‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 3)Chapitre 3 sur 42 · UISTOIHE DE LA DECADENCE · texte numérisé non relu

UISTOIHE DE LA DECADENCE

premiers semblait autorisée par les circonstances visibles de sa naissance , par le maria<>e de Joseph , son père putatif, qui avait rempli toutes les formalités de la loi, et par ses droits de descendance directe sur le royaume de David et Thérilage de Juda-, mais Thistoire secrète et authentique s'est conservée dans plusieurs copies de rÉvangile selon saint Matthieu (i), que ces sectaires gardèrent long*temps dans Thébreu original (2), comme le seul témoignage de leur croyance. Joseph, sûr de sa chasteté, eut des soupçons bien naturels; mais, instruit en songe que la grossesse de son épouse était l'ouvrage du Saint-

(i) Les deux premiers chapitres de saint Matthieu n'existaient pas dans les copies des ébionites (saint Epiphane, Hœres,, xxx , i3); et la conception miraculeuse est un des derniers articles que le docteur Prieslley a retranchés de sa profession de foi, déjà si peu étendue.

(2) Il est assez vraisemblable que le premier des Evangiles, destiné aux Juifs qui embrassaient le christianisme, fut compose en hébreu et en syriaque. Papias, Irénée , Origène, saint Jérôme et d'autres pères, attestent ce fait. Les catholiques ne se permettent pas d'en douter; et parmi les protestans , Casaubon , Grotius et Tsaac Vossius , l'admettent. Mais il est sûr que cet Evangile hébreu de saint Matthieu n'existe plus ; et on peut accuser ici le zèle et la fidélité des premières Eglises , qui ont préféré la version dénuée d'autorité d'un Grec anonyme- Erasme et ses disciples, qui respectent le texte grec que nous avons comme l'Evangile original, se privent eux-mêmes du témoignage qui le déclare l'ouvrage d'un apôtre. Voy. Simon , Hist, crit., etc., t. ni, c. 5-9, p. 47-101 » et les Prolégomènes de Mill et de Wertsteiu sur le Nouveau-Testament.

Nazareth s'entretenait familièrement avec ses compagnons ; il se montrait leur ami , et , dans toutes les actions de la vie raisonnable ou de la vie animale , il paraissait de la même espèce qu'eux. Ainsi que les autres hommes, il passa de Tenfance à la jeunesse et à la virilité, par un accroissement graduel de stature et de sagesse , et il expira sur la croix après une pé-^ nible agonie de l'esprit et du corps. 11 vécut et mourut pour servir les hommes ^ mais Socrate avait aussiconsacré sa vie et sa mort à la cause de la religion etde la justice; et, bien que le stoïciea ou le héroS' puisse dédaigner les humbles vertus de Jésus, les^ larmes qu'il a versées sur son pays et sur le disciple qu'il aimait sont la preuve la plus pure comme la plus incontestable de son humanité. Les miracles de TÉ-v vangile ne devaient pas étonner un peuple qui croyait, avec intrépidité les prodiges encore plus éclatans de. la loi de Moïse. Avant lui, des prophètes avaient guéri des malades, ressuscité des morts, arrêté le soleil, étaient montés au ciel sur des chars de feu-,, et le style métaphorique des Hébreux pouvait donner à un saint et à un martyr le titre adoptif de Jils dé Dieu.

Toutefws dans le symbole des nazaréens et des . sa

*' naissanc

ébionites, on n'aperçoit que de faibles traces d'une •«••uccè». distinction entre les hérétiques qui disaient que le Christ avait été engendré selon l'ordre commun de la nature, et les schisraa tiques moins coupables qui admettaient la virginité de sa mère, et excluaient l'intervention d'un père terrestre. L'incrédulité des

naissance et

Page 1