‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 33 sur 68 · CHAPITRE LVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII

Les Turcs Seijoucides. Leur révolte contre Mahmoud , conquérant de rindoustan. Togrul subjugue la Perse et protège les califes. L'empereur Romanus battu et réduit en captivité par Alp Arslan. Pouvoir et magnificence de Malek Shah. Conquête de l'Asie mineure et de la Syrie. État et oppression de Jérusalem. Pèlerinage au Saint Sépulcre.

LesTnrcs. Ues bords de la Sicile le lecteur doit se transporter maintenant au-delà de la mer Caspienne , dans les contrées d'où sont sortis les Turcs ou Turcomans , contre lesquels fut dirigée la première croisade. L'empire qu'ils avaient élevé au sixième siècle , dans les contrées de la Scythie , ne subsistait plus depuis long-temps ; mais leur nom était encore célèbre parmi les Grecs et les Orientaux : les restes de cette nation formaient diverses peuplades indépendantes , redoutables par leurs forces , et dispersées dans le désert , de la Chine aux rivages de l'Oxus et du Danube. La colonie des Hongrois faisait partie de la république d'Europe, et les trônes de l'Asie étaient occupés par des esclaves et des soldats d'extraction turque. Tandis que la lance des Normands subjuguait la Fouille et la Sicile, un essaim de ces pasteurs du Nord couvrit les royaumes de la Perse ; leurs princes , de la race de Seljouk , fondèrent un empire solide et puissant, qui s'étendait de Samarcande aux frontières de la Grèce et de l'Egypte , et les Turcs

DE l'empire romain. CIIAP. LVir. 2o5 sont demeures maîtres de l'Asie Mineure jusqu'à l'époque où le croissant victorieux s'est établi sur le dôme de Sainte-Sophie.

Mahmoud (r ) le Gaznevide, qui régnait dans les Mahmoud

} ^ ^ . , 1 > I le Gaznevide.

provinces orientales de la Perse , dix siècles après la a. d. 997naissance de Jésus-Christ, est un des plus grands princes de la nation des Turcs. Sebectag i , son père , était l'esclave de l'esclave de l'esclave du commandeur des fidèles; mais, dans cette généalogie de servitude, le premier degré se trouvait purement titulaire , puisque ce premier esclave était le souverain de la Transoxiane et du Khorasan, qui gardait ainsi l'apparence de la soumission envers le calife de Bagdad ; le second indiquait un ministre d'état , un lieutenant des Samanides (2), qui brisa par sa révolte les liens de Fescla-

(i) Je dois les détails que j'ai donnés sur sa vie et son caractère, à d'Herbelot {Bihl. orient., Ma/imud , ^t. 533- 537), àM. de Guignes (Histoire des Huns , t. m, p. i55-i75) et à notre compatriote le colonel Alexandre Dow ( vol 1 , p. 23'83). M. Dow donne les deux premiers volumes de son histoire de l'Indouslan comme une traduction de l'ouvrage du Persan Ferishta ; mais il n'est pas aisé, à travers les pompeux ornemens de son style , de distinguer la version et l'oi'iginal.

(2) La dynastie des Samanides subsista cent vingt-cinq ans (A. D. 874-999), sous dix princes. Voyez la suite de ces princes et la ruine de la Dynastie , dans les Tables de M. de Guignes ( ^/j-^. des Huns , t. i , p. 404-406). Elle fut remplacée par celle des Gaznevides, A. D. 999-1 1^3 {yoyez t. 1 , p. iîSg , 5240 ). Sa division des peuples embrouille souvent les époques et jette de l'obscurité sur les lieux.

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vage politique; mais Sebectagi avait ëte réellement domestique dans la famille de ce rebelle , et c'est prr son courage et son habileté', qu'en qualité de gendre et de successeur de son maître , il devint le chef de la ville et delaprovincedcGazna(i). La dynastie des Samanides , alors sur son déclin , fut d'abord protégée et ensuite renversée par ses ambitieux serviteurs , et la fortune de Mahmoud s'accrut chaque jour au milieu des désordres publics. Ce fut pour lui que fut inventé le nom de sultan (2), Il étendit son royaume

( I ) Gazna hortos non habet : est emporium et domicilium mercaturœ indicœ ( Abulféda , Geogr.; Reiske , Tahul. 23 ; p. 349 ; d'Herbelot , p. 364 )• Cette ville n'a été visitée par aucun voyageur moderne.

(2) Par l'ambassadeur du calife de Bagdad, lequel employa ce mot arabe ou chaldaïque , qui signifie seigneur et maître ( d'Herbelot , p. 826). Les écrivains de Byzance du onzième siècle le traduisent par ceux d'Au']axç<«7<»ip , Butri^iivs "ËuTiXim j et le mot 'EaXjavùç ou Soldanus , lorsqu'il eut passé des Gaznevides aiix Seljoucides et aux émirs de l'Asie et de l'Egypte , se trouve souvent employé dans le langage familier des Grecs et des Latins. Tiucàn^e [Dissert. 16 sur Joinville, p. 238— 240 ; Gloss. grœc. et latin.^ travaille à trouver le titre de sultan employé dans l'ancien royaume de la Perse; mais ses preuves sont chimériques: il fonde son opinion sur un nom propre des thèmes de Constantin (II, 11), sur un passage de Zonare, qui a confondu les époques, et sur une médaille de Kai-Khosrou, qui n'est pas, comme il le croit, le Sassanide du sixième siècle, mais le Seljoucide d'Iconium , qui vivait au treizième siècle. (D* Guignes , Hlst. des Huns , t. i , p. 246.)

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