‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · IV. lO · texte numérisé non relu

IV. lO

l46 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

sans doute peu k peu les craintes et les scrupules des chrétiens *, mais ils s^adressaient toujours de prëfërence au tribunal de Tëvéque , dont ils respectaient l'intelligence et Tintëgrité. Le vénérable Austin se plaignait avec complaisance d'être sans cesse interrompu dans ses fonctions spirituelles , par Foccupation délicate de décider sur la propriété de sommes d'or ou d'argent , de terres ou de troupeaux en litige. 4"* L'ancien privilège des sanctuaires fut transféré aux églises chrétiennes , et la pieuse libéralité de Théodose le jeune l'étendit à toute l'enceinte des terrains consacrés (i). Les fiàgitifs et même les criminels pou* vaient implorer la justice ou la miséricorde de la Divinité ou de ses ministres ; la violence précipitée du despotisme se trouvait suspendue par la bienfaisante interposition de l'Église, et h puisante médiation des évéques pouvait défendre la fortune et la vie des plus illustres citoyens, cennires S*" L'évéquc était le censeur perpétuel des mœurs de son troupeau. La discipline de pénitence formait un système de jurisprudence canonique (^i), qui dé-

(i) Toyez Çod, Tkeod. , 1. ix , tit. ^4* l^g* 4* ^^^^ 1^^ ouvrages de Frâ Paolo (t. iv , p. 192 , etc. ) on trouve un excellent discours sur l'origine , les droits , les limites et les abus des sanctuaires. Il observe judicieusement que Fancienne Grèce contenait quinze ou vingt azila ou sanctuaires , et que ce nombre se trouverait auj&urd*kui dans Fenceinte d'une seule ville d'Ifàlie.

(2) La jurisprudence de la pénitence fut successivement perfectionnée par les canons des conciles ; mais comme il

spirituellrs>

finissait avec^ soin les devoirs publics et particulier^ de la confession , les conditions de Tëvidence , les degrés des fautes et la mesure des punitions. Le pontife chrétien , chargé de cette tâche , ne pouvait , en punissant les fautes obscures de la multitude , respec* ter les vices éclatans et les crimes destructeurs du magistrat*; mais il ne pouvait examiner et blâmer la conduite du magistrat , sans contrôler en même temps Tadministration du • gouvernement civil. Quelques considérations de religion, de fidélité ou de crainte, mettaient la personne sacrée des empereurs à Tabri du zèle et du ressentiment des évéques ;* mais les prélats censuraient et excommuniaient hardiment les tyrans subordonnés qui n'étaient point décorés de la pourpre. Saint Athanase excommunia un ministre de rÉgypte ; et l'interdiction du feu et de l'eau qu'il prononça contre lui fut solennellement proclamée dans les églises de la Cappadoce (i). Sous le règne de Théodose le jeune, l'éloquent et élégant Synèse, un

restait encore beaucoup de cas à la décision des évêques , à Texemple du préteur rpinain, ils publiaient dai|s chaque circonstance les règles de discipline qu'ils se 4)ro posaient d'observer. Parmi les épître^ canoniques du quatrième siècle , celles de saint Basile le Grand sont les plus célèbres. Elles sont insérées dans les Pandectes de Beveridge (t. II , p, 47-1 5i)^ et traduites par Chardon , Hist, des Sacr,, t. IV, p. aig-277.

(1) SainÇ^Asile , Epist, ^7 ; dans Baronius {Ann. eccles. , A. D. 370 , n" 91 ) , qui raconté ce fait exprès, dit-il , pour prouver aux gouverneurs qu'ils n'étaient point à l'abri d'une

ae

oir

clps

ca la.

), qui

'jiilles,

rapéni-

.ib, plus

i nuée de.

iviléges du,

leus, et de

• clergé, les

ciété avec les

, l d'Egypte , qui

cette convention

- TiUpinp.ntj Méjn^

is>

t. 5'] , p. 191-20 iv^

(le, puisqu'il était né

mandait. Les instru—

('laillés : le ?rt£OT7}ptov où

Iti pivoXaêiç, IWaypa, et

endaientles doigts , les

^ victimes.

ation est écrite en style ^, Epis t. 58, p. 20i-2o3).

m prendre des familles enpendant poussé jusqu'4 y

l48 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

des descendans d*IIercale(i), remplit le siëgeëpiscbpal de Ptolémaïs, près des ruines de Tancienne Cyrène (a), et le prélat philosophe soutint avec dignité un caractère qu'il avait revêtu avec répugnance (3). Il vainquit le monstre de Libye , le président Andro-

sentence d'excommunication. Selon lui , le monan|ae laî* même pouvait être atteint par les foudres du Vatican ; et ce cardinal raisonne beaucoup plus conséquemment (pie les jurisconsultes et les théologiens de PEglise gallicane.

(i) La longue suite de ses ancêtres jusqu'à Eurysthènes, le premier roi dorique de Sparte 9 <^ le cinquième descendant d''IIercule , était inscrite sur les registres de Gyrène , colonie lacédémonienne. (Synèse , epist. 5*]^ p. 197, édit. de Pétau. ) L'histoire du monde entier ne présente point un second exemple d'une si illustre filiation de dix— sept cents ans , sans compter les ancêtres d'Hercule.

(2) Synèse {de Regno, p. a ) , déplore pathétiquement l'état obscur et malheureux dans lequel Cyrène est réduite. ÏUikiç £»iivcc, irotXatov ovofia mou. vc^ivoy, mat tv 0»^ pvpca tmv ncàou. ffo^v.- Nviv ireyqç xoi xorm^t j xoi [uya tpctirtov. Ptolemais , nouvelle cité , à quatre-vingt-deux milles à l'occident de Gyrène, obtint les honneurs métropolitains de la Pentapolis, ou Haute— Libye, qui furent transférés depuis à Sozuse. y oyez Wesseling, Itinerar. , p. 67, 68, 782; Gellarios, Geogr. ^ t. Il , part. 2 , p. 72-74 ; Charles de Santo-Paolo , Geogr, sacra f p. 278; d'Anville, Géograph, anc. , t, iii^ p. 43, 44 > J^àm, de VAcad, des Inscriptions , t. xxxvii , p. 363-391.

(3) Synèse avait représenté combien il était peu propre à l'épiscopat {^Epist. , c. 5 , p. 246-25o). H aimait les sciences et les plaisirs profanes , ne pouvait supporter les privations du célibat , ne croyait pas à la résurrection , et refusait de prêcher des /aèles au peuple, h moins qu'on ne lui permît

DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. XX. i4ç]f

iiicus, qui, abusant de FautOFité d'une charge vénale^ inventait chaque jour de nouvelles tortures , de pouveaux moyens d'exaction, et aggravait ainsi le crin^e de l'oppression parcelui du isacrilëge (i). Âpres avoir inutilement essaye de corriger le magistrat par d^s remontrances pieuses et modérées , Synèse lanç» la dernière sentence de la justice ecclésiastique (a), qui dévoue ÂndiDnicus , se$ complices et Yems familles, à la haine de la terre et du ciel. Les péchçursimpéniteus, plus cruels que Phalaris ou Sennachérib, plus destructeurs que la guerre , U peste ou* une nuée de sauterelles , sont privés du nom et des privilèges du chrétien, de la participation aux sacremeus, et de lespoir du paradis. L'évéque exhorte le clergé , les magistrats et le peuple, à cesser toute société avec les

de philosopher chez lui. Théophile, primât d'Egypte , qui connaissait le mérite de Synèse , accepta cette convention extraordinaire. Voy. f^ie «fe *5/nèje. dans, Tillpmpntj Méjn^ ccclés. , t. XXII, p. 499^6^ • «k

(i) Lisez leç invectives de Synèse {Epist. 5'] , p. i9i"2oi> La promotion d,^Andronicus était illégale , puisqu'il était né à Bérénice dans la province où il commandait. Les inst rumens de torture sont soigneusement détaillés : le nu&TYiptov ou presse , la ^axn>>y]Opa, la iroSo^^ot^vi , la pivoXaêiç, IWa^pa, et le ^^sOioorpof toy , qui pressaient ou étendaient les doigts , les le nez , les oreilles et les lèvres des vic^times.

(2) La sentence d'excommunication est écrite en style classique ou de rhétoricien (Synèse, Epist, 58, p. 201-208). L'usage assez injuste déjà de comprendre des familles entières dans les interdits , fut cependant poussé jusqu'4 y envelopper une nation entière.

l5o HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

ennemis du Christ, à les exclure de leurs tables et de leurs maisons, à leur refuser toutes les nécessités de la vie et tous les honneurs de la sépulture. L'Église de Ptolémaïs , quelque obscure et peu importante qu*elle puisse paraître , écrit à toutes les Églises du monde, ses sœurs, que les profiines qui rejetteraient ses décrets seraient enveloppés dans le crime et dans le châtiment d*Andronicns et de ses imitateurs impies. Le prélat soutint la terreur de ses armes spirituelles en s*adressant adroitement à la cour de Byzance, et le président, épouvanté, implora la miséricorde de rÉglise. Le descendant d*Hercule eut la satisfaction de relever de terre un tyran prosterné (i). De tels principes , de pareils exemples préparaient insensiblement le triomphe des pontifes romains destinés à poser un jour le pied sur le cou des rois. Liberté «i« 6* Le pouvoir de Téloquence naturelle ou acquise s'est fait sentir dans tous les gouvernemens populaires; rftme la plus froide se sent animée, et la phis saine raison est ébranlée par la communication rapide de Timpulsion générale. Chaque auditeur est agité par ses propres passions et par celles de la multitude qui l'environne. La perte de la liberté avait réduit au silence les démagogues d'Athènes et les tribuns de Rome. L'usage de la prédication, qui semble constituer une partie de la religion chrétienne , ne s'était point introduit dans les temples de Tanti-

(i) Voyez Synèse, épis toi. 47> P- 186-187; ^p^^^^^- 72 > p. 2i&-ai9'; epistol, 89, p. 23o-23i.

DE L^EMPIÀE ROMAIN. CHAP. XX. i5i

quité, et les *oreiUe3 délicates des monarques n'avaient pas encore été frappées du soti choquant de Télo* quence populaire , quand les chaires de Fempire se trouvèrent occupées par de pieux orateurs q\^ jouissaient de plusieurs avantages inconnus à leurs profanes prédécesseurs (i). Les argumens des tribuns étaient sur-le-champ repoussés par des antagonistes habiles' et déterminés, combattant à armes égales. La cause de la justice et de la vérité pouvait tirer quelque avantage du conflit des passions ennemies. L'évéque, ou bien, quelque prêtre distingué auquel il déléguait avec précaution les pouvoirs de prêcher, haranguait, sans craindre une réplique ou même une interruption) une multitude soumise dont Tesprit avait été préparé et subjugué par les cérémonies révérées de la religion. Telle était la subordination sévère de TÉglise ciitholiqui;.^ que toutes les chaires d'Egypte ou dltalie pouvaient retentir au m4|ne instant du concert des mêmes paroles* entonnées par la voix suprême des primats de Rome o^ d'Alexandrie (a). Le dessein de cette institution était louable ,

(i) y oyez Themassia , Discipline de V Église , t. ii , 1. ni , c. 83 , p, I '^61-1 '770 \ eXles Antiquités de Bingham , vol. i , 1. XIV, c. 4 9 F* 666-717. La prédication était considérée comme la fonction la plu^ importante de Tépiscopat ; mais on la confiait quelquefois à de simples prêtres , tels que saint Ghrjsostôme et saint Augustin.

(2) La reine Elisabeth se servait de cette expression et de ce moyen quand elle avait envie de. disposer Tesprit du

l5a HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

mais les effets n'en forent pas toujours salutaires. Les prédicateurs recommandaient la pratique des deyoirs de la société , mais ils exaltaient la perfection de la vertu monastique, aussi pénible à l'individu qu'inutile au genre humain* Leurs charitables exhortations tendaient visiblement à donner au clei^é le droit de disposer de la fortune des fidèles au profit des pauvres. Les plus sublimes représentations des lois et des attributs de la Divinité étaient défigurées par un mélange de subtilités métaphysiques, de cérémonies puériles et de miracles fabuleux; et ils appuyaient, avec le zèle le plus ardent, sur le pieux mérite d'obéir aux ministres de l'Église, eiée détester tous ses adversaires. Lorsque la tranquillité publique fut troublée par le schisme et par l'hérésie, ils firent édater la trompette de la discorde ou peut-être de la sédition. Ils embarrassaient la raison de leurs auditeurs d'idées mystiques , enflammaient les passions par des invectives, et sortaient des temples d'Ântioche et d^Âlexandrie également propres à recevoir ovt à faire souffrir le martyre. La corruption du langage et dû goût se fait fortement sentir dans les déclamations véhémen* tes des évéques latins \ mais les discours éloquens d< saint Grégoire et de saint Chrysostôme ont été com

peuple en faveur de quelque mesure extraordinaire de so gouvernements Son successeur redouta beaucoup les effe^ de cette musique ennemie ; et le fils de celui-ci les sent cruellement quand la chaire , trompette ecclésiastique , et Voyez la P^ie dç l'arckevélque Laud^ par Heylin , p. iS

DE L'EMPIRE ROMAllN. CHAP. XX. i55

parés aux plus sublimes modèles de Fëloquence antique ^u du moins asiatique (i).

-7® Les représentans de la république chrétienne ^?^*^^^«*' s'assemblaient régulièrement tous les ans dans le ^^^^'.^i®»"' printemps et dans Tautomne, et ces synodes répandaient il^sptk de la discipline et de la législation ecclésiastique dans les cent vingt provinces qui composaient le inonde romain (2). L'archevêque ou métropolitain et jiit autorisé par les lois à faire comparaître les évêques suffragansde son diocèse , à examiner leur conduite, à attester leur croyance, à défendre leurs droits, et à peser le mérite des candidats que le peuple et le clergé avaient choisis pour occuper les sièges vacans du collège épiscopal. Les primats de Rome, d'Alexandrie, d'Antioche, de Cartilage, et ensuite de Gonstantinople, qui exerçaient une juridiction plus étendue , assemblaient tous les

(i) Ces orateurs modestes reconnaissaient humblement que , n'ayant point le don des miracles , ik tâchaient d'y suppléer par Part de Féloquence.

(2) Le concile de Nicée , dans les quatrième ^ cinquième , sixième .et septième canons, a fait quelques réglemens fondamentaux relativement aux synodes, aux métropolitains et aux primats. Le. clergé, selon les différens intérêts auxquels il a voulu appliquer les canons de ce concile , en a torturé lé sens , Fa étendu par des interprétations abusives , et a eu recours aux interpolations ou aux suppositions. Les Eglises suburbicariennes assignées ( par Rufin ) à Tévêque de Rome, ont été Tobjet d'une violente controverse. Voyez Si rmond , 0/i^ra ^ t. iv , p. 1-238. •

l54 HISTOIRE DE LA D£CADE1\CE

éfêques dépcndans de leur diocèse ; mais Tempereor seul avait le droil de convoquer extraordinairement les conciles généra^^. Quand les afiaires de TÉglise Texigeaient, le souverain ajournait les ëvéques de toutes les provinces. On leur payait la dépense de leur voyage, et les postes impériales recevaient un ordre de leur fournir les chevaux qui leur seraient nécessaires. Dans les premiers temps où Constantin était plutâ| le protecteur que le prosélyte de TÉglise chrétienne 9 il fit jugejr les débats religieux de FAfrique par le concile d'Arles, dans le<piel les évéques dTork, de Trêves, de Carthage et de Milan , vinrent, comme amis et comme frères., discuter ensemble y dan& leur langue nationale, les intérêts généraux de rÉglise latine ou occidentale- (i). Onz^ans après, il se tint une a^ssemblée plus nombreuse et plus célèbre à Nicée en Bitfaynie, pour éteindre ,- par une sentence définitive , les subtiles discussions qui s^étaient élevées en Egypte au sujet de la sainte Trinité. Trois cent dix -huit évéques se rendirent aux ordres de leur indulgent souverain , et on fait monter à deux mille quarante-huit le nombre des ecclésiastiques de tous les rangs , de toutes les sectes et de toutes les dénominations , qai s'y trouvèrent (2). Les ecdésias-

(i) Nous n'avons que trente-trois ou quarante-sept signatures épiscopales ; mais Adon , dont l'autorité n'est pas à la vérité bien respectable ^ compte six cents évéques au concile d'Arles. «TiHemont , Mém. ecclési,t. vi, p. 4^2.

(2) Voyez Tilàemont , t. viyp.giS; et Beausobre , Hist.

DE L'EMPIHE ROMAIN. CHAP. XX. i55

tiques grecs vinrent en personne, et lés légats du pontife romain se chargèrent d'e:itprimer Tassenti* ment du clergé latin. Les séances durèrent deuic mois, et Tempereur les honora souvent de sa présence. Il laissait ses gardes à la porte^ et s'asseyait ( avec la permission du concile ) sur un tabouret bas , au milieu de la salle. Constantin écoutait aved patience et parlait avec modestie ; et , tout en dirigeant les dé^ bats , il protestait humblement qu'il n'était que le ministre et non le juge des successeurs des apôtres, établis comme ministres de la religion et de Dieu sur la terre (i). Un si profond respect de la part d'un monsirque absolu , pour un petit nombre de sujets faibles et désarmés , ne peut se comparer qu'à la vélïëration qu'avaient montrée au sénat les princes romains qui avaient adopté la politique d'Auguste. Dans l'espace de cinquante ans , le témoin philosophe des vicissitudes humaines aurait pu contempler Tempereur Tacite dans le sénat de Rome, et Constantin dans le concile de Nicée. Les pères du Càpitole et ceux de l^Église avaient également dégénéré des vertus de leurs fondateurs \ mais comme le respect pour les évêques était plus profondément en-

€Ui Manichéisme, t. i, p. 529. Le nom d'évêque donné par Ëutjchîus aux deux mille quarante — huit ecclésiastiques ( Annal., t. i, p. 44^ > '^^rs, Pocock. ) , s'étend fort au-delà des limites d'une ordination OTthodoxe ou même épiscopale. (i) /^ojez Eusèbe , in F^it. Constant,, 1. m, c. &t2i ; Tillemont , Mém, ecclés. ^ t. xi , p. 669-759.

l54 HISTOIRE DE LA DÉCADEINCE

éf éqœs dépendans de leur diocèse ; mais Tempereur seal avait le droil de convoquer extraordinairement les conciles gënéraqf • Quand les afiàires de TÉglise l'exigeaient , le souverain ajournait les ëvéques de toutes les provinces. On leur payait la dépense de leur voyage , et les postes impériales recevaient un ordre de leur fournir les chevaux qui leur seraient nécessaires. Dans les premiers temps où Constantin était plutâ| le protecteur que le prosélyte de TÉglise chrétienne^ il fit juger les débats religieux de FÂfriqua par le concile d*Arles, dans lequel les évéques dTork, de Trêves, de Carthage et de Milan , vinrent, comme amis et comme frères, discuter e^emble, dan*s leuT langue nationale , les intérêts généraox de rÉglise latine ou occidentale'(i). OozQ.ans après, il se tint une assemblée plus nombreuse et plus célèbre k Nicée en Bithynie , pour éteindre ,- par une sentence définitive, les subtiles discussions qui s^étaient élevées en Egypte au sujet de la sainte Trinité. Trois cent dix - huit évéques se rendirent aux ordres de leur indalgent souverain , et on fait monter à deux mille quarante-huit le nombre des ecclésiastiques de tous les rangs , de toutes les sectes et de toutes les dénominations , qui s'y trouvèrent (2). Les ecdésias-

(i) Nous n'avons que trente^troîs ou quarante-sept signatures épiscopales ; mais Adon , dont l'autorité n'est pas à la vérité bien respectable , compte six cents évéques au concile d'Arles. «TiKemont , Mém, ecclést,t. vi, p. 4^2.

(2) f^orez Tilfemont , t. vi , p. 916 ; et Beausobre , Hist,

DE L'ËMPIHE ROMAIN. CHAP. XXI. iSy

Page 1