I .Victor, h, 18, p
s Victor, v, 4, p. 74,75. Il se nommait Victoria mis, né à Adrumetum, d'une famille opulente ; 0 jouissait de ta faveur du monarque, qui lui procura l'olncc, ou au moins le lilre de proconsul d'Afrique.
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(«fl dep. J.-C.)
série poursuivait peut-être comme hérétique le brave et ambitieux fugitif dont il redoutait la rivalité '. VI. Les ministres ariens employé' rent un nouveau moyen de conversion , qui pouvait subjuguer ta faiblesse et alarmer ta timidité. Ils faisaient admînistrerle sacrement du baptême par force on par ruse , et punissaient les catholiques comme apostats, lorsqu'ils désavouaient une cérémonie qui violait tu liberté de la volonté et l'unité du sacrement *. Les deux partis avaient reconnu précédemment la validité du baptême conféré par leurs adversaires, et on ne peut imputer l'innovation des Ariens qu'aux conseils et à l'exemple des donntisies. VII. Le clergé arien surpassait Genseric et ses Vandales eu cruauté religieuse; mais ■ les ecclésiastiques de cette secte n'étaient pas assez nombreux pour desservir le culte religieux qu'ils voulaient envaliir. Un patriarche1 pouvait s'asseoir sur le trône de Cartilage ; quelques évéques , dans les . principales villes, pouvaient usurper la place de leurs rivaux, mais leur petit nombre et leur ignorance de la langue latine* les rendaient pour la plupart peu propres à remplir les Tondions de l'église. Après la perte de leurs pasteurs orthodoxes , les Africains furent privés de l'exercice public du christianisme. VIII. Les empereurs protégeaient la doctrine homoousienne ; et les peuples de l'Afrique, comme catholiques et comme Romains, préféraient leur souveraineté légitime au gouvernement des hérétiques barbares. Durant un intervalle de paix, Hunneric rétablit la cathédrale de Carlhage à la sollicitation de Zenon, qui régnait en
PAR ED.G1BBO.Y Cil. XXXVII. Sfll
Crient, et de Placîdie, dernière postérité des empereurs, et sœur de la reine des Vandales '. Mais il se lassa bientôt de ces égards, et prouva publiquement son mépris pour In religion de l'empire, en plaçant à dessein les preuves sanglantes de la persécution dans toutes les rues que l'ambassadeur devait traverser pour se rendre au palais*. Hunnerieexigea desévéquesqui s'assemblèrent a Carlhage un serment de conserver le trône a son fils Hildertc, et- de renoncer à toute correspondance avec les étrangers et au delà des mers. Les plus prudens de l'assemblée refusèrent, sousle prétexté qu'il ne convenait pas à un chrétien de jurer1. Cet engagement ne présente cependant rien de contraire à la morale, ni aux devoirs de la religion; et une pareille excuse dut exciter le ressenti* ment d'un tyran soupçonneux.
' Les catholiques, opprimés par l'autorité royale et par la force militaire, étaient fort supérieurs à leurs antagonistes en nombre et en érudition, Les.armes dont les pères grecs et romains s'étaient servis contre les disciples de l'onanisme leur servaient à réduire au silence ou à terrasser les ignorons successeurs d'Llphilas *. Le sentiment de leur supériorité aurait dû leur faire mépriser les artifices et la su erclierie ; cependant les écrivains orthodoxes eurent la faiblesse de composer des fictions auxquelles on ne peut guère donner d'autre nom que celui de fraude et d'imposture. Ils attribuaient leurs propres ouvrages polémiques auxplusrespectablesécri vains de l'antiquité. Vigilius et ses disciples contrefirent assez maladroitement les noms d'Atha-
' Victor, i, 0, p. 8, 9. Après avoir raconté la résistance courageuse et la réponse du eoml* Sébastien , 11 ajoute s Quart alio generis argumenta pesteâ bellicosum virum oecidil.
î Victor», 12, 13. Tillemonl, Mém. Ecrits., l. vi, p. 600.
3 Primat était plus proprement te titre de l'crtque de Caribage ; mais les sectes et les nations donnèrent le nom Ae patriarche i leur premier ecclésiastique. (Voyez Thomassin, Discipline de l'église, 1. 1, p. 155-158.)
* Le palriaéhe Cyrille déclara publiquement qu'il n'entendait pas le latin. (Victor, ir, 18, p. 42.) Nescio latine, et il était possible qu'il se servit de cette tangue pour la conversation , sans Cire en élat de prêcher et d'argumenter en latin. l<c clergé vandale était encore plus ignorant, et il ne pouvait donner beaucoup de confiance aux Africain? qui avaient déserté le parti des catholiques.
i Victor ii, i, 2, p. 22.
» Victor, r, 7, p. 77. Il en appel!
même : son nom était Uranius.
3 ^(utwrcs.Viclor.rM.p. Î0. 11 donne clairement a entendre que leur citation de l'Évangile, Nonjurabitâ in loto, servit de prétexte pour éluder le serment qu'on leur demandait. Les quarante-six évPques qui refusèrent lurent bannis en Corse ; les trois cent deux qui firent le serment se partagèrent les provinces de l'Afrique,
< Fulgenee.évêque de Russie, descendait d'une Tarn il le de sénateurs, et avait reçu une éducation soignée : il savait Homère et Ménandre par ereur avant qu'on lui permit d'apprendre le latin, langue de son pays. {Fit. Falgent., c. t.) 11 est probable qu'un grand nombre des èrêques africains entendaient le grer, el ils traduisirent dn grec ru latin une grande quantité d'ouvragrs théologiqtips.
nase et de saint Augustin ', et leur école est fortement soupçonnée* d'avoir composé lefameux symbole qui explique si clairement les mystères de la trinité et de l'incarnation ; ils osèrent même falsifier les] Écritures. Le texte mémorable par lequel est affirmée l'unité des (rois qui rendent témoignage dans le ciel*, a été condamné par le silence universel des pères orthodoxes, par les anciennes traductions et par les manuscrits authentiques *. Les évéques catholiques qu'Hunncric appela a la conférence de Cannage furent les premiers qui le citèrent '. Une interprétation allégorique , en forme peut-être de note marginale, passa dans le texte des Bibles latines qui ont été revues et corrigées durant une période obscure de dix siècles*.
1 Comparez les deux préfaces au dialogue de Vigile de Tbapsus, p. 118, IIS, édit. Cbiflet; il aurait pu amuser son lecteur d'une lictiou innocente; mais le sujet était trop sérieux , et les Africains trop ignorans.
1 Le père Quesnet annonça le premier cette opinion , qui nu reçue favorablement : mais les trais vérités suivantes, toutes surprenante.; qu'elles puissent paraître , sont universellement reconnues aujourd'hui. (Gérard Vossius, t. Vi , p. 516-552 ; TiUemont , Mém. Eceiés. , I. vm , p. 667-6710 1* Saint Athanase n'est point l'auteur du symbole qui se Ht si souvent dans nos églises; 2° il ne parait avoir «listé qu'un siècle après ta mort du saint prélat ; 3° il a dé composé originairement en laUn, et par conséquent dans les provinces d'Occident. Gennadius, patriarche de Constanlinople, fut si scandalisé de cet ouvrage extraordinaire, qu'il prononça hardiment que c'était l'ouvrage d'un homme ivre. (Pelau, Dognutt. Théologien, 1. il, I. vil, e, 8, p. 687.)
3 Jean , v , 7. Voyet Simon (HisL erit du Nouveau Testament, part, t, c. 18, p. 203-216; et part, u, c. 9, p. 99-121) et la savante préface avec les notes du docteur Mill et de Wetstein, k leurs éditions du Testament grec. En 1089, Simon le catholique voulut être libre; en 1707, Mill, protestant, désira être esclave; en 1751, Welstein l'arménien profita de la liberté de sa secte et de son siècle.
< De tous les manuscrits qui existent, il y en a plus de quatre- vingts, dont plusieurs ont au moins douze ceats ans (VVeUlein, ai/ toc). Les copies or ttaodoses du Vatican, des éditeurs complutensiens, de Robert Etienne, sont devenues invisibles , et les deux manuscrits) de Dublin et de Berlin ne sont pas dignes de taire exception. (Vov. les Œuvres d Emlyu, vol. n, p. 227-255, 269-299, cl les quatre lettres ingénieuses de H. de Missv, t. vm et ix du Journal Britannique.)
s On plus proprement, les quatre évflques qui composèrent et publièrent la profession de foi au nom de leurs confrères. Ils appellent ce teste luee ctariiu. (Vie- Inr Vitensis, de l'enecui. fondai., 1. m, e. 2, p. 54.) Il eu cité immédiatement après par Yigflkis et Fu^encc.
* Dans les onriéme et nViii?ieme siècles, les Ri blés ont
(476 dep. J.-C.) Après l'invention de l'imprimerie l, les éditeurs du Testament grec cédèrent ou à leurs propres préjugés, ou à ceux do leur temps'; et la fraude pieuse que Rome et Genève embrassèrent avec un zèle égal, se répandit dans lotis les pays et dans toutes les langues de l'Europe moderne.
L'exemple de la fraude excite naturellement le soupçon , et l'on peut attribuer avec plus de raison à l'industrie des catholiques d'Afrique , qu'à la protection d ciel, les miracles qu'ils citèrent à l'appui de la justice et de la vérité de leur cause. Cependant l'historien qui examine cette querelle religieuse 'd'un œil impartial peut se permettre de citer un événement surnaturel qui édifiera les dévots et étonnera les incrédules. Les habitansde Tipasa ', colonie raaritime.de Mauritanie, environ à seize milles de Césarée, s'étaient distingués dans tous les temps par leur zèle pour la foi orthodoxe ; ils avaient bravé la fureur des Donatistes \ et repoussé oh étude la tyrannie des Ariens. Tous abandonnèrent la ville à l'arrivée d'un évéque hérétique; ceux qui purent se procurer des vaisseaux passèrent sur les cotes d'Espagne, et les restes ir>
été corrigées par Lan franc, archevêque de QnWêrfeerj , el par Nicolas, cardinal et bibliothécaire de l'église de Itome" lecundumorthodoxam /ùiem (Wetsteiu, ProUgonun., p. 84, 85). Malgré ces corrections, ce passage manque encore dans vingt-cinq manuscrits latins (Wetslein , ad toc.) les plus anciens et les plus beaux, deui qualités qui s'unissent rarement, eteepté dans les luasmscri*.
< L'art que les Allemands avalent inventé (Ut emploie en Italie pour les écrits des écrivains profanes de Home et de la Grèce. L'original grec du Testament fut publié i peu prés dans le mèrne temps (A. D, 1514, 1516, 1520) par l'industrie d' Erasme et la libéralité dn cardinal de Ximeses. Le Polyglotte Com hrïcnsien conta au cardinal «0,000 durais. (Vov. Matlaire, Annal. Typograpb-, L d, ».2,8,125-133;etWetsWn,iYoJ«£omena,p.).lG-i27.)
2 Les trois témoins ont été établis dans nos (esLimens grecs par U prudence d'Érasme , ta dévotion excessive des éditeurs complutensiens , la fraude typographique ou l'erreur de Robert Etienne, qui a placé une virgule , et U fausseté méditée ou l'étrange méprise de Théodore de Bere.
* Pline, HisL Natur. , v, 1 , Itiner, Weaeling, p. là ; Cellarius , Geograp. antiq., t. u, parL 2, p. 127. H ne faut pas confondre celle ville de Tipasa avec une autre du même nom, située en Numidie; celle dont il est question devait Cire une ville un peu considérable, puisque Vespasirn lui accorda les privilèges du Lauum.
* Optai, de Milève, de Schis. Doaaiut., I. u, p. 38.
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(478 dep. J.-C.) fortunés, refusant de reconnaître l'usurpateur, cou tîu itèrent à tenir leurs assemblées pieuses mais illégales. Cette désobéissance enflamma la colère du barbare Hunneric. Un comte militaire partit de Cartilage pour Tipasa ; i! rassembla les catholiques dans le forum , et fit couper la main droite et la langue aux coupables ; mais les saints confesseurs continuèrent de parler après cette exécution inhumaine ; et ce miracle est attesté par Victor , cvècme africain, qui publia une histoire de la persécution deux ans après l'événement*. tSi quelqu'un , dit Ylc-
• tor, révoque ce fait eu doute , qu'il aille à
> CoiHtautincrple , if entendra parler dislinc-
> tentent Reslitnins, sons-diacre, qui fut une
• de ces glorieuses victimes, et qui habite en
• ce moment le palais de l'empereur Zenon, .
• où il jouh de la vénération de la pieuse im- » pératriee.» Constantinople nous offre l'attestation d'un second témoin sans passion , désintéressé, savant et irrécusable. Ênée de Gaea, philosophe de la secte de Platon, a décrit clairement ses observations sur les martyrs d'Afrique: rje les ai vus de mes » jeux , dit-il , je les ai entendus parler ; je
■ me suis informé soigneusement de ce qui » pouvait produire des sons articules sans le » Secours de la langue , et je me suis servi de » mes yeux pour confirmer le témoignage de » mes oreilles. Tai ouvert leur bouche, et je » me suis assuré que la langue avait été to-
■ tulement arrachée josqrVâ h) racine , opéra- » tron que les médecins assurent être toujours » mortelle'.»
Le récit d'Énée de Gaza est confirmé- par un edit de l'empereur Jnstinien, parla chronique cm comte Marcellinns , et par le pape Grégoire premier, qui avait résidé à Constantinople en qualité de ministre du pontife romain \ Ils vécurent tous dans le siècle qui
« Victor Vitensb, r, 76, p. 6; Ruinart, p. 483-4S7.
ï ft'.aets Ganem, in Theophrasto (in Bibliol. Portrum,\. vin, p. 664-665.) Il était chFétiea, et composa oa dialogue, le Théophrasle, sur l'immortalité de l'âme el la résurrection do corps, outre vingt-six épUres encore1 existant*». r,Voy. Cave, Hlst Litteraria, p. 597 ; et Fabriah», B&tloth. Crac., 1. 1 , p. 4.)
3 Jwstlnian. Cedex, I. r, lit. Î7; MareeUin, in Chrotàq.r p. 45; in Thexaur Temporum. Scaliger; t'rocop., de Bell. Fondai., t. i, c. 7, p. t»; Creg.
PAR ED. GIBBON. Cil. XXXV11.
fut témoin de ce prodige , et tous l'attestent comme témoins oculaires , ou comme en ayant la certitude par la notoriété publique. Ces miracles , dont il y eut plusieurs exemples successifs , se passèrent sur le théâtre le plus vaste du monde, et furent soumis durant plusieurs années à l'examen des incrédules. Ce don surnaturel des confesseurs africains qui parlaient , quoique privés de l'organe de la parole, entraînera sans doute la conviction de ceux , mais de ceux seulement qui croient que leur langage était aussipure qu'orthodoxe; mais l'esprit des infidèles tient toujours devant soi , comme un rempart, les soupçons secrets. L'arien ou socinien , qui a rejeté la doctrine de la trinité , résistent toujours aux miracles les plus évidens, opérés par les disciples d'Athanase.
Les Vandales et les Ostrogotes persévérèrent dans l'hérésie d'Anus jusqu'à ladestruction totale des royaumes qu'ils avaient fondés en Afrique et ea Italie. Les barbares de la Gaule se soumirent à la puissance des Francs et embrassèrent leur doctrine orthodoxe ; et la conversion volontaire des Visigoths ■.■établir la foi catholique en Espagne.
Cette révolution salutaire fat hâtée pat l'exemple d'un martyr illustre, qu'on pourrait, en ne consultant que la froide raison , accuser de révolte et d'ingratitude'. Léogrvild, qui régnait sur les Gotha d'Espagne, méritait l'estime de ses ennemis et l'amont de ses sujets. Les catholiques jouissaient dans ses états de la plus grande tolérance, « les synodes ariens tâchèrent, sdns beaucoup de succès, de réconcilier les deux partis eu supprimant la cérémonie d'un second baptême. Ilerménégild , son fils aîné , à qui il avait donné le titre de roi , et la souverai-
Maguus, Diolog., ui, 33. Aucud de ces témoins n'adonné le nombre de ces confesseurs. Un ancien Martyrologe {op. ftutwirt, p. 486) le fixe a soixante. Deux d'entre eux perdirent le don de la parole en commettant le peebé de fornication ; U circonstance la plus singulière de ces prodiges est un enfant qui n'avait jamais parié avant qji'on lui coupai la langue.
' Voyez le« deux histoires générales de l'Espagne, Mariana, Hist. de Rébus ilispanùx, I. I, I. v, e. 12-15, p.182-194 -, et Ferreras, traduction française, t. il, p. 206- 247. Uariana semble oublier sa qualité de jésuite pour prendre le style et l'esprit d'un littérateur romain. Ferreras examine ses faits el rectille sa chronologie.
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DECADENCE J>E L'EMPIRE ROMAIN, '476 rtep. J.-C.)
neté de la Bélique ou Andalousie, épousa la fille de Sigebert, roid'Austrasie, et de la fameuse Branehaut. La belle lugundis, de race mérovingienne, et atiacbée a la foi orthodoxe , passa , dès l'âge de treize ans , à la cour arienne de Tolède , où elle fut reçue., aimée et persécutée. Goisvinlba, reine des Golbs et grand' mère maternelle d'Ingundis , abusa de sn double autorité , et se servit alternativement des caresses et de la violence1. Irritéede la pieuse résistance de celte jeune princesse, Goisvinlba la saisit par ses longs cheveux, la terrassa, la mit tonte en sang à force de coups , et termina cette scène de fureur par l'ordre inhumain de dépouiller lnguodis et de la plonger dans un étang". L'amour et l'honneur,ex citèrent sans doute Herménégild à venger l'injure de son épouse ; il se persuada insensiblement qu'elle avait souffert pour la cause de la vérité. Les plaintes touchantes de la princesse , et les argumens de Léandre, archevêque de Séville, achevèrent sa conversion : l'héritier de la couronne des Goths embrassa la foi de Nicée, et y fut initié par la cérémonie de la confirmation *. Le jeune prince, emporté par son rèle , et peut-être par l'ambition , oublia le devoir de fils et de sujet, et les catholiques d'Espagne, quoiqu'ils n'eussent point à se plaindre de la persiicution , applaudirent à sa pieuse rébellion contre un père hérétique. La guerre civile fut prolongée par les sièges de Séville, de Mérida ci de.Cordoue , villes qui soutenaient vivement le parti d'Herménégild. Il invita les barbares orthodoxes , les Suèves et les Francs, à envahir ses états lié-
" ,,' Goisvinllia épousa successivement deui rois des VUigoths. Alhanigild, dont elle eut firunebaul , ocre d'Ingundis, ei Leovigild, dont les deux fils, Herménégild et Kecarède, étaient nés d'un premier mariage.
î ■ Iraeundias hirore suoeensa, adprehensam per eo- » maru capilis puellain in lorrain conlidit, et diu eairibus
• verberBlam, ac sanguine crueDtalani, jnssil expoliari ,
• et piscina immergi. • (<îreg. Turon., 1. », c. 39 du t. n , p. 255.) Grégoire est une de nos meilleures autorités pour cette portion de l'histoire.
* Les catholiques, qui reconnaissaient la validité du baptême des hérétiques, répétaient la cérémonie, ou, comme on l'appela parla suite, le sacrement de la confirmation, al quelle ils attribuaient des prérogatives mystiques, visi les et invisibles. (Voyez Chardon, Hist. des as, 1. 1, p. 406-452.)
rédifiires; il sollicita le secours dangereux des Romains, qui possédaient l'Afrique et une partie des cotes maritimes de l'Espagne; et l'archevêque Léandre, son pieu* ambassadeur, négocia personnellement avec la cour de Byzance. Mais l'activité du monarque, qui disposait des forces et des trésors de l'Espagne , anéantît l'espoir des catholiques ; et le coupable Herménégild , après avoir essayé successivement de résister et de fuir, fut forcé de se rendre et d'implorer la clémence d'un père justement irrité. Léovigilf! n'avait point encore oublié que le rebelle était son fils ; il se contenta de le dépouiller du rang et du titre de souverain , et lui permit de continuer à professer sa religion dans un exil éloigné ; mais de nouvelles perfidies enflammèrent l'indignation du monarque ; et la sentence de mort qu'il prononça enfin contre son fils fut exécutée en secret dans la tonrde Séville. La constance inflexible avec laquelle ce prince refusa de sauver sa vie en acceptant la communion arienne peut excuser les honneurs que l'on rendit à la mémoire de saint Herménégild. Les Romains retinrent sa femme et son fils dans une captivité ignominieuse, et cette calamité domestique ternit la gloire et rendit fort amers le* derniers moine us de Leovigild.
Recarède, son second fils, son successeur, et le premier roi catholique de l'Espagne, avait adopté les principes religieux de son frère, mais il les soutint avec plus de prudence et de succès. Au lieu de se révolter contre son père , Recarède attendit patiemment le moment de sa mort. Bien loin de condamner sa mémoire, il supposa pieusement que le monarque expirant avait abjuré les erreurs de l'arianisme, et recommandé à son fils do travailler à convertir ses sujets. Recarède convoqua une assemblée du clergé arien ci de la noblesse, déclara publiquement qu'il était catholique, et les pressa d'imiter L'exemple de leur souverain. L'interprétation de textes douteux, et la recherche d'argumens métaphysiques auraient élevé une controverse interminable ; le monarque n'en présenta que deux, substantiels et visibles, près de son ignorant auditoire, le témoignage de la terre et du ciel. La terre entière s'était sonmiseau
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(J76 dep. J.-C.) PAR ED. GffiBON. CH. XlXVn.
synode de Nicée ; les Kemains , les barbares et les nabi tans de l'Espagne le professaient unanimement; et les Visigoths résistaient presque seuls au vœu du monde chrétien. Dans un siècle de superstition, ou pouvait révérer comme témoignage du ciel les cures surnaturelles effectuées pas la vertu ou par radresseduclergé:lesiontsbaptismauxd'Ossel eu Bétique ' remplis exactement chaque année la vcillede Pâques * ; et la châsse de saiut Martin de Tours, qui avait déjà converti le souverain des Suèves et les peuples de la Galice *. Le roi catholique ne réussit point sans peine à réformer la religion nationale. La reine douairière conspira contre sa vie , et deux comtes excitèrent une révolte dangereuse dans la Gaule Narbonnaise ; mais Kecarède désarma les conspirateurs, délit les rebelles, et exerça une vengeance que les Ariens auraient pu traiter à leur lourde persécution. Huit évéques, dont les noms attestent l'origine barbare , abjurèrent leur erreur, et les livres de théologie arienne furent réduits en cendres avec le bâtiment où ils étaient rassemblés. Les Suèves et les Visigoths adoptèrent unanimement, ou feignirent d'adopter la doctrine orthodoxe; la foi tic la génération naissante fut fervente et sincère ; et les barbares de l'Espagne enrichirent fes églises et les monastères de leurs libéralités. Soixante-dix évéques assemblés dans Le concile de Tolède reçurent la soumission de leurs vainqueurs, et le zèle des Espagnols perfectionna le symbole de Kicée, en déclarant que le Saint-Esprit procédait également du Père et du Fils. Ce point de
' Ossrt, on Julia Cnnstantia, était située vis-â-vis de Séville, sur la rive septentrionale du fleuve Bcetis, aujourd'hui Guadalquivlr.il'liHe, BUt. Katar., ni, 3.) Le témoignage de Grégoire de Tours (//ù(. Franconim,}. n, C. 43, p. 288) niérile plus de confiance que le nom lie Lusitania (de GloriA Martyr., e. 24), adopté par la vanité superstitieuse des Portugais. (Ferreras, tlisl. d'Espagne, Lu, p. 166.)
1 Ce miracle s'exécutait adroitement. Un roi qui mirait la doctrine d'Arius fit mettre son sceau sur les portes, el creuser un rosse1 prorond autour de l'église, et les fonts baptismaux ne furent pas moins remplis a l'ordinaire la veille de Piques.
1 Ferreras (t. u, p. 168-175, A. D. 550) a éclaira les iliflicultes relatives au temps et conversion des Suèves. Lcovigild les avait réunis à la monarchie des Goths en Espagne.
doctrine important produisit long-temps après le schisme des églises grecque et latine '. Apres ce succès, le monarque des Vistgoths consulta le pape Grégoire, surnommé le Grand, prêtât pieux et savant, qui eut le bonheur de convertir sous son régne les infidèles et les hérétiques. Les ambassadeurs de ftecarède lui offrirent respectueusement de l'or et des pierres précieuses, et. acceptèrent en échange quelques cheveux de saint Jean-Baptiste, une croix où était renfermé un morceau de la croix de Jésus-Christ et nne clef qui contenait quelques limailles des chaînes de saint Pierre'.
Le même Grégoire, après avoir converti la Bretagne, encouragea la pieuse Théodelinde, reine des Lombards, à répandre la foi de Nicée parmi les sauvages victorieux, dont le christianisme récent était souillé par l'hérésie d'Arius. Ses pieux travaux laissèrent encore cependant la carrière ouverte aux travaux et aux triomphes des missionnaires futurs, et les évéques des deux partis' se dis- putèrént encore plusieurs villes de l'Italie. Hais l'influence de la vérité, de l'exemple et de l'intérêt, anéantit insensiblement la doctrine arienne ; et les Lombards d'Italie terminèrent par leur conversion, après une guerre de trois cents ans, la controverse dont l'Egypte avait puisé les principes dans l'école de Platon *.
Les premiers missionnaires qui prêchèrent l'Évangile aux barbares en appelèrent au témoignage de la raison, et réclamèrent les lois naturelles de la tolérance4; mais, dès
■ Cette addition au symbole de Nicée, ou plutôt de Conslantinople , rut d'abord proposée et exécutée dans le huitième concile de Tolède £A. D.633>; mais elle était conforme a la doctrine adoptée par le peuple. (Gérard Vossîus, t. vi, p. 527, de Tribus Symbotis.)
-Vay. Greg. Magn.,1. vu, epist. 126; op. Baronutm, Annal. Eccles., A. D. 59», n. 25, 26.
3 Paul Warnefrid (de GestisLangobard., 1. iv, c. 44, p. 853, édit . Grot.) avoue mie l'ariantsme prévalait encore sous le règne de Kolharis (A. B. 536-552). Le pieux diacre ne donne point la date précise de la conversion nationale, qui tut toutefois accomplie avant la fin du septième siècle,
* . Quorum fldei et conversioni ita congratulât» s esse
• rexpernibetnr, utnultum tamen eogeret ad ehristla-
• nïsmum.... Didiceral enim à doetoritius, aueloribusquc
• «us salutis, servilium Chrisli volunlarium non eoarli-
• tium esse debere. > (Bédé, Hist. Eccks., 1. i, c. 26, p. 62, édit. Smith.)
que leur autorité spirituelle fut établie, ils exhortèrent les rois chrétiens i extirper sans miséricorde les restes des superstitions romaines et barbares. Les successeurs de CI»vis condamnèrent les paysans qui refusaient de détruire leurs idoles-à recevoir cent coups de verge ou de courroie. Les Anglo-Saxons punirent les sacrifices aux dénions par l'emprisonnement et la confiscation ; et le. sage Alfred adopta lui-môme la rigueur des lois mosaïques' comme un devoir indispensable. Hais le crime et la punition disparurent peu à peu chez les peuples chrétiens. L'ignorance suspendit les querelles théologiques, et l'esprit d'intolérance ne trouvant plus ni d'hérétiques ni d'idolâtres à persécuter, exerça contre les Juifs son activité barbare. Cette nation exilée avait fondé quelques synagogues dans les villes de. la Gaule ; mais, depuis le règne d'Adrien, l'Espagne était remplie de i>es nombreuses colonies '. Les richesses produites par le commerce et par l'administration des finances excitèrent la pieuse avarice de leurs maîtres, et ceux-ci purent opprimer impunément un peuple qui avait perdu l'usage et jusqu'au souvenir des armes. Sisebut, roi des Gotha, qui régnait au commencement du septième siècle, commença la persécation par le dernier excès de la rigueur *. On força quatre-vingt-dix mille Juifs à recevoir le sacrement du baptême; ceux qui refusèrent furent dépouillés de leur fortune; on leur fit souffrir la torture, et il parait qu'ils n'obtinrent pas la liberté de sortir de leur pays. Le zèle de Sisebut était si excessif, que le clergé d'Espagne voulut le medérer, et prononça ta sentence la plus in-
t Voyez les historien* de France, t trr p. 114, et Wilkins, Legts Jngla~8axonir.it, p. 11-34. St qttit sacriflcium immolaverlt prteter Veo soU, morte mo-
* Les Juifs prétendent qu'il» furent introduits eu Espagne ptr les Hottes de Salomon et les armes de Nalinchodortosor; qu'Adrien transporta quarante mille familles de la tribu de Juila, et dix mille de celle de Benjamin, etc. (Bamage, Histoire dm Juifs, t. m, c. S, p. 240-256.)
a hidere, alors croque de Séviile, ftlicile Sisebut de to& aUe, et cependant le désapprouve. ( C/iron. Goth. , p. 728.) llaronius (V D. 614, n° 41) ùxe le nombre sur lauloriié d'Aimoin (t. », c 22). Mais celle autorité est faible ; et il ne m'a pas été possible de vérifier la citation des Historiens de France (1. m, p. 12J). |
(476 dep. J,-C.) conséquente. On ne devait pas, disaient-ils, forcer ù recevoir les sacre mens ; mais.il fallait, polir l'honneur de l'église, que les Juifs qui avaient été baptisés pergévérasseuL dans la pratique extérieure d'usé religion qu'ils croyaient fausse, et qui leur éuil odieuse. Leurs fréquentes apostasies déterminèrent un des successeurs de Sisebut à bandit- ta nation entière de ses états ; et le décret d'an Concile de Tolède prononça que tous les rois des Golhs feraient serment de muinteak l'exécution de cet édk salutaire. Mais les tyrans lie consentirent ni à éloigner les victimes qu'ils se plaisaient à persécuter, si à se priver d'esclaves industrieux, dent leepression satisfaisait leur avarice. Les Juifs restèrent en Espagne sous la verge des lois civiles; et ecclésiastiques, qui ont été fidèlement iranscrites dans le code de l'inquisition. Les rois des Goths et les évcqnes éprouvèrent enfin que l'injustice et les injures engendrent la haine, et que la haine saisît avidement l'occasion de se venger. La nation ennemie da christianisme se multiplia dans l'esclavage ; et les intrigues des Juifs facilitèrent la conquête rapide des Arabes '.
L'hérésie d'Anus fut anéantie dès que les barbares cessèrent de la soutenir ; mais les Grecs conservèrent leur penchant pour la controverse. L'établissement d'une doctrine obscure suggéra de nouvelles questions et de nouvelles disputes ; un évéque ambitieux ou un moine fanatique réussirent toujours aisément à troubler la paix de l'église et de fêtai. L'historien de l'empire peut mépriser des disputes qui furent renfermées dans l'obscurité des écoles et des synodes. Les Manichéens, qui voulaient réconcilier la religion du Christ et celle de Zoroastre , s'étaient introduits secrètement dans les provinces ; mais ces sectaires étrangers furent enveloppés dans la proscription des Gnostiqnes , et la haine publique se chargea de l'exécution des lois impériales. Les opinions plus raisonnables des Pélagiens se répandirent de
i Basnage (t. vm, 1. 13, p. 388-400) irpràMOU! fidèlement la situation des Jirift-, mats 11 anf*U (Ht ajoeler «n canons des conciles espagnols et ani lais des Vîsigoths des circonstances curieuses ri essenttrHa X mm snjet, quoiqu'elles soient étrangères au mien.
(476 dcp. J.-C.J la Grande-Bretagne à Rome, dans l'Afrique et dans la Palestine, et expirèrent silencieusement dans an siècle de superstition. Mais les controverses d'Entichés et de Nestorius déchirèrent l'Orient. En cherchant à expliquer le mystère de l'incarnation , ils bâtèrent la mine dn christianisme dans Le pays qui lui avait servi de berceau. Ces controverses s'agitèrent dès le règne du second Théodose ; mais les événemens qui en furent les suites m'entraîneraient fort au-delà des bornes que je me suis proposées dans ce volume. La chaîne des argumeus métaphysiques, les contestations d'un clergé ambitieux, et son influence politique sur le déclin de l'empire d'Orient, peuvent fournir des matériaux a une histoire intéressant» et instructive, depuis les conciles généraux d'Éphèse et de Chalcédoine , jusqu'à la conquête d'Orient par les successeurs de Mahomet.