‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 22 · RER · texte numérisé non relu

RER

140 VOYAGES ET CONQUÈTES. .

de parer à ce/malheur, et ils crurent indispensall de prévenir ce prince et de l’arrêter, résolution don les résultats furent bien funestes.

Don Barthélemy, chargé de cette expédition, pri

à la tête d’un fort détachement, le chemin de la vilk de Veragua, et s’approcha de la maison du cacique située sur un coteau, à peu de distance. Alors Qu bio le fit prier de ne pas aller plus loin, lui manife le désir qu’il avait d’aller au devant de lui. Barthel

my, sur cette invitation, s’avanca,escort&seulema® ."\ . havaient-ils d.

de cinq des siens, ordonnant aux autres de le suir

un peu plus loin, et de marcher vite en avant, 1

premier Coup de feu qu’ils entendraient, afin i cerner la maison du cacique, et d'empêcher queq que ce fût ne püt s’en échapper.

Le cacique s'approche, il se dispose à accucill ‘son hôte; on s’empare de lui. Les Espagnols acco rent au signal donné, investissent la maison, et to ” ceux qu’elle renfermait subissent, sans COUP fér le sort de leur maitre.

‘Combien je désirerais, mes enfans, pouvoir el cer cette seconde tache de l’histoire de Colomb el son ffere!

Dinrer. C’est le cacique qui, le premier, s’élà rendu coupablede trahison, et on n’avait d’autrel que d'arrêter ses intentions perfides.

M. Hunter. C’est très juste; mon ami; mais ig

avait pu aut tres et äeny

Diner. {

M. Huwr:

ser le séjour dangereux I

Divier. P M. Huwx

droits de l’h excuser l’am etla mettan son but était vertir au ch personne du cation avec gnages d’am doute ; mais gnes de cet k

Quoi qu’i

faut faire re:

qui ne cessèr de sa vie. Or pieds et poiı arriva : on | teau, le malh pde desserrer

CHRISTOPHE COLOMB. 14 lispensall

3 avait pu autoriser les Espagnols à agir ainsi en matution donl

tres et à envahir ses Etats?

ition, pri Dinier. Personne.

ı de la vill u cacique Alors Qu manifesl

. Barthik | di à seulemal M- Hunter. De quelle injustice les Espagnols

gen jwaient-ils donc à se plaindre, pour violer ainsi les avant, d droits ap Phospitaliet Spt ce qu’on peut dire pour t, afin ecuser l'amiral, c'est qu’en fondant cette colonie er queg et la mettant sous le commandement de son frère,

son but était de civiliser les Indiens et de les conserir au christianisme, et qu’en s’assurant de la personne du cacique il espérait entamer une négocation avec lui et gagner son cœur par des témoignages d’amitie. Cette fin était digne d’éloges, sans doute ; mais les moyens mis en usage étaient indignes de cet homme rempli de sagesse et d'humanité. uvoir el Quoi qu'il en soit, c’est à éette conduite qu’il lomb eif@faut faire remonter la nouvelle série de malheurs qui ne cessèrent de l'accabler pendant tout le reste ier, s’édde sa vie. On décida que l’on menerait le cacique, l’autreMBPieds et poings lies, à bord des vaisseaux ; la nuit Rarriva : on le met sur une barque. Attaché au ba- E icau, le malheureux cacique supplie son conducteurs de desserrer les liens qui blessent ses mains ; son

M. Hunrsr. Qui peut blämer un prince de refuser le séjour, dans ses États, à des hommes qu’il croit dangereux pour lui et pour ses sujets ?

Diner. Personne, assurément.

| accueil nols acen on, et {0 oup feri

5 mais

conducteur se laisse toucher par ses plaintes, et, sans cependant le laisser libre, il desserre ses liens.

Le cacique se précipite aussitôt dans les flots, et entraine son garde avec lui. Tout est aussitôt en rumeur sur la barque. Toutes les recherches furent inutiles ; l'obscurité de la nuit, jointe à son adresse à nager, lui permit de se soustraire aux yeux de ceux qui le poursuivaient, et il eut ainsi le bonheur de se sauver.

Les Espagnols s’emparèrent aussitôt de ses biens pour le punir d’avoir recouvré sa liberté, sa maison fut pillée, et ils se distribuèrent son or, qui s'élevait à 300 ducats.

Mais Quibio se prépara à se venger de ses ennemis.

Il se précipite sur la colonie, et lance sur les mai. sons des flèches enflammées ; mais il était trop éloi gné pour pouvoir les atteindre.

Bientôt le combat s’engagea entre les deux par:

is. C’est au courage de Barthélemy que cet établis sement dut sa conservation. Il chargea les Indiens avec tant de courage, qu’il rompit leurs rangs et les mit en déroute. Les Indiens perdirent beaucoup de monde; il n’y eut, du côté des Espagnols, qu’un seul homme de tué, et quelques blessés : de ce nombre fut le vaillant Barthélemy, qui reçut une flèche au milieu du corps ; “mais heureusement sa blessure né

ut pas mortelle.

Loin d’être

onserver sa v Colomb ne :

re; il redout fit donc etaye Dustruire sur Bientôt les I

re; Colomb o Pt accueil leur Brent bonne q

, et, Sans ns.

flots, et t en ru- ; furent | adresse de ceux ur de se

es biens | maison s'élevait

ses en-

les mairop éloi

ux par:

| établis Indiens gs et les coup de Pun seul nombre èche au sure ne

Loin d’être intimidé par cette re le cacique ; Zen concut que plus de haine pour les Espagnols, *

ti, voyant à quels dangers ils étaieng exfibses, et qu'il n’y avait que la mort à attendre Ë cette'terre, éolurent de s’eloigner. Ils s’embarquörent dans kurs chaloupes, et atteignirent le vaisseau de P’amial. Ils n’avaient plus que trois batimens’Aui, quoijue terriblement endommagés, pussent tenir la mer; Ifallut abandonner le quatrième, et on le dirigea es Hispaniola. A peine avaient-ils perdu la cotede ue, qu’il s’éleva un de ces ouragans violens, si teribles et si ordinaires dans cette mer ; ils y perdirent

n vaisseau ; mais, à force de faire jouer les pompes, d n parvint à sauver les deux autres. Ils cinglerent

onc vers Cuba, espérant y arriver ; mais une nouelle tempête les en empecha, et les poussa sur la te de la Jamaïque. Déjà les vaisseaux allaient couta fond, tout l’équipage allait périr, lorsque l’airal parvint à les faire échouer, et réussit ainsi à onserver sa vie et celle de ses marins.

Colomb ne voulut pas laisser sqp équipage aller à re; il redoutait pour eux les attaques des Indiens; fit donc étayer des deux côtés ses Vaisseaux, et fit ustruire sur le pont des baraques.

Bientöt les Indiens vinrent à bord en Rn nom-

te; Colomb ordonna de les recevoir avec amitié : : accueil leur donna de la confian@, etiils appor,

Aranf

rent Donne quantité de provisions. Les échanges PUR LE

LE é KE

commencèrent : leurs oies, leur pain fait avec delle Mendez racines de manioc, et tout ce qu’ils avaient de rarequilter de sa fut troqué contre une feuille de clinquant, un mor.arlirent, m ceau de verre ou une sonnette. ante-huit I Décidés à quitter cette île, Colomb et ses amitns S’é cherchèrent les moyens de réussir ; ils jugèrent qu'il rite, ils com fallait prévenir le gouverneur d'Hispariola de Jeurmans une au misère, et le prier de leur accorder un Batiment qui est bien mais comment parvenir jusqu’à lui? ils n’avaicng Jugezdud pas une seule.chaloupe, et, comme vous le voyezsur otalement d la carte, il y a trente lieues de la Jamaïque à Hisp fg" une soif niola. Ce fut, por Les Indiens, datièe de la douceur et de la bon‘ autres vi de Colomb, consentirent à lui vendre de leurs a raient, d: nots. Mais quelle triste ressource ! ce n’étaient que noyen de se 1 des arbres creusés, informes, mal travaillés, le moin yen ne se: dre vent devait nécessairement les faire chavirer, (ig remède à moindre flot les sabmerger. Tout à cou, Malgré tous les dangers que devait présenter un lest nuit, m: pareille navigation, il se trouva, parmi les comp: minence : bi gnons de Colomb? deux hommes assez courageul "215; 6 malh pour tenter, awrisque de leur vie, à sauver P’amirdent! Ils aba et ses compagnons. Ce fut Mendez et Fieski. Ils pri eins de dese rent chacun un canot particulier, s’embarquereßg P'erres. L avec,six Espagnols et quatre sauvages, pour aid" «UX de ce r à ramer. Il futgrrèté que, dès qu'ils auraient eu son d’eau d Fwonheur de toucher à Hispaniola, Fieski viendrai Isneconnure prévenir l’amiral de cette heureuse nouvelle, tandiggu! dexcös, «

bâtiment n’avaienl

r Pamiri ki. Ils pri

ırqueren

le, tandi

a CHRISTOPHE COLOMB. 145

que Mendez irait à Saint-Domingue, par terre, s’acquitter de sa commission auprès du gouverneur : ils artirent, mais après avoir tenu la mer pendant quaante-huit heures, par une chaleur insupportable, uns s'écarter de la direction qui leur avait été presrite, ils commencèrent à redouter de s'être engagés lans une autre route, et d’être dans la grande mer, qui est bien au delà de Saint-Domingue.

Jugez du désespoir de ceshommes, qui manquaient otalement d’eau douce, et qui étaient tourmentés ar une soif brûlante.

Ce fut, pour quelques esclaves, le coup de la mort ; es autres virent alors le sort qui les attendait. Ils l'avaient, dans cette cruelle position, que le seul noyen de se remplir la bouche d’eau de la mer, et ce moyen ne servail qu’à irriter leur soif, loin d’être n remède à tant de souffrances.

Tout à coup l’espoir vient renaître dans leur cœur;

lest nuit, mais la lune leur permet d'apercevoir une

iminence : bientöf on reconnait que c’est un rocher. Mais, ö malheur! il est stérile : crucl desenchantement! Ils abandonnent cependant leurs canots ; et, leins de désespoir, ils parcourent ce rocher rempli

le pierres. Leurs souffrances vont finir : dans le

reux de ce rocher, on trouve une abondante pro-

Zision d’eau de pluie ; elle est claire, elle est fraîche.

Isneconnurent plus de modération ; ils burent avec

pini d’exces, que les uns tombèrent morts, les autres

gagnerent les fièvres. C’est ainsi que limpruden M TaEorkrt fait, des dons célestes, une cause de destruction, pas encore. que les alimens les plus sains deviennent un poison, Ils avaient cependant pu satisfaire le plus pressal dc leur besoin, mais ils n’avaient pas encore tout qui leur était nécessaire. Ils trouvèrent aussi qua M. Hunr: ques poissons, qui purent satisfaire leur appétit ous affliges aussi résolurent-ils de passer la journée sur cer les destins cher, et de ne se remettre en route qu’à la nutfourage et fe Laissons-les se délasser de leurs fatigues, et demanme voyait pas nous verrons la suite de leurs aventures, qu serongous les jour sans doute-aussi très intéressantes. . ASS Jeux sur Didier. Mais apprends-nous s’ils doivent périr Montrer Fies Joux. Satisfais, mon cher père, notre curiosité, rompe. Ils M. Howren. Nous allons donc troubler le revlMivaient péri « de ces infortunés, et les remettre en mer Enfin après une nuit de travail, ils aborderent avec joie: la côte occidentale d’Hispaniola.

nn cn he 1 ENTRETIEN XVII.

CHARLOTI is mourir,

ssible, que n il l'adopte Nous avons donc vu nos braves Mendez et Fiesiil aug ts ter 1 | aborder la terre, objet de leurs vœux ; relournon b et, s'étant donc vers (olomb : occupons-nous encore de lui ui veut me s

car je crois être forcé bientôt de le perdre. Ce fut le sig

Taéopnite. JP’espöre, cependant, qu’il ne mourra DAS encore,

mpruden ruction, «| um poison, 1S pressan

CHARLOTTE. Je den prie, mon eher père, ne le fais as mourir, où je me sauve.

ore tout

aussi quil M. Hunter (gravement). C’est en vain que nous

ır appétit@ous affligerons de la perte de ce que nous aimons, sur cer les destins ont parlé. Le sage sait supporter avec

’à la null et demaiı qu serons

ourage et fermeté tous les &venemens de la vie, On 1e voyait pas revenir Fieski, comme il l’ayajt promis,

ous les jours, les compagnons de Colomb Jetaient es Yeux sur cette partie de l’Océan qui devait leur nontrer Fieski, et chaque jour leur espoir était rompé. Ils crurent enfin que les deux ‘enyoyés vaient péri dans les eaux; ils accusèrent Colomb ke leur mort, le chargerent de malédictions, jureent de ne plus lui obéir, et de le mettre à mort, La joulie retenait Colomb dans son hamac.

Porras, un des chefs de la révolte, étant yenu le rouver, lui demanda pourquoi il ne retournait pas n Espagne; Colomb lui répondit, avec douceur, Wen vain il le désirait, qu’il ne voyait pas de moyen ssible, que si quelqu'un pouvait lui en présenter n il l'adopterait avec plaisir. Cette réponse ne fit

uriosilé, r le rem

et Fies “eme ter la furie de Het qui le quitta aussi tournon 4 et, s'étant présenté devant l'équipage, s'écria : > de lui ui Veut me suivre, avance,

| Ce fut le signal d’une révolte générale : en ÿain

Colomb, malgré ses souffrances, voulut cherch à l’apaiser ; ses domestiques, craignant que les ri

voltés ne le missent à mort, s’opposerent à ce qui

se pr&sentät devant eux.

Les révoltés, s’&tant emparés des dix batelets que Colomb avait achetés des esclaves, résolurent des

hasarder en mer, et Colomb, Ferdinand et Barthi lemy eurent la douleur de se voir abandonnés de leurs, excepté de leurs domestiques et des gens à

l'équipage que la maladie avait empeches de suivr

les autres. Colomb les assembla et les remercia de n pas lavoir abandonné, les pria de persévérer da ces bons sentimens pour lui, et leur promit qu'u jour leurs maux finiraient. | Cependant les rebelles s'étaient embarqués, ı comptant se rendre à Hispaniola, ils cöloyerent pointe orientale de l'ile. Quand ils descendirent: terre, ils maltraitèrent cruellement et tuèrent ment les naturels du pays, après les avoir volés ;ilsene

leverent même quelques uns pour s’en servir com

de rameurs. Au bout de quatre lieues, une vi lente tempête se dechaina; leurs misérables bateli se remplirent d’eau, etallaient les submerger, quan ces forcenés, pour soulager leurs batelets, massacı rent les Indiens qu’ils avaient à bord, ou les précipl tèrent dans la mer. Ces infortunés, échappés au fe de leurs assassins, nageaient à côté de leurs canot et; quandla fatigue épuisait leurs forces, ils se cram

ponnaient :

un instant; paient les n enfin, voya oute, ils re

Mais de nou ir, devaie; usque-là av:

le voir les Eı

autre côté, i

le lune, il re attirer le res l'envoya don aniola, vers der au sujet d leur annonc ul maître de Tuaules, et qu TOM. I.

ponnaient aux batelets,

cherchant ainsi àse reposer: :

un instant ; mais aussito

t, leurs bourreaux leur coupaient les mains, et les Précipitaient dans’ la mer : enfin, voyant qu’ils ne Pouvaient continuer leur route, ils retournerent à la Jamaïque. Pendant que ces monstres marchaient de crime en crime, Colomb donnait tous ses soins à ses malades, et vaillait à ce qu'on leur prodiguät tous les soins que réclamait leur position ; ses efforts furent enfin couronnés de Bucces; il vit tout son équipage revenir à la santé, Bis de nouveaux malheurs, qu’il n'avait pu préir, devaient encore l’accab'er. Les Indiens, qui usque-là avaient fourni à leurs besoins, craignant le voir les Européens rester ainsi chez eux, ct, d’uw auire côté, irrités des mauvais traitemens que les oyerent rs avaient essuyés de la part des rebelles, cesseendirent Qt tout à coup de leur porter des vivres, RO Colomb trouva encore le moyen de remédier

alheur, et ce fut à ses Connaissances astronomi ‚Muille dut : sac

ar qués, (

à ce ques hant qu’il devait y avoir une éclipse le lune, il résolut de se servir de ce moyen pour allirer le respect ei la bienyeillance des insulaires 3 l'envoya donc un esclave, qu'il avait amené d'His: aniola, vers les chefs des Indiens, pour:les convoüer au sujet d’une affaire très importante pour eux. leur annonça, par ses interprètes, que son Dieu, ul maître de la terre, était cour ücé de voir ieurs ,

Fr) VUULL CUUE TO uaules, et qu’il les prévenait que s'ils n’envoyaient

es précip pés au fe rs canot is se crail

pas, comme de coutume, à son équipage, les vivres nécessaires, la colère céleste tomberait sur eux; que, ce soir même, ils verraient la lune se lover avec un visage ensanglanté, et qu’alors ils pourraient juger des maux qui allaient tomber sur eux, s’ils persistaient dans leurs crucls refus.

Sa prédiction ne manqua pas d’exciter les ris des naturels du pays; mais, quand le soir fut venu et que la lune eut paru, comme l’avait annoncé Colomb, les Indiens furent déconcertés, et, voulant détour.

ner la vengeance céleste, 1ls promirent à Colomb

que, dorènavant, ils lui fourniraient, comme par le passé, les vivres nécessaires, et le supplièrent d'in. tercéder son Dieu en leur faveur. Colomb s’enferm dans sa chambre tant que dura l’éclipse, et n’en sor tit qu’au moment où elle cessait; s'adressant alon aux naturels, il leur dit : Dieu voit avec plaisir vos bonnes résolutions; il ne tirera pas vengeance (ı votre cruauté passée; ne craignez plus: la lune vare paraître dans son éclat habituel pour preuve du par

don qu’il vous accorde. Tout se passa comme il l'ai

vait prévu : les Indiens, pleins d’admiration pourle Dieu des chrétiens, s’agenouillörent et rempliren leurs promesses. Il y avait déjà huit mois que Mende et Fieski étaient partis, et l’on n’en avait pas entendi parler ; l’on était persuadé de leur mort, et les com pagnons de Colomb, voyar‘ qu’il n’y avait plus d4 ressources pour retourner dans leur pays, se décidi

rent à aba rebelles, qı de brigand Prêts à c vire europe côte; le cor à l'amiral provisions ; loupe, rega avait, dans Les gens Yous ce que pliquer : Oy comme l’enı surer de sa redoutait qu dät son réta vernement.

Ce messa:

détresse de historiens n cette condui neur ne vou]

VOUS ave

Tous. La «

les vivres À rent à abandonner Colomb e

eux; que, ff rebelles, qui vivaient, d

aveu de brigandage,

ent juger Prêts à exécuter leur dessein, l’on vitun petit na-

ls persis-Æ vire européen jeier l'ancre à peu de distance de la côte; le commandant se fit conduire à terre, et remit

à l'amiral une lettre, un batil de vin et quelques

nu et que provisions ; à peine débarqué, il rentra-dans la cha-

t à rejoindre les anttres puis ce temps, de rapine et

les ris des

Colomb, Æ loupe, regagna son vaisseau et mit à la voile. Il n’y t détour avait, dans cette lettre, que de faibles complimens, à Colomb Les gens de Colomb ne comprirent pas plus que me par le vous ce que signifiait cette missive ; je vais vous l’exent d’in-f pliquer : Ovando, que nous avons toujours connu ’enferm

comme ’ennemi juré de Colomb, ne n’en SE surer de sa détresse et le voir y succomber ; Car il ant alors redoutait que, de r&our en Espagne, il ne deman-

laisir vo dat son rétablissement, et qu’il ne perdit son goueance def vernemen t.

voulait que s’as-

ne VAE Ce message ne devait s’assurer que de l’état de e du par détresse de Colomb et revenir aussitôt. Quelques une il la

historiens n’attribdent aucun mauvais dessein à cette conduite ; d'autres prétendent que le gouverneur ne voulait que s’assurer de la mort de Colomb, et retarder, jusqu’à ce moment, Penvoi d’un bâtiment: vous pouvez choisir celle de ces o vous paraîtra la meilleure ;

res © 2112 que VOUS avez CHOISIE,

n pour le ’mplirent e Mende entend les com t plus d4 se décide

pinions qui je désire connaître celle

Tous. La erniere,

M. Hunter. Pourquoi celle-là plutôt que l’autre?

Herr. Je ne puis croire à Ovando autant de noir. ceur, et dans l'incertitude, j’aime mieux croire le

. bien que le mal. | .

M. Hunter. Très bien, pense toujours ainsi , et, même quand tu viendrais à prepare un homme meilleur qu’il n’est, tu n’auras pas à te fâcher. :

Trop grand pour céder au désespoir, Colomb ca. cha à son équipage les soucis qui le rongeaient et

l'état désespéré où il se croyait réduit ; il leur dit |

que Fieski et Mendez étaient arrivés heureusement

à Hispaniola ; que le vaisseau n'était parti que parce qu’il était trop petit pour les contenir tous ; que Fieski et Mendez avaient ordre d’acheter un navire qui püt les contenir, et qu'ils ne tarderaient pas à

arriver. En effet, il avait été instruit de leur sort. :

Maintenant que nous savons qu'ils sont arrivés, nous allons dire ce qui a empêché Fieski de revenir.

Malgré la maladie qu’il avait gagnée sur le ro cher, Fieski, toujours fidèle à sa parole, voulait re. venir porter cette nouvelle à Colomb; maistous ses eompagnons s’y opposerent et ne vonläreng plus s’exposer à de pareils dangers. Son autorité fut même méconnue, et il fut obligé dese rendre à Saint: Domingue retrouver Mendez ; là, ils unirent leurs

efforts pour décider le gouverneur à leur vendre un vaisseau et aller rejoindre leurs compagnons d’in-

fortune ; ı l’accompli

Colomb rentrer les de reconn:

fit délivrer se {rouvaic | cant de pre refus; mai prepareren

La mala donna à so | état de por!

devant d’eu gir avec mc w’y fût forc [lemy exécut beau invite cela comme combat. Six l'engagemen et de s’achar sous leurs e allaque avec par la valeu vivement les

l'autre?

de noir.

croire le

nsi, et, homme cher. |

lomb caaient et

leur dit À

usement ue parce us; que n navire nt pas à

eur sort,

arrivés, revenir,

r le roulait retous ses nt plus rité fut à Saint:

nt leurs ndre un ns d’in-

fortune; mais le gouverneur sut toujours éloigner l’accomplissement de leur desir.

Colomb, Cependant, avait en vain cherché à faire rentrer les rebelles dans le devoir ; refusant toujours de reconnaître son autorité, ils exigérent qu’il leur fit délivrer la moitié des hardes et autres effets qui se trouvaient dans les bâtimens échoués, le mena-

| cant de prendre les armes pour les obtenir en: cas de

refus ; mais on ne voulut point les écouter, et ils se préparèrent alors au combat.

La maladie de Colomb continuant toujours , il donna à son frère Barthélemy tous ses hommes en | état de porter les armes, el lui ordonna d’aller au devant d’eux, avec la recommandation expresse d’air avec modération, et de n’user de ses armes qu’il w’y fût forcé par une légitime défense ; don Barthé.

|lemy exécuta ponctuellement ses ordres, mais il eut

beau inviter les rebelles à la paix , ils regardérent cela comme un acte de faiblesse et engagèrent le combat. Six des rebelles avaient pris, par serment, l'engagement d'attaquer uniquement Barthélemy, et de s’acharner à lui, jusqu’à ce qu’il eût succombé sous leurs efforts ; mais Barthélemy soutint leur allaque avec ce courage qui le caractérise, et aidé par la valeur de sa petile troupe, il repoussa si vivement les rebelles, que peu d’instans lui suffirent pour obtenir la victoire. Quelques uns périrent,

[Plusieurs furent faits prisonniers et une partie

déguisant sa haine, il le flattait, il mit en libert

154 VOYAGES ET CONQUÈTES.

trouva son salut dans la fuite. Porras, chef des re. | juger en E belles, fut saisi et désarmé de la propre main de Æ qui ne s’et Barthélemy ; les prisonniers furent embarqués et | des infor enchainés, Colomb

Ceux qui avaient fui eurent recours à la clé: D à bout par mence de amiral, qui, naturellement bon, préféra M de cacher s pardonner à se venger. Tout le monde se soumit, et D vires frétés lorsqu'on était loin de s’y attendre, la tranquillité abandonna fut rétablie, On accorda la grâce à tous, except I faire son n aux chefs de la révolte, qui furent retenus prison: Le sort « niers pour recevoir la condamnation qu'ils avaient M ses g rande enddurue. ce dernier

Cependant Mendez et Fieski avaient toujour MW embarqué : continué leurs sollicitations auprès du gouverneur, @ pêtes qui 1 pour qu’il leur fût permis d'acheter un vaisseau obligé de le pour l’amiral ; et celui-ci, enfin, craignant d'etre fut aussi m blâmé par la cour d’avoir laissé en peine ce grand que de fair homme, céda à leurs instances. avait perdu

Colomb, qui avait lutté pendant une année en} indépendar tiere contre la plus grande détresse, vit enfin arr Colomb ne ver à la Jamaïque le vaisseau qu’on avait acheté. vaisseau pr on s’empressa de s’embarquer pour Saint-Domingue enfin au p

Colomb fut accueilli avec la plus grande distin} avoir cour liou par l’ordre du gouverneur, qui, sous ses faus- Ne pense ses démonstrations de joie et d’honneur, conseryai} heurs ; car

un véritable fonds de perfidie ; car, pendant que plis triste de son unig

en elle qu’

les auteurs de la révolie , que l'amiral voulait fair

f des re.

main de rqués et

à la clé:

‚ préféra umit, et nquillité ‘excepté

S prison- È

; avaient

toujours verneur, vaisseau at d’être e grand

nnée en

fin arrıacheté:

juger en Espagne, et fit même des menaces à ceut qui ne s’étaient pas révoltés , leur faisant craindre des informations sur leur compte.

Colomb, dont la patience n’avait pas élé poussée à bout par tant de provocations, eut encore la force de cacher son indignation , et dés que les deux navires frétés furent prêts, il fit voile pour l'Espagne, abandonnant un pays dont la découverte paraissait faire son malheur,

Le sort qu’il avait éprouvé au commencement de ses grandes entreprises sembla le poursuivre dans

ce dernier voyage. Le vaisseau sur lequel il était

embarqué fut mis en si mauvais état par les tempêtes qui Pattaquerent après son départ , qu’il fut obligé de le renvoÿer à Saint-Domingue : le second fut aussi mis en tel état , que c’était trop hasarder que de faire sur ce vaisseau un aussi long trajet ; il avait perdu son grand mât et son mât de misaine , indépendamment de beaucoup d’autres avaries.

Colomb ne se decouragez pas pour cela, et avec ce vaisseau presque brisé, fit sept cent lieues. Il arriva enfin au port de San-Lucar, en Andalousie, après

avoir couru les plus grands dangers.

Ne pensez pas que ce fut là le terme de ses malheurs ; car, en mettant pied à terre ; il apprit la plus triste nouvelle qu’il pouvait recevoir, la mort de son unique protectrice , la reine Isabelle, C'était en elle qu’il espérait pour obtenir justice de tous

les mauvais traitemens qu’il avait éprouvés ; mais elle n’existe plus. Un monarque ombrageux , peu capable de grandes pensées , et qui semblait envi sa gloire, ne pouvait le rassurer.

Cependant il se rendit auprès du roi , dès que le rétablissement de sa santé le lui permit, et lui fit un rapport sur la réussite de son entreprise. Sa réception fut froide, ses plaintes contre les offenses qu'il avait reçues de ses ennemis ne furent pas écoutées, et l'on éluda, sous de vains pretextes , sa juste demande d’être rétabli dans ses droits.

Ce grand homme, qui avait rendu de si grands services à l'Espagne, fut réduit, sur la fin de sa pénible carrière , et toujours inutilement, à implorer Ja justice d’un mauvais juge et les faveurs d’un

roi prévenu contre lui. Mais erfin le ciel mit fin à ses malheurs : accablé de chagrins, il mourut à

Valladolid, l'an 1506, dans la cinquante-neuvième année de son âge, ou, suivant d’autres, dans la ,

soixan(c-cinquième.

Sa mort ne démentit pas sa vie; car la tranquillité d'esprit qu’il avait montrée dans les évènemens les plus affreux ne l’abandonna pas au moment de sa mort.

Je vais, à présent, vous faire connaître, si vous le desirez, ce que les historiens ont dit de la personne et du caractère de ce grand homme.

M. Hun:

belles prop regard et « longue , le teint blond roux, mais que firent sı

| ses travaux.

car il n’y eı n’eüt à soul

Il était bi étaient aussi etprevenanı coup d’affal pour les ge amis ; mais, C'était P’hur positions.

Les évène l'ame, son | fermeté de s et sa circon:

ont égalé e ls, et sa p cultes,

; mais x, peu t envier

s que le ai fit un à récepes qu’il outees, ıste de-

grands n de sa implors d’un it fin à urut à uvième

lans la |

anquil- Lemens ent de

si VOUS la per-

M. Hunter. Sa tailie était haute ; il était dans de belles proportions ; il avait de la noblesse dans son regard et dans toute sa personne : sa figure était longue , le nez aquilin, les yeux bleus et vifs et le tint blond : ses cheveux tiraient d’abord sur le roux, mais ils blanchirent bientot par l’impression que firent sur lui les malheurs qu’il éprouva, et par

ses travaux. Il éprouva rarement de la satisfaction, | car il n’y eu‘ pas, peut-être, un jour en sa vie qu’il n’eüt à souffrir des douleurs ou des chagrins.

Il était bien constitué du corps, et ses membres étaient aussi forts qu’agiles ; il était d’un accès aisé ctprévenant et de mœurs douces ; il montrait beaucoup d’affabilité pour les étrangers, d’humapite pour les gens de sa maison , et était gai avec ses amis ; mais, ce qui était le plus remarquable en lui, Cétait ’huraeur égale dont il était dans toutes les positions. |

Les évènemens de sa vie prouvent sa grandeur d'ame, son génie, la pénétration de son esprit, la fermeté de son caractère, et surtout sa prudence el sa circonspection dans‘ toutes ses actions. Peu l'ont égalé en valeur et en constance dans les pé-

fils, et sa patience résista aux plus grandes diffi-

cultes.

À peine eut-il changé de condition, que, quoiqu'il eût vécu plus de la moitié de'sa vie dans la médiocrité, il sut prendre des manières relevées et dignes

458 VOYAGES ET CONQUÈTES.

d’un homme né pour commander. Il savait donner du, poids à l’autotité par une gravité bienséante et une éloquence insinuante, que personne n’avait à un plus haut degré que lui : peu de paroles, mais beaucoup de grace et de force.

Sa table était frugale et son costume simple, et il faisait le,sacrifice de toutes les jouissances que ses Cempagnons ne pouyaient pas partager avec lui toutes les fois qu’on se trouvait dans la disetté et dans la peine.

ILs’était appliqué à l’étude des sciences. dans se premières années, et l’avait emporté sur la plupart de ceux, de son âge; mais sa piété et sa sévère probité-méritent surtout notre estime et'noire admin. tion. Opposant les principes de la religion aux mou vemens de colère auxquels il était enclin, il suts bien modérer ce penchant, qu’il Opposa aux traite mens les plus durs de ses vils adversaires. les senti mens de la plus douce modération. |

Voilà l’homme qui trouva si peu de justice dans ses contemporains, mais que la postérité la plus re culée n’oubliera jamais, et dont le nom réveiller toujours. les sentimens d’estime et d’admiration dans le cœur des véritables appréciateurs. de ss vertus.

M. Hunter cessa de parler, et: son silence jet

ses jeunes auditeurs dans une rêverie triste et pro fonde. .

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ENTRETIEN XVIII

Les jeunes gens avaient bien remarqué, à la fin. du

dernier entretien, que M. Hunter n’àvait pas termi-

ne sa narration, et auraient bien voulu deviner le reste, |

« Vous verrez que papa s’est encore moqté, de nous, disait l’un : Colomb, comme autrefois Robinson, va revivre, contre notre attente. Vous en Souvenez-vous ? » |

« Pour moi, je ne le erois pas, disait un autre ; son air, cette fois-ci, paraissait plus sérieux. »

« Eh! il ne l’était pas moins l’autre fois, s’écriait celui-ci, et pourt at c'était un’ badinage. » CHARLOTTE. « Maïs, cher papa, si tu ne nous dis pas la suite, nous ne fermerons pas l’œil de toute la nuit. »

«, Chère petite! lui r&pondit-il, J'aurais bien du regret de vous empêcher de dormir: rappelle donc tes frères. » |

Cnarcorte ( riant ) : Mes bons amis! mes chers

amis ! accourez, papa veut continuer.

écoulez.

Tous. Ah! cest bien, c’est bien!

M. Huxrer. Voici ce que j'ai à vous dire;

pe: ce

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