriptions , et le latin n'aimait pas Guiliaume-Ie-Mauvais.

(2) Fojez sur l'Épître de Guillaume 1"', Cinnamus (1. iv, c. 1 5 , p. 101, 1 02 ) et Nicélas (1. 11 , c, 8 ). Il est malaisé de dire si les Grecs se trompaient eux-mêmes, ou s'ils voulaient tromper le public par ces tableaux flattés de la gran-» deur de l'enipire.

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