CHAPITRE VIL
Élévation «t ij-ranaic de Muiimin. — Rébellion en Afrique et en Italie, tous l' autorité du sénat. — Guerres civilei el sédition». — Mort» violentes de Maximin et de ton fils, de Maxime et de Balbin , tldoi trois Gordiens. — Usurpation et jeux léctilaires de Philippe,
De tous les gou vernemens établis parmi les hommes, une monarchie héréditaire est celui qui semble d'abord prêter le plus au ridicule. Quel spectacle en effet, à considérer vaguement les choses, que de voir, a la mort du père, la propriété d'une nation, semblable à celle d'un \TU troupeau , passer à un enfant au maillot, également inconnu au genre humain et à lui-même ! Peut-on le contempler sérieusement? Peut-on n'être pas étonné que les guerriers les plus braves, que les citoyens les plus habiles, renonçant a leur droit naturel, s'approchent du berceau royal les genoux ployé», et fassent à cet enfant des protestations d'une fidélité inviolable ? Telles sont les couleurs sous lesquelles la satire et la déclamation peignent ce tableau : mais elles ont beau le charger; en y réfléchissant mûrement, on sent combien est respectable et utile un préjugé qui règle la succession, et qui la rend indépendante des passions humaines. Ou applaudit de bonne foi à tout ce qui concourt à enlever à la multitude le pou-
(222 dep. J.-C.) voir dangereux et réellement idéal de se donner un chef.
Dans le silence de la retraite on peut tracer des formes de gouvernement, où le sceptre soit remis constamment entre les mains du plus digne par le suffrage libre et incorruptible de toute la société ; mais l'expérience détruit ces édifices élevés par une imagination fantastique, et nous apprend que, dans un grand étal, l'élection d'un monarque ne peut jamais être dévolue à la partie h pins nombreuse, ni même la plus sage du peuple. L'armée est la seule classe d'hommes suffisamment unis pour embrasser les mêmes vues, et revêtus d'une force assez grande pour les faire adopter aux autres citoyens. Hais le caractère du soldat, accoutume a la violence et à l'esclavage -, le rend incapable d'être le gardien d'une constitution' légale ou même civile. La justice, l'humanité et la sagesse qu'exige la politique, lui sont trop peu connues, pour qu'il apprécie ces quaïitésdans les autres. La valeur obtiendra SOït'estlme, et la libéralité achètera son. suffrage; mats le premier de ces deux mérites se trotrfe souvent dans les âmes les plus féroces; l'autre ne se développe qu'aux dépens dn public; et ils peuvent tons les deux être dirigés Contre le possesseur du trône par l'ambition d'un rival entreprenait.
La supériorité de la naissance, lorsqu'elle est consacrée par le temps et par l'opinion publique, est de toutes les distinctions la plus simple et la moins odieuse. Le droit reconnu enlève à la faction ses espérances; et l'assurance du pouvoir désarme la cruauté du rrïonarque. C'est à rétablissement de ce principe, que nous sommes redevables dé la succession paisible et de la douce administration de nos monarchies européennes. En Orient, où celte heureuse idée n'a point encore pdnéiré, un despote est souvent obligé de répandre le sang des peuples pour se frayer un chemin au trône de ses pères. Cependant, mémo en Asie, la sphère des prétentions est bornée, cl ne renferme que les princes de la maison régnante. Dès que l'heureux candidat a éloigne ses frères paiTépceoupar le cordon, aucun autre sujet ne lui cause la moindre inquiétude. Mais l'empire romain, après quel'au-
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(222 dep. J.-C. 'i (orité du sénat fut tombée dans le mépris, devint un théâtre de confusion. Les rois, les princes de leur sang, et même les- nobles des provinces, avaientété autrefois menés en triomphe devant le char des superbes républicains. Les anciennes familles de Rome, écrasées sous la tyrannie des Césars, n'existaient plus. Ces princes avaient été enchaînés par les formes 'd'une république; et jamais Us n'avaient eu l'espoir de se voir renaître dans leur postérité ' : ainsi leurs sujets ne pouvaient se former aucune idée d'une succession héréditaire. Comme la naissance ne donnait aucun droit au trône, chacun se persuada que son mérite devait l'y faire monter. L'ambition, n'élast plus retenue par le frein salutaire de la toi et du préjugé, prit un vol hardi ; et le dernier des hommes pouvait espérer d'obtenir dans l'armée, par sa valeur et avec le secours de la fortune, un poste dans lequel un seul crime Je mettait en état d'arracher le sceptre du monde à un maître faible et détesté. Après le meurtre d'Alexandre Sévère et l'élévation de Maxim in, aucun empereur ne dut se croire en sûreté. Un paysan, un barbare pouvait aspirer à cette dignité auguste, et en même temps si dangereuse.
Trente-deux ans environ avant cette époque, l'empereur Sévère, à son retour d'une expédition en Asie, s'arrêta dans la Thrace pour célébrer, par des jeux militaires, le jour de la naissance de Géta, le plus jeune de ses fils. Les habitons du pays s'étaient assemblés en foule pour contempler leur souverain. Un jeune barbare, de taille gigantesque, sollicita vivement dans son langage grossier In permission de disputer le prix de la lutto. Comme r orgueil des troupes aurait été humilié, ai un simple paysan de Thrace eut terrassé m soldat romain, on mit d'abord le barbare aux prises avec les plus forts valets du camp. Seize d'entre eux tombèrent successivement sons ses coups : il obtint pour récompense quelques petits présens et la liberté de s'enrôler dans les troupes. Le jour
* n k't arait pas eu d'ample de trois générations sucerswres sur le trône ; seulement on avait vu trois fils gou- Twaer Tenutre après la mort de leurs pères. Malgré le dîmes , les mariages des césars furent eu gênerai intrut-
suivant on le vit au milieu des nouvelles recrues, dansant et célébrant sa victoire selon l'usage de sou pays. Dès qu'il s'aperçut qu'il s'était attiré l'attention de Sévère, il s'approcha du cheval de ce prince, et le suivit à pied dans une course longue et rapide, sans paraître fatigué. « Jeune homme, dit l'empereur • étonné, es-tu maintenant disposé à lutter? > Très-volontiers, répondit le barbare >; et aussitôt il terrassa sept des plus forts soldais de l'armée. Un collier d'or fut le prix de sa vigueur et de son activité incroyables, et on le fit entrer immédiatement dans les gardes a cheval, qui accompagnaient toujours la personne du souverain '.
Maxijuin, car tel était son nom, quoique né sur le territoire de l'empire, descendait d'une race de barbares. Son père était Golh, ci sa mère de la nation des Alains. Leur fils déploya toujours une valeur égale à sa force ; et bientôt l'usage du monde adoucit ou plutôt déguisa sa férocité naturelle. Sous le règne de Sévère et de Caracalkt, il obtint le grade de centurion , et il gagna l'estime de ces deux princes, dont le premier se connaissait si bien en mérite. La reconnaissance défendit à Maxîmiu de servir sous l'assassin de Cnracalla; et l'honneur ne lui permjf pas de s'exposer aux outrages du lâche Elagabale, Il reparut a la cour à l'avènement d'Alexandre, qui lui confia un posic mile et agréable. La quatrième légion, dont il fut nommé tribun, devint bientôt, sous ses ordres, la mieux disciplinée de l'armée. 11 passa successivement par tous les grades militaires *, avec l'applaudissement général des soldais qui se plaisaient à donner a leur liéros favori les noms d'Ajax et d'Hercule ; et s'il n'eût point conservé dans ses manières une teinte trop forte de son origine sauvage, peiït-èlré X empereur aurait-il accordé sa sœur en mariage au fils d'un paysan de Thrace *"',
I Hisl. Aog.,p.l3B. ' ''■
îHist. Ang., p. !40; Hénjfflm , 1. vr, p. fflj; Aurel. Victor. En comparant ces auteurs, il sembla qinafaximin a*ait le eonunandemeot particulier de la cavalerie Triballienne , et la coinmisbiou de discipliner les recrues de toule l'armée. Son biographe aurait dfi marquer avec plus de soin ses exploits , et les dlBemis grades par lesquels il passa.
a Voyez la Mira orfôntle, d'Alexandre Sévère. Hisl. Aug., p. 149.
iMi
£et ÊMemrtjlDÎfl d'Inspirer à Maximin la fidélité qu!il>devaitià Un maître bienfaisant; ne, fifirvlraob tpili «nflamMer son ambition. Il ne croyaiCpassûfbrçunB proportionnée à son me-* rite, tuul ofu'ii aenast obligé de reconnaître us supérieur! i Quoique) s sagesse ne le guidât jamais, iLiavaitiùne foesse naturelle qui lui fit déoouvrûi lennécontentenent de l'armée , cl «pu Inidosna les moyens d' en profiler pour s'oleviirstic-loB ruûses de remperear.il est auê à la faction età ta calomnie de lancer des ivails empoisonnés sur la conduite desmeîlleui«i prince$v«t . du < défigurer mène leurs vertus e* 4e* contondant avec leurs défauts, auxquels elles tiennent de si pvè*.
Les troupes 'écoutèrent avec plaisir le»1 émissaires de Maximin; et elles rougirent de leur patience, qui depuis attise ans les retenait honteusement' dans tes liens -d'une drscipssK pénible,1 établie par un Syrien efféminé, qui rampait UchetHOnt aux pieds de sa mère et dd sénat. < Il est temps, s'écriaient-elles, i d'ubattreee vain fantôme de l'autorité ci- »' vile, et de choisir pour prince et pour gé- » aérai un véritable, soldat, nourri dans les » camps^a«couluméa«xfattg«esdelaguerre, » capable, en «n mot, de maintenir la gloire de > l'empire et d'en distribuer les trésors aux » compagnons de sa fortune. »
Une grande armée commandée par l'empereur en personne était alors rassemblée sur les rives du Rhin pour aller combattre les barbares ; et Ton avait confié à Maximin le soin important de discipliner et de passer en revue les nouvelles levées. Un jour, comme il entrait dans le champ d'exercice, les troupcs.'excltées par un monVement subît ou par une conspiration déjà formée, le saluèrent empereur, 'Rrent' cesser ses refus obstinés par dés acclamations redoublées, et se bâtèrent do consommer leur rébellion, en trempant lenrs mains dans le sang d'Alexandre.
. Les circonstances de la mort de ce prince août rapportéesdifl&emmortf. Quelques écrivains l'-tmfr prétendu qu'il rendit le dernier soupir sans avoir en la moindre' connaissance de riugraiïtudç et de l'ambition de Maximin. Selon cou, l'empereMC,. après avoir pris un léger repais en présence de L'armée, «.'était retiré pour dormir j1 vers la septième henre du
DECADENCE BE'I^MMHELRîWfAlN, (Ma-Hep-lMity
jour, un-parti *»iseS "piWpTfes' gtii'de^péiiétrH daHslntftftWiitiip^riflI(,;i(tf»eri.'*i(i?lplii8it?#rs coup»oeprlbceHeiHueukws^ns'tiéRané«<1.' ■ S* Bou9ajotll*»9 ftti'li un ■ récit dlfféi<entj mais beau>onp-'plas-probtiblevHa)iin)M"firt revêtu de h1 'pourpre jJwunBbnVbreWx déuv cbememy fi quelques milles de distance Mu. quartier générai; et a comptait ptw-sw les vœux BOcrets que snrnne déclaration put*V que de la grande année. Alexandre eut le temps de ranimer la fidélité ex pirnnie de ses troupes; mais elles levèrent l'étèitdatt'dd'lai refaite à l'aspeetde Maximin qui '«(déclara' l'ami et le défenseur d« fordre- militaire, ^eti qni lut aussitôt proclamé, parles légions, «m*) pereur des Romains.
Alexandre, trahi et abandonné, 's« retira, dais sa tente pour n'être pasexposë, dans. ses derniers momens, aux insultes'dela mnl-1 titude. Un tribun et quelques ceitttorïaiis,'liysuivirent bientôt Cépée à la ma»; Au fie» do recevoir le coup fatal avec une fertne'ré*ob>li tion, il déshonora, par des cris- impuissaas et par de vaines supplications, hlflh'tfe'sa vie; et sa lâcheté fit succéder le tliéprlS'i^ juste pitié qu'inspiraient son innoeence'et son malheureux sort. Sa mère Maimtiée; qu'iï avait accusée hautement d'avoir été ta feausede sa ruine par son avarice et par son orgueil, périt avec lui; et ses plus fldèlesanlis'fureot sacrifiés à la première fureur des soldais. On en réserva seulement quelques-nus pour être par la suite les victimes de la cruauté relié-' chie de l'usurpateur. Ceux qui éprouvèrent les traitemenslesplusdouxfurent dépouillés de leurs emplois et chassés ignominieusement de la cour et de l'armée*.
Les premiers tyrans de Rome, Caliguln, Néron, Commode, Caracalla1 étalent tous île jeunes princes sans mœurs ■ et sans expérience", élevés dans la pourpre et comnapws-
i Hïst. Aog., |>: 135. J'atiidood <f confiances l«plu»hDprob»blc««ipp«rWffi «JraNtoTîe: autant que l'on en peut juger d'après la narration défi*» wtùmteKi biogwple , le boitât» d'AInqndhreatni par hasard d»iiÈ la tente dew prince nemlan t> qu'il idamait, et il le réveilla. La crainte *i tbalrueat l'engagea» a- pti* sàidef aux soldats métoakmde'MmneHn'IcnieÉrerc. : îHéfodlcn,l.vi,p.2B-22r. ■■•<'■■ ■■■■ "•■ >-. ■
i Caligukt , te plus âgé des rraolre j n'avait que VHUjt-
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<mfneUW»H l**W pePKdft*^. I* nttUeiritvJU cnia«ft*(^wBO«M»Mli«/«iViBweipe'dii'rémWllB.c^Weifllïiïnéiri«M<i»o|qiùil.qeiBt>-
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scfl«ri&i*ftpJ»IJtne*t tantale* quQ. bob air «MTR84fHi<v«eiQ4ni8(tonac«4«UiJe des arts et] «es institutions de la >^ sociale1, forajaient iWnpiMUrdMftilOtïvopAble.ayeo le ca~ ractèj^aJtnnbted#,L'iiu^tuaé Alexandre. .11 qVui&ûi pqint,, oublié qne, ;d*us un é lai plus bHmUftii.il'Ava^at|eadtt,pliu d'une fois à, la V*rVe.dssi.(W)bl9s.tti) Borne, et que sou»e»t l'insolence des esclaves 1* avait. çpipçiJwi tic pWWM-ade^^t ces fers pgtriGieii»,U&8 ropp^aftanj^Jajnfcié.d'iw petit nombre -qui l'jfmi&emwAwb j*a: pauvreté, et, qui avait gBJdé,6e*B^uieç&fla$..d»ns, la. carrière des lKinw«iB|>^ia^^u,>:.qiii.av0i(eutdédfùgné le pajl*i^IïliT!K«i et &** qui l'avaient protpg^éWpst coupables, du même -crime ; Us ijaiqatttfNft été|,tçoiqitts de son .obscurité. Phi6iepffiHr«H.|tfVHisdis»Oi't.i et eu livrant W-.mW&Gfà la .plupart de ses bienfaiteurs, ï^vuimi, m4*' en, caractères de- sang l'hisu»(»iiwflaçaWie,dt'>a bassesse et de sou iuçr|HÎ)|i))pjT i.
■ k'aflte.npjrfi et fqroce dit tyran recevait, avidemeflfci.tUHle sqrto d'impressions sinistres contre, les. ^citoyen» les plu» distingués par leur aais^ncp et par leur mérite. Lorsque le cri .d&ibM&lpfyQi\ te .faisait entendre, sa cruauté. u!avait:^Jus de bornes et devenait ia«Qï»bbîKj'0ni8yaU- découvert on imaginé une conspiration contre. sa vie, et Hagnus, s«nMWTj:ouiwUtre< était jaomuié comme le prûwip»!] «u«*r,irtni «pmplot ;il fut mis à mort .-avec, quau-q. mille, de ses prétendus rciflfiîjî'nt : T eeUô.. exécution sanglante ne fut précédée d'aucune des formes ordinaires
nnq —riMWl'^ MHlUiifW>H trône 1 Caraeaila en irait ^♦kBiSjCawa^éi^^r.tf^nstulanMBt date**.], -..ilLTisn ' .-^'i '■■*.;.
Ml.^w«'Vi'il/lfin«nUeDU«r«Mwtie gnc,UnEne
îwiiMiiHnwinli rrpnpiliif cldwl l'étude raàniJ. une
iB^fiiidiEtto^tdaiB'.»*»!- ... >-
'MWiiiHifliiDMlww r ft'1-Mrni-"-" * U *u.,,;p..237.
C'est avec use grande injustice «que .l'on .accuse, in: dernier
~ it »«»■#. hs^'PMteM^wm.
de I» justice. Un £snlâ> innbsriwaW* ifeBpioaset de délateurs infesUnwiQuilm' et loi provinces. Sur la plusitgcife'accugatioiiv letpreuuers citoyens ilei'Étut'i qni tïViàeqG (jeu* verné des provinces «omniaedé «les Minées, possédé leooD6ulat«t.porté'lo4QnBemeoB^d«.
triomphe, éttienichai'aés.de chaînes et trainés i pubKquemenXdevaml'empnflurlLÀeonfiscab tton, fexd ou. nne. mort simple passaient' ponrdes exemples eKtraobdtfuwes desa-doiiecilp. Il fit enfermer dans des pfenux.de Wtes D.out« vellement égorgées pluaieom <d*s m-albtwneux qu'il dcstinait-ii la iBOrtçiIaotrcM fuient déchirés par des nnim&ttx; et quelque s- uns expirèrent sous des tonps de massue. Pen* dant les trois années de Bon règne* il dédaigna de visiter Rome ou.UtolW. lies tim». slances partioBltMes. L'avaient, obligé do transporter son armée, des rives .du Rl^aùxv bords: du Itenube. C'était dans, son cs«f> qu'il exerçait un affreux despotisme qui^aour tenu par la puissance. teiribLe de l'épée, fttu-, lait aux pieds les lois et l'équité.. Il nesouf*. frait auprès de lui aucun homme célèbre, par-, une naissance illustre, par. de», qualités était nentes ou par des tairas poiwil'adimn.i*ir«tion. La cour d'un empereur romain retraçait, l'image de ces anciens chefs d'esclave& ou de gladiateurs , dont Le soirocair inspirait encore. la terreur et dont ou ne sa rappelait qu'en frémissant la puissance formidable.1 . .
Tant que la cruauté de Maximin ne frappa que des sénateurs ilUialnes, ou même ces hardis aventuriers qui s'exposaient, à la cour ou à l'armée, aux caprices do. .U. fortune, le peuple contempla ces scènes sanglâmes, avec indifférence , et peutnëtre avec, .plaisir, Mais, l'avarice du tyran, irritée par. les,, désirs insatiables des soldat*, envahit,. enfin .les, propriétés publiques. Chaque .ville. possédait un
> Onkc»BiurailiSpartaçusetà,UJiéîiio^; lljst. .4.U-: gnst. p. Ht Quelquefois cependant la femme de Maiimiu savait, par de sages conseils qu'elle donnait avec celle douceur al propre a sdh'Wit», -rtibekT te1 tyrjii <bl» te voit de Ut veritô et do ■riniuianiie.' Verra . immieri Mw celjin, 1. wvs.c. 1 ,«i il iflil allusion i celle çircoqslance, qu'il a rapportée plusau loag s^us le rtgue de (lallien. Oii peu! voirpàr l'es 'niÈdai Iles qùePaùllina'eriili fc nom decctte'ilopéretHce- WenfaisHntK'ïTéimre dfe'Pirtt noua »pt*-(iwl qu'elle nurvut ^DlMarâwri.fVatoJp, adlov.
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revenu indépendant, destiné à des achats de blé pour la multitude, et aux dépenses qu'exigeaient les jeux et les spectacles : un seul acte d'autorité ut passer en un moment toutes ces richesses dans le trésor de l'empereur. Les temples furent dépouillés des offrandes- en or et en argent que la superstition y avait consacrées depuis tant de siècles ; et les statues élevées en l'honneur des dieux, des héros et des souverains, servirent ù frapper de nouvelles espèces.
Ces ordres impies ne pouvaient être- exécutés sans donner lieu à des soulèvement) et a des massacres. En plusieurs endroits , le peuple aima mieux mourir pour ses autels que de voir, dans le sein de la paix, ses villes exposées aux déprédations et a tontes les horreurs de la guerre. Les soldats eux-mêmes, qui partageaient ces dépouilles sacrées, tremblaient, en les recevant, de se rendre coupables de sacrilège. Quoique endurcis à la violence, ils redoutaient tes justes reproches de leurs parens et de leurs amis. Il s'éleva dans tout l'univers un cri général d'indignation qui -appelait la vengeance sur la tète de f ennemi commun du genre humain. Enfin, un acte particulier d'oppression souleva contre lai les habitant d'une province jusqu'alors tranquille et désarmée'.
L'intendant de l'Afrique était le digne ministre d'un maître qui regardait les amendes et les confiscations comme une des branches les plus considérables du revenu impérial. L'exécution d'une sentence inique , portée contre quelques-uns des plus riches habitans de cette contrée, les avait dépouillés de la plus grande partie de leur patrimoine. Dans cette extrémité, le désespoir leur inspira une résolution qui devait compléter ou prévenir leur ruine. Après avoir obtenu trois jours avec beaucoup de difficultés, ils profitent de ce délai pour rassembler dans leurs possessions un grand nombre d'esclaves et de paysans urinés de bâches et de massues , et entièrement dévoues aux ordres de leurs seigneurs. Les chefs de In conspiration, ayant été admis à l'audience de l'intendant , le frappent de leurs poignards qu'Us avaient ca-
■ Uéndlni,!. vu,p. 33S;Zotime,l.l,p. 15.
DÉCADENCE DE L'EMPIRE. ROMAIN, (2l7dep.L-C)
cliés sous leurs robefl- Suivis anssrolt. d'une troupe UnuustuBuse , Ils «^emparent de la pe-
tite ville de- Thysdrat'v et arborent l'étendard de la rébellion centre le maître de l'empire romain. Ils fondaient leurs espérances sur In haine générale qu'avait* inspirée -Maximin, et ils prirent sagement le parti d'opposer-à ce tyran détesté un empereur qui se fut déjà concilié par sa vertu l'amour des peuples, et dent l'autorité sur la province donnât du poids à leur entreprise. Gordien , leur proconsul, qu'ils avalent choisi, refusa de bonne foi ee dangereux honneur.' Il -les conjura, les larme* aux yeirx, de lui laisser terminer en paix une vie innocente , et de ne pas le forcer à tremper ses mains déjà affaiblies par l'âge dans le sang de ses concitoyens. Les menaces des rebelles le contratgnirent d'accepter la pourpre impériale, seul rempart qui lui restait désormais contre la foreur de Haxtmin, puisque, selon les maximes d'un tyran, -on mérite la mort dès que l'on a été jugé digne du trône, et que délibérer, c'est déjà se rendre coupable de rébellion'.
La famille de Gordien était une des1 plus illustres du sénat de Rome. Du côté de sa mère, il descendait de l'empereur Trajan, et il remontait, par son père , aux célèbres i Gracchus. Une fortune considérable le mit en état de soutenir sa naissance ; et dans l'u-' sage qu'il en fit, il déploya l'élégance de son goût et toute la bienfaisance de son âme. Le palais que le grand Pompée avait autrefois occupé dans la capitale appartenait , depuis plusieurs générations, à la famille des Gordiens1. On y voyait encore d'anciens trophées, et le proconsul d'Afrique l'avait orné
1 Dans le fertile territoire de Bysacene, cinquante lieues au sud de Cannage. Ce Ait probablement Gordien qui donna le litre de colonie a cette ville, et qui y fit bâtir un bel amphithéâtre que le temps a respecté. Voyez Ilineraria, Wesseling, p. 50, et les Voyages de Shaw, p. 117.
1 Hérodien, 1. vu , p. 238 ; Hist. Aug., p. 153.
J HrsL Aug-, p. 133; Marc-Antoine s'empara delà belle ESaison de Pompée , in Cariais. Après la mort du triumvir, elle fit partie du domaine impérial. Trajan permit aux sénateurs opulens d'acheter ces palais magniAqaes, et devenus tuUtUeaauprinoe^Puiie, panég.e.ûO). Ce M pfobebUmeol alors çua le Usaient de C-ordiea fit réquisition de I? maison de Pompée.
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(237 dep. J.-C.) do plmtsuv beMniaUabOK. Sa maison de campagne* shuée sur le chemin omi menait à i^lientev était l'amenée par des bains d'une beauté et d'âne grande» r singulières, par trois KalcrîermngnitiqiMS, longue» de cent pieds, et pur an saperhe portique élevé sur cent Nlommoe quatre espèces de marbre d'un grand prix1. Les jeux publics dont il fit la dépense - semblent être au-dessus de la fortiuwd'nn -sujett L'amphithéâtre était rempli de plusieurs centaines de béies sauvages et de ftadimteurs*. Bien différent des autres ma- BÏElrats qnî- 'Célébraient dans Rome seuleree«t wi'petit nombre de fêtes solennelles, Gordien; lorsqu'il fut édile, donna des speeftw testons les mois ; et, pendant son consulat, fes-priaàpales villes1 d'Italie se ressentirent de sa magnificence. 11 -fut élevé deux fois ù cette dernière dignité par Caracalla et par son suceessèRfM car- il possédait le rare talent de mériter' t-'eetima des princes vertueux, sans alarmer la jalousie des tyrans. Sa longue earriàte'fnt partagée entre l'étude des lettres et les paisibles honneurs de Home. H refusa prudeOiiaeiit le commandement des armées et le gouvernement des provinces, jusqu'à ce qu'il eût été nommé proconsul d'Afrique parle séant, et avec le consentement d'Alexandre1. Tant que ce prince vécut , l'Afrique fat heureuse sous l'administration de son digne représentant. Après l'usurpation du barbare Maxintin , Gordien adoucit les maux qn'il ne pouvait prévenir. Lorsqu'il accepta malgré lui la pourpre impériale, il
' Ce* quatre espèces de marbres étaient le claudien , le MMtSëi , le caryslien et le syimadien ; leurs couleurs tfeni u«t eÙ as*cr bien décrites pour pouvoir être par follement distinguées. Il paraît cependant que le caryslien était on T»Ttde mer, et que le synnadien était blanc , mfU de larbet de pourpre orales. Voyez Saumaise, ad tâst.Ji&at.,p.itS.
* BsL Ang., p. 1S1 , 182 : il feisatt paraître quelque- ItaîssorlVenet^ cents couples ie gUd«rteur», Jamais noms oVcent cinquante. R donna une fols au cirque cent theranx siciliens et autant de la Cappadoce. Les animaux destinés pour le plaisir de la chasse étaient principalement Fo*n, le sanglier, le taureau , le cerf, l'élan , l'âne î»n»3^,'eU.&»c«etVèléptanlsenu)lenta«»rété ré-
PAR ÉD. GIBBON. OH. Vn.
3 Vey« dans nfirt. Aug., p. 152, la lettre originale , irai montre a ta «tel «respect d'Alcaaadre pour Itntoii»*i eétw, *«*ti«finw»ottr le protons»! que cette compagnie arait dostgtté.
était âgé de plus de quatre-vingts ans. On
se plaisait à contemplerons ce vieillard respectable les restes uniques et précieux du siècle fortuné des Antonins, dont il retraçait les vertus par sa conduite, et qu'il célébra dans un poème élégant en trente livres. Le fils de ce vénérable proconsul l'avait accompagné en Afrique en qualité de lieutenant. Il fut pareillement proclamé empereur par les habitons de la province. Le jeune Gordien avait des mœurs moins pures que cerlesdesnn père, maissoncaractèreétait aussi aimable. Vingt-deux concubines reconnues et une bibliothèque de soixante-deux mille volumes attestent la diversité de ses goûts ; et d'après les productions qu'il nous s laissées il parait que les femmes et les livres étaient plutôt destinés à son usage qu'à une vaine ostentation'. Le peuple romain retrouvait dans ses traits l'image chérie de Scipion l'Africain , et se rappelant que sa mère était petite-fille d'Antonin-le-Pieitx, il se flattait que les vertus du jeune Gordien, cachées jusqu'alors dans le luxe indolent d'une vie privée, allaient bientôt se développer sur un plus grand théâtre.
Dès que les Gordiens eurent apaisé les premiers tumultes (Tune élection populaire , ils se rendirent à Carthage. Ils furent reçus avec transport par les Africains qui honoraient leurs vertus , et qui, depuis le successeur de Trajan , n'avaient jamais contemplé la majesté d'un empereur romain. Mais ces vaines démonstrations ne pouvaient ni confirmer, ni fortifier le titre des deux princes; ils se déterminèrent, par principe autant que par intérêt , à se munir de l'approbation du sénat. Une députadon, composée des plus nobles de la province se rendit immédiatement dans la capitale, pour exposer et justifier la conduite de leurs compatriotes, qui, après avoir souffert si long-temps en silence , avaient enfin pris le parti de se déclarer ouvertement. Les lettres des nouveaux empereurs étaient modestes et respectueuses; ils s'excusaient sur la nécessité, qui les avait
i Le jeune Gordien eut trois ou qu.lre entons de chaque concubine; ses productions littéraires, quoique moins nombreuses , ne sont pas a mépriser.
lorfifeaVaccepler- W litre impérial, et ils boumetfaieuî leur destin à 1a décision suprême du sénat'.
Cette asscnililéo se balança pas air une. répousq favorable ;, et les genliniens m furent point partagés. La aaissatice et les nobles alliances, d^s. Gordiens les. Uaieat intimement avec, les pjus, il lustres maisons de Rome. Leur graude fortune, leur avait procuré beaucoup de partisans,, e* Jenr mérite, un grand nombre d'amis. Leur douce .administration faisait eati-eyoir.daus; .un.avenir. brillant, non souk* méat la ,fin, dpSi calamité qui. déchiraient l'État, Biais., encore (^rétablissement de la répiibUqufi.,La.vwleocû. militaire, qniidV bord nvftk forcé les,.6énatetws>, à fermer tes yeux sur le meurtre du vertueux Alexandre, et à ratifier L'élection d'uu barbare paysan f, ne leur inspirait plus de terreur; >elle faisait nailre.au contraire dans leur âme le noble dessein de réclamer les. droits violés de la liberté et de l'humanité. On connaissait la haine implacable de Muxirain contre le sénat. Les soumissions les plus respectueuses ne pouvaient le, fléchir ; l'innocence la puis réservée n'aurait point été à l'abri de se» cruels soupçons. Les sénateurs, détermines par de pareils motifs et par le soin de leur propre sûreté , résolurent de courir le hasard d'une entreprise dont ils étaient bien surs d'être les premières .victimes , si elle ne réussissait pas.
Ces considérations, et d'antres peut-être d'une nature plus, particulière , avaient d'abord été discutées dans une conférence entre les consuls et les magistrats. Dés qu'ils curent pris leur résolution , ils convoquèrent tous les sénateurs dans le temple de la Concorde, -selon l'unoienne l'orme du secret1, instituée pour réveiller leur attention, et pour cacher leurs, décrets. « Pères conscrits, dit » le consul Svlliuiua, les Gordiens, revêtus
i Hérodien , 1. vu , p. 243; Hist. Aug., p. 144.
1 •Qiiod tamen patres rtùmpericulosumcxistimant, » irumui annota mfelm approbavtrttnl. > Auirlius Victor.
sLesoftkiws Jt*énal étaient exclm.cf les sénrteure renipuuaienl alors eux-mêmes «s Omettons * greffier, etc. Itoissqiumes ndevaMcs i THMloire Angust'me, p.) 69, de cttcnmpte eorkax'de fonden usage obsmt! sous la
{w-«en.*i.afiiî
lé comuiaireï fini-
tous les deuicd'unevdigr,
vatre-proceBMli,- l-aatreiNtre iteuteaofet éfr
Afrique, Viennent id'ôtre>il(iéfclarcs'>(!mpe-i
raan tnoo teiooment— ent générât d» nette
province. Hantions ;dcs notitws deflFUOj*1,-
;contmua-o-it «oBra{U«ttementi,.à ui'jeutttrise''
de Thyerirnçreadensdesabtionedeg rtwr
■à nos* généreux dé$aaea»sples>fi(èè*eB tNabi^1
tans (te Curthatie , qai'inous détimftvftlfe;
■monstre honrible j Pourquoi nVéewrtaz-**lis i
ainsi froidement , hommes ^imiéesHiPetir-l
quoi jeteï-vous l'un sw<4'aMre)d>N-v«u«fttS'
inqaiets? Pourquoi fcéBÎttzt^s^Maxtttfni1
est Henaami de rÙiaD^pitfiseUoritainlitté'
■espii'er bisntet avec f u^Puisd*Ais>-aonS'rS^
oueiMtr>lona>4emp8desirrui£SibValIà eagessw
et de la fidélité dû Gnrdrânt le<,pèrej'de fe<
valeur! tt-èt In cmmàtaev-deitiwd&rritfl
.fils'U, .. , :..., ■-■-,. .ni..ilp|inWHiuii
La noble «rdnaP'du iconsàl. ti&DitMf itftspWt1 1
languissant du sénat/ U»déoret»Bohw«*hftivl'
tifia l'élection des <wmljeiis\ -déolnrtfiaUlxi"11
min, son Qh> et tous teuwpartiswtaviilBBWW'
ù la potriey et offrit do^randeS' nr«c*pen«Èr-'
à eenxqui anrotentte courage 0dJB»to«lti'6W'1
d'en délivrer l'État. . • ■■'.■.: ; ;i "i>|i'.T»ti H
Dans l'absence de l'eta pereurt tard'éntinè" -.:
ment de gardes préWTlet»e9'>étaie>!refcïé|-à ■
Romo pour défendre, on plutôt peurgAuve*^'
ner la capitale. Le .préfet Vitaiwn'«va*tiei^ J
gnalésa fidélité envers Maximin, pur**«Wleflt"
avec laquelle il avait etoéeuté et même !pt*-'
venu ses ordres crue|si Snmo*t*eulejtairtflt •
assurer l'autorité chancelante de» sénateurs!; ' -
et mettre leurs personnes a l'abri dc"tôuS"'
dangers. Avant que leur décision1 'eût fraris* '■'
pire, un questeur et quelques Mibtms' 'forent '
chargés doter la vieau pré&.llsfe^rrettt -'
leur commission avec unsiteeès'êgal'1a'lla ■■
hardiesse de l'entreprise; et , lénatrt'tV leurs
mains le poignard ensanglanté,- ihvtoufnrfcirt'1
dans toutes les mes de la ville , en antmnçant'
au peuple et aux soldats la nc-uveiledé Pntea t -
reuse révolution. L'emhouSMBnMl dé ta tt*'-'
berté fut secondé paroles promesses dé1 rê* -■
compenses eonsidérabteB' en argffBT'ci en"1
terres. On renversa les statues de Maximin;
* Ce discour» , digne d'un ifléjttrlflw', topft1 ï^rlek lié èti rfgiatrts du sertit i fl «* inséré1 luh( m&ift, Auguslîne, p. 156.
et ta pqtdfclftMdMtaiMlMO transport, l' autoqlètim-llemampoiamiUetittlie àas4ia.t '.
UMte^f&éeifrsrititVexemple deftoWe.
,:Ua*«rBi«qimb«Bimartoeu« assemblée, stt**og*é« de puits hmg-4mi» par ta lioente aûli«w»teo par uBikspmJwïiel'apeudHî. Le tjbft f^> haïwti id» • #éawi Ja ^owvèraeroettt , etipri* Je*- mesurée les plos -sages pour vengnrilejr-anOM' àda.-iriam, la cause de la lihajrt jlajjafliïnHn fanlr iln ii*imlritirn rnnrn biwrçuiv^iteur.! mérite et par -loirs- sertjWMWimAlMBiM faveurs d'Alexandre, iii^Mtei;tfeé'ri'eBvttba«er raugt capables de cwimMfdHdetMipées ai de. conduira une gnerra.,lC4:*i*àieliiiftoel:onnoan* Indé- Ewiw^lt WuJieiii0H'teœtias8ifina a chacun djféMn*iie|>t;rtflBièas.' Ils avaient ctrdèc de rairoi«terM)t*eU» .'levées i die Jfeciplnae* ta jeunesse italienne, et surfont de fortifier les PfWfrrt iMiipranâVaheminsv dam Urcraintc d'nne)i»ilMi«Pi'iû»Ienvèy» en mène -temps >a%|MniMMMH d&qUeéqiies provinces plu* si*»ii^4*pB*é»iJ8hoiai8^p(iFini les plnsdisting|Wiiri^iWtirtrio*idei:i'»rdre équestre; pour lefuMnvvtert <Ja, valeuau- secours de h patrie, et de rappeler aux nations les ■tends de leur uiuaPMMMamtfcriaTeoile penpie romain. Le rqspdec^quft.Vou-eiy généralement pour ces d^oi^fti: «(J'^BlpiffieaeaienCdo l'Iiatte et des poo*ÙBps0 prebdVe te part i du sénat, prouvent snGStMM*entj que. -kit -sujets de Maxim in étaient r*)d»^« cetde^er état d'abattement, d«u».|ea^a}i>iiaipe»ple; a-plus à craindre -de rojWWWH» q« 4feta> .MtiWawe. Le sentimeut^ioÀaiAtde catt&triste- vérité inspire un dc^é ^fifuretw «çiaiàtre qui caractérise rape«aBtl#sjU/i9rxasi«wil«8 qui ne sont souteuwfiKn»naf le» Artifices de qtiriques chefs fectiep*,:* ejareprenana ■..
JIMl iwdiiiiqiie L'Qn.ftifbrassait la cause dejs,.ftanfit|nsiiaTWiauiii d'ardeur, les Gor- MWfofimo&immtâMlKUt- plus. La faible courte) Qp^tt» aratt pvi&i'alarmeà la nouveltede la, i*i«^, rapide i de. Capellianus, «anrpWWfafaU*mtenMi,q)iU suivi d'une pétale pand£;d#: v^teraWlsb d'une iroape foc
>B-"fcî-'artiWi.W
(PUB HB1 JS9BBOM. GH. VII.
midable de barbares, fondît sur anc province fidèle à son nouveau souverain , niais incapable de le défendre. Le jeune Gordien s'avança au-devant de l'ennemi , a la tète d'An petit nombre de gardes et d'tmc multitude indisciplinée, élevée dans ïe Inxe 'er l'oisiveté de Cnrthage. Sa valeur inutile né servit qu'à lui procurer une mort glorieuse snr le Cliamp de bataille. Son père, qui 'n'avait régné que trente-six jours, mit fini sa vie dès qu'il apprit cette défaite. Carthage sans défense ouvrit ses portes au vainqueur; et se trouva exposée à l'avidité cruelle d'un esclave qnî , pour plaire à son maître,' était obligé de paraître devant lui avec d'immenses trésors et les mains teintes du sang d'un grand nomhre.de choyé us*.
L« sort imprévu desGordiensremplHRome d'une juste terreur. Le sénat, convoqué dans le temple de la Concorde, affecta de s'occuper des affaires dn jonr; il tremblait d'envisager les malheurs dont il était menacé. Le silence et (a consternation régnaient dans toute l'assemblée, lorsqu'un sénatcurdu nom et de la famille de Trajan entreprit de relever le courage de ses concitoyens. H leur représenta que depuis long-temps il n'était, plus eu leur pouvoir de temporiser' ni d'oser de réserve; que Maxîmin, nafnrellement implacable et irrité par leurs dernières démarches, s'avançait vers l'Italie, a la tête de toutes les forces de l'empire; que, pour eux, il ne 1cm* restait d'autre alternative que d'aller daris la plaine à la rencontre de l'ennemi publie, ou d'attendre tranquillement lés «ouHneiis Cruels et la mort ignominieuse destinés à des rebelles malheureux. < Noos avons perdu, «onti- » nua-t-il, deux excellent princes ï mais, à • moins que nous ne trahissions nôtre propre i cause, les espérances de la repnbllqnc n'ont'
> point péri avec les Gordiens. J'aperçois ici1 ■ un grand nombre de sénateurs/ dignes par
> leurs vertus de monter sur le trône, et ca-
i.Hefulien , 1. ni, p. 2M;uwt, As*, p. 160-160. An lieu d'un an et six mois pour le règne de Gordien, « qui rat absurde, il faut lira tas Osmboaw Paariniut, on mois et sixiouro- VortiC«nmeat., p. 193; Zosime rapporte, I. 1, p. 17, q«B lcs<teu« Gooiiww perirml par une IcmpBU, numilifa.diM«u».ii«wip(jio«;«rsBft» ignorance do l'histoire , ou étrange abus des m
no
» pallies, par leurs qualités éminentes, d'en » soutenir la majesté. Élisons deux empe-
> rcurs, dont l'un soit chargé de la guerre » contre le tyran, tandis qne l'autre restera » dans Rome pour diriger l'administration ci- » vile. Je brave volontiers l'envie, «et, sans » craindre de m'exposcr an danger d'une » élection, je donne ma voix en faveur de * Maxime et de Balbin. Ratifiez mon clioix, » pères conscrits, ou couronnez d'autres cï- » toyens d'un mérite plus éclatant. » L'appréhension générale imposa silence a la jalousie; elles deux candidats furent universellement reconnus. Tonte l'assemblée retentit d'acclamations sincères; et on entendit de tons côtés : < Victoire et longue vie aux em-
> pereurs Maxime et Balbint Vous êtesheuj reux au jugement du sénat. Puisse la répu-
> blique être heureuse sous votre administra-
> tion1 ! »
Rome fondait les pins belles espérances sur la vertu et sur la réputation des nouveaux empereurs. Le genre particulier de leurs talens les rendait propres chacun aux différens départemens de la guerre et de la paix. Ils pouvaient être assis sur le même trône, sans qu'il s'élevât entre eux aucune émulation dangereuse. Orateur distingué, poète célèbre, sage magistrat, Balhin avait exercé avec intégrité et avec de justes applaudîssemens la juridiction civile dans presque toutes les provinces intérieures de l'empire. Sa naissance était illustre*, sa fortune considérable; il avait des manières affables. Un sentiment de dignité corrigeait en lui l'amour du plaisir; et les
i Voyez l'Histoire Augnstlne, p. ICC, d'âpres les registres du sénat. La dite est évidemment finisse ; nuis il est aisé de réformer cette erreur , en Taisant attention que l'on célébrait alors les jeux a poil maires.
1 11 descendait de Cornélius Balbus , noble espagnol , et fils adoplir de Tbéophanes , l'historien grec. Balbus obtint le droit de bourgeoisie , par Ta (hveur de Pompée, et il dut la conservation de ce litre a l'éloquence de Ciccron (Voyeï Orat.pro Corn, fiafto). L'amitié de César, auquel il rendit eu secret d'importuns services dans la guerre civile , lui procura les dignités de consul et de poultfe, honneurs dont aucun étranger n'avait encore été revétn. Le neveu de ce Balbus triompha des Cannantes. Voycx le Dictionnaire de Bavle an mot Balbus : ce judicieux écrivain distingue plusieurs personnages de ce nom, et il relevé avec son exactitude ordinaire tel méprises de ceux qui ont traité le même sujet
fMT dep. *.-€.) charmes d'une vie 'agréable ne te détonrnè* rent jamais de l'application aitx affaires. Maxime avait moins d'aménité dans le caractère. Sorti* d'une origine obscure -, il s'était élevé, par son habileté et par sa voleur, au premier emploi de l'État et de rarmecvSes victoires surlesSarmates et sur les Germains, l'austérité de ses mœurs et l'impartialité do ses jagemens, lorsqu'il lut préfet de la-ville, lui concilièrent l'estime du peuple,"dont l'aimable Balbin possédait tonte- l'affection. Ces deux collègues avaient été consuls; Balbw même avait joui deux, fois de oette heuoraMe dignité; tons les deux avaient; été nommés parmi les vingt lientertans du sénat ;-ët comme l'un était Agé de soixante- ans, l'antre-dr. soixante-quatorze1, ils etaientparvenusacecte maturité que donnent l'âge et l>eapérie»ico.
Lorsque le sénat leur eut conféré lespui» sancee consulaire et tribnmtienuei le titre de pères de la patrie et lu dignité de grand^pontlfe, Maxime et Balbin montèrent au Capitale pour rendre des actions de grâces ans dieux. tutélaires de Rome1. La solennité des sacrifices fut troublée par un soulèvement de peuple. La sévérité de Maxime était odieuse à cette multitude; la douceur, l'humanité tic Balbin nelui eu imposaient point assez; bientôt la foule s'augmente, et les mutins entourent le temple de Jupiter, en frappant l'air de kurs cris. Ils réclament, comme un titre légitime, le droit de ratifier l'élection d'un souverain* et ils demandent, avec une modération apparente, qu'outre les deux empereurs déjà nommés par le sénat, on en choisisse un troisième dans la famille des Gordiens, commo une juste marque de reconnaissance envers ces deux princes, qui avaient sacrifié leur vie pour la république. Maxime et Bulbin, à la tète des gardes de la ville et des plus jeunes de l'ordre équestre, entreprennent de so faire jour
• Zonare.l.xa, p. G22;duûs peut-on t'en rapporter à l'autorité d'un Grec si peu instruit de l'histoire du troisième siècle, qu'il crée plusieurs empereurs Imaginaires, et qu'il confond entre eux les princes qui ont réellement enistc 7
m, p. 257. supposa que le sénat tut er»tmrtl«nwoqué(i™stc-r:aBl»«o, et ftla fait natter orec beaacoup ffétoamnee . î.'Jrisiwre- Augastineyp. 1 HLsca- Mé beaucoup pin? aaitieHtiijao.
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(237 «ep. J.-C.)
à travers: les rebelles: la multitude, armée de 'pierres et de bâtons, repousse ces princes, elles force de se réfugier dus le Capitule, Il eu prudent de céder, lorsque la dispute , quelle que puisse en être l'issue, doit être fatale aux. deux partis. Un enfant, âgé seulement de treize ans , petit-Sis du vieux Gordien et neveu du pins jeune, fut montré an peuple avec les ornemens et le titre de césar. Cette condescendance apaisa le tumulte ; et les deux empereur», après avoir été reconnus paisiblement dans Rome , se préparèrent a défendre. l'Italie contre l'ennemi public.
Tandis qu'an milieu de la capitale et dans le mu de L'Afrique les révolutions se suoeédatentlea nnes aux autres avec ane rapidité ineoacevabtt,. l'esprit de Haximin était déchire.|»r les passions les pluavioleotes. 0» prétend qu'il reçut , non en homme , mais en béte féroce, in JMnwâUe de la rébellion des Gordiens et do décret solennel rendu contre si personne. Trop éloigné du sénat pour lui faire éprouver tonte sa rage, il voulait, dans s motisemeus d'une fureur avenir ses mains du sang de son fils, de ses ami» et de tons ceux qui osaient l'approcher. U s'applaudissait a peine de la chute précipitée des Gordiens, lorsqu'il apprit que les sénateurs, renonçant à tout espoir de pardon, avaient nia de nouveau deux princes dont il ne pouvait ignorer le mérite. La vengeance était la dernière ressource de Maximin ; et ks aime» seules pouvaient lui procurer cette •nique consolation. H se trouvait à la tétc des nmiliouiTi. légions romaines, qu'Alexandre avait rassemblées de toutes les parties de latinité. Trois campagnes heureuses contre lea fiainuW et contre les Germains avaient élevé leur répntatién , exercé leur discipline et augmenté même leur nombre, en les remplissant d'une fouie de feuneabarbares. Maxtnain avait passé sa vie dans les camps; et l'histoire ne peut lui refuser la valeur d'un soldat, ni même les Utlens d'un général expérimenté ' . 11 était a présumer qu'un prince de ce carac-
ifrfcnfi». 2*9, «dans l'Histoire Auu(in«,M»t mutroi»k*nngMsdirMraite« deHuimin MU mfe sw -ht rébeftfcn 4'Alrisw. et.de- ftm» 1. deTuTemont a tits-bkaKuwuvtqu'âlctBcs'accprsnit
BAR.ÊD. «BKQN. CH. Y1L 111
1ère, au lieu de laisser à la rébellion le temps de se fortifier, se transporterait sur-le-champ des rives du Danube aux bords du Tibre, et que son armée victorieuse pleine de mépris pour le sénat, et impatiente de s'emparer des dépouilles de l'Italie, devait brûler du désir de terminer une conquête facile.
Cependant, autant que-' nous pouvons en juger par la chronologie obscure de cette période1, il parait que Maximin , retardé par les opérations de quelque guerre étrangère, ne marcha que le printemps suivant en Italie. D'après la conduite prudente de ce prince, nous sommes portés a croire que les traits farouches de son caractère ont été exagérés par l'e&prit de parti ; que ses passions, quoique impétueuses, se soumettaient à la force de la raison, et que son amc barbare avait quelques étincelles du noble génie de Sylla, qui subjugua les ennemis de Rome avant de songer à venger ses injures particulières '.
Lorsque les troupes de Maximin, qui s'avançait en bon ordre, arrivèrent au pieds lies Alpes Juliennes, elles furent effrayées du silence et de la désolation qui régnaient sur les frontières d'Italie. Elles trouvèrent partout les villages déserts, les villes abandonnées. Les habitans avaient pris la fuite à leur approche, emmenant avec eux leurs troupeaux. Les provisions avaient éterenferméesou détruites, les ponts rompus; enfin, il n'existait plus rien qui put servir d'asile à l'ennemi, ou lui procurer des vivres. Tels avaient été les oroi entre elles, ni avec ta vérité. Hiit. des Empereurs, lame m, p. 790.
i L'inexactitude des écrivains de ce siècle nous Jette dans un grand embarras. 1° Nous savons que Maxime et Balbiu furent tues durant les jeui capilolins. Hère-dirn , 1. TU[,p.285.L'aulori,lé de Censorin (de die natâti, c. 18) nous apprend que ces jeux lurent célébrés dans l'année 238 ; mais nous ne connaissons ni le mots ni le jour. 2° Noua ne pouvons douter que Gordien n'ait été élu par le sénat le 27 mai; mais nous sommes en peine de découvrir si ce lut la m£me année ou la précédente, TiBemont et Murnlori, qui soutiennent les deux opinions opposées, s'appuient d'une toute d'autorités, de conjectura et de probabilités. L'un resserre ta suite des faits entre cet deux époques; l'autre retend au-delà , et tous deui paraissent s'éoarter également de la raison et de l'histoire. Il est cependant nécessaire de choisir entre eux .
a Velleius Palercuhu , I. u , c. 24 ; le président de Montesquieu ( dans son dialogue entre Eucratc et Sylla) exprimo les senliBwns du dictateur d'une manière inge*
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tires des généraux du séant, dont le sage projet était de prolonger la guerre, de ruiner l'année de Maximin par les attaques lentes de la famine, et -do consumer sa force dans le siège des principales villes d'Italie, abondamment pourvnes d'hommes et de provisions.
Aquitée reçut et soutint lepremier choc de l'invasioni Les conrans qui tombent dans la mer -Adrimkpie, à l'extrémité dn golfe de ce nom; grossis alors par la fonte des neiges1, opposèrent aux armes de Maximin uir obstacle impréfn.- Cependant il fit construire un pont «rec de grosses futailles artisiemcnt liées ensemble, et, dés qu'il se fut transporté de l'autre côté du torrent, il arracha les vignes qui embellissaient les environs cTAqvilée.'demorltles faubourgs, et en employa les matériaux à bâtir des tours et des machines pdur arnaquer la ville de tous côtés. On venait de réparer a la haie les murailles qnlëtaient tombées en ruines pendant la tranquillité d'une longue paix ; mais leplusfermc rempart d'Aquilée consistait dans le courage des citoyen», qui tons, loin d'être abattus, s'animaient- réciproquement à la vue dn danger, et tremblaient de tomber entre les mains d'un tyran implacable rCrispin et Ménophîle, deux des vingt h'entenans du sénat, et qui s'étaient jetés Àins^a place avec tm petit corps de troupes régulières, soutenaient et dirigeaient la valeur des habitans. Les troupes de Maximin furent repoussées dans plusieurs assauts, «t ses machines brûlées par les assiégés. Le généreux enthousiasme des Aquiléens ne leur permettait pas de douter de la
t Muiatori <Ab». d'IUHe, lom. n, p. 201} pense que la fonte. A» neige» indique pluWt le mois de juin on de juillet que celui de février. L'opinion d'un homme qui parait sa vie entre les Alpes et les Apennins est, sans cuii t redit , d'un grand poids ; il faut cependant observer 1° que le ttngnrnf dont Moralorî tire avantage ne se trouve an* due 1* .version latine , et que le teste grec d'IJérodieo. peu fait pas. mention ; 2° que les pluies et le soleil auxquels les soldats de Maximin furent tour-ïitonr exposés (Hcrodien, I. vin, p. 277) désignent le printemps plutôt que l'été. Ce sont cesdiiïéreUseoiirau, qui , ■réunis dans us jwW,; formant leïimare, dont Virgile nous a donné une description si poétique dans toute l'étendue du tnot..Ils.jrguleB> leurs icaoi à «latre jtîcgcs esvirou à l'est d'Aquilée. CVoyei Qjjvier , .Ugîia antiqua , lom- f, p. 180, etc.)
(238deç.J.-Ç.)
victoire; ils combattaient, persuadés que Bé-' linus , leur divinité tntclaîré , prenait en' personne la défense dé ses adora tenrs'.
L'empereur Maxime, qui s'était avancé jusqu'à Rave nue pour Secourir cette importante place, et pour lutter les préparatifs militaires, pesait l'événement 'de la guerre 'dans; la" balance exacte de la raison et de la politique. 11 savait trop bien qu'une senle -ville né pou- ' vaît résister aux efforts constans d'une gra'ilde année, et il craignait que 1 eimétni; filiale 'delà résistance opiniâtre dés assièges," n'abandonnât subitement imrsrégf, mutile', ét'llc', marchAl droit à Rome. Le destin dé' l'empire et la cause de \s liberté auraient été" 'alors remis an hasard d'une bataille- erqueîlé'àF-''' niée avak-il à opposer 'a'irx bravés' vétéraïis- ' du Rhin et du Danube? QUe^nes' fronces' nonvellement -levées pafim^la^wtef&të ira-' ' lienne, remplie d'une notHe ■ârdewvi'faaîs" énervée par le luxe, et Un corps- dé Germainsauxiliaires j sur la fermeté 'duquel 'H 'ént1' ftS dangereux de compter dans 'lit chaleur dti ' combat. Au milieu dece* jnstes'alsVrires; 'flhe' conspiration secrète punit les 'vMlrièS''rHY' Maximin, «délivra Home 'des càramMés cfnt auraient certainement suivi la victoire' rTtln barbare furieux. '■'■'' '
Jusqu'alors le peuple d'AqtrrWé- n'avait'* point éprouvé les horreurs d'une ville 'assîégée. Des magasins abondamment •pourvus'; «?t plusieurs fontaines d'eau douce renfermées ■ dans l'enceinte de la place, assuraient aux habitans des ressources inépuisables. 'Les soldats de Maximin, au contraire /se" trouvaient exposés à la famine et à -tontes les 'rigueurs de ta saison. Partout aux environs lés campagnes étaient dévastées, les fleures souillés de sang et remplis de cadavres. Le ■ désespoir et le découragement commençaient a s'emparer des troupes; et, comme toute communication avait été iuter*eptéc jettes se ■ persuadèrent que l'empire entier avait «m- -
" Hérodien , 1. vtu.p. ^Ijdivkûléodtiqoejiil «opposée ftre Apolloo.. et te sénat lui rendit sduaeesnosrde& actions de grâces. On Mtn ainsi un temple -a Vénus- It-Chaufe, pour perpétua 1s gloire, de» fenMje&i'AqiiiM» ojii, nenant Je «Hge, «meiUusfSiiÉlnlflHfSSMn* et.. Ifsavaicntr Où, ^eraiaeinrjft. wrvir.aMï' aiclunta M pierre.
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(238 dep*. J.-C.} PAR ED. GIBBON. CH. VII.
- ■ -fipf.wii^i -j !■'• nr.ili iirt' ' ai; i •
destinées à^fle^l9o^s..|^lmAuwlles impre-.
^bkf.t^aïRlçç» .llp . f, „i/ ,,. „ .... . , ^Mfl!HMPWj*WW" .»'VTty% du .pende
*ajl(fl|WpM > -^ÂÏiHmS6 ï^sit conçu conr
tl3
I»éSW,^(f*»i^P,I*W?iWt PW le»TS &WiT- ^i^ *(SM'<l,ftB(iS*lJ»«S«ieareri)i6s,pr^ de •^^Wfilf ^SM>4'WJt(e^s»écmwfl'»t ta.
I^MftfopWJée» mr, rfffl PÀVies . ..apprir rertf a^^A^fsâ'^fBilée <we Va<ûjsr était
"W^WW»»fei^> tWV^raWidP», les i»arrch«d^^i^,d^»i[«ow»iaB34ert9ute«sp^Cfv Les ifpWfffr'ffl1 -Wiflaiw^de servir em& Jus tte^apfe4g,3fejtii#)ai. jttrèr.e*t «119. fidélité inaoW^fi i**1 séna£,-au peuple et à leurs J«-
le* Gjttita4fesfr fvfla sanyage fennec privé de tons les sentimens qui dfttiBgueDt tua hwofo^ufi^Hîvf trmôffia un Sire raisonnable. Sel(#tio>p^t)fl(JiqiH,J(W»HS„eA.e«t. resté, le corpi^Mi pitffri^eiH^nsswtUl'àine.qui ranimait,, ,La; taiJAe de-Maximia excédait huit pieds ; jftr.jûiftiJSDpoFif): -des exemples presque ioctoyaWcai.d»! sa, force et de son appétit eunordjjpaïftïftiVtS'il eât vécu dans un siècle moios,çpiai*s»M fc»blo,et la poésie auraient pu Vej^pK^s^oteBtewwpvi'uwdf. tes énormes £éaas^,«juW,revétn>4'uii pouvoir surnaturel, feisaieptjpwgétuellejœipnt la guerre au genre
' 'ffinffi*ni!<ttt, if.'fcwyiffit. Aug.; p. 140. Eutrope Eut«e{aiMU3àl4BMdiug'A qudOM'iaUra ( 1. 1«, f):
pu corroams , puisque l'original latin est épuré par la nntaa grecque dePxsn.
*Était.(**îtawiûiBJiel..W^ert. ¥«*« H traité le On— «mu ttjttmmMtellikàhilaftimMH dans w> jm f*mvrmmptoiu'-çmtiim>*tat!l«mt ï-iste» lé !!■)•. ■> r Éf* li ail h ■i^mniMinTTi ri 1 mr 1 iiiri n " H poMMtsmMh mmimmmè*ur§è4!i'tK!& *Wn'«»up'
m min, et déraciner de petits arbre*. ( Voyez sa'vie •dbras IHM.
Il est plus aisé de coBcevoir que de décrire la joie universelle qui éclat* dam tout l'empire à la chute du tyran.. On awute que la nouvelle de sa mort par\iet. q» trois jours d'Aquilée à Rome. I.e retour de Mawute fut un triomphe. Son collègue et le jeune-GoPrdieu allèrent au-demi. de luii «t les. mis princes entrèrent daas U eapitale ; aoeompa* gaés des ambassadeurs dR presq*erto««s le» villes d'Italie, comblés des|H%»ens^m»gaifiques.de- la. -reconnaissance, et delà superstition, et salués avecdosaLclamatioossw* cèite*rpar.lfi sénat et -par.Ie .peuple, qui croyaient : voir l'âge, d'or succéder' n>un - siècle de.fer'. ... . -
-Laiconduite «les deux empereurs répondit ;i J'att^uie publique. .Ces prisées reMbieat h. justice en peraenaet, et la démence <ic l'un tempésait la sévérité ;de l'autre. Las impôts ■ouéiie»s-étJil)lis par Maximi» sur les legs et sur les. héritages furent supprimés , ou du motos. modéré»; fit on vit paraître »*le l'aria du séant, plusieurs lois-sages, publiées piules deux monarques , qui s'exerçaient delà» ver une constitntie» civile sur tas * débris d'une tyrannie militaire. • Quelle récopi» î ]>eu6e pouvons-nous e&pérger pour avoir » délivré Rome d'ua monstre? » demandait un jour Maxime, dans un moment de. 00»fiance et de liberté? .1 Liamonr.du sénat, du
> peuple et dis tout le genre iHnaoin, répondit 1 Balbin sans hésiter. >, 4 jsêjaalfi'iécria son j coHègue plus p^néirs^ je nedj>ate la haine * des soldats, et les suites. .funestes de leur
> ressentiment". > V événement ne justifia que trop ses appréhensions.
Dans le temps que Maxime s» 'préparait à défendre l'Italie contre l' ennemi commun ; Balbin, qnî n'avait point quitté* la capitale,' avait été témoin de plusieurs scènes, sanglan- . tes, et s'était trouvé ougagé dausdes discofldo» intestines^ La défiatoe'-ct la jalousie r6* gnaiflnt parmi ïessénatertrsï et, nïehrè dans les enceintes sacrées,, où ils s'as8eml)iaîentF', 3s portaient, ou vertem^Bt ou <u> secret, des armes awoeus^ Au imMieud» leurs délibé-
' rTbr'tt , (iawçl'WiAlthfe A'ugastlttc.ta lettre 'de fèlidl*-' ' aiiH'ecriwaut à(nrr empereurs -jjàr 1ë' CDÀMÇ CbuahU'
GIRBOIf i.
rations, deux vétérans du corps des prétoriens, excités par la curiosité, ou par un motif plus sérieux, eurent l'audace d'entrer dans le temple, ot pénétrèrent jusqu'à l'autel de la Victoire. Gallicanus, personnage consulaire, Uécénas, ancien préteur, ne purent voir sans indignation cette insolence. Ils jugèrent d'abord que ces soldats étaient deux espionB. Aussitôt, tirant leurs poignards, ils les firent tomber morts au pied de l'autel, lisse présentèrent ensuite à la porte du sénat, et exhortèrent imprudemment la multitude à massacrer les gardes, comme les partisans secrets du tyran. Ceux d'entre eux qui échappèrent à la première foreur du peuple se réfugièrent dans leur camp, S où ils rep oussèrent les attaques réitérées des citoyens , soutenus par de nombreuses bandes de gladiateurs qui appartenaient aux plus riches de la ville. La guerre civile dura plusieurs jours; et, dans cette confusion universelle, il y eut beaucoup de sang répandu de part et d'autre. Lorsque les canaux qui portaient de l'eau dansleur camp curent été rompus, lesprétoriens furent réduits à la dernière extrémité: ils firent, à leur tour , des sorties vigoureuses, brûlèrent beaucoup d'édifices, et massacrèrentun grand nombre d'habitans. L'empereur Balbin essaya , par de vains édits et par quelques trêves , de mettre fin à ces troubles. Hais, danslemomentqueranîmosité des factions paraissait éteinte , elle se rallumait avec une nouvelle violence. Les soldats , ennemis du sénat et du peuple, méprisaient un prince qui manquait de courage et de force pour se faire respecter '.
Après la mort du tyran , son armée formidable avait reconnu, plus parnécessitéque par choix , L'autorité de Maxime , qui s'était transportésans délai au campdevant Aqitilée. Dès que ce prince eut reçu des troupes le serment de fidélité , il leur parla avec beaucoup de modération et de douceur. Au lieu de leur faire le moindre reproche sur leur conduite passée , il déplora les affreux désordres des temps , et les assura que le sénat n'oublierait jamais la générosité avec laquelle ils avaient abandonné la cause d'un indigne tyran, et
« liérodicn , I. nn, p. 258.
EMPIRE ROMAIN, (238 dep. J-C.)
étaient rentrés volontairement dans leur devoir. Les exhortations de Maxime furent appuyées de grandes largesses^ et, lorsqu'il cul purifié le camp par un sacrifice solennel d'expiation, il renvoya les légions dans leurs différentes provinces, se flattant que, fidèles désonnais et obéissantes, elle s conserveraient sans cesse le souvenir de ses bienfaits1. Mais rien ne fut capable d'étouffer le ressentiment des fiers prétoriens. Lorsqu'ils accompagnérentles empereurs dans cette journée mémorable où cespriuces entrèrent à Borne au milieu des acclamations universelles , la sombre contenance des gardes annonçait qu'ils se regardaient plutôt comme l'objet du triomphe que comme associés aux honneurs de leurs souverains. Dès qu'ils furent tous assemblés dans leur camp, ceux qui avaient combattu pour Maximin, et ceux qui n'étaient point sortis de la capitale, se communiquèrent leurs sujets de plainte et leuas alarmes- Les empereurs choisis par l'armée avaient subi une mort ignominieuse ; des citoyens , que le sénat avait revêtus de la pourpre, étaient assis sur le tronc '.Lessanglans démêlés qui existaient depuis-si long-temps entre lespuissances civile et militaire, venaient d'étreterminés paruueguerredans laquelle l'autorité civile avait remporté une victoire complète. Il ne restait plus aux soldats que d'adopter de nouvelles maximes, et de se soumettre au sénat; et, maigre la clémence dontse parait cette compagnie politique, ils devaient redouter les funestes effets d'une vengeance lente, colorée du nom de discipline, et justifiée par des prétextes spécieux de bien public. Mais leur destinée était toujours entre leurs mains; et, s'ils avaient assezde courage pour mépriser les vaines menaces d'une république impuissante, ils pouvaient convaincre l'univers que ceux qui sont maîtres des armées disposent de l'autorité de l'État.
Le sénat, en partageant la couronne, semblait n'avoir eu d'autre intention que de donner à l'empire deux chefs capables de le gouverner dans la guerre et dans la paix.
' Hi'roilien , 1. vin , p. 213.
3 Le ainal avait eu l'imprudence de faire cette observation ; elle n'échappa point aux soldats, qui li regardèrent comme une Insulte. Hut. Aug., p. 170.
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Outre ce motif spécieux , il est probable que cette assemble fut encore guidée par le désir secret d'affaiblir le despotisme du magistrat suprême. Sa politique lui réussit; mais elle lui tjftvint fatale , et entraîna la perte îles souverains. Bientôt la jalousie du pouvoir fut irritée parla différence de caractère. Maxime méprisai t Balbra , comme un noble livré aux plaisirs ; H celui-ci dédaignait sou collègue comme un soldat obscur. Cependant jusque là leur mésintelligence était plutôt soupçonnée qu'aperçue '. Leurs dispositions réciproques les empêchèrent d'agir avec vigueur contre les prétoriens, leurs ennemis communs. Un jour que toute la ville assistait aux jeux eapitolins, les empereur* étaient restés presque seuls dans leur palais, où ils occupaient déjà des apparlemena très-éloignés l'an de l'autre. Tout-a- <-oup ifs prennent l'alarme a l'approche d'une troupe d'assassins furieux : chacun, ignorant In situation ou les desseins de son collègue, tremMededannerou de recevoir des secours; et iht perdent ainsi des momens précieux en (moles débats et en récriminations inutiles. L'arrivée des gardes met fin a ces vaines disputes : ils se saisissent des empereurs du sénat, soin qu'ils leur donnaient pardérision. listes dépouillent de leurs manteaux de pourpre , et les trament en triomphe dans les rties de Rome, avec le projet de leur faire subir une mort lente et cruelle. La crainte que les udèles Germains de la garde impériale ne Tinssent les arracher de leurs mains abrégea les tourmens de ces malheureux princes , dont les corps percés de mille coups furent exposé» su insultes on à la compassion de la populace '.
Dans fespaee de peu de mois , l'épée avait franche les jours de six princes. Gordien, déjà revêtu du litre de césar, parut aux prétoriens le seul propre à remplir le trône vacant ». Ils l'emmenèrent an camp, et le saluèrent unanimement auguste et empereur.
Son Bom était cher au sénat et au peuple :
< • Dfteordità Utcilœ , tiqua mtdligcrtnUir potitts * qudm viderentur. > Hisl. Augusline, p. 1 70. Cette expression heureuse est probablement prise de quelque meil- Icur écrivain.
* HéreAea ,fi vm, p. 287, 288.
> iQitian&taliuieratinprcrseiiU. •llisl. Aug.
lit
sa tendre jeunesse promettait à la licence des troupes une longue impunité. Enfin le consentement de Rome et des provinces épargnait a la république, quoique aux dépens de sa dignité er.de sa liberté, les horreurs d'une nouvelle guerre civile dans le centre de la capitale '.
Gomme le troisième Gordien mourut à l'Age de dix-neuf ans, l'histoire de sa vie, si elle nous était parvenue avec plus d'exactitude, ne renfermerait guère que les détails de Bon éducation et de la conduite des ministres qui trompèrent ou guidèrent tow-a-tour la simplicité d'un jeune prince sans expérience. Immédiatement;» près Bon élévation il tomba entre les mains des enn tiques de sa mère , ces vils tnstrumens du luxe asiatique , et qui , depuis la mort d'Élagabale , infestaient le palais des empereurs romains. Ces malheureux, par leurs intrigues secrètes, tirèrent un voile impénétrable entre un prince innocent et des sujets opprimés. Les vertueuses dispositions de Gordien furent trompées, et a son insu les premières dignités de l'État étaient tous les jours vendues publiquement aux plus indignes citoyens. Nous ne savons pas comment l'empereur fut assez heureux pour s'affranchir de cette ignominieuse servitude, et pour placer sa confiance dans un ministre dont les sages conseils n'eurent pour objet que la gloire du souverain et le bonheur du peuple. On serait porté a croire que l'amour et les lettres valurent à Misithée la faveur de Gordien. Cejeune prince, après avoir épousé la fille de son maître de rhétorique, éleva son beau-père aux premiers emplois de l'État. Il existe encore deuv lettres admirables qu'ils s'écrivirent. Le ministre, avec eette noble fermeté que donne la vertu , félicite Gordien
< Quinle-Curce ( I, x , c. 9 ) rélicite l'empereur du jour de ce qu'il a , par son heureux avènement , dissipé tant de troubles , Terme tant de plaies , et mis fin aux distordes qui déchiraient rÉiat. Après avoir pesé très-Bltenlivement tous les mots de ce passage , je ne vote total (tant toute l'histoire romaine d'époque à laquelle il puis» mieux convenir qu'à l'élévation de Gordien. En ce cas , il serait possible de déterminer le temps où Quinle-Curce a écrit. Ceux qui le placent sons les premiers césars raisonnent d'après la pureté et l'élégance deton style; mata fis »e peuvent expliquer le silence de Quinltlien , qui nous a donné une liste Ires-exacte des historiens romains , uni Taire mentiou de l'auteur de la vie d'Alexandre.
de ce qu'il s'est arraché à la tyrannie dea eunuques1, et plus encore de ce qu'il sent le prixdecet heureux affranchissement1. L'emperenr reconnaît, avec une aimable confusion, les erreurs de sa conduite passée; et il peint avec descouleurs bien naturelles le malheur d'un monarque entouré d'une foule de vils courtisans , qui s'efforcent perpétuellement de lui dérober la vérité '.
Misithéo avait passé sa viedans le commerce des muses, et lu profession des armes lui était entièrement inconnue. Cependant ce grand homme avait un génie si universel, que, lorsqu'il fut nommé préfet du prétoire , il remplit les devoirs militaires de sa place avec autant de vigueur que d'habileté. Les Perses avaient pénétré dans la Mésopotamie, et menaçaient Aatioche. Le jeune empereur, à la persuasion de son beau-père, quitta le luxede Rome, et marcha en Orient, après avoir ouvert le temple de Janus, cérémonie autrefois si célèbre, et la dernière alors dont l'histoire fasse mention. Dès que les Perses apprirent qu'il s'approchait à la tète d'une grande armée, ils évacuèrent les villes qu'ils avalent déjà prises, et se retirèrent de l'Euphrate vers le Tigre. Gordien eut le plaisir d'annoncer au sénat les premiers succès de ses armes, qu'il attribuait, avec une modestie et une reconnaissance bien reconi manda bi es , à la sagesse de son préfet. Pendant toute celte expédition, Misithée veilla toujours a la sûreté et à la discipline de l'armée. Il prévenait les murmures dangereux des troupes en maintenant l'abondance dans le camp, en établissant dans toutes les villes frontières de vastes magasins remplis de toutes sortes de provisions *.
< HisL Aug., p. ICI. D'après quelques particularités contenues dans ces deux lettres , j'imagine que les eunuques oe furent pas chasses du palais sans violence, et que le jeune Gordien se contenu d'approuver leur disgrâce sans y consentir.
1 ' Duxit uxorcm ftiiam Nhithei , quart causa elo- » quenike dignum parentclit sud putavit, etprœfec- » tum statiin fecit; posl qtwd non puérile jam et * contemptibilc videbatur impcritim.*
3 liist. Aug- . P- 102 ; Aurel. Victor; Porphyre , in fit. Plotln. ap. Fabiïcium, Bibtivllt. Grivca , 1. rv , e. 36. Le philosophe Plolin accompagna l'armée, anime' du désir de s'instruire et de pénétrer dans l'Inde.
DECADENCE DE L'EMPlrtE ROMAIN, (ÛJàepl S.-C.)
La prospérité de Gordien périt avec son ministre, qui mourut d'une' dysenterie.' On eut de violens soupçons qu'A avait été empoisonné. Philippe, qui fut ensuite nommé préfet du prétoire, était Arabe de naissance: ainsi 11 avait exercé le métier de brigand dans lés premières années de sa jeunesse. Son élévation suppose de l'audace et dès tàlens. L'audace lui inspira le projet ambitieux aeirionteV sur le trône ; et il fit usage de ses tâlèris pour perdre un maître trop indulgent. Il fU naître d'abord la disette danslecartipenîntcrCèpYarît tons les convois. Les soldats irrités' attrlbuérent cette calamité à la jeunesse et à îineïipa.cité du prince. Le défaut de matériaux1 "nods empêche de décrire les complots secrets' et ta rébellion ouverte quî précipitèrent dû' rriSrîe l'infortuné Gordien. On éleva nn monument à sa mémoire dans l'endroit * ou 11 avait été tué, près du confluent de l'Enphrateetde ta petite rivièred'AbomVL'henreux'PMlippe, appelé à l'empire par les soldats, trWva le sénat et les habltans des provinces' "<fispbs& à confirmer son élection*. ' '■""'
Nous ne pouvons nous empécherde nTettre sons les yeux du lecteurune description ingénieuse qu'un célèbre écrivain de nos jours a tracée du gouvernement niilrtàrre i de l'empire romain, et dans laquelle ce grand peintre s'est peut-être trop livré ft son imagination, t Ce que l'on appelait l'empire1 ro-
• main dans ce siècle-là était une espèce de
• république irrégulière telle 5 peu presque > l'aristocratie* d'Alger *, oùla milice, quia
' A sis lieues environ de la petite ville deCircesium, sur la frontière des deux, empires.
1 L'inscription, qni contenait un Jen de mots Tort singulier , tut effacée par ordre de titfnias , qui sa disait parent de Philippe ( BiM. Aug., p. lOG^.mai^lemonwment que l'an avait élevé subsistait encore du lepips de Julien. (Voyez Ammien Marccllin, uni , 5.)
a Aurel. Victor ; Eutrope, ri, 2 ; OroM , vn ; $f; 'Ammien MarwLlin , uni , S ; Zoatme , 1. 1 i p. 19. Ptiiftppe était né I Boslra.etil ««ait alors eovkoiji<piaMptt. ans.
* Le terme aristocratie peut -if Etre appliqué avec quelque justesse au gouvernement d'Alger ? Tout gouvernement militaire flotte entre deux DXtrêUMt tMwintriareWe absolue et mw farouche démocratie.
s La républhnie militaire des Mam*Mnk* , m «fiypto, aurait donné » M. de Montesquieu vu pareHMe plus iiobfc etpiusjiislf. (ToycïConsidefBtiatisaurUIS Décadeace des Romains, c. J$.)
dbyGoogl'e
(j^deM,-c,j . fjua ei>. gibbon, cfl, vn.
» la^uissMuc^^ou.Yfiçaifie, fait et défait un
» magistrat qu'on appelle dej; et .peut-être "» esj,-çe une règle asse^ générale,, que le gou-
i.Yernenipnt oiUiuire est, à certainsiégarda,
» (Plflïàt, républicain que monarchique. Que
.» î'çjn ne dise pas que les soldats ne prenaient
» ,de parr^au gouvernement que parleurdéso- .», bqissance ou par leur révolte : les harangues
»: flue les enipereurs leur faisaient ne furent- . ». efjes pas, à la fi n , du genre de celles que les . i, .çôn^ulset les tribuns avaient faites autrefois )ti,?M P^ufile' Et quoique les armées n'eussent
»,1j>fjsMun,lieu. particulier pour s'assembler, . | , fiu',efl<;s ne se conduisissent pas par de cer-
t laines fermes,. qu'elles ne fussent pas ordi- ,* naïvement, d^ sang-froid, délibérant peu et
»,agjssantj)eauçpup, ne disposuieut-ellespas
ten, .soudaines, delà fortune publique? Et
^.f|u|éïait^qu'uu.emp«reurr que le ministre ,» 4îuagfmver^ment violent, élu pour l'utilité'
»,pp(Hiqu^èré.de3 soldats? . , , ,, », Quand, l'armée associa àl'erapire Philip- >p£p.^ijéjtaitpréfetdu prétoire du troisième
> Gordien, celui-ci demanda qu'on lui laissât
*, le, c^mmandemeni , et il ne put l'obtenir: .», il harangua, l'armée: pour que la puissance
i fût égale entre eux, et il ne l'obtint pas non
i .plus. :. il supplia qu'on lui laissât le titre de ta, césar, e4,on le lui refusa: il demanda d'être
* préfet duprétoire, et on rejet» ses prières :
» enfin il parla pour sa vie. L'armée, dans
a, ses divers jug«mens, exerçait la magistra-
i turc suprême, »
. ..Selon lliistorien dont la narration douteuse a servi de guide au président de Montesquieu, Philippe qui, pendant toute la révolution,avait gardé le silence, désirait d'abord
épargner la vie de son*bienfaîteur. Bientôt,
réfléchissant que l'ianocence de ce jeune
prince* poWait exciter une compassion dan-
gcreusé'j il 'ordonna,' sans égards pour ses
cris et ses supplications, qn'il fût saisi, dépouillé, et conduit aussitôt àïaraoït.LacrueUe
sentence fut exécutée sans délai '.
i L'HiM. Augustin* 4p. 163, 164) ne peut ici m concilier avec elle-niêaie , ni arec ta vraisemblance. Cornaient PmUpp* pouvaU'illeotdaHHier son prédécesseur, et ce- «mdaat ,vmamr «a mémoire, 3 Comment pouvait-il iôneiffl^Hitç» pnbliqitenent lo jeune Gordien , et «(pendant protester au sénat dans ses lettres qu'il n'était
A son retour de l'Orient , Philippe , dans la vue d'effacer le souvenir de ses crimes et de se concilier l'affection du peuple, solennisa dans la capitale tes jeux séculaires avec une pompe et une magnificence éclatantes. Depuis Auguste, qui les avait institués, ou plutôt fait renaître ' , ils avaient été célébrés sous les règnes de Claude, deJDomitienetde Sévère. Ils furent alors renouvelés pour la cinquième fois, et terminèrent .une période complète de mille ans, qui remontait à la fondation de la ville de Rome.
Tout ce qui caractérisait les jeux séculaires contribuait merveilleusement à inspirer aux esprits superstitieux une vénération profonde. Le long intervalle que l'on observait entre eux ' excédait la durée delà vie humaine; et, comme aucun spectateur ne les avait jamais vus , aucun ne pouvait se flatter d'y assister une seconde fois. On offrait , durant trois nuits, sur les rives du Tibre, des sacrifices mystérieux; et l'on exécutait dans le Champ-de-Mars des danses et des concerts à la lueur d'une multitude innombrable de lampes et de flambeaux. Les esclaves et les étrangers étaient exclus des cérémonies parliculièresde la république. Vingt-sept jeunes gens , et autant de vierges , tous de famille noble et qui n'avaient pas perdu ceux dont ils tenaient le jour , se réunissaient en chœur, et chantaient des hymnes sacrés. Après avoir imploré les die«x propices en faveur delà génération présente, -a près les avoir conjurésde veiller sur les tendres reje-
point coupable de sa mort ? Philippe, quoique usurpa leur ambitieux , ne tut point ni tyran insensé. D'ailleors 111temontet Huratoriont découvert des dilfieultés-elironologiqnes dans cette prétendue association de Philippe à l'empire.
in serait difficile de fixer l'époque où eesjein furent célébrés pour la dernière lois. Lorsque Bonifiée VIT! institua ies Jubilés , et voulut que, comme tes Jeux séculaires , ils se célébrassent ions les cent ans , ce pane prétendit qu'il faisait seulement renaître une ancienne institution. (Votm M. le Chais , Lettres sur les Jubilés.)
î Cet intervalle était de cent ans ou de cent dix ans; Varron et Tile-Live ont adopté la première de «es opinions ; mais la dernière est consacrée par l'autorité infaillible des sibylles. (Ccnsorin, de Die nat., c. 17.) Cependant les empereurs Claude et Philippe ne se conformèrent pas aux ordres de l'oracle.
us
tons qui faisaient déjà l'espoir de la république, ils leur rappelaient la foi des anciens oracles, et les suppliaient de maintenir a jamais la vertu , la félicité et l'empire dn peuple romain*. La magnificence des spectacles donné: par Philippe éblouissait les esprits religieux le petit nombre de ceux qni réfléchissaient méditait l'histoire deRome, et jetait en tremblant des regards inquiets sur le destin futur de l'empire.
Dix siècles s'étaient déjà écoulés depuis que Romulus avait rassemblé, sur quelques collines près du Tibre , une petite bande de pasteurs et de brigands *. Durant les quatre premiers siècles, les Romains, endurcis a l'école delà pauvreté, avaient acquis les vertus de la guerre et du gouvernement. Le développement de ces vertus leur avait procuré, avec le secours de la fortune, dans le cours des trois siècles suivans, un empire absolu sur d'immenses contrées en Europe, en Asie et en Afrique. Pendant les trois cents dernières années , sous le voile d'une prospérité apparente, la décadence attaquâtes principes delà constitution. Les trente-cinq tribus du peuple romain, composéesde guerriers, de magistrats et de législateurs, avaient entièrement disparu dans la masse commune du genre humain. Elles étaient confondues avec des millions d'esclaves habitans des provinces , et qui avaient reçu te nom deRomain, sans adopter le génie de cette nation si célèbre. Les sentimens deliberté nese trouvaient plus que dans des troupes mercenaires, levées parmi les sujets et les barbares des frontières , qui souvent abusaient de leur indépendance. Un Syrien, un Goth, un Arabe, accoururent à leur voix tumultueuse, montèrent sur le trône de Rome, et exercèrent un pouvoir despotique sur les conquêtes et sur la patrie des Scipious.
Les domaines de l'empire s'étendaient toujours depuis le Tigre jusqu'à l'Océan occiden-
I Pour m former tue idée juste des jeu* séculaires, U fnt «ODMlter le poème d'Horace . et la description de ZMine,l. n,S. 167, etc.
iSehn le calcul reçu de Varron , Rome lut fondée 754 ans avant Jenu-Ckrtst. Mais ta chronologie do ces temps reaAâi eet A incertaine , que tir Isaaec Newton place te même éninemem dans l'année 627 mut Jésus-Christ.
(242 dep. J.-C.) tat , et depuis le mont Atlas jusqu'aux rives du Rhin et du Danube. Le vulgaire aveugle comparait ia puissance de Philippe à- celle d'Adrien on d'Auguste. La forme était encore la même ; mais le principe vivifiant n'existait plus : tout annonçait un dépérissement universel. Une longue suite d'oppressions avait épuisé et découragé l'industrie du peuple. La discipline militaire, qui seule, après Textînetionde toute autre vertu, aurait été capable de soutenir l'État, était corrompue par l'ambition ou relâchée par h faiblesse des empereurs. La force des frontières, qui avait toujours consisté dans les armes plutôt que dans les fortifications, s'écroulait insensiblement; enfin les provinces sans défense étaient exposées aux ravages, et allaient bientôt devenir la proie des barbares, qni ne tardèrent pas à s'apercevoir de la décadence de la grandeur romaine.