‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 37 sur 68 · DE L EMPIRE ROMATW. CHAP. LVII. 2I · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMATW. CHAP. LVII. 2I

jour les cinq prières ordonnées aux musulmans ; il consacrait les deux premiers jours de la semaine par im jeûne particulier , et il élevait une mosquée dans chaque ville avant d'oser y jeter les fondemens d'un palais (i).

Ense soumettant à la relig-ion du Koran , le fils de il délivre le

. , , j calife de Bag-

Seljouk prit un grand respect pour le successeur du d.,a. a. d. prophète ; mais les califes de Bagdad et de l'Egypte ^'* '"■• se disputaient ce titre sublime, et ni l'un ni l'autre de ces rivaux ne négligeait rien pour démontrer la justesse de ses prétentions à des Barbares ignorans mais puissans. Mahmoud le Gaznevide s'était déclaré en faveur de la ligne d'Abbas , et il avait rejeté avec mépris la robe d'honneur que lui présentait un ambassadeur fatimite. Cependant l'ingrat Hashémite changea avec la fortune; il applaudit à la victoire de Zendekan , et nomma le sultan Seljoucide son vicaire temporel dans le monde musulman. Togrul remplit et étendit les fonctions de celte charge ; il fut appelé à la délivrance du calife Cayem , et obéit aux ordres sacrés qui lui offraient un nouveau royaume à conquérir (2). Le commandeur des fidèles , fantôme respecté , sommeillait dans le palais de Bagdad. Le prince des Bowides , son serviteur ou son maître, n'avait plus la force de le protéger

(1) Histoire génér. des Huns , t. m , p. i65, 166, 167. M. de Guignes cite Abulmahasen , historien d'Egypte.

(2) Consultez la. Bibliothèque orientale, articles Abbnssides , Caher ou Cayem, et \gs Annales d'ElmacIn etd'A — bulpharagc.

contre l'insolence des tyrans subalternes ; et la révolte des e'mirs turcs et arabes désolait les rives de l'Euphrate et du Tigre. On invoqua comme un bonheur la présence d'un conquérant ; et le fer et la flamme , maux passagers , furent regardés comme des remèdes fâcheux mais salutaires, seuls capables de rendre quelque vigueur à la république. Le sultan de la Perse partit de Hamadan à la tête d'une armée invincible ; il écrasa les orgueilleux , fit grâce à ceux qui se prosternaient devant lui : le prince des Bowides disparut ; on apporta aux pieds de Togrul les têtes des rebelles les plus obstinés , et il donna une leçon d'obéissance au peuple de Mosul et de Son inves- Bagdad. Après avoir châtié les coupables et rétabli la paix, cet illustre pasteur reçut la récompense de ses travaux , et une pompeuse comédie représenta le triomphe des préjugés religieux sur la force des Barbares (i). Le sultan turc s'embarqua sur le Tigre , débarqua à la porte de Racca, et fit son entrée publique à cheval. Arrivé à la porte du palais , il descendit respectueusement, et marcha à pied, précédé de ses émirs désarmés. Le calife était assis derrière un voile noir ; il portait sur ses épaules le manteau noir des Abbassides, et il tenait le bâton de l'apôtre de

(i) Je dois à M. de Guignes (t. m, p. 197, 198) les détails de cette cérémonie curieuse ; ce savant auteur l'a tirée de Bondari, qui a composé en arabe l'histoire des Seljou— cides (t. V, p. 365). Je ne sais rien sur le siècle, le pays ou le caractère de Bondari.

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