IX
guerre reli}j[ieuse de deux cent cinquante ans ] mon projet est d'y exposer le schisme ecclésiastique et politique des sectes de l'Orient, et de préparer le récit de leurs querelles, si bruyantes et si sanguinaires, par de courtes recherches sur la doctrine de la primitive Église (i).
(i) Comment dois-je m'y prendre pour montrer la justesse et l'exactitude de ces recherches préliminaires que je me suis efforcé de circonscrire et d'abréger? Si je continue à citer à la suite de chacun des faits et de chacune des réflexions le monument qui me prouve la vérité, il faudra qu*à chaque ligne je rapporte une liste de témoignages , et ■chaque note deviendra une dissertation ; mais Petau , Leclerc, Beausobre et Mosheim, ont compilé , rédigé et éclairci les passages sans nombre des anciens auteurs que j'ai lus dans les originaux. Je me bornerai à m'appuyer dans ma narration du nom et de la réputation de ces respectables guides ; et lorsqu'il s'agira d'un objet difficile à démêler ou très-éloigné , je ne rougirai pas d'appeler à mon secours des yeux plus forts que les miens : i° les Dogmata theologica de Petau étonnent l'imagination par l'immensité du plan de l'ouvrage et celle du travail qu'il a exigé. Les volumes relatifs seulement à l'Incarnation (deux in-folio, le cinquième et le sixième , de huit cent trente-sept pages ) sont divisés en seize livres ; le premier est historique , et les autres exposent la controverse et la doctrine. L'érudition de l'auteur est très-étendue et très-exacte ; son latin est pur ; il suit une méthode claire ; il y a de la profondeur et de la liaison dans ses argumens; mais il est Tesclave des pères de l'Église, le fléau des hérétiques, Pennemi de la vérité et do la bonne foi , toutes les fois qu'elles se trouvent en opposition avec les intérêts du parti catholique. i^ L'arminien Leclerc , qui a publié un volume m-fy* {j4mslerdam , 1716)
I. Les chrétiens, justement intéressés à l'honneur J^«des premiers prosélytes de leur religion , ont été dis- «eoiement
né honme.
sur Phistoire ecclésiastique des deux premiers siècles, est par soD caractère et sa position exempt de tout asservissement; son esprit est net, mais ses vues ont peu détendue; il réduit la raison ou la sottise des siècles aux bornes de son propre jugement; son opposition aux sentimens des pères a pu quelquefois soutenir, mais quelquefois aussi égarer son impartialité. Kojez ce quMl dit des cérintbiens (lxxx) , des ébionites (cm), des carpocra tiens (cxx), des valen— finiens (cxxi), des basilidiens (cxxiii), des marcionites (cxLi), etc. 3° L'Histoire critique du Manicbéisme ^^ Amsterdam , 1^34-1739, en deux volumes in-4°, avec une Dissertation postbume sur les nazaréens, Lausanne, 174^) contient des cboses très— précieuses sur la pbilosopbie et la théologie des anciens. Le savant bistorien débrouille avec un art admirable le fil systématique de Topinion , et tour à tour il joue le rôle d'un saint , d'un sage ou d'un bérétique ; mais ses raffinemens sont quelquefois excessifs : on le voit entraîné par un sentiment généreux en faveur du parti le plus faible ; tandis qu'il se prémunit avec tant de soin contre la calomnie, il ne calcule pas assez les effets de la superstition et du fanatisme. L'Index très-curieux de ce livre indiquera aux lecteurs tous les points qu'ils voudront examiner. 4** L'historien Mosheim , moins profond que Petau , moins indépendant que Leclerc , et moins ingénieux que Beausobre , est complet , raisonnable , exact et modéré. Voyez dans son savant ouvrage {^de Rébus christianis ante Constantinum ; Helmstadt, 1763, in-4°) ce qu'il dit des nazaréens eï des ébionites (pag. 172-179, 328-332), des gnostiques en général (p. 179 , etc. ) , de Cérinthe (p. 196- 202), de Basilide (p. 352-36 1), de Carpocrates (p. 363- 367), de Falentin (p. 371-389) , de Marcion (p. 4o4-4ï<>)> des manichéens {1^. 829-837, etc.).