DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LVII
égalait sa valeur (i). Il chassa les Gaznevides des Règne et
1 1 i . , , caractère de
parties orientales de la Perse , et cherchant une con- Troj^ai Beg. trëe plus riche et un climat plus doux , il les poussa foôs! ^^^^ peu à peu jusqu'aux rives de l'Indus. Il mit fin en occident à la dynastie des Bowides , et le sceptre d'Irak passa alors des mains des Persans entre celles des Turcs. Les princes qui avaient e'prouvé ou qui redoutaient les traits des Seljoucides, se prosternèrent dans la poussière : Togrul, par la conquête de l'Aderbijan ou la Médie , s'approcha des frontières romaines ; et le pasteur osa demander, par un ambassadeur ou par un héraut, obéissance et tribut à l'empereur de Constantinople (2). Dans ses états , Togrul était le père de ses soldats et de son peuple ; son administration ferme et impartiale répara en Perse les maux de l'anarchie , et ces mêmes mains , qui s'étaient trempées dans le sang , protégèrent l'équité et la paix publique. Les plus grossiers, peut-être les. plus sages d'entre les Turcomans (3) , continuèrent à vivre sous
(1) Par une légère transformalion , Togrul-Beg se trouve être le Taiigroli-Pix des Grecs. D'Herbelot ( Bèbl. orient. , p. 1027, 1038) et de Guignes [Hist. des Huns, t. m, p. 189-201) donnent des détails fidèles sur son règne et sur son caractère.
(2) Cedrenus ( t. 11 , p. 774 , 775 ) , Zonare (t. 11 , p. 257), avec leurs connaissances ordinaires sur les affaires d'Orient , parlent de l'ambassadeur comme d'un schéznf, qui, semblable au syncellus du patriarche , était le vicaire et le successeur du calife.
(3) J'ai tiré de Guillaume de Tyr cette distinction des
ai 8 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
les tentes de leurs ancêtres ; et ces colonies militaires, prote'ge'es par le prince , se répandirent de l'Oxus à l'Euphrate. Mais les Turcs de la cour et de la ville se policèrent par les affaires, et s'amollirent par les plaisirs ; ils prirent l'habit , la langue et les mœurs de la Perse , et les palais de Nisabour et de Piey e'talèrent l'ordre et la magnificence d'une grande monarchie. Les plus dignes d'entre les Arabes et les Persans parvinrent aux honneurs de l'état, et le corps entier de la nation des Turcs embrassa avec ferveur et sincérité la religion de Mahomet. Ce sont les résultats d'une conduite semblable qui ont établi, entre les essaims des Barbares du Nord qui couvrirent l'Europe et ceux qui couvrirent l'Asie , cette irréconciliable inimitié qui les sépare. Parmi les musulmans , ainsi que parmi les chrétiens ,des traditions indéterminées et locales ont cédé à la raison et à l'autorité du système dominant, à une antique réputation, et au consentement général des peuples ; mais le triomphe du Koran est d'autant plus pur, que son culte n'avait rien de cette pompe extérieure qui pouvait séduire les païens , par une sorte de ressemblance avec l'idolâtrie. Le premier des sultans Seljoucides se distingua par son zèle et sa foi : il faisait chaque
Turcs et des Turconians , qui du moins est populaire et commode. Les noms sont les mêmes , et la syllabe man a la même valeur dans l'idiome de la Perse cl dans la langue teutonique. Peu de critiques adopteront l'étymblogie de Jacques de Vitry ( Hist. Hierosol. , 1. i , c. ii , p. 106 1 ) , qui dit que Turcomani s\^n\ne Turci, et Cornant, unpeuple mêlé.