CHAPITRE XXXHI
Mort d'Honorius. — Vâlcntloien III, empereur d •Occident. — Administration de sa mère Placidie. — Aeliug et Boni ta ce. — Conquête de l'Afrique par les
L'empereur Honorîus.durnntunlong et honteux règne de vingt-huit ans, vécut toujours en inimitié avec son frère Arcadiusetavec son successeur TIiéodose.ConstantMiopIe contemplait les calamités de Rome avec une joie qu'elle déguisait sous l'extérieur de l'indifférence. Les étranges aventures de Placidie renouvelèrent peu à pen et cimentèrent l'alliance des deuxempires. La fiHedn grand Théodose, alternativement captive et reine des Goths, avait perdu nn mari qui la chérissait, s'était vue (rainer en esclavage et maltraitée par son assassin , avait goûté ensuite les douceurs de ta vengeance, et avait été échangée en vertu du traité de paix qui avait stipulé six cent mille mesures de froment pour sa rançon. Après son retour d'Espagne en Italie, Placidie éprouva une nouvelle persécution dans le sein de sa famille. Elle vît avec répugnance les nouveaux liens qu'on lui préparait sans la consulter. Le brave Constance recul, pour prix de ses services, la veuve d'Adolphe de la main d'Honorius. Mais la résistance de la princesse finit avec la cérémonie des noces. Placidie fut mère d'Honoria et de Valentinien, et prit sur son nouveau mari l'empire lopins absolu. Le général romain, accoutumé à partager sa vie entre le service militaire et les plaisirs de la société , reçut avec docilité des leçons d'ambition et d'avarice ; il obtint le titre d'auguste, et le serviteur d'Houorius partagea l'empire d'Occident avec son maître. La mort de Constance , arrivée dans le septième mois de son règne, loin de diminuer la puissance de Placidie, sem-
(I. m, e. «4, p. 317), qui régna depuis l'année 420 jusqu'en 410. (Voy. Assenmnni, rjtbliot. Orient. , I. m
L'EMPIRE ROMAIN. (42î dep. J.-C.
Waao contraire l'augmenter. Ses ranntfcmW qui pouvaient n'être, après tout, que des reste» d'une liberté enfantine avec m frère, passèrent dans l'opinion publiquepour ht preuve d'un commerce incestueux. I^i». irîgues obscures d'une nourrice M d'un intendant firent succéder un ressentiment irréconciliable à cette tendresse excessive. Les querelles violentes d'Honorius et 4e Placidie ne furent pas renfermées long-temps dansk secret du palais ; les tronpes, composées en grande partie de Goths, défendaient .heme de leur ancienne reine. Chaque jour «t» marqné à Ravenne par des tumtilles et des meurtres, et le désordre ne put élre apaisé qu'après le départ forcé ou volontaire de Placidie et de ses «nfans. Ces augustes exilés arrivércntàCoostantiuopJepcndetempsaprfs le mariage de Théodose , tandis qu'on oétébrait les réjouissances des victoires remportées sur les Persans. On les reçut avec autant d'affabilité quede magnificence; mais, canin* la cour de Constaulinopfe avait rejeté les statues de l'empereur Constance , sa veuve bp pouvait pas décemment être reconnue pour augusta. Peu de mois après l'arrivée de Placidie , un député vint annoncer la mort d'Honorius. Avant de publier cette nonrelle, on fit avancer un corps considérable de troupes sur la côte maritime de la Dalmatie. Les boutiques et les portes de Constautînople restèrent femées durant sept jours; et on alïeeu. à la mort d'un prince qu'on ne pouvait ni regretterni estimer, lotîtes [es démonswticuis de douleur que peut inspirer une calamité publique.
Tandis que les ministres de Consiaatinople délibéraient, un étranger s'emparait du trône d'Honorius. Jean était le Bon de l'ambitieux usurpateur. 11 occupait le postf de primieeriut ou premier secrétaire ; et l'histoire lui accorde des vertus qui paraissent
i T. f»«'i>n ™«* muiimt*. Telles sont k*npresstens d'Olympiodore (op. Phot., p. 197). Il vents» doute Taire allusion aux caresses dont Mahomet honorait sa fille Falime. Quando, dit le prophète lui-méoir, çitaiulo aibti mil» drtideriitm puradisi, osculortw. et ingero linguam meam in os ejrts Mais les mirarto ri les mystères excusaient ces plaisirs sensuel». Cen> anecdote a été communiquée au publie par le rérewl père M»racri, dans sa traduction et réfutation JuhOM
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(■123 dep. J.-C.) iucoinpatiblQs avec la violation du plus sacré des devoirs.' Encouragé par la soumission de l'Italie et l'espoir d'une alliance avec les llnns, Jean eut la hardiesse d'insulter, par une ambassade, à la majesté du monarque de l'Orient. Mais, lorsqu'il apprit que ses agens avaient été bannis, emprisonnés et enfin chassés avec ignominie, il se prépara à soutenir par les armes l'injustice de ses prétentions. Eu pareille occasion, le petitfils du grand Tliéodose aurait dû sans liome conduire lui-même son année; mais les médecins impériaux le détournèrent aisément d'une entreprise si dangereuse; et Thépdo&t-te-Jeune confia prudemment cette expédition au brave Àrdabuiïus et à son fils Aspar, qui avait déjà signalé sa valeur contre les Persans. On décida qu' Ardaburius s'embarquerait avec l'infanterie, tandis qu'Aspar, ù la tète de la cavalerie, conduirait Placidie et son fils Valeatinien le long des cotes de la mer Adriatique. La marche rapide de la cavalerie eut le plus grand sucées : ils surprirent la ville d'Aquilée sans éprouver la moindre résistance. Mais les espérances d' Aspar s'anéantirent lorsqu'il apprit qu'une tempête avait dispersé la Hotte impériale, et que son père, n'ayant plus que deux galères, était tombé entre les mains des ennemis et avait étémeué prisonnier à Bavenne. Cependant cet accident, très-runeste en apparence, facilita la conquête de l'Italie. Ardaburins se servit ou abusa de la liberté qu'on lui laissait pour ranimer dans les troHpes le sentiment de I» reconnaissance et de la fidélité; et. dés qu'il aperçut le succès de la conspiration, le général envoya à son Sis des messagers, qui le pressèrent de s'approcher de Ravenne. Un lierger, dont la crédulité a fait un ange, conduisit la cavalerie d'Orient par une route seirète et qui passait pour impraticable , à travers les marais du Pô. Les portes de Itavcnne s'ouvrirent après une courle résislaace, et< l'usurpateur abandonné fut livré à la vengeance, ou plutôt à la cruauté des vainqueurs. On lui coupa d'abord la main droite ; et, après avoir clé promené dans les rues de lïaveniie monté sur un ane, Jean eut la téti; tranchée dans te cirque d'Aqnilée. Lorsque l'empereur Théodosc apprît la nouvelle de la
victoire, il interrompit les courses, et conduisit le peuple en chantant des psaumes dans les rues, depuis l'Hippodrome jusqu'à la cathédrale , où il passa le reste de la journée en dévotion ',
Dans une monarchie qui, selon les différentes circonstances, avait été considérée tantôt comme élective et tantôt comme héréditaire et patrimoniale, il n'était pas facile de définir bien clairement * les prétentions diverses des lignes féminines et collatérales; et Tliéodose, par les droits de sa naissance ou par la force de ses armes, aurait pu se faire aisément reconnaître pour le seul héritier du monde romain. Peut-être en fut-il tenté un moment; mais l'indolence de son caractère le ramena bientôt aune politique plus modeste et plus pnidente. Satisfait de posséder l'empire d'Orient , Tbéodose ne voulnt point s'imposer la tâche pénible de soutenir au-delà des Alpes une guerre dangereuse contre les barbares,' et de veiller sans cesse sur la soumission de l'Afrique et de l'Italie, aliénées depuis long-temps par la différence du langage et des intérêts. Au lieu d'écouter. La voix séduisante de l'ambition, il résolut d'imiter la modération do son aïeul , et de placer son cousin Valenlinien sur 1s trône de l'Occident. Le prince enfant fut d'abord nommé à Constantinople Nobilissiriws, Avant de quitter Xhessalonique, il eut le rang etle titre de césar ;elaprès la conquête de l'Italie le patricien Uélion, par l'autorité de Théodose et en présence du sénat, salua Valenlinien III du litre d'Auguste, et le revêtît solennellement de la pourpre et du diadème '.
' Consulta , pour les révolutions de l'empire d'Occident, Olyuipiodor. ijip, Phot., p. 192, 193-190, 197-200) ; Sraoraèuc (I. îs, c. 1(1); Socralc (I. vu, c. 13, 24); Philostorge (I. in, e. 10, 11); Coddroi (Dissert. , p. 480) ; l'nwpeCdeBelLfiuuiat ,l.i,c. 3, p. 182.183);Tbéoplianes (('" Clironograph., p. 72, TA}; et lus chroniques.
i Voyez CruliiM, de Jure Beili et Paeis ,1. ■■, c. 7. Il a travaillé inutilement à l'uriner un système raisonnable ' de jurisprudence, d'après les changemens contradictoires que la succession à l'empire avait éprouvés en différentes circonstances par le temps, la fraude, la violence, etc.
3 Les écrivains contemporains ne disent point si Valenlinien III reçut le diadème à lia mine ou a Home. (Vojei Muralnri, An.na.li d'italia, t. ir, p. 139.) Pans cette incertitude , Je me plais à croire que l'on, montra qurlqu* dbration pnur le sénat de Ifonie.
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Les trois sœurs qui gouvernaient le monde ebrétien fiancèrent le fils de Placidie avec 1-judoxic, lîile de Tkéodose et d'Athéuaïs; «l, dès que l'un et l'autre curent atteint l'âge de puberté, cette alliance s'accomplit fidèlement. En môme temps, et probablement en compensation des frais de. la guerre, l'illyrie occidentale cessa d'appartenir au royaume d'Italie, et fit partie de l'empire d'Orient '. Tbéodose acquit la riclie province maritime de Dalraatie et la ■ souveraineté dangereuse ' de la Pannonîe et de la Piorique, désolées depuis .plus de vingt ans par les invasions continuelles des Huns, des Ostrogotbs, des Vandales et <\(% Bavarois. Théodose et Valentiuien respectèrent toujours les obligations de leur alliance publique et personnelle ; maïs l'unité de gouvernement du monde remain fut tout-à-fait anéantie ; et un édit unanime des deux gouvcruenieus déclara qua l'avenir les lois nouvelles ne seraient reconnues que dans les étais du prince qui les aurait promulguées, à moins qu'il ne jugeât à propos de les communiquer, sigaées de. sa propre main, à son collègue * indépendant qui serait. libre de les accepter.
Valeotinicn reçut le titr&.d'niigusLeàl'âge de six ans, et sa mère, qui. avait quelques droits personnels à l'empire, gouverna durant b longue minorité de son. fils. Placidie enviait, sans pouvoir lus égaler, la réputation et les talensde la femme «t de la sœur do Tbéodose. Le génie et l'éloquence d'Eudoxie, la sagesse et les succès du gouvernement de Pulchérie, une autorité dont l'exercice était au-dessus de ses forces, excitaient sa jalousie '. Elle régna trente-cinq
* Le comte de Buat (Histoire des Peuples de l'Europe, t. m, p. 292-300) a établi la réalité, explique les molili, et observé les conséquence] de celle cession.
i Voyez b première dedaratfnn de Théadtar, par hnueUe il ralifle et pnUfe (A. D., 138} le Ode de TModose-le-Crand. Environ quarante ans avant celle époque, l 'unité de législation avait été prouvée parune exception. Les Juifs, qui étaient fort nombreux dans les villes delà Feuille et de ta Outre, produisirent une loi de l'Orient, qui les exemptait des offices municipaux (Cod. Théod., I. svi, lit. 8 , loi 13), et l'empereur fut obligé de déroger a cette loi par un écHL Qitam constat mais, pottOnu esse tlaimuaom, (On. TMtU-, ). tj, 1. 1, toi US.)
ï Ceasiodwe {Variai., 1. xr, épik l,p. 236) a empare le* régence* dePhuwdr» et d'amMMwnw. Il an-
DJXAJkEHCE DE LTJHPIttË ROMAIN , («5 dep. i.-C.)
ans ait nom de Valeutinlen ; etUcuiduîiede ce méprisable empereur autorisa à soupçonner que Placidie avait énervé ujeuaessecu li' livraoùuiie viu dissolue, etenl'éloiguaaUovcc soin de toute oocupaiic* honorable et digne d'un nomme '. Aetius et Bosjface * coounundaientlcs armées, dont l'esprit militaire déclinait rapidement. Ces deux généraux lubiles, qu'on peu! regarder avec raison comme les dentiers des Romains, auraient pu soutenir encore l'empire chancelant , eu réunissant leurs efforts; la perte de l'Afrique fut la suite funeste de leur jalousie et de leurs divisions. Aetius s!est immortalisé par la défaite d'Attila; «.'quoique le temps ait jeté un voile sur les exploits de son rival , la. défense de Marseille et la conquête de l'Afrique attestent les talent) militaire du comte Boni face. Dans les batailles, daus les .rencontres, et même tète-à-iéte, sa force et sa valeur blutent redoutées des barbares; le clergé, et particulièrement saint Augustin., admirèrent la piété chrélieanequi avait donné un momeni à lionifece la tentation dese retirer du,monde. I.e peuple estimait sou intégrité, et les soldats craignaient fin flexibilité ,de sa justice, dont nous pouvons citer un exemple. Un paysan accusa, sa femme,. au tribunal de Ëouàface, d'un commerce criminel avec un soldai barbare: on le remit à l'audience du lendemain. Dans l'après-midi Le comte, qui s'était soigneuttmest informe de l'beure et (julieu du rendez-vous, lit rapidement un trajet .de dix milles , surprit les coupables , condamna le soldat ù la mort, et imposa le lendemain Jiî-
damne la failnVue de fa mère de Vatenttoie», H e*** in, vertus* lawine des (Mrogotr*.
■ l'niloatorge (I. », c 12) et la .Dissertai. Je &*Wtoi (p. i'Xi, etc.), Kenatus Frigeridus (ap. Gicgor. turon,, 1.11,6, S, et t. n, p. 163), Àclius était Ois defcaud.uUd*, citoyen illustre de la province de SeruUe.tt «titre-ame rat de la cavalerie, Sa mère était italienne, d «nelaniUr noble etaputeate, Aelius avait eu des liaiMiys a>ec te. barbares dès (a plus tendre jeunesse, comme soldat et comme otage.
i Veyea le caractère da Boeuf ace dan* 0|ï»p!Dd«r inp. «oc, 1M), «danasajot AugUHiB {ap. ÏÎHeaneul, »lém:Eeaa*»,4,xui,p.7lVï*S^t»S),lJ'éreaïiea'»ipp«»t déptore ht route de «nanti, qui.apréiarairuwtaotatoe]-
d'avoir dwconcabinwdaiissa malioo.
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fcucu au mari , en lui pi-ésetitattl ta léte de celai qui l'avait offense. Ptucidie aurait pu employer utilement les tdleins d'Aetïns et rie Honiface lia lis des expéditions séparées ; mais l'expérience de leur condaitepassée aurait dû sttjfVpourmJ imliquercel tri desdeux qui méritait 8* confiance. Durant «on exil, Boniface BPtsilloBjours montréle plus fidèle de sespart isatis, et a va il employé 'efficacement les troupes et les trésors de l'Afrique à l'extinction de Îj révolte. Aetîiis fomentait cette révolte, et l'usurpateur était redevable à son zèle du secours dé soixante mille Huns accourus des bords' du Danube aux frontières de t'ftalie. ta mort imprévue de Jean le força d'accepter, un traité avantageux; mais ses nouveaux cngagcfnCin avec Valentinieit ne l'empêchèrent point cTenlretenir une correspondance suspecte rtpeitl-étre criminelle avec les barbares , dont oft n'obtint la retraite qu'à force de présenset de promesses. Actius jouissait H'iio avantage préclertX sous le règne d'une femmerif était présent ; il faisait assidûment sa cour, et déguisait ses desseins ambitieux sons le masque de Rattachement et delà fidélité :il parvînt à trompera la fois et sa souveraine présente et son rival absent, par une double trahison qu'une femme faible et un honnête hbthmC né pouvaient pas ihiiément soupçonner. Aerïus engagea Placîdîe ' à rappeler 'Boniface dé son gouvernement d'Afrique, et conseilla secrètement à Bonïface'de désobéir aux ordres de Fhnpératrice. Il faisait'considérer à Bontftce son rappel comme une sentence1 de mort, et peignait àPlacïdte la désobéissance du gouverneur comme l'indice certain, cl «ne révolte. Lorsque le crédule Honiface eut armé pour défendre ■ sa Vie, Artitis se fit un mérité vis-à-vis de'ftmpératrice d'avoir prévu un événement amené par sa propre perfidie. En faisant -demajudor u Konifoue le motif de sa conduite, l'impéi»trice aurait aisément découvert l'Intrigue,
• Prowpe (de BcU, Kuubif., !.. !,«.■«, 4, ».m-U«) rMMiHli [Eqrbwied'AâiUB, b rttoUft * B«nif»rt, «Ha perte le l'A*iqueJ CeUe «netdole, roifiriBce pe ri'aoWcs tcmoigidgv <wjw «jomjI, JSaL Itnecat. Fanéal.,
p. 42B,-42ti;p»*itt»asei««fome»Qtir)tr^n>5id«'OMiFï améeonn MMdin», *i» Hé «imau< pir Vrtfmtir «le Boni faw. •■■■■"■ —'•
PAR ED.'GÏBBÔN. CH. XXXlll.
désarmé l'Afrique, et tranquillisé le gouverneur. Mais les artifices (TAetins s'opposèrent à cette explication ; il continua de trahir et d'irriter; et le comte, poussé a bout, prit une résolution "violente que Ini inspira son désespoir. Le succès avec lequel H évita ou repoussa les premières attaques ne l'aveuglèrent point sur l'impossibilité de résister avec quelques Africains indisciplinés aux forées de l'Occident, commandées par un rival dont il connaissait les talens militaires. Oubliant, dans cette extrémité, son devoir Ct la prudence, Boniface envoya an camp de Gonderic, Toi des Vandales, Un ami sûr, chargé de lui proposer nue alliance, et de lui offrir un établissement avantageux et solide.
Après la retraite des Gotha, Honorius avait repris la possession précaire de l'Espagne, en exceptant toutefois ta province de la Galle* ou le» Snêves et les Vandales s'étaient fortifiés séparément et se Taisaient encore' la guerre. Les Vandales furent victorknxiih tenaient leursrîvaux assiégèsdans les montagnes entre Lédn et Oviedo.lorsquel'approche du comte Asterius transporta fa scène de lagnerre dans' la Betique.lf fallnt bientôt de plus ptlissn ris secours pour s'opposer aux pfegrès *» Vandales , et Casttnus, maitregéhërïd, amena une armée de Goths et de Romains. Vaincu: en bafnille rongée par tin ennemi Inférieur, Castlnus s'enfuit honteusement jusqu'à TarfngoUe , et sa défaite fut l'effet de sdn ignorance et de sn présomptioa '. Sétille H Cïirthagène tombèrent an pouvoir des vainqueurs. Les Vaisseau* qu'ils. trouvèrent tfàris lé port deCàrthagSne auraient pn les transporter facilement aux lies de Majorque et de Mmorquc', où les Espagnols fugitifs avaient rassemblé leurs fa,jaîUes «t caché leurs trésors; le danger doln navigation les arrêta sans doute. L'espérance d'envahir l'Afrique fit accepter aux Vandales les propositions de Boniface, ct li» rooft do Gomîork; hâta l'entreprise. Au lieu
t YojcxIm Chroniques de PrMpertld'IiiMiM. Salri«i
(île Guhenutl Dtt. , I. »«, p. 246, Pari», 1*306! attribue iavirloire4esVsodale«4Jwjrpiêli. !t»]riliwl'Til,pri(iMit, Ft- portaimi «im-CIble 6 ntttM-dfrtear ■ - ' -
7 ne
d'un prince d'une constitution faible et d'une intelligence médiocre , ils eurent pour chef son frère illégitime, le terrible G enseric', dont le nom mérite d'être placé auprès de ceux d* Alaric et d'Attiladans l'histoire de la destruction de l'empire romain. On représente le roi des Vandales comme d'une taille moyenne , et boitant d'une jambe qui avait été brisée par une chute de cheval. Il s'exprimait avec lenteur et circonspection , et laissait rarement pénétrer ses desseins. Genscric dédaignait d'imiter li; luxe des nations qu'il avait vaincues ; mais ii se livrait aveuglément aux mouvemens de sa colère, et la vengeance était le plus doux de ses plaisirs. Son ambition ne connaissait ni bornes ni scrupules; le guerrier barbare savait mêler la politique aux combats , soit pour se procurer des alliés utiles, soit pour semer la discorde et la division chez ses ennemis. A l'instant de son départ , il apprit qu'Hermanric , roi des- Suèves , avait osé ravager le canton de l'Espagne qu'il s'était décidé à abandonner. Irrité de cette insulte, Genseric poursuivit les Suèves jusqu'à Mérida , précipita leur chef et leur armée dans la rivière d'Anus , et revint tranquillement embarquer ses troupes victorieuses. Les vaisseaux dans lesquels les Vandales traversèrent le détroit de Gibraltar, large d'environ douze milles, furent équipés par les Espagnols, qui désiraient ardemment leur départ, et pur le gouverneur d'Afrique qui les attendait avec impatience *. Nuire imagination, accoutumée à exagérer et à multiplier les essaims de barbares qui semblaient tous sortir du Nord, sera
' • Gî/crims, sutura mediocris, et equi easu elaudi-
• rail s, Qjiimo profondus, sermone rarus, luxurùecon-
• templor, ira lurbîdus, habendi cupîdus, ad sollicitandas
■ jiiiitrs proiidentissimus , semina contention u m jaeere ,
■ odia misrere paratus. ■ (.Jornandês, de Rébus geticis, c. 33, p. 037.1 Ce portrait, Tait avec intelligence et beaaroup de vérité, doit avoir, été copié de l'histoire des Golhs par Cassiodore.
2 Voyez la chronique dldacius. Cet évêque, Espagnol cl contemporain, date le passage des Vandales du mois de mai de l'année d'Abraham, qui commence en octobre 3444. Celte date, qui se rapporte à l'année 429 de Jésus-Christ, est confirmée par un autre évéque aussi nommé Isidore; rt cette opinion paratl préférable a celle des écrivains qui ont placé cl événement dans les deux années précédentes. ^ Voyez Pagi Crilica, t. u, p. Î05, etc.)
(42&drp;#<-C.) étonnée sans doute du petit nombre de combattant qne Genscric débarqua sur les cotes de la Mauritanie. Les Vandales, qui, dans le cours de vingt ans, avaient pénétré depuis l'Elbe jusqu'au mont Atlas, se trouvaient réunis sous le commandement de leur roi. Son-autorité s'étendait sur les Alains , dont la génération existante était passée des régions giacrés de la Scythie sous le climat brûlant de l'Afrique. Des aventuriers goths, attirés par l'espoir «lu pillage, accouraient sous ses drapeaux , et des provinciaux ruinés et poussés au désespoir s'enrôlaient, dans l'intention de réparer leur fortune par les mêmes moyens qui la leur avaient enlevée. Cependant l'armée de Genseric ne montait qu'à risquante mille bommes effectifs; et, quoiqu'il tâchât d'en augmenter l'apparence en nommant quatre -vingts chiliarques ou commandons de mille soldats, le supplément illusoire des vieillards, des enfans et des esclaves, n'aurait pas suffi' pour porter la totalité à quatre vingt mille hommes'. Mais l'adresse du général et les troubles de l'Afrique lui procurèrent bientôt une* multitude d'alliés. Les cantons de la Mauritanie qui bordent le grand désert et l'Océan Atlantique fourmillaient d'une race d'hommes hardis, dont le caractère sauvage avait été plus aigri que corrigé par la terreur des armes romaines. Les Maures " errans hasardèrent peu à peu de s'approcher du camp des Vandales ; ils considéraient avec surprise les armes, les vetemens, l'air martial et la discipline de ces étrangers. La figure blanche et les yeux bleus
' Comparez Procopc (de Dell, famlal., 1. t, t. S, p. 190), et Victor Vïtenas (de PentenOone fondai. . 1. 1, c. 1 , p. 3, edit. Rnûurt). idacius mure que Genseric évacua l'Espagae, cum f'amlalis omnibus eonimqucfamiliis. Et Possidius (in fit. Augustin., c *£*, apud Ruinart., p. 427) représente son armée comme maints ingens immanium genttum fnndatonim et Alanorum, commixtam seeum habens Gothorum gentem, aliarumque dU'crsarum personas.
î Relativement aui mtpurs des Maures , voy. Procope, ileBell. Fondai., \. u, c. C, p. 210; pour leur ligure ri leur couleur, M. de BulTon, llist. Katur., t. m, p. 430. Proer-pc dit en général que tes Maures s'claient joints a uï Validait-savant la mort de Valpjilimen [de Bell, fondai., 1. 1, c. 5, p. 100); et il est probable que tes tribut indépendantes n'embrassèrent pas tontes te système de noli-
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(iih (lep. J.-C.) clés guerriers germains devaient, à la vérité, former un contraste bien frappant avec la couleur olivâtre et Ira yeux noirs des voisins de la zone torride. Lorsque les Vandales eurent vaincu les premières difficultés qui naissent de (Ignorance mutuelle d'Un langage inconnu, les Maures embrassèrent sans hésiter l'alliance des ennemis de Rome; une foule de sauvages nus sortirent de leurs forêts et des vallées du mont Allas, pour rassasier leur vengeance sur les tyrans civilisés qui les avaient chassés de leur pays natal.
La persécution des Donaiistes'1 ne favorisa pas moins l'entreprise de tienseric. Dix-sept ans avant sa descente en Afrique, on tînt une conférence publique à Cartilage sous l'autorité du magistrat; les catholiques déclarèrent que les schisma tiques ne pouvaient se refuser à l'évidence de leurs raison que par une obstination volontaire et inexcusable; et Honorius se laissa persuader d'infliger les plus rigoureux chulimens à une faction qui abusait depuis si long-temps do sa douceur et delà patience. On arracha trois cents évéques* et des milliers d'ecclésiastiques inférieurs de leurs églises; ils furent dépouillés de toutes leurs possessions, bannis dans les tles, et proscrits par la loi, en cas qu'ils osassent se cocher dans les provinces de l'Afrique. Leurs nombreuses congrégations perdirent tous les droits de citoyen , et tout exercice du culte religieux. On imposa des amendes minutieusement graduées depuis dix livres d'or jusqu'à deux cents, en proportion du rang et de la fortune, sur tous ceux qui seraient convaincus d'avoir assistéàunconventîcule de schismatîques; et celui qui s'exposaità pajcrcînq fois l'amende sans se corriger encourait l'indignation de la cour impériale, qui prononçait «ne sentence arbitraire ». Ces rigueurs, fort approu-
1 Voy. Tillemont (Mém. Ecries., t. xtu, p. 518-558), cl
tuul It «ours de la persécution dans les monumens originaux publics par Dnpin à b lin d'Oplalus (p. 323-515).
ï Les évoques donaiistes, à la conférence de Carlbage, riaient au nombre de deux rcot soixanle-dix-neuf, cl ils assurèrent que leur nombre total s'élevait a plus de quatre cents. Les catholiques en avaient dcui ceul quatreliujjt-six présens; ceul vingt étaient abscns.soisanlequalre évêchés étaient varans.
a Le cinquième litredu seizième livre du code de Tliéodose conlienl un grand nombre de lois publiées par te*
vées par saint Augustin1, ramenèrent un grand nombre deDonatistes dans le scinde l'Église. Mais les fanatiques qui persistèrent dans leur hérésie furent poussés à tout l'emportement du désespoir. Ce n'était de tous côtés que tumulte et que sang répandu; lesCirconcellions armés exerçaient lettre fureurs sur euxmêmes et sur leurs adversaires; et la légende des martyrs fut considérablement augmentée de part et d'autre*. Dans ces circonstances, les Donaiistes regardèreniGenscricqtiiétaitcbré- ' lien, mais opposé àla foi orthodoxe, comme un libérateur puissant dont ils pouvaient raisonnablement espérer la révocation des édits vexatoires des Romains \ L'animosilé des factions facilita la conquête de l'Afrique; les outrages qu'on accusa les Vandales d'avoir commis stirleclergéet dans les églises peuvent être imputés plus naturellement au fanatisme de leurs alliés; et l'esprit intolérant qui déshonora le triomphe du christianisme lit perdre la plus importante province de l'Occident *. Le peuple et la cour étaient élonnés qu'un
empereurs contre les Donaiistes, depuis l'an 4M jusqu'à l'année 428. La plus sévère el la plus efficace est celle qu'Honorius publia A. II., 414.
< Saint Augustin changea d'opinion retativeiieut a In manier* dont on devait traiter les hérétiques ; et M. Locke a inaéré dans ses Essais (vol, m, p. 469j la déclaration pathétique que le saint lait de sa compassion el de son indulgence pour les Manichéen?. Le célèbre Bajle a réfuté ' ' (I. it, p. 445-496) les arpimens qne l^vêque d'Hippons employa dans sa vieillesse pour justifier la persécution des, Donaiistes. Dans une cause si claire, les lalens et 1 «lo-| quence de Bayle étaient superflus. '
i Voyez Tillemonl, Mém. Ecclés,, t. un, p. 586, 502, S06. Les Donaiistes se vantaient décompter parmi eux des milliers de ces martyrs volontaires. Augustin assure, el probablement avec vérité, qu'ils en exagéraient beaucoup le nombre; mais il ajoute qu'il vaut mieux qu'il y al quelques hommes brûlés dans ce monde, que tous dans
3 Selon saint Augustin el Théodore! , les Donaiistes accordaient une préférence aux principes, ou au moins au parti des Ariens que G ensuit soutenait. (Tillemonl, Mciu. Ecriés., I. vi, p.GS.)
' Voyez Baroiiius,^nn(i(.£ccIc... A. D., 428, n*7, A. D., 430, u° 35. Le cardinal , quoîqn 'incliné à chercher la cause des grands évéuemens tant dans le ciel que sur la terre, a observe la liaison apparente des Vandales el des Donaiistes. Sous le règne des barbares, les schismaliques de l'Afrique jouirent, dans l'obscurité, d'une paix du cent ans, au bout desquels de nouvelles persécutions li-s tirèrent de l'oubli. (Voyea Tiilrmonl, Mém. Ecriés., t h, p. iVl, etc.)
DECAHEMÎE-BE t'EMpiRE ROMAIN
héros vertueux, après avoir rendu t»ai de services et reçu Utt de faveurs, eut uabisa foi, et invité les barbares, à. déùruire la province confiée à ses sots». Les unis de But nîfoee, convaincus que sa conduite devait avoir quelque motif excusable, soHiortèreni , durant l'absente d'Artius , une conférence avec le gouverneur d'Afrique; «tDorius, oft fittier de distinction», se caargearte celle ambassade '. Le mystère s'éctatfeit a Cannage dès la. première entrevue; od produisit et l'on eempara les lettres d'Aetius, et. sa perfidie fut évidente. Placidie etBotùfacB déplorèrent leur erreur mutuelle'. Le comte eut asm de grandeur d'âme pour se fier à sa souveraine, ou pour braver te danger de son ressentiment. Ardent «t sincère dans son repentir, il s'aperçut bientôt avec douleur que le mal est. pins facile à Elira qu'à réparée. Cannage i* les. garnisons romaines rentrèrent avec leur général soua l'ohéisaMce de Valealinieu ; mats la guerre et les factions déchiraient toujours le reste de l'Afrique; et l'inexorable roi des Vandales, dédaignant toute espèce de composition , refusa durement d'abandonner sa proie. Ronlfaee, à la tete de ses vétérans « de quelques levées faites a la hâte , perdît une bataille, et presque tous ses plus braves soldats. Les barbât res victorieux se répandirent dans le pays, et Carthage, Hipponc et Cyrta parurent seules à l'abri de leurs ravages.
La cote d'Afrique était couverte des monunaeos de l'art et de la nugmTiceace des Romains, et l'on pouvait calculer avec justesse les degrés de l'opulence, de la culture et de la civilisation, par la distance de Cartilage et de'la Méditerranée. Une réflexion simple suffira pour donner an lecteur une idée de h culture et de la fertilité. Le pays était trèspeuplé ; les habiians se réservaient une subsistance abondante, et ils exportaient tous les
< Saint Augustin, sans parler de la faute de Bonîface, an des motifs qui l'ont occasionne , écrit n son ami, el l'ethorlé pieusement a remplir les devoirs de chrétien et de sujet, de se tirer sans délai de ta situation dangereuse et coupable où il se trouve, et de lâcher d'obtenir de sa femme la permission de passer le reste de sa vie dans le célibat et la pénitence. (Tille mont, Ment Ecoles., t. xiu , p. 890.) t.'cY&fne élaii inlime ami de Darius, qui avait été LÏDStnmieliI delà réconciliation. {M., t. un, p. 028.)
(■415- dep. J-Cl ans nne si grande quantité de gaains, et particulièrttmeut do trouvent, que l'Afriomc. mérita le surnom de grenier de Uome et de l'univers. Ea un instant l'armée des Vandale* couvrit les sept provinces, depuis. Tanger jusque Tripoli. Petitetre leurs ravages ontils été exagérés par le zèle religieux et par l'auûoesjié; ma'B si la guerre, mémedaas sa forme, la plus loyale, entraine iuévitablenieni la violation presque continuelle de la justice et île l'humanité , qu'on juge ce que doivent être les hostilités des barbares, enflammés de cet esprit ingouvernable et furieux qui. môme dans les temps de paix, rroublcincesaammaat lear tranquillité intérieure. I.*s Vandales faisaient rarement quartier où ils trouvaient de la résistance, et vengeaient la nim (le leurs compatriote» par ladesiruct ion des villes devant lesquelles ik avaient perdu la vie. Leurs soldats avides exerçaient sur leurs captifs, sans distinction de sexe, d'âge- ou de rang, toutes sortes de tortures et d indignités pour en arracher la découverte d'un trésor souvent imagiuaire. L'exemple de Geusaric encourageait ces cruelles exécutions, Emporté par la violence de ses passions, U ne pouvait pas toujours s'opposer à celle» des autres , et les calamités do la guerre étaient augmentées par la férocité des Maures et parle fanatisinede&DotUktistes. Cependant j'ai peine à croire que les Vandales aient arraché tous les oliviers et les autres arbres a Irait d'un pays au ite avaient l'inteatioa de se fixer. Je ne puis pas non plus me persuader que lear stratagème ordinaire l'ât de massacrer un grand nombre de prisonniers au pied des murs des villes qu'ils assiégeaient, dans l'inteotiou d'infecter l'air, et de produire une maladie pestilentielle doiu ils auraient été les premières victimes '.
Le cœur généreux du comte Bonîface était déchiré par le spectacle affreux d'une ruine
1 On trouve tes lamentations original» sur les malheurs de l'Afrique: t° dans une lettre deCapréotus, èVCquedr Cartilage, pour servir d'excuse i son absence du concile d'Ephèse [ftp. Ruinart., p. 4Ï9); 2* dans la Vie de saint Augustin par son collègue Possidins (op. Ruinnrt. , p. 427) ; 3" daus l'histoire de la persécution des Vandale» parVictorVilensis(I. i, r.1,2, 3, edit. Ruinart). I* dernier tableau, tracé soixante ans après l'événement, fait mlmi connatlrr ' s passions de rauleur q ot It verué telUts.
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,«Odep, JVC)
dna à M révolte et dont il> ne pouvait arrêter les rapides progrès ; après sa défaite Usera, lira dans b ville d'Hippo-Regius, où il Ait immédiatement assiégé pat les vainqueurs , qui te negardnirnu eomeae le seul -boulerait (te l' Afrique. La r^oniemaritimed'Hippone ', éloignée d'environ deux oeats milles à l'oo rident de Cartilage, avait été surnommée rafale, parce que les. rois deNumklie en faisaient leur résidence; et celte ville, son* la dénomination moderne de Bonne, conserve encore des restes de no* commerce et de sa population. La conversation édifiante de saint Augustin * adoucissait les charrias de son an Baaifaee, et Veneonrageail daws ses travaux mititarres. Mais le saint rendit sonftme à Dieu , et fut délivré- des calamités de son pays et des misères de ee monde, dans le troisième mois du siège, et dans la soixanteseizième mes de- sa vie. La1 jeunesse de saint Augustio s'avait pas- été exempte de vices et d'f mwrs ; nm7 depuis sa conversion jusqu'à -a» mort, ses mcevtrs furent toujours pure* et adstères, et ii se distingua par son zète ardent centre tes hérésies de- toutes les. dénominations, par itou lièrent eut contre cette de Mlage- Leraqve les Vandales brûlèrent la ville, quelques mois après ta mort de saint Augustin , on sauva heureusement la bibliothèque qui contenait ses volumineux écrits; deux cent trente-deux Livres ou Traités sur différents sujets théologiques, une explication complète des Psaumes et des Évangiles, et un copies* reoniet d^Éprtras et d'Homélies *. Au Jngement des critiques les plus ju-
i Voyez Oi\arïiii'(Geograpli. aiitiq., t. n, pari. 2, p. 112); Léon l'Africain [in ftamusîo, L i, P> 70); l'AIViqae de Mamiol (t. M, p. 434-437); tes Voyages de Stmv ;p. 40, 47]. L'snti» aippo-Hegiiiâ fui totalement détruit par les Arabes dans le septième siècle; mais avec ses matériaui on bâtit une nouvelle ville i la distance de deux milles de l'ancienne; et elle contenait, dans te sehiè me siècle, environ trois cents Annules de manuftdnriers industrieux, mais très-turbulens. . Le territoire voisin est renommé par la pureté de l'air, la fertilité du toi, et l'abondance de ses fruits exquis.
3 La Vie d« saint Augustin, par Tillemonl, remplit un *olumein-40!Mcm. Ecoles., t. nu) de plus de mille pages. Le savant auteur s'est étendu avec plaisir sur les louanges d'un des piliers du jansénisme.
î Te] est au moins le récit de Victor Vitensis [tic perstcut. Fondai., I.i,c.3), quoique Geunadius semLle douter qu'aucun homme ail jamais lu ou même rassemblé
ilkîieem, l'éawittion, tsjperueteUs de saint Augustin se bornai* à b connaissancci aV lit langue latine '. Son style, quoique animé quelquefois par l'éloquence du «endment , était surchargé de asétaphorcsi et d'antithèses souvent déplacées. Mois il possédait parfaite'' mena Tant de la controverse, et faisait reMntir TictoriensoBient tes mots de grâce, de prédestination, de libre arbitre, et de péché ortnjnel. L'Église latine * a prodigué des apptaudisseanens petit-étre~ peu- sincères au système de christianisme rigide-qu'il a institué ou rétnblv\ et qn'eife a eoruwrvé jusqu'à nos jours. L'habileté de Bouifaee on l'ignorance des Vandales fit traîner tesiége d'Hippone durant quatorze mois. La mer était toujours libre, et, lorsque les campagnes voisines eurent été épuisées par le brigandagedés Vandales, la fa* mine força bien tôt tes assiégeons a abandonner leur entreprise. La régente dol'Occident sentait vivement l'importance et le danger de l'Afrique ; Pladdie implora le secours de Théodose, et Aspar amena de Constantinople on poissant seooirre de troupes et de
tons les outragea de ssiat Augustin, (voves tes OEsvks de Jéioa». U t, a. MB, Ht £*laleg. Scriptûr. Etxlet.) Ils oui é(é imprimes plusieurs fois; et Duaia (BibUotp. Ecclés., L i". P- 156-2471 en a donné un eitrail IrésnUsfljhant, tiré de l'édition des Bénédictins. Je n'ai lu de ses Œuvres que ses aonfessietu et Ut Ctté ée Dieu.
i Dut saieunaM* (C*u/fcw„ i, 14), laiBrt Angiitiin négligea l'étude du grec , pour laquelle, il avait de la répugnance; et il avoue naïvement qu'il n'a lu les platooistes que dans une version latine (Confess., vu, 9). Quelques critiques moderne* ont pensé que son Ignorance de la langue- grecque te rendait peu propre a explique* les miolea éerilurea, et tieéron ou Qiûulttien annal etané la connaissance de celle langue dans un professeur de rhétorique.
> Ces questions rurrnl raremcnl agitées depuis le temps de saint Paul jusqu'à celui de saint Augustin. J'ai appris quclear^œnAestr^^adevleiaileBOcatimMisdesi^nil- Pélagwiis, et que l'ai Ujodoiii: de. saint AugssUn est tirât de l'école des Maniehmia
' L'église de Home a canonisé saiDl Augustin el foudroyé Catvia, Cependant, comme la difleronce de leurs opinions est imperceptible, même* l'aide d'un mieroscane théologique, les Molinisies sont écrasés par l'autorité du saint, et les Jansénistes s ni déshonorés par leur ressemblance avec un hérétique ; tandis que les Arméniens protesUmsseliennenlàl'écart et rient de 1» perplexité mutuelle des disputons. (Voyez une rirîeose collection de controverses par Le Clerc, Biblio'li. Univers., Lu», p. 144-398.) Peut-être un philosophe encore plus impartial rirait-il a son tour en lisant un çommcalsirc traie-. uieu sur l'éptlrtaux' Romaiu.
vaisseau». Dès que les forces des deux empires furent réunies sous les ordres de BonKace, ce général malheureux attaqua les Vandales avec confiance, et la perte d'une seconde bataille confirma irrévocablement la perte de l'Afrique. Les Romains s'embarquèrent avec ta précipitation du désespoir, et les habitans d'Hippoue obtinrent la permission d'occuper dans les vaisseaux la placedes soldats dont le plus grand nombre avaienlétéluésou faits prisonniers par les Vandales. Le comte, dontl'erreuravaiifait une plaie incurableàsa patrie, se présenta sans doute devant sa souveraine avec inquiétude; mais lesuurire de PI a ci die dissipa ses craintes. Booîface accepta le rang depatrice ; mais il devait rougir en se voyant représenté dans les médailles avec les attributs de la victoire'. La découverte de sa trahison, le ressentiment de l'impératrice et la faveur dont sou rival jouissait, irritèrent l'ambitieux et perfide Aetius- 11 revînt précipitamment de la Gaule en Italie, «vec une suite ou plutôt une armée de barbares; et telle était la faiblesse du gouvernement, que les deux généraux décidèrent leur querelle particulière dans une bataille sanglante. Boniface gagna la victoire et perdit la vie; il revint mortellement blessé de la main d' Aetius , et ne vécut que peu de jours. On prétend qu'il poussa les senlimens de charité et d'humanité chrétienne, dans ses derniers momeus, jusqu'à presser sa femme, riche héritière d'Espagne, d'accepter Aetius pour son second mari. Mais Aetius ne lira pas alors grand avantage de la générosité de son ennemi. Placidie le fit déclarer rebelle. Après avoir inutilement essayé de se défendre dans les forteresses qu'il avait construites dans ses domaines, il se retira en Pannonie , dans le camp des Huns; et l'empire d'Orient perdit, par leur discorde, le secours de ses deux plus braves généraux*.
i Dutange, Fam. Bysant., p. 67. D'un côte la letc, de Valenlinien, et sur le rêver» Bonifies dans un char de triomphe, attelé de quatre chevaux, tenant un rouet dans une nuis et «ne palme dans l'autre. Dana quelques médaillef la «b*T «al allait de quatre cerfs, et «et emblème pouvait prêter a la plaisanterie. Je ne crois pas qne l'on puisse citer un second exemple de la reprisen talion d'un sujet sur le revers de la médaille d'un empereur. {Voyez Science des Médailles, par le père Jobert, 1. 1, p. 133-1 50, édil. de 1730, par le baron de la Baudie.)
» l'rocop. [rff Bell. Fondai., 1. 1, c 3, p. 18S) ne coo-
(430 dep. i.-C.
On pourrait naturellement imaginer qu'après la retraite de Boniface les Vandales achevèrent la conquête de l'Afrique sans ub- ! stade et sans délai. Cependant huit années s'écoulèrent depuis l'évacuation dTBippone jusqu'à la réduction de Cnithage. Dans cet intervalle, Genseric, ait faite de la proscrite, négocia un traité de paix , donna son lils Hnnnerïc pour otage , et consentit i laisser l'empereur d'Occident paisible possesseur des trois Mauritanies '. On ne peut guère Taire honneur de cette modération à l'équité dit conquérant , et on ne doit l'attribuer qu'à s politique. Genseric était environné d'ennemis personnels , qui méprisaient la bassesse de sa naissance et respectaient les droits légitimes de ses neveux, fils de Gonderic. L'usurpateur sacrifia la vie de ses neveux à ta propre sûreté, et fit précipiter leur mère, veuve du rot défunt , dans lit rivière d'Asusague ; mais le ressentiment public se manifesta par des conspirations fréquentes, et le tyran est accusé d'avoir fait répandreplss de sang vandale sur l'échafand que dans les batailles*. Les troubles de l'Afrique favorisèrent son invasion , mais ils nuisaient à létabliBsemeM de sa puissance. Les révoltes des Maures , des Germains, des Donaiistes et des Catholiques ébranlaient ou menaçaient sans cesse l'enfance d'un gouvernement nul assuré, Pour attaquer Gariliage, il lui fallu! retirer ses troupes des provinces occidentales, et la côte maritime se trouva exposée iiu entreprises des Romains de l'Espagne el de l'Italie. Dans le coeur de la Numidie, la ville
linue rbUtotre fle Ronifece que jusqu'à son retour n Italie. Prosper et Marcellinus parlent de sa mort, ri le W* nier observe que, dès la veiile du combat, Aetius arailF"paré une lance plus longue que celle dout U irait contut" de se sertir-, cette circonstance annoncerait presaw"» combat- singulier.
i Voj-fi l'rocepe, de BcU. Fondai., 1. 1, t. *,t- lf"- Valealluien publia plusieurs lois humaines en umur * ses sujets de Kumidie et de Mauritanie [I taeuatUi du paiement de la pins grande partie de leurs iA~ les , réduisit leur tribut à un huitième, rt lejf *""" le droit d'appeler de la sentence de leur magistral au protêt de Kooie. (Cod. Tiii-od., t. vi, Novell., f- » . I'-. .
ï Victor Vilenats, Je perstcut. fondai., Un,t ■'■ p. M. U chronique de t'rosper (A. I)., «2) détaille " peint fortement k* cruauté» que Genseric exerçai! su W sujets.
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(439 dep. J.-C.} de Corta défendait encore avec succès son indépendance '. Employant tour à tour la force et la ruse, Genseric triompha peu à peu de tous les obstacles par sou courage, par sa persévérance et par sa cruauté. H conclut un traité, dans le dessein de profiter de sa durée et de l'instant où il pourrait le rompre avec avantage. Déguisant adroitement ses projets par des protestations d'amitié, le roi des Vandales s'approcha insensiblement de Canbage, et la surprit , cinq cent quatre-vingt-cinq ans après la destruction de cette ville et de cette république par Scipion le jeune*.
Une nouvelle ville sortit de ses ruines avec le titre de colonie romaine ; et quoique Cartbage ne possédât ni les prérogatives de Constantinople , ni peut-être le commerce d'Alexandrie on la splendeur d'Ànlioclie , elle passait cependant pour la seconde de l'Occident , et les contemporains la nommaient la Rome d'Afrique1. Cette riche capitale présentait encore , quoique asservie , l'image d'une république florissante. Carthage contenait les armes, les manufactures et les trésors de six provinces. Une subordination régulière d'honneurs civils s'élevait depuis tes commissaires des rues et des quartiers, jusqu'au tribunal du premier magistrat, qui , avec le titre de proconsul , jouissait du rang et de la dignité d'un consul de l'ancienne Rome. Des écoles gymnastiques étaient ouvertes ù la jeunesse, et on enseignait publiquement les arts libéraux , la grammaire , la rhétorique et la philosophie en langues grecque et latine. Les batimens de Carthage se faisaient admirer par leur magnificence et par leur uniformité. Un bois épais, planté au centre de la ville , servait à la promenade et
l Possidins, in. Fit. Augustin. , c 28; ap. Ituinart., p. 428.
î Voyez les Chroniques d'Idadus, d'Isidore, do Prosper et de Marceuis; elles datent la surprise de Carthage delà même année, mais ne s'accordent pas sur le jour de cet
PMI ED. GIBBON. Cil. XXXIII.
* La description de Carthage, telle qu'elle était dans les quatrième et cinquième siècles, est tirée de i'Expositio toiiirs .Vutuli (p. 17, 18 dans le troisième volume des petits géographes), d'Ausoiie {de claris l/rbibut, p. 228,229) et principalement de Salvien (de Gubernatione Oei, 1. tu, p. 257, 258). Je suis surpris qoe la tfotittaae place i Cartilage ni arsenal, ni hôtel des monnaies, mais seulement un gynicaum ou atelier de femmes.
GIBIWfJ, i.
à lu salubrité. Un port vaste et sûr facilitait le commerce des citoyens, et attirait celui de l'étranger; la réputation des Carthaginois n'était pas aussi brillante que celle de leur ville; le reproche fait à la foi punique convenait encore à la finesse et à la duplicité de leur caractère l . L'esprit d u commerce et l' habitudeduluxeavaientco'rrompuleursmœnrs; mais les vices les plus odieux, contre lesquels Salvien, prédicateur de ce siècle*, s'élève avec véhémence, sont le mépris coupable des moines, et la pratique criminelle du péché contre nature. Le roi des Vandales réprima sévèrement les dérèglemens de ce peuple voluptueux, et l'ancienne, noble et franche liberté (ce sont les expressions de Victor), fut réduite à une servitude ignominieuse. Après avoir donné à ses troupes le loisir de satis» faire leur avarice et leurs fureurs , Genseric ordonna par un édit que tous les habitons, sans distinction, remissent sans fraude et sans délai aux officiers préposéspour les recevoir, lout l'or, l'argent, les bijoux' et les meubles précieux qu'ils possédaient; ceux qui entreprenaient d'en réserver la plus faible partie étaient irrévocablement livrés à la torture et à la mort , comme coupables de haute trahison. Genseric distribua à ses barbares les terres de la province proconsulaire qui formait le district immédiat de Carthage, et conserva, comme son domaine particulier, le territoire fertile de Bysantiuiu, et les cantons adjacens de la Numidie et delà Gétulie*.
Il était naturel que Genseric haït ceux qu'il avait pfTensés. La noblesse et les sénateurs
' L'auteur anonyme de VExposilio totius Muruti compare dans son latin barbare le pays avec les habitons , et, après avoir reproché à ceux-ci leur manque de bonne fol, il ajoule froidement, difficile autem inier ecs iiwenUur bonus, tamenùt multis pauci boniestc passant (p. 18).
3 II assure que les vices particuliers de tous les pays se trouvent rassemblés à Carthage (1. vu, p. 257). Les Africains s'enorgueillissaient de la pratique de leur vice favori. Et UU. semagii virilis fortitadiids esse credubant, qui maxime virot faminei utus probrositate frtgissent (p. 208). On rencontrait dans les rues de Cartilage di ■ misérables débauchés qui affectaient le maintien , U misu et l'air d'une Temme (p. 264). Si un moine paraissait dans les rues , on le poursuivni t et on l'insultait publiquement ; dttestantibtts rùlmUum cadùiwis (p. 289).
J Comparez Proeope (de Bell. Fondai., I. i, c. 5, p. 18!) , 190) , et Victor Vitensis (de Penecut. Fondai., 1. 1, c. 4).
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de Carthage éprouvèrent sa défiance et son ressentiment. Tous ceux, qui refusèrent les conditions ignominieuses que l'honneur ou la religion leur défendaient d'accepter, furent condamnés à quitter leur patrie pour toujours. Rome, l'Italie et les provinces d'Orient se remplirent d'une foule de fugitifs , d'exilés et d'illustres captifs qui demandaient publiquement l'aumône; et les épitrés du sensible Théodore! ont conservé la mémoire des malheurs de Célestien et de Marie '. L'évéque de Syrie plaint le sort de Célestien , qui , dépouillé du rang de sénateur et d'une fortune opulente, se vit réduit avec sa famille a demander sa subsistance dans un pays étranger; mais il applaudit à la pieuse résignation de cet exilé, et à sa philosophie , qui lui conservait an milieu de ses infortunes nne tranquillité d'âme et une galté dont on jouit rarement au sein de la prospérité. L'histoire de Marie, fille du magnifique Eudœmon est intéressante et singulière. Au moment du sac de Carthage, les Vandales la vendirent à des marchands do Syrie, qui la revendirent dans leur pays. Une des servantes de Marie, prise et vendue avec elle, se trouvait sur le même vaisseau , et fut achetée par le même maître en Syrie. Sensible aux malheurs de sa maltresse , elle lui continua , par attachement, les soins qu'elle lui avait rendus précédemment par respect et par obéissance. Celte conduite fit connaître le rang de Marie ; et dans l'absence de l'évéque de Cyrrhtis , elle dut sa délivrance à la générosité de quelques soldats de la garnison. A son retour, Thcodoret fournit libéralement à son entretien ; Marie, après avoir passé dix mois parmi les chanoinesses de l'église, apprit que son père, heureusement échappé du massacre de Carthage, exerçait un emploi honorable dans une province de l'Occident. Théodoret seconda l'impatience qn'elleavait de rejoindre Eudœmon; et, dans une lettre qui existe encore, il la recommanda à l'évéque dTEgée, ville maritime de la Cilicie, que les vaisseaux de l'Occident fréquentaient tous les ans durant la foire. L'évéquedcCyrrhus priait son confrère
' Ruinait (p. 444-457) a tiré de Théodore! et de quelques autres auteurs les aventures réelles ou fabuleuses des habitant de Carénage.
(439 dep. J.-C.} de traiter Marie avec les égards dusi sa naissance, et de ne la confier qu'à des marchands capablesde regarder comme une récompense suffisante le plaisir de rendre à un père affligé une fille qu'il devait croire à jamais perdue'. Parmi les insipides légendes de l'histoire ecclésiastique, je trouve l'histoire fabuleuse des sepldormans, dont la date correspond an règnedeThéodose-le-Jeune, et à la conquête de l'Afrique par les Vandales '. Durant la persécution de l'empereur Decins contre les chrétiens , sept jeunes nobles g'Épbèse se cachèrent dans une caverne spacieuse an pied d'une montagne, dont le tyran, résolu de les faire périr, fit bouclier solidement l'entrée par un massif épais de pierres très-pesantes. Ces jeunes gens tombèrent dans un profond sommeil, qui fut prolonge miramleusement durant une période de cent-quatrevingt-sept ans. Au bout de ce temps, les esclaves d'Adolius , alors propriétaire de la montagne , enlevèrent les pierres pour les employer à la construction d'nn bâtiment. Dès que les rayons du soleil pénétrèrent dans la caverne, les sept dormeurs s'éveillèrent, persuadés que leur sommeil n'avait été que de quelques heures. Pressés par la faim , ils chargèrent Jambliclius , on des sept , de retourner à la ville , et d'acheter du pain por ses camarades. Le jeune homme, si on peut l'appeler ainsi , ne reconnut point son pays natal, et sa surprise augmenta quand il vit une grande croix élevée sur la principale porte d'Éphèse. La singularité de ses vèw-
< Dans une fable, Te choix des cirrooslantes rel ptu important; cependant j'ai suivi exactement te récit qui i été traduit du syriaque par les soins de Grégoire de Tours {de Glorid Martyrum, 1. 1, c. 93; w rMri* Bibl. Patrum, t. n, p. 65G); par les actes grées de leurs martyres (op. Phot, p. 1400, 1401), et les annateJo patriarche Eutujmius (t. i, p. 391-531-532-535. tttt. Pococlc.}.
ï Deux écrivains syriaques, cités par Assemanni (Bill. Orient., 1. 1, p. 336, 338) placent la résurrection An sept dormans dans l'année 736 (A. D. 42$) ou 748 (A. D. 437). Les actes grecs que Pholius a tus donnent pour date la trente-huiUeme année du règne de Théodose, qui peut se rapporter à A. D. 439 ou 446. U temps «ai s'est écoulé depuis la persécution de Decins est facile i vérifier, et il fallait toute l'ignorance de Mahomet tt île faiseurs de légendes, pour supposer un intervalle de "W ou quatre cents ans.
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(«9 dep. J--C.) mens , son langage vieilli , et la médaille de Decius qu'il offrait comme monnaie courante, parurent fort extraordinaires au boulanger, et Jamblichus, soupçonné d'avoir trouvé un trésor, fut tràiné devant le juge. Leurs questions mutuelles découvrirent ta miraculeuse aventure, et il parut constant que près de deux cents ans s'étaient écoulés depuis que Jamblichus et ses amis avaient échappé aux persécutions du tyran païen. L'évêque d"Êphèse , le clergé, les magistrats, le peuple et l'empereur Théodose lui-même, a ce que l'on assure, s'empressèrent de visiter la caverne merveilleuse des sept dormans, qui donnèrent leur bénédiction, racontèrent leur histoire et expirèrent aussitôt après. On ne peut pas attribuer l'origine de cette fable a la fraude pieuse ou à la crédulité des Grecs modernes, pnisque la tradition remonte jusqu'à environ un demi-siècle après l'événement de ce miracle supposé. Jacques de Sarug, évéque de Syrie, né deux ans après la mort de Théodose-Ie-Jeune , a fait l'ëtogc des dormans rTÉphèse ' dans une des deux cent trente homélies qu'il a composées. Leur légende fut traduite de syriaque en latin , avant la fin du sixième siècle, par les soins de Grégoire dc-Tours. Les communions de l'Orient en conservent la mémoire avec la même vénération, et les noms des dormans sont honorablement inscrits dans les calendriers des Romains, des liasses * et des Abyssiniens. Leur renommée a passé les limites du monde chrétien. Mahomet a placé dans le Koran comme une révélation divine ce conte , -qu'il apprit sans doule en condui-
> Jacques, un des pères orthodo * es de l'église syriaque, est né A . D. 452. 11 commença a composer des sermons A. D. 474. [I fui tait évéque de Balna dans le district de Sarug et dans la province de Mésopotamie A. D. 519, et mourut A. D. 521. (Assranannl, t. i, p. 289). (Pour ttio mélie de Pueru EpheùnU, voyez p. 335-339.) J'aurais voulu qu'Assemannl eut traduit Uyexie de Jacques de Sarug, au lieu de répondre aux objections de Baronlos
* Voyez Acta Sanctorum des Bollandlstes (meiisis Julii) t. vi, p. 375-397. Cet immense calendrier de saints, fait en cent vingt-sis ans (1644-1770) et en cinquante volumes in-folio, n'apasëlé poussé pins loin que le 7 d'octobre. 1a suppression des Jésuites a probablement Tait abandonner une entreprise où , A travers beaucoup de râbles et de fanatisme, on ne laissait pas d'apercevoir des traits historiques et philosophiques fort intéressons.
sant ses chameaux à la foire de Syrie '. L'histoire des sept dormans d'Éphèsc a été adoptée depuis le Bengale jusqu'à l'Afrique par toutes les nations qui professent la religion de Mahomet f, et on découvre quelques vestiges d'une tradition semblable dans les extrémités les plus reculées de la Scandinavie*. On peut attribuer la crédulité générale au mérite ingénieux de cette fable en elle-même; nous avançons insensiblement de l'enfance à la vieillesse sans observer le changement successif, maïs continuel , de toutes les affaires. En embrassant même la plus longue expérience de l'histoire , l'imagination s'accoutume, par une suite perpétuelle de causes et d'effets , à réunir les révolutions les plus éloignées. Mais si l'on pouvait anéantir l'intervalle de deux époques mémorables , s'il était possible d'exposer la scène du monde nouveau aux yeux d'un spectateur qui , après un sommeil de deux ou trois cents ans, conserverait l'impression vive de celte ancienne époque , sa surprise et ses réflexions fourniraient le sujet intéressant d'un roman philosophique. On ne pouvait pas placer cette scène plus avantageusement qu'entre les deux siècles qui s'écoutèrent entre le règne de Decius et celui de Théodose-le-Jeune. Ce fut entre ces deux époques que le siège du gouvernement fut transporté de Rome dans une ville nouvelle sur les rives du Bosphore ; et l'abus de l'esprit militaire avait été anéanti par un nouveau système d'obéissance cérémonieuse et servile. Le trône de Decius, per-
> Voyez Maraeti, Alcoran, Sura, nu, t. n, p. 420- 427; et 1. 1, part iv, p. 103. La manière dont Mahomet rhabille ce conte n'annonce ni goût ni intelligence; il a inventé le chien des sept dormans (al Rachim), le respect du soleil , qui se dérangeait dem fois par Jour de son cours ordinaire pour ne pas éclairer la caverne; et le soin de Dieu même, qui retournait de temps en temps les dormans du cûlé droit snr le gauche, pour empêcher leurs corps de se pulréuer.
» Voy. dUerhelol, Bibliolb. Orient., p. 139, et Renaudol, /lift , Palriarch. Alexandrin., p. 39,40.
' Paul, diacre d'Aquilée (de Gratis Langobartloram,\. i,c.4,p. 715, 746,édit. Grot.), qui vécut vers la fin du huitième siècle , a placé dans une caverne, sous un rocher et sur les bords de l'Océan , les sept dorman , du Nord, dont le long sommeil fut respecté par les barbares. Leurs habits annonçaient qu'ils étaient Romains, ei le doyen suppose que la Providence les destinait à opés peuples incrédules.
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sécuteur des chrétiens, était occupé depuis long-temps par une succession de princes orthodoxes occupés à effacer le souvenir des divinités fabuleuses de l'antiquité; et la dévotion publique s'empressait à élever les saints et les martyrs de l'église catholique sur les autels de Diane et d'Hercule. L'union de l'empire romain était dissoute, son antique majesté dans la poussière ,- et des essaims de barbares inconnus, sortis desrégionsglacées du Nord, avaient établi victorieusement leur empire dans les plus belles provinces dé l'Europe et de l'Afrique.