‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 39 sur 85 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

d'Arménie ; et le crédule Tirane, trompé par ses fausses démonstrations d'amitié , confia sa personne et sa vie à son perfide ennemi. Au milieu d'une fête brillante, on le garrotta de chaînes d'argent, par respect pour le sang des Arsacides ; et, après avoir langui quelque temps dans la tour d'oubli à Ecbalane, il fut délivré de la vie, ou par sa propre main, ou par celle d'un assassin. Le royaume d'Arménie devint une province de Perse. Sapor, après en avoir partagé l'administration outre un satrape estimé et un de ses eunuques favori, marcha, sans perdre de temps, contre les belliqueux Ibériens. Ses forces supérieures expulsèrent Sauromaces, qui régnait en lbérie , sous La protection des empereurs ; et, pour insulter à la majesté de Home , le roi des rois donna la couronne à l'ignoble Aspacuras. Dans toute l'Arménie , la ville d'Artogerasse ' osa seule résister aux armes de Sapor. Le trésor déposé dans cette forteresse tentait l'avarice du Persan ; mais l'infortune d'Olympias, femme on veuve du roi d'Arménie, excitait la compassion publique, et animait la valeur des citoyens et des soldats. Les Persans furent surpris et repoussés sous les murs d'Artogerasse , dans une sortie audacieuse et bien concertée ; mais les troupes de Sapor se renouvelaient et s'augmentaient sans cesse ; la garnison épuisée perdait courage ; un assaut emporta la place ; et le vainqueur, après avoir détruit la ville par le fer et par la flamme , emmena captive une reine qui , dans des temps plus heureux , avait été destinée à épouser le fils de Constantin *. Sapor triompha facilement des deux royaumes; mais il eut bientôt lieu d'apercevoir qu'une conquête est toujours mal assurée quand les sentîmens de haine et de vengeance restent dans le cœur des citoyens. Les satrapes qu'il était forcé d'employer saisirent la première occasion de regagner la confiance de leurs

i Peat-être Arlagère ou Ardis, sous les murs de laquelle Caïus, petit-fils d'Auguste, fut blessé. Cette forteresse était située au-dessus d'Amida , près de l'une des sources du Tigre (Voyead'Aniille, Géograph. ancienne, t. n, p. 106.)

i Tillemonl (HW. uesEmper.,t. v, p. 70i)prouvc. par la chronologie. qu'Olympia» devait «re la mère da Para.

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compatriotes , et de signaler lear haine implacable contre les Persans. Les Arméniens et les Ihérinnsdepuisleur conversion avaient toujours regardé les chrétiens comme les favoris de l'Être suprême, et les mages comme ses ennemis. L'influence du clergésur des peuples superstitieux fut toujours favorable aux Romains. Tant que les successeurs de Constantin disputèrent à ceux d'Artaxercès la possession des provinces intermédiaires de leurs états , la parité des opinions religieuses donna un avantage décisif aux prétentions de l'empire. Une faction nombreuse et active reconnut Para, fds de Tirane, pour le légitime souverain de l'Arménie, et ses droits an trône étaient consacrés par une succession de cinq cents ans. Du cousentement unanime des Jbériens, les deux princes rivaux partagèrent également les provinces; et Aspacuras, placé sur le trône par le choix de Sapor , déclara que ses enfans, en otage chez le roi de Perse, étaient la seule considération qui l'empêchait de renoncer ouvertement à son alliance. L'empereur Vatens, qui craignait, en manquant aux conditions de son. traité , d'envelopper l'Orient dans une guerre dangereuse , mît beaucoup de lenteur et de précautions dans les secours qu'il donnait en Arménie et en Ibérie anx partisans des Romans. Donie légions établirent l'autorité de Sauromaces sur les rives du Cyrus ; et la valeur d'Arinlheus défendit les bords de l'Euphrate. Une puissante armée, sous les ordres du comte Trajau etdeVadomair, roiâesAIIenaands,élablitson camp sur les confins de l'Arménie ; mais on lenr enjoignit sévèrement de »e pas briser le traité en commençant les hostilités ; et telle fut la stricte obéissance du général romain , qu'il essuya patiemment une grêle de traits en faisant sa retraite , et attendit l'attaque des Persans, ponrse venger par une victoire légitime. Cependant ces apparences de guerre se terminèrent en négociations. Les Romains et les Persans s'accusèrent mutuellement d'ambition et de perfidie ; et il y a lieu de croire que le traité avait été rédigé d'une manière bien obscure , puisqu'on fut obligé d'en- appeler au témoignage des généraux qui avaient assisté aux négociations '. L'invasion des

i A ni mien (uni, 12; :

; , 1 , 2) a décrit

(37S d«p. Ji-C.) Huns et des Goths , qui ébranlèrent peu de temps après les fondemens de l'empire romain , exposa les provinces-d'Asie aux entreprises de Sapor. Biais la vieillesse du monarque, et peut-être ses infirmités, lui firent adopter des maximes de modération. Il mourut en 360, après un règne de soixante-dix ans, et tout changea à la cour et dans les conseils. Les Persans s'occupèrent de troubles intérieurs, et d'une guerre sur les frontières de la Caramanie1. Le souvenir des anciennes injures s'éteignit dans les jouissances de la paix. Les royaumes d'Arménie et dTbérie reprirent leur neutralité, du consentement mutuel et tacite des deax empires. Dans les premières années du règne de Théodose, un ambassadeur persan vint à Constantinople désavouer la conduite violente du dernier règne, et offrir comme un tribut d'amitié, et même de respect, un magnifique présent de pierres précieuses, d'étoffes de soie, et d'éléphans des Indes'. Les aventures de Para forment le trait la plus saillant dans le tableau général des affaires de l'Orient, sous le règne de Valens. Ce jeune prince s'était échappé, à la sollicitation de sa mère Olympias, à travers la multitude dePersans qui assiégeaient Arto gérasse, et avait imploré le secours de Tempèrent d'Orient. Le timide Valens prit la défense de Para, le soutint, le rappela, le rétablit, et le trahit alternativement ; et ses ministres lui persuadèrent qu'il serait a l'abri du reproche de Sapor, tant que son protégé ne posséderait ni le trône, ni le titre de roi; les espérances des Arméniens se soulevèrent parla présence de leur souverain naturel. Maïs ils se repentirent bientôt de leur imprudence. Le moles évènemens de la guerre de Perse , sans donner ancuna date. Moyse de Chorena (Hist. d'Arménie, I. m,c28, p. 261 ; c 31 , 266 ; c. 35 , p. 271 ) ajoute quelques faits ; mais il n'est pas facile de distinguer la > ériié noyée dans des fables.

' Artaxerces fut le successeur du grand Sapor. 11 était son frère ou connu-germain, et toteur de son Sis Sapor HI. (Agathias.l.r», p. 136. VoyerlTiist. Unit., rol.u, p. 86, 161.) Les auteurs de cet ouvrage inégal ont compilé la dynastie des Sassanides ; mais c'est un mauvais arrangement que de vouloir diviser la partie romaine et la partie orientale en deux histoires différentes.

' Pacatus, in Panegrr. Fët.,iii, 22, et Orose, W vu, c.M.Ictumquetumfcedusest, quotmlverms Orient utquc ad nitne ( À. D. 416) tranquiUUtime fruitur.

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(373<lep. J.-C.)

narque persan éclata en menaces, et Para luimême leur donna de grands sujets de méfiance. ïl sacrifiait, au m oindra soupçon, la vie de ses plus fidèles domestiques, et tenait secrètement une correspondance odieuse avec l'assassin de son père et L'ennemi de ton pays. Sous le prétexte de se consulter avec l'empereur sur les intérêts communs , on persuada a Para de descendre des montagnes d'Arménie, où son parti était en armes , et de mettre son destin et sa vie à la discrétion d'une cour perfide. Les gouverneurs des provinces te reçurent a sou passage, et lui prodiguèrent les honneurs jusqu'à Tarse en Cllicie, où on arrêta sa marche sous diOerens prétextes. On guettait toutes ses démarches avec la vigilance la plus respectueuse. Enfin il s'aperçut qu'il était le prisonnier des Romains. Dissimulant avec soin ses craintes et son indignation, îl prépara sa fuite , et partit accompagné d'un corps de trois cents hommes de sa cavalerie. L'officier de garde à la porte de sa chambre avertit le commandant militaire de Cilide, qui l'atteignit dansle faubourg, et lui représenta inutilement l'imprudence et le danger de son entreprise. On envoya une légion à sa poursuite ; mais une légion ne pouvait pas inquiéter la fuite d'un corps de cavalerie légère, et à la première décharge de leurs traits, elle revint sous les murs de Tarse. Après une marche de deux jours et de deux nuits, Para et ses Arméniens arrivèrent au bord de l'E uphraie , dont le passage, qu'ils opérèrentàlanage, leuroccasiona du retard et la perle de quelques-uns de leurs compagnons. On avait donné l'alerte à toutes les troupes, et les deux chemins, qui n'étaient séparés que par un intervalle de trois milles, étaient fermés par un corps de mille archers à cheval, sous les ordres d'un comte et d'un tribun. Para aurait inévitablement cédé à la supériorité du nombre, sans le hasard d'un voyageur qui l'instruisit du danger et du moyen d'y échapper. La troupe d'Arméniens s'enfonça dans le sentier presque impraticable d'nn petit bois, et laissa derrière elle lecomte et le tribun , qiù attendaient patiemment leur arrivée sur le grand chemin. Us retournèrent très-honteux à la cour impériale, et assurèrent hardiment que le prince avait certainement eu recours a la magie ponr se transformer,

lui et ses cavaliers, de manière à passer sans être aperçus. Arrivé dans son royaume , Para alfecta d'être toujours l'allié et l'ami des Romains; mais Us l'avaient insulté trop violemment pour lui rendre leur confiance, et sa mort était déjà secrètement décidée dans le conseil de Valens. La conduite de cette perfidie fut confiée au comte Trajan ; et il eut l'adresse de s'insinuer assez dans la confiance d'un prince crédule, pour se proeurer l'occasion de l'assassiner. Para fut invité à une fête préparée avec tout le faste et toute la sensualité de l'Orient. Tandis que les convives, échauffés par le vin , s'amusaient d'une musique militaire dont la salle retentissait, le comte Trajan disparut ; il rentra l'épée nue à la main , et donna Le signal du massacre. Un barbare vigoureux s'élança sur le roi d'Arménie ; et, quoiqu'il défendit courageusement sa vie avec la première arme qui lui tomba sans La main, il succomba, et la table du général romain fut teinte du sang royal d'un convive et d'un allié. Telles étaient les maximes faibles et odieuses de l'administration des Romains; ponr suivre le fil incertain d'un intérêt politique, ils violaient inhumainement les lois des nations et les droits sacrés de l'hospitalité1.

V. Durant un intervalle de paix de trente années, les Romains fortifièrent Leurs frontières, et lesGoths étendirent leurs conquêtes. Les victoires du grand Hermanric *, roi des Ostrogoths , et le pltfs noble de la race des Amali , ont été comparées, par l'enthousiasme de ses compatriotes, aux exploits d'Alexandre, avec cette différence singulière et presque incroyable , que le. génie martial du héros gothique, au lieu d'être soutenu par la vigueur . de la jeunesse , n'éclata que dans l'hiver de sa- vie , depuis l'âge de quatre-vingts ans jusqu'à celui décent dix. Les tribus indépendantes reconnurent de force ou de gré te roi des

< Voyei dans Ain mien (xxx, 1) les aventures de Para. Moysede Cborene le nomme Tiridale, et raconte de soit (lia Gnclus une histoire longue et assez probable: il séduisit le peuple d'Arménie, et alluma la jalousie du roi régnant ( t. ni, e. 21 , etc. ; p. 253 , etc.)

* Le récit succinct du règne et des conquîtes d"Hermanric me parah un des meilleurs fragmens que Jorntndes ait tiré des histoires des Gottas d'Ablavlui et de

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Ostrogoths pour lo souverain de la nation gothique. LeschersdesVisigoihsetdesThervingîens renoncèrent au titre de roi, et se conlentèrentde la dénomination pins modeste de juges. Parmi ces juges, Athanarîc, Friligernet Alavivus étaient les plus illustres , parleur mérite personnel et par leur proximité des provinces, romaines. Ces conquêtes domestiques augmentaient la puissance militaire d'Hermanric, détendaient les vues deson ambition. 11 envahit les pays situés au nord de ses états; et douze nations, dont les noms et les limites ne sont pas exactement connus, cédèrent successivement à l'effort de ses armes1. Les Hérules, qui habitaient des terres marécageuses près le lac Méotis, étaient renommés par leur force et leur agilité, et les Romains se servaient utilement de leur infanterie légère contre les barbares. Mais les infatigables Goths subjuguèrent a la fin les Hérales; et, après une action sanglante , dans laquelle leur roi fut tué , les restes de celte tribu guerrière passèrent dans le camp (FHermanric. Il tourna ses armes contre les Vénèdes , formidables par leur nombre, mais pou accoutumés à la guerre; ils occupaient les vastes plaines de la Pologne moderne. Les Goths ne leur étaient pas inférieurs en nombre ; la discipline et l'habitude des combats leur donnèrent la victoire. Après avoir soumis les Vénèdes, Hermanrics' avança, sans trouver de résistance , jusqu'aux confins des Estiens *, peuple ancien, dont le nom s'est perpétué dans la province d'Estonie. Ces peuples, situés à quelque distance de la mer Baltique, exerçaient l'agriculture, faisaient le commerce d'ambre, et adoraient particulièrement la mère des dieux. Mais la rareté dufer obligeait les guerriers estiens à combattre avec des massues de bois, et Hermanric eut moins besoin de valeur que de prudence pour les

1 M.deBuat (Histoire des peuples de l'Europe, Lu, p. 31 1-320) , recherche avec plus de soin que de succès les rations sou mises par les armes d'Hermanric. Il nie l'existence des Vasinobronca , a cause de la longueur de leur nom. Cependant l'envoyé de France à Halitbonne ou a Dresde doit avoir traversé le pays des Mediomatrici.

i On trouve le nom A'jEstri dans l'édition de Grolius (Jornandcs,p. Mï); mais le bon sens elle manuscrit de la bibliothèque Ambroisicnne ont replacé celuid «Cidï, dont Tacite a peint les mœurs et la situation. '.Germania, e. 45,1

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asservir. Ses états, qui s'étendaient depuis le Danube jusqti'àla mer Baltique, comprenaient les premiers établissemens des Goths et toutes leurs conquêtes. H régnait sur la plus grande partie de l'Allemagne et de la Scythîe , avec l'autorité d'un conquérant, et quelquefois avec la cruauté d'un tyran. Mais il commandait à une multitude d* hommes inhabiles à perpétuer cl à illustrer la mémoire de leurs héros. Lo nom d'Hermanric est presque oublié; ses exploits sont imparfaitement connus, et les Romains semblèrent ignorer eux-mêmes les succès de son ambition qui menaçait la liberté" du Nord et la tranquillité de l'empire '.

Les Goths étaient héréditairement affectionnés à la maison de Constantin , dont la puissance et la libéralité leur avaient rendu tant de services. Us respectaient la foi des traités; et, s'il arrivait à quelques-unes de leurs bandesde passer les frontières romaines, ils s'excusaient , de bonne foi , sur l'impétuosité indocile de la jeunesse barbare. Leur mépris pour deux princes obscurs nouvellement élevés sur le trône, par l'élection du peuple, éveilla leur ambition , et leur fil concevoir le dessein d'attaquer l'empire avec toutes les forces réunies de leur nation1. Dans ces dispositions, ils consentirent volontiers à embrasser le parti de Procope, et à fomenter les discordes civiles des Romains. Le traité public ne stipula que dix mille auxiliaires ; mais le zèle ardent des chefs des Visigoths rassembla une armée de trente mille hommes, «vec laquelle ils passèrent le Danube *. Ils marchèrent dans la confiance que leur valeur invincible déciderait du sort de l'empire ; et les champs de la Thrace forent couverts de barbares qui déployaient l'arrogance d'un maître et la fureur d'nn ennemi. Mais la débauche, qui satisfaisait leurs passions, arrêta

1 Amuiicn (iiii, 3) observe en termes généraux : Ermenrichi..... nobiUssimi régit , et , per /imita variaque former facta , viciais gentibus formidati, «te.

1 raient doeetur rclatioitibut ilueum, gmtan

Gothorum , ta tempcttiiic iiitactam ideoqas savistimam, conspirantem in imum , ad pervadertdamparari coUimitia Thraeiarum. (Ammicn, xxn, 6.)

3 M. de Ruât (HisL des peuples de l'Europe, t. 6, p. 332} a con» talé le véritable nombre de ers aunuwir™. Les trois mille d'Ammien et les dis mille de Zostne ne formaient nue le* premières d irisions de l'année des (Satin.

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(373 dep. J.-C.) leurs progrès, et, avant d'avoir appris la défaite et la mort de Procope, ils aperçurent, par les dispositions militaires, que l'autorité était repasses dans les mains de son rival. Une chaîne de postes et de fortifications, placés avec intelligence par Valens ou par ses généraux, arrêta lour marche coupa leur retraite et intercepta leurs subsistances. La férocité des barbares ne tint point contre la faim ; ils déposèrent leurs armes aux pieds du vainqueur , qui leur offrit des vivres et des chaînes. Valens distribua cette multitude de captifs dans toutes les villes de l'Orient ; et les provinciaux, se familiarisant bientôt avec lenr figure sauvage, essayèrent leurs forces contre ces adversaires formidables, dont le noni avait été si long-temps nu objet de terreur. Le roi des Scythes fut consterné et irrité de cette perte nationale. Ses ambassadeurs se plaignirent hautement à la cour de Valens de l'infraction d'une alliance ancienne et solennelle, qui subsistait depuis si longtemps entre les Gotha et les Romains. Ils représentèrent qu'ils n'avaient fait que remplir leurs devoirs en secourant lé parent et le successeur de Julien, et exigèrent la restitution immédiate de leurs concitoyens captifs. Un de leurs moyens de défense est d'une espèce singulier*! : ils prétendirent que leurs généraux, traversant et ravageant l'empire, à la tétedeleurssoldais indisciplinés, devaient être considérés comme des ambassadeurs, et jouir de leurs privilèges. Le refus de ces demandes extravagantes leur fut annoncé par Victor ' , maître* général de la cavalerie, qni leur exposa, avec anlantde fermeté quede modération, les justes griefs de l'empereur de l'Orient. La négocia lion fut interrompue, et les nulles conseils de V a leatinien encouragèrent son timide frère à venger la majesté de l'empire1.

I On trouve dans les fragmens d'Eunape (Excerpt. Légat., p. 18, énll. du Louvre) l'histoire de la marche et de négociations qui «pivirent. Les provinciaux trouvèrent, en saterailiarisant avec les barbare», qu'ils n'étaient pas d'une force si redoutable qu'ils se l'étaient imaginé. Ils avaient la taille haute, mais [es jambes peu agiles , et les épaule* étroites.

* yalens emm, ut consulte plaeuerat fratri, eujus regcbalur arbltrio, arma eoncasstt in Gothos, raiioite iiista permotm. A mm [en (xxvii, 4) continue a décrire, non pas le pays des Goths, mais la province paisible et tu Rime, qui ne prit poial pari ft la guerre.

Un historien de ce siècle a célébré l'importance et l'éclat de cette guerre des Goths ' , dont les événemens ne méritent l'attention de la postérité , que comme les avants- coureurs du déclin et de la chute de l'empire. Au lieu de conduire lui-même ses soldats scythes et allemands sur les bordsdu Danube ou aux portes de Constantinople, le monarque, succombant sous le poids des années, chargea le brave Alhanaric de la gloire et du danger d'une guerre défensive, contre un ennemi qui tenait d'une main faible les rênes d'un vaste empire. On établit un pont de bateaux sur le Danube; la présence de Valens anima les troupes , et l'empereur suppléa ù son ignorance de l'art de la guerre par sa valeur personnelle, et par sa déférence aux sages conseils de Victor et d'Arintheua, maîtres généraux delà cavale* rie et de l'infanterie. Ils conduisirent habilement les opérations de la campagne, mais sans pouvoir chasser les Visigoths des forts qu'ils occupaient sur les montagnes ; et les Romains, masquant de subsistances dans les plaines qu'ils avaient dévastées, classèrent le Danube à l'approche de l'hiver. Les pluies continuelles, ayant enflé prodigieusement le cours de ce fleuve, occasionèreat une suspension d'armes tacite, et retinrent Valens durant tout l'été suivant dans son camp de Marckuiapolis. La troisième année de la guerre fut plus avantageuse aux Romains, et plus funeste pour les Goths. La cessation du commerce privait les barbares des objets de luxe que l'habitude leur rendait déjà nécessaires ; et le dégât d'une portion considérable de leur pays les menaçait des horreurs d'une famine. Alhanaric se décida ou fut forcé à risquer une bataille, qu'il perdit dans la plaine; et la cruelle précaution que prirent. les généraux victorieux, de prometire une forte gratification pour chaque tête de Gotb présentée dans te camp impérial, rendit la défaite et la poursuite plus sanglantes. La soumission des barbares apaisa Valens et son conseil. L'empereur écouta fe-

> Eunape, in Excerpt. Légat., p. 18, 1». Le sophiste grec a sûrement considéré comme une seule guerre toute la suite de l'histoire des Goths , jusqu'aux victoires et à ta paix de TT

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vorablement les remontrances éloquentes et flatteuses du sénat de Constantinople, qui prit part pour la première fois aux délibérations publiques ; et on chargea les généraux Victor et Arintheus, qui avaient conduit si heureusement la guerre , de régler les conditions de la paix. La liberté du commerce, dont les Gotlis jouissaient précédemment, fut restreinte à deux villes situées sur le Danube.- Leurs chefs payèrent leur imprudence parla perte des subsides et de leurs pensions ; et l'exception stipulée en faveur du seul Athanaric fut plus avantageuse qu'honorable au juge des Visigoths. Athanaric, qui, dans cette occasion, semble avoir consulté son Intérêt personnel , sans attendre les ordres de son souverain, soutint sa propre dignité et celle de sa nation , lorsque les ministres de Valens lui proposèrent une entrevue. Il persista dans son refus, en observant qu'il ne pouvait pas mettre le pied sur les terres de l'empire , sans se rendre coupable de parjure et de trahison ; et il est plus que probable que les perfidies récentes des Romains contribuèrent ù lui faire observer religieusement son serment. On choisit pour le lieu de la conférence, le Danube, qui séparait les états de deux nations indépendantes. L' empereur de l'Orient et le juge des Visigoths , accompagnés d'un nombre égal de gens armés , s'avancèrent chacun dans un grand bateau jusqu'au milieu du fleuve. Après avoir ratifié le traité et reçu les otages, Valens retourna en triomphe a Consiantinople , et les Goths restèrent paisibles environ six ans, jusqu'à l'époqucoù une multitude deScythes, descendus des régions glacées du Mord , les chassa de leurs foyers, cl les précipita dans les provinces romaines*.

En cédant à son frère le gouvernement du bas Danube, l'empereur de l'Occident s'était réservé la défense des provinces de Rliétie et

' La description de la guerre des Geins se trouve dus Ammien (uyh, 5); dan* Zosùue (1. w, p. 211-214); et Chez Theuûstius [Oral, i, p. 120-141). Le sénal de Con~ EtanliiKiple députa l'orateur Themtalius pour féliciter l'empereur de sa victoire, et le serrile orateur compare Valens «ut le Danube, à Achille sur le Scamiudre. Jornaiidès passe sous silence une guerre particulière aux Vtifgotbs, et peu glorieuse pour la nalioa gothique. (Uatcou, llitf . des Germains, ru, 3.)

{374 dep. J.-C.) tfïllyrie. La politique active de ValenrJnien s'occupait sans cesse d'assurer les frontières par de nouvelles fortifications ; mais l'abus (le cette politique excita le juste ressentiment des barbares. Les Quades représentèrent que la forteresse commencée était située sur leur terrain, et ils se plaignirent avec tant de raison et de modération, qu'Equitius, maître général de flllyrïe, consentit a suspendre l'ouvrage, en attendant qu'il eut instruit l'empereur. Max-imin , préfet, ou plutôt tyran de In Gaule , saisit avîaement l'occasion de nuire à son rival , et d'avancer la fortune de son propre fils. L'impétueux Valentinien soufTraitdiiucilement qu'on lui résistât; il se laissa persuader par son favori que, si son fils Mareelhous était chargé du gouvernement de Valérie et de la conduite de l'ouvrage , les barbares ne l'importuneraient plus de leurs audacieuses remontrances. Les Romains et les Allemands souffrirent également de l'arrogance d'un jeune présomptueux, qui regardait sa rapide élévation comme une récompense et une preuve delà supériorité de son mérite. 11 feignit cependant de recevoir avec considération ta requête modeste de Gabinius, roi des Quades; mais sa complaisance couvrait le projet d'nne trahison atroce, elle prince crédule accepta la funesteinvitationdeMarcellinus.il est pénible d'avoir si souvent à faire le récit monotone et fatigant des mêmes crimes ; d'être obligé de dire que, dans le cours de la même année, deux généraux romains firent inhumainement massacrer en leur présence et a leur table deux rois alliés qu'ils y avaient attires par leur caresses perfides. Gabinius et Para eurent le même sort; mais les fiers Allemands n'endurèrent pas cet outrage avec l'indifférence des serviles Arméniens. Les Quades étaient déchus de la puissance formidable qui , au temps de Mare-Aurèle , avait semé la terreur jusqu'aux portes de Rome ; mais ils ne manquaient ni de valeur, ni de soldats; l'indignation anima leur courage, et les Sarmates leur fournirent le contingent ordinaire de cavalerie. L'assassin Marcellinus avait choisi imprudemment, pour commettre son crime, le moment où la révolte de Firmus te-

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(375 dep. J.-C.) liait éloignées les plus braves troupes de ses vétérans; et la province, presque sans défense, se trouvait exposée à la vengeance des barbares. Us entrèrent dans la Pannonie au temps de ta moisson , démolirent les fortifications, et brûlèrent sans pitié tout ce qu'ils ne purent pas emporter. La princesse Constantin , fille de l'empereur Constance, et petite-fille du grand Constantin , n'échappa qu'avec peine à leurs fureurs. Celte princesse , protectrice innocente du malheureux Procope, était destinée àépouser l'héritier de l'empire d'Occident. Elle traversait la province paisible avec une suite brillante et désarmée. Le zèle actif de Messala, gouverneur général de la province, la sauva du danger. Ayant appris que les barbares environnaient le village où la princesse s'était arrêtée pour diner, il l'enleva précipitamment dans son propre char, et fit, avec la plus rapide diligence, u« trajet de vingt-six milles jusqu'aux portes de Sirmium. Cette retraite aurait été peu sûre, si les Qoades et les Sarmales eussent profité, pour s'en emparer , de la consternation du peuple et des magistrats. Mais leur lenteur donna le temps à Probus, préfet prétorien, de rasseoir ses esprits , et de ranimer le courage des citoyens. Il se bâta de réparer les fortifications, et augmenta la garnison d'une compagnie d'archers. Arrêtés par les murs de Sirmium, les barbares tournèrent leurs armes contre le maître général de la frontière, qu'ils accusaient injustement du meurtre de leur souverain. Equitius n'avait sous ses ordres que deux légions; mais «lies étaient composées des vétérans de la Messie et de la Pannonie. L'obstination avec laquelle ils se disputèrent les vains honneurs du rang , fut la cause de leur défaite. La cavalerie des Sarmales les attaqua successivement avant leur jonction, et en fit un grand carnage. Ces succès excitèrent l'émulation des tribus voisines; etla province deMcesie aurait été perdue infailliblement , si le jeune Théodose, duc ou commandant militaire, n'eut, pas signalé, par la défaite des barbares, un génie et UBe intrépidité dignesdeson illustre père et de la haute fortune, qui l'attendait '. ■ Ammlen (ixn, S ) "1 Zoabne { I. it, p. 21», 220 }

Yalentimen, alors à Trêves, profondément affligé des malheurs de l'Hlyrie, et violemment irrité contre les barbares, attendait avec impatience que le printemps lui permit d'exécuter ses projets de vengeance. Il partit des bords de la Moselle, suivi de presque toutes les forces de la Gaule, et répondit aux ambassadeurs des Sarmales, qui vinrent au-devant de lui , qu'il voulait examiner le désastre sur les lieux, avant de prononcer. Arrivé à Sirmium, 11 donna audience aux députés des provinces d'Ulyrie, qui se félicitaient hautement du gouvernement de Probus, préfet du prétoire1. Valentiuien , flatté de leurs protestations de reconnaissance et de fidélité , demanda au député de l'Épire, philosophe, cynique , incapable de déguiser la vérité ' , s'il avait été envoyé par le vœu de sa province.

• Je suis venu, lui répondit le véridique Iphi-

• clés, à travers ses larmes et ses sanglots ;

• je suis venu contre le gré d'un peuple mal- > heureux. * L'empereur garda un morne silence; mais l'impunité persuadait aux ministres qu'ils pouvaient opprimer les peuples sans léser le souverain. Un examen sévère de leur conduite aurait apaisé le mécontentement public, et la punition du meurtre de Gabinius pouvait seule rétablir la confiance des barbares et l'honneur du nom romain. Mais le monarque présomptueux n'avait pas assez de grandeur d'ame pour avoncr sa faute. Il ne voulut voir que celle des barbares , et poursuivit sa vengeance implacable dans le sang et dans les villes embrasées de ses ennemis; persuadé sans doute que leur

marquent soignai sèment l'origine et tes progrès de la gwrre des Sarmales «I des Quades.

< Amroien (m, 5), qui reconnaît le mérite de Fetronius Probus, blâme, »tcc justice, son administration tyrannique. Lorsque Jérôme traduisit et continua la Chronique dTusèbe, A. D. 380 (voyez Tîttemont, Mém. EccL), il déclara la vérité, ou au moins l'opinion publique de son pava dans les termes suivons : Probus P. P. Ittyriei iniquissimis tribulorum exactionibus ante provincia quat regebat, quam A barbarls vastarenlur, erasit, (Chron., édil. de Sealiger, p. 187; Animadvers, p. 250 ) Le saint te lia depuis d'une amitié Irés-intime arec la veuve de Probus , et , sans beaucoup d'injustice, le nom du eomte Equitius fui substitué dans son texlc.

1 Julien (Orat. n, p. 198) représente son ami Iphiclès comme un nomme vertueux et rempli de mérite, qui s'était rendu ridicule en adoptant les manières et l'habillement des philosophes cyntqneà.

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exemple autorisait ses horribles dévastations'. Telles furent la discipline des Romains et la consternation des barbares, que Valenlinien repassa le Danube sans perdre hn seul de ses soldats. Comme il avait résolu d'achever la destruction des Quades dans une seconde campagne, il prit ses quartiers d'hiver a Brégélio, sur le Danube, dans les environs de Presbourg, capitale de la Hongrie. Tandis qne la rigueur de la saison suspendait les horreurs de la guerre , les Quades essayèrent d'apaiser, par leurs soumissions, la colère de l'empereur, qui reçut leurs ambassadeurs dans son conseil, à la sollicitation d'Equitius. Ils se prosternèrent humblement ans. pieds du trône, et affirmèrent, sans oser se plaindre du meurtre de leur roi , que la dernière invasion était le crime de scélérats désavoués et détestés de la nation. La réponse de l'empereur leur laissa peu d'espoir de compassion ou de clémence. S'abandonnant à l'impétuosité deson caractère, il leur reprocha leur bassesse, leur ingratitude et leur insolence. Sa voix , ses gestes et ses regards attestaient la situation violente de son âme : maïs tandis qu'il se livrait À l'excès de sa colère, et qu'il était dans les convulsions de la fureur, un vaisseau se rompit dans sa poitrine, et le monarque tomba dans les bras de 6es serviteurs , qui tachèrent , en l'environnant , de cacher sa situation. 11 expira au bout de quelques instans dans les plus cruelles souffrances , et conserva sa présence d'esprit jusqu'au dernier soupir, sans pouvoir cependant faire connaître ses intentions aux généraux et ministres qui l'entouraient. Valenlinien avait à sa mort environ cinquante-quatre ans, et avait régné près de douze ans*.

Un auteur ecclésiastique atteste sérieusement la polygamie de Valenlinien5. IL raconte

> Ammien (m, 6). Jérùme, qui exagère le malheur de Valenlinien, lui reruse la consolation de la vengeance. Genitaii vastata solo et inultam patriam derelinqueas (t. I, p. 26).

î Voyez, relativement à la mort de Valenlinien, Ammien (iix,6), Zostmefl. rt,p. 221). Victor (in Epit), Socntt(L rf,c. 31), et Jérôme (in Chron.,p. 187, et 1. 1, p. 26, ad Seliadonan). Ils ne s'accordent point dans les circonstances, et Ammien exerce son éloquence à écrire des absurdités.

* Soerale (I. rr, t. 31) atteste seul cette histoire peu

(375 dcp. J.-C.1 que l'impératrice Sévéra ayant admis à sa familiarité la belle Justine, fille d'un gouverneur d'Italie , fut frappée vivement à la tup de ses charmes, qu'elle avait souvent l'occasion d'admirer dans le bain, et qu'elle en fit imprudemment l'éloge devant l'empereur, qui s'en assura la possession en l'épousant, et permit par un édit, à tous les sujets de son empire , de prendre une seconde femme , a l'exemple de leur souverain. Maïs nous pouvons assurer, sur l'autorité de l'histoire et de !a raison , que Valeotinien , avant d'épousor Justine, se servit de la liberté du divorce, que les lois romaines autorisaient encore, quoique condamné par l'église. Sévéra était mère de Gra tien, qui semblait réunir tons les droils à ta succession de l'empire d'Occident. Fils aîné d'un empereur dont le règne glorieux avait confirmé le choix libre de ses compagnons d'armes, il était , sous le titre d*auguste,dcpm$ l'âge de neuf ans, revêtu de la ponrpre et du diadème. L'élection avait été solennellement ratifiée par les acclamations des armées de la Gaule '.Dans tous les actes publics postérieurs à cette cérémonie, le nom de Gratien se trouvait après ceux de Valentinien et de Talens, et, par son mariage avec la petite-fille de Constantin, il réunissait tous les droits héréditaires de la maison Flavienne, consacrée par une suite de trots générations d'empereurs , par la religion et par la vénération des peuples. A la mort de son père, le jeune prince entrait dans sa dix-septième année, et ses vertus justifiaient déjà tes espérances favorables des peuples et des soldats. Mais tandis que Gratien restait sans inquiétude dans le palais de Trêves, son père, éloigné de lui de plusieurs centaines de milles, expirait subitement dans le camp de firégétio. Les passions et les cabales, supendues longtemps par la présence de l' empereur ,reparu-

croyable , et si opposée aux lois et aux mœurs des Romains, qu'elle ne méritait pas la savante dissertation de M. Bonami (Mém. de l'Acad., t. m, P. 39M0S). Cependant je voudrais conserver ta drconsUnee ■aturelta d« bain, an lieu de suivre Zesiino, qui représente Justine comme une hanse âgée et veuve de IhVeutnrr

■ Ammien (ixvn, 6) décrit l'élection militaire, et l'investiture de l'auguste. Une parait pas que Valentinien ait consulté ou même informé le sénat de Rome.

(*76dep.J.-C.)

rent à sa mort avec violence dans le conseil impérial. Eq tiitius et Mcllabatides , qui commandaient les ban des italiennes et illyriennes, exécutèrent avec adresse le dessein ambitieux de régner au nom d'un enfant. En annonçant qu'il fallait éteindre, par une démarche hardie et décisive , les espérances des ennemis étrangers et intérieurs, ils trouvèrent un prétexte honorable d'éloigner les chefs et les troupes de la Gaule, qui auraient pu dérendre [es droits de leur souverain légitime. L'impératrice Justine, laissée dans un palais à cent milles de Brégétio, fut respectueusement invitée à se rendre dans le camp avec le second Gis de l'empereur. Six jours après la mort de Valentinien, ce jeune prince, du même nom, et âgé seulement de quatre ans, parut devant les légions dans les bras de sa mère, et reçut solennellement le diadème au bruit des acclamations militaires. La prudente modération de Gratîen évita les horreurs d'une guerre civile, en ratifiant le choix de l'armée , et déclarant qu'il regardait le fils de Justine comme son frère, et non pas comme son rival. Il engagea l'impératrice à fixer, avec son fils Valentinien, sa résidence à Milan , dans la province paisible de l'Italie , tandis qu'il se chargerait du gouvernement plus pénible des provinces au-delà des Alpes. Graticn dissimula son ressentiment contre les auteurs de la conspiration, jusqu'au moment où il pourrait les punir ou les éloigner sans danger; et quoiqu'il montrât toujours la même tendresse pour son jeune collègue, il confondit insensiblement, dans l'administration de l'empire d'Occident , l'autorité d'un empereur avec celle d'un tuteur. Le gouvernement du monde romain s'exerçait aux noms réunis de Valens et de ses deux neveux. Mais le faible empereur d'Orient, qui succéda au rang de son frère aîné, n'obtint jamais la moindre influence dans les conseils de l'Occident'.

i Ammien, xn, 10; Zosime, 1. iv,p. 232, 223. TïllemauL a praoTé (Histoire des Empereurs, t. », p. 707-709) que Graticn régna sur l'Italie, sur l'Afrique et sur l'Illyrie. j'ai UkM d'exprimer son autorité sur leaéuu de ton trtr* en termes ambigus , tels «u'ii s'en sert lui-même.

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