‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 22 · ENTRETIEN PREMIER · texte numérisé non relu

ENTRETIEN PREMIER

Les entretiens que M. Hunter avait eus avec ses enfans sur les découvertes de Christophe Colomb lui avaient fourni les moyens de juger leur sensi-

& bilitö , par l'impression que faisait sur eux le récit D des choses tonchantes, leur caractère par leurs f röllexions, et enfin de connaître à fond leur intelligence. | |

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ll est, en effet , impossible de ne pas donner des marques de l’émotion douloureuse qu’on éprouve en se représentant la cruauté des Espagnols, qui, pour se défaire de malheureux Indiens, leur coupent les mains, que ce ax-ci accrochaient à leurs chaloupes afin d'échapper à la mort. Pourrait-on ne pas s’indigner en voyant Colomb, cet homme si vertueux et si désintéressé, finir ses jours dans un cachot, victime de l’ingratitude et de la méchanceté de ces mêmes hommes, dans l’intérêt desquels il avait exposé si souvent sa vie?

M. Hunter, bien convaincu qu’il touchait toujours le cœur de ses enfans , et qu’il captivait leur attention , persista dans sa manière de les instrutire en les amusant , et lorsqu’il réunissait tous ses enfans pour leur raconter quelques nouvelles anecdotes, ils l’entouraient avec joie et lui disaient : Tu nous as promis l’histoire de Cortez, raconte-l-

nous; et tous se rangeaient le plus près possible,

afin de ne pas en perdre un seul mot.

Et le papa la leur fit désirer pendant quelque temps , jouissant de leur impatience ; mais enfin il mit fin à leurs instances , en se décidant à les satis faire.

M. Hunter. Mes enfans , avant de vous raconter mon histoire, jé vous avertis que vous devez vous persuader qu’elle sera souvent triste et affligeante. Nous allons nous reporter vers un temps barbare,

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les bêtes fé: de ces barb nevoussero consolation sont meilleu signée , et dans un tem bons. Cette | nous devons barbares ; al comparantn les aimerons tüeux, Dans etle triste hi Velasquez,

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où les hommes, peu civilises, égalaient en cruauté les bêtes féroces. J'aurais désiré éviter la peinture de ces barbaries ; mais vous y verrez des leçons qui 2e vous Seront pas inutiles, et vous aurez une grande consolation en pensant que maintenant les hommes

g sont meilleurs, grâce à une éducation bien mieux

signée, et vous vous trouverez heureux d’être nés dans un temps où il est si facile d’être honnêtes ef bons. Cette leçon ne doit donc pas rester stérile , et nous devons mettre à profit l’histoire de ces époques barbares ; alors nous sentirons notre bonheur, et comparant nos contemporains à leurs aicux, nous les aimerons davantage, puisqu'ils seront plus vereux. Dans cet espoir, je me décide à vous raconter elle triste histoire. :

Velasquez, comme nous l’avons vu, s'était emparé

He l'ile de Cuba; il voulait ne dépendre de personne,

el supportait- avec peine la supériorité de Diégo-

Lolomb ; pour y échapper, il résolut de faire des dépouveries assez considérables, qui lui donnassent

e droit de gouverner lui seul.

A cet effet, il disposa deux vaisseaux et un briantin , il choisit l’ouest, vers lequel on présumait,

pon sans fondement , qu'il devait y avoir un grand

ontinent, quoique d’ailleurs nal habitant de l’Eu-

pope n’y füt jamais allé.

| Frénéric. Qu’appelle-t-on un brigantin ?

M Hunter. On appelle ainsi un petit vaisseau de

guerre, un bätiment arme. Hernandez de Cordoue fut chargé du commandement de cette escadre, et partit'anssitôt.

"Nous allons prendre, mes enfans , une carte qui nous représente cefte partie de l'Amérique qu’il va parcourir, le Mexique où Nouvelle-Espagne. Nous voyons, au fond de la carte, le vieux Mexique, qui s'étend auı dessus du nouveau; nous avons, à nofre côté droit, une partie de la Floride ét la Louisiane, la grande mer du Sud où Océan Pacifique se montre eñipartie à l’ouest du continent; et à lorient now avons une partie du golfe de Mexique. Toutes ce mers, ainsi que ces contrées, ne vous sont pas Inconnues , clivous vous souvenez de leur position ; mai il faut nous les mettre sous les yeux ét ne pas now en rapporter à notre mémoire : placons donc la carte devant nous; cle nous guidera dans le voyage que nous allons suivre. > Hernändez se dirigea vers le Yucatan, etquandi

fat vers la côte de cette terre ferme , il remonta jus qu’à la baie de Camp?che. I aborda en divers et droits de la côte, et eut, avec les habitans de es parages, des rencontres dans lesquelles le san cöula ; mais passons outre, arrivons à de plus grand öyönemens. Dans tous les endroits qu'ils parcot: rureut, ils trouvèrent les naturels bien moin sauvages et bien plus courageux que tous les hab tans des diverses contrées qu’ilsiavaient parcouruts,

leurs hab armes CO] cliers ; ils d'un caill vache , ct Ce fut ser bâties ré£ chaux ; le par les An prirent de leur donni les deux s aussi acqu Une ein gnols qui leur eau ; étaient du affirmative pierre , dar

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couverts d' veux noirs eux , et, jé des réchaud en chassère avoir termi Espagnols ı fonseryer ]

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Teouruss,

leurs habits étaient en tissu de coton piqué ; leurs armes consistaient en arcs, flèches , lances et boucliers ; ils se servaient aussi d’épées de bois garnies d’un caillou pointu ; leur tête était ornée d’uu panache , ct leur.visage peint de plusieurs couleurs. Ce fut seulement chez eux que l’on vit des maisons bâties régulièrement, avec des pierres et de la chaux ; les Espagnols furent quelquefois vaincus par les Américains. Dans une de leurs batailles ils prirent deux garcons indiens, et les firent baptiser, leur donnant le nom de Julien et de Melchior; tous les deux servirent d’interprötes et de médiateurs, aussi acquirent-ils une grande célébrité.

Une cinquantaine d’Indiens surprirent des Espagnols qui étaient descendus au rivage renouveler leur eau ; ils les questionnèrent pour savoir s’ils élaient dü pays où le soleil se lève : sur leur réponse affirmative , ils furent conduits dans un édifice de pierre, dans lequel se trouvaient des idoles de forme bizarre encore fumantes de sang ; deux hommes, couverts d’un manteau blanc , avec de longs cheveux noirs roulés par derrière, se présentèrent à eux , et, jetant une espèce de poudre de résine dans des réchauds en terre qu’ils avaient dans leurs mains, en chassèrent la fumée sur les Espagnols, et, après avoir terminé cette cérémonie, ils enjoignirent aux Espagnols de quitter leur contrée, s’ils voulaient conserver leur vie ; ceux-ci, jugeant tout enga-

gement avec ces gens-là inutile, se retirérent dans leurs vaisseaux.

Joux. Quel était le but de cette bizarre cérémo nie ?

M. Hunter. Les Américains étaient superstitieux et croyaient ayx sorciers ; par cette cérémonie, ils pensaient se mettre à l’abride leurseffets; et, assimi. laut l'esprit malin aux mauvaises odeurs , ils employaient les méme: moyens pour les chasser, ayant remarqué qu’en effet la fumée chasse les exhalaisons désagréables ; c’est pour cela qu’ils pensaient paralyser les mauvaises intentions des Espagnols.

Dans une autre contrée, étant descendu près de Pontouchan , ils furent assaillis par un grand nonbre d'Indieus , qui tombérent sur eux avec tant de rage, que quarante-sept Espagnols y périrent, et les autres, grièvement blessés ,;gagnèrent leurs vais-

‘sceaux avec peine. Hernandez fut de ce nombre,

Ce désastre les obligea à s’en retourner à Cuba: Hernandez rendit un coMpte détaillé à Velasquez, et mourut de la suite de ses blessures,

Ce gouverneur apprit avec grand plaisir les nouvelles découvertes faites d’après ses ordres , et se promit de lespousser plus loin. Trois vaisseaux et un brigantin furent équipés, et Grijalva, officier courageux et très kabile, en reçut le commandement: on.lui defendit expressément de former le moindre

E itablissem.

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Grijalva rans l'aya tt, il se ı trouve vet orientale d qui se tro l'Espagne ; il arriva à I] maltraité H dre à terre, qui brûlaier gnol.

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les nou- Ss,ets ix etun ier couement:

noindre

établissement dans les pays qu’il découvrirait , lui recommandant de se borner aux découvertes.

Grijalva gouverna vers Yucatan, mais jes courans l'ayant cutrainé au sud sans qu’il s’en doudt, il se trouva vers une partie de terre où se louve ‘elle coupure de la carte. Près de la côte orientale d’Yucatan, il trouva l’ile de Cozumel A qui se trouve encore aujourd’hui appartenir à l'Espagne ; de cet endroit, en longeant la côte , larriva à Pontou-han, dont les habitans avaient maltraité Hernandez : Grijalva consentit à descendre à terre, sur les sollicitations de ses compagnons qui brûlaient de venger l'i njure faite au nom espa-

enis restérent sur la place, victimes deleur audace; lereste s’enfuit, et tout le pays fut dans la conster-

Grijalva continua sa route en longeant la cöte ; lsEspagnols virentavec surprise, sur {ousles points, es villages et des villes batis avec régularité , en

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