‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 39 sur 68 · XI · texte numérisé non relu

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L'ernpe- Alp - Ârslan n'imita pas la grandeur dame re'elle nu" Diogè- OU fausscdc Malimoudle Gaznevide, et il fit la guerre io68-u)-i ^'^"^ scrupule à l'impératrice Eudoxie et à ses enfans. Ses progrès alannans obligèrent Eudoxie à donner sa main et son sceptre à un soldat ; et Romanus-Diogènes fut revêtu de la pourpre impe'riale. Entraîné par son patriotisme , et peut-être par son orgueil , il sortit de Constantinople deux mois après son avènement au trône ; et l'année suivante il entra en campagne au milieu des fêtes de Pâques, au grand scandale des peuples. Dans le palais, Diogènes n'était que le mari d'Eudoxie ; mais à l'armée c'était l'empereur des Romains , et il soutenait ce caractère avec de faibles ressources et im courage invincible. Sa . valeur et ses succès inspirèrent l'activité à ses soldats , l'espérance à ses sujets , et la crainte à ses ennemis. Les Turcs avaient pénétré jusque dans le cœur de la Phrygie ; mais le sultan avait abandonné à ses émirs la conduite de la guerre , et leurs nombreux détacbemens s'étaient répandus en Asie avec la confiance que donne la victoire. Les Grecs surprirent et battirent séparément ces corps cbargés de butin et étrangers à la discipline : l'empereur semblait se multiplier par son activité ; et tandis que l'ennemi écoutait les nouvelles de son expédition auprès d'Antiocbe , il sentait ses coups sur les colliues de 'J'rébisonde. Les Turcs, après trois campagnes difficiles, fiu'ent repoussés au-delà de l'Eupbrate ; Romanus entreprit , dans une quatrième, la délivrance de l'Arménie. La dévastation du pays l'obligea à transporter

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des vivres pour deux mois , et il alla faire le sirge de Malazkerd'(r) , forteresse importante située entre les villes modernes d'Erzeroum et de Van. Son arme'e se montait au moins à cent mille hommes. Les troupes de Constantinople étalent renforcées de la multitude désordonnée de la Phrygie et de la Cappadoce ; mais la véritable force de l'armée se composait des sujets et des alliés d'Europe , des légions de la Macédoine et des escadrons de la Bulgarie , des Uzes , horde moldave , qui étaient eux-mêmes de race turque (2), et surtout des bandes mercenaires des Français et des Normands. Le brave Ursel de Bailleul , allié et tige des rois d'Ecosse (3) , commandait ces derniers , qui

(i) Constantin PorpLyix)genèle fait mention de cette ville ( De administ. imper., 1. ii , c. 44 1 P- ' '9)- Les auteurs qui écrivirent à Byzance dans le onzième siècle , en [)arlent également sous le nom deMantzikierte , et plusieurs la confondent avec Theodosiopolis ; maisDelisle , dans ses Notes et sa Carte, a fixé la situation de Malazkerd. Abulféda (^Gëogr. > Tab. i8, p. 3io) dit que Malazkerd est une petite ville bâtie de pierres noires , où l'on trouve de l'eau , mais où il n'y a point d'arbres , etc.

(aj Les Uzes des Grecs ( Stritter , Memor-. hyzant. , t. m, p. 923-948 ) sont les Gozz des Orientaux i^Hist. des Huns, t. Il, p. 523; t. III , p. i3î,etc.). On les trouve sur les rives du Danube et du Volga , dans l'Arménie, la Syrie et le Khovasan, et il paraît qu'on donna ce nom à la nalion entière des Turcomans.

(3) Geoffroy Malaterra (l. i,c. 33) distingue Urselius (le Russelius de Zonarc) parmi les Normands qui subjuguèrent la Sicile, et il lui donne le surnom de Baliol. Les

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avaient la réputation d'exceller dans les armes , ou, selon l'expression des Grecs , dans la danse pyrrhique.

Défaite des A la nouvcUe de cette invasion hardie qui mena-

Piomains. . . , , . . i . i « i »

A. D. 107T. çait ses domaines nereditan'es , Alp-Arslan , a la tête de quarante mille hommes , vola vers le the'âtre de la guerre (i). Ses rapides et savantes évolutions troublèrent et épouvantèrent l'armée des Grecs, supe'rieure en nombre ; et la défaite de Basilacius , un de leurs principaux généraux , fut la première occasion où il déploya sa valeur et sa clémence. I/empereur, après la réduction de Malazkerd , avait imprudemment séparé ses forces. Ce fut en vain qu'il voulut rappeler près de lui les Francs mercenaires ; ils n'obéirent point à ses ordres, et sa fierté ne lui permit pas d'attendre leur retour. La désertion des Uzes remplit bientôt son esprit d'inquiétudes et de soupçons , et,

historiens d'Angleterre vous disent comment le» Bailleuls vinrent de Normandie à Durliam , bâtirent le château de Bernard sur la Tées , épousèrent une héritière d'Kcosse, etc. Ducange [Note ad Nicepkor. Brenniuin , 1. 11 , n° 4 ) a fait des recherches sur cette matière en l'honneur du président de Bailleul , dont le père avait quitté la profession des armes pour celle de la robe.

(1) EIniacin (p. 343, 3/(4) indique ce nombre assez vraisemblable ; mais Abulpharage (p. '22q~) le réduit à quinze mille cavaliers , et d'Herbelot (p. 102) à douze mille. Au reste, le même Elmacin donne trois cent mille hommes à l'empereur ; Abulpharage dit aussi : Cum centum hominum rnillihus , rnultisque cquis et inagnci pompa instnictns. Les Grecs s'abstiennent de fixer aucun nombre.

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