WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y
On parvint à l’embouchure du Tabasco, fleuve
ainsi nommé par les habitans du pays, ‚et auquel Les Espagnols. attrikuörent je nom de leur général Grijalva', pour honorer leur commandant. Le voil; sur la carie ; il a encore ce nom , quoique le pays qu'il parcourt ait retenu celui de Tabasco.
Grijalva conçut une si haute idée d’un tel pays, qu'il voulut le connaître dans tous ses détails ; il débarqua.avec ses troupes bien armées : les Indiens, rassemblés. en grand nombre, lui défendirent à grands cris. d’aller plus loin. Cet ordre ne l'arrêta pab; cependant , quand il fut à la portée du trait, ils'arrêta: sa petite armée fut rangée en bataille, puis Julien et Melchior ‚ deux jeunes Américains enlevés par: Hernandez, allerent, de sa pant, leur proposer une alliance. | | ‚Le maintien , l’uniforme et les armes des Eurgpéens avaient frappé les Indiens; cette déclaration
les surprit davantage. Quelques chefs s’approcht rent ; ils furent bien accueillis par Grijalva , et l'in. à
terprète leur apprit qu’ils étaient sujets d’un grand souverain , naître de itous des pays.qu’éclaire le:s0leil, et qu’ils venaient pour leur proposer ‚de recoıpaitre sa puissance : il attendit leur-réponse.
. „Les Indiens manifestérent aussitôt Jeur indigma-
üon : un des principaux parla ainsi : « Votre Jan
» gage (pacificateur n’est a.llement d'acéord ave » vos projets de souinission.: pourquoi nous parkı
» d’un à », Yant si ) avons ?
» paix, je » chefs.
I laiss réponse si Quelqu que ses ch chan, et guerre ; q et que, p sent d’une Le caci sarmé et ] lutations magnifiqu cieuses et accepter ct sujet de rh pays sur-le Différen le général, plus 4ôt; « voile. : ! ; ‘Les Esps peu après €
| sons en pi
0 ; fleuve ei auquel Ir général Le voilà 1e le pays
tel pays, letails ; il Indiens, adirent à e l'arrêta du trait, bataille; mericains ant, leur
es Euro.
claration \pprochéà et l'in. à an grand ire le: sode reconse.
indignaotre Jar ord ,avet us parler
» d’un aufré maître, sans vous informer aupara-, », vant si. nous sommes contens de celui que nous » avons? Puisqu’il est question de guerre ou. de » paix, je vais communiquer vos propositions à mes » Chefs. » * | | ey Il laisse laussitôt les Espagnols, étonnés d’une réponse Si Sage. para Je us Quelques iñstans après, il revint dire à Grijalva que ses chefs savaient'ce qui s'était passé à Pontouchan, et que cependant ils ne craignaient pas la guerre ; qu'ils aimaient mieux Ja paix néanmoins, et. que, pour la lui garantir ‚ ils Jui faisaient présent d’une grande quantité de a er Le cacique parut en même temps; il ‘était dé. sarmé et presque sans escôrté. Après quelques $alutations ‘réciproques, il présenta à Grijalva de magnifiques armures d'or, garnies de pierres préeieuses et'ornées de plumes peintes; il Vengägen à accepter ces présens, etui dit que, pour éviteriout sujet de mösintelligence , il ferait bien de quitter le pays sur-le-champ. 0 ALL LANGE Différens présens furent offerts au cacique par : le général.espagnol., qui s’engagea à se retirer;au plus Aöl, et, en effet, il se hâta de mettra à la voile htinucid rs 3; | Ait , Les Espagnols suivirent les côtes ; et arrivèrent peu après dans une le, où ils trouvèrent des maisons en pierre. set un temple; il était ouvert de
tout côté, et au milieu , sur un autel peu élevé,
se trouvaient toûtes sortes d’idoles qui faisaient hor. reur. |
On vit, à Pentour, les corps de six hommes , qu’on pensa avoir été sacrifiés la nuit précédente. Les Espagnols en eurent horreur, et c’est delà que lui vint le nom d’Jle des Sacrifices. Ils ne tarderent pas à découvrir encore une autre ile, appelée Culva par les habitans; on y trouva un grand nombre de cadavres, récemment égorgés en l’honneur des idoles. et ils eurent , dès lors, la conviction que cet usage féroce et dégoütant régnait chez tous ces peuples. Les soldats eux-mêmes en eurent horreur.Cetteile, est aujourd'hui appelée Saint-Jean d'Ulloa, de Juan, nom que portait Grijalva, et qui, en français, veut dire Jean. |
L'or abondait partout : aussi les Espagnols voulaient s’y fixer ; mais Grijalva, n’oubliant pas les ordres du “gouverneur Velasquez, se borna à prendre possession, au nom de son maître, de tous ces pays.
Enfin, il arriva, en suivant ainsi les côtes, dans la province de Panuco, là dernière de la Nouvelle. Espagne et du Mexique, et il fit un horrible :carnage d’un corps d’Indiens qui fondirent sur lui, avec la plus grande impétuosité, à l'embouchure
d’une rivière, Effrayé par des courans qui luigtaient |
contraires à côles, et re Il eut,
reproches c Let bizarre belle occasi fertile, m:
TuEopnı tice de la pa
M. Han vale mond
Dar le téme
par bizarre exactitude à
THéôpz:t parlerait de Cortez, n même dema;
eee
M. Howre
lance firent ] poursuivre le
u élevé, ient hor-
ommes, cédente, le-là que ardèrent appelée 1 grand n l’honconvicait chez eurent nt-Jean et qui,
pagnols ant pas )orna à de tous
, dans uvellele :carar lui, uchure étaient
189 Ant contraires, il renonça à visiter plus long-temps les D cles, et reprit le chemin de Cuba.
Il eut, à son retour, ‘a supporter reproches de la part de Velasquez, Let bizarre ; le blämant de n’avoir Pas, dans nne si 'belle occasion , fondé une colonie dans un pays si fertile, malgré la défense qu’il lui en avait faite.
les plus durs . fe toujours injuste’ : LP à
Tu£oprıre. Quelle inconséquence et quelle injustie de la part de Velasquez !
M. Hunter. C’est bien vrai; et c’est ainsi que vale monde ; mais nous sommes souvent consoiés Mar le témoignage de notre ‘conscience, lorsque , Der bizarrerie,. on nous fait un crime de notre exaclitude à nous acquitter de notre devoir.
| Tuéorzite, Je m'attendais à ce que papa nous parlerait de Cortez , et il n°en a rien dit.
Cortez, notre grand homme méme demain sur la scène.
‚ se montrera lui
ENTRETIEN II
rel
M. Hunter. L’ambition , la défiance et l’inconslance firent prendre à Veiäsquez la résolütion de. DPoursuivre les grandes découvertes qu’on faisait en
VOYAGES ET CONQUÈTES. :
son nom, ct de profitengdes avantages qu’elles pa
raissaient ir. Il équipa , en toute hâte, dix yais-|
seaux de quatre-yingts à cent tonneaux.
Le mot tonneau signilie, non une barrique quel. conque , mais deux mille livres, ou-vingt quintaur pesant, le quintal compié pour cent livres. D'aprè cela, cent tonneaux , dans la langue des marins, n’est autre chose qu’un vaisseau qui peut porter deux cént mille livres: fo
li était question , dans ce moment, de savoir qui
Yelasquez , car il n’était pas fixé sur son choix. Un homme entièrement dévoué, d’une soumission absolue, sans ambition et dont le desinteressement lui laisst toute la gloire des découvertes , et le bé: néfice pécuniaire qu’il pourrait en retirer, était : Phomme qu'il désirait trouver. Il cherchait ce cu ractère, quaad, par bonheur pour. l'Espagne, le
sort, trompant sa jalousie et son avarice, fit para]
treun homme qu’or eût dit né pour mettre à ext cution un tel projex.
Cortez, né à Medelin, petite ville d’Espagne en Estramadure, d'une origine noble, fut cet homme; dès sa jeunesse, il avait donné des preuves d’une va leur extraordinaire, soutenant toutes les fatigues,
ayec ‚une patience admirable, une activité et nu
ardeur inexprimable de s’illustrer.
es Andes occidentales attiraient alors tons IM
regards, 1 dacieux;, qi d'acquérir Lobtenir, pc Il avait ı
D ningue, L
l'occasion [d'une prud gouverneux
à présenté.
serait chargé du commandement de la flotte, par
On conci très avanta d'un abord gnait encor [Franc ; loy:
hon-sens,, d encore rema son courage rance ne nu) aimant à 8’ li aucun 1 pour la mor elles exercer
pée comme ] ferme ? ?
Il captiva
(onnurent, ] jcilia l'amitié
CORTEZ. 16 191 welles pa-|
regards, ILconçut le projet de suivre.ces hommes au, , dix vais
dacieux, qui ne comptaient pour rien les périls, afin d'acquérir de nouvelles possessions eur patrie, et | obtenir, pour eux, une grande réputation.
ll avait vingt ans, lorsqu’il partit pour Saint-Domingue, Le voyage fut pénible, et Cortez eut l'occasion de faire preuve d’une grande valeur et
{d'une prudence extraordinaire, Oyando était encore fouverneur de l'ile lorsqu'il y arriva, et il lui fut MB présenté... rl: | (
On cöncevait de lui > en le voyant , une ‘opinion its avantageuse. Bien: fait, d'une belle figure, et dun'abord très affable pour qui que ce fût, il ga- Snait’eneore plus les cœursi par son bon caractère, [Franc ; loyal; complaisant et généreux, plein de bon-sens, de prévoyance. et de discrétion , il était encore remarquable par sa prudence; sa fermeté et
son courage. L’inaction, :la mollessé et l’intempérance ne nuisaient pas, en lui, aux forces du corps: aimant à s'occuper, les privations n’éxcitaient eh lui aucun murmure. H: avait le plus grand rnépris pour la mort. Les vicissitudes de la vie pouväientelles exercer quelque influence sur une ame trempée comme la sienne, agissant sur un homme aussi ferme ? FR | dis) ah #10) Il captiva bientôi l'affection de tous ceux qui le “Onnurent, par d'aussi grandes qualités, Il se con- [cilia l'amitié d’Ovando même > qui lui témoigna Le
ique quel.
quintaux 5. D’apri, # marins, ut porter
AVOIr qui otte, par choix. Un ission abressement ; et le bé rer, était ait ce ca Jagne , le
fit paraitre à exé-
page en
homme; d’une va fatig ues, té et une |
tous le
192 VOYAGES ET CONQUÈTES.
désir de le retenir auprès de lui; mais Cortez était entraîné aux grandes entreprises, par son caractère ardent. Il lui fut permis d'accompagner Velasquez dans son voyage à Cuba.
Il y signala bientôt son courage et son intelligence, et monta rapidement à l’emploi d’alcade de
Santiago, capitale de Pile.
Voilà l'homme qui fut proposé à Velasquez pour commander la flotte qu’il &quipait ; le choix tomba sur lui et il réunit l'approbation de tous les hommes qui devaient s’embarquer pour cette expédition; ils se félicitérent d’avoir à leur tête un homme d’une telle capacité et d’un tel courage, et chéri de toutle monde : il ne fut pas faché lui-même, de trouverle moyen de déployer ses talens; il distribua tout ce qu'il avait à ses hommes, afin de se pourvoir d’une plus grande quantité de munitions et suffire aux frais de leur équipement , ne pouvant le faire euxmêmes ; parce qu’ils étaient pauvres : il se concili
pos.
La flotte fut enfin mise au complet à Santiago; trois cents hommes formaient tout l'équipage, deux cents de Cuba s’y joignirent avec quelques voloı-
taires des maisons les plus nobles ; ils étaient favo-|
risés par le vent et la saison. Coriez mit
à la voile le 18 décembre 1518, |
tous les cœurs par une gratification faite si à pro-R ;
. FenDrnar | découverte M. How la flotte de passer à la ] des provisio:
parut pas fà Corlez, quoi de la defian« er dès qu’il à l’alcade de lez les provis FRéDÉRIc.
M. Hunt:
sonne qu’ave tous les ordr ette lettre pr
Les ordres ortez, qui n
ui écrirait, € y arrêta pou aient nécessa tendre un re
L'objet prin
tez était aractère elasquez
ı intelli.
lcade de
uez pour x tomba hommes tion ; ils ne d’une le tout le ‘ouver le!
| tout ce ir d’une fire aux re euxconcilia i à pro-
intiago; ze, deux s volon-
nt favo-J
la voile
. FERDINAnD, C'était la vingt-sixième année de la {découverte de l'Amérique.
M. Hunter. Tu as raison. C'était à la Trinité où la flotte devait d’abord se rendre, de là elle devait passer à la Havane pour y prendre des hommes et des provisions de bouche et de guerre. Velasquez ne parut pas fâché de son choix, jusqu’au départ: de Cortez, quoiqu’on eût déjà essayé de lui faire naitre de la défiance ; mais sa jalousie ne tarda pas à éclar dès qu’il fut parti, et si vivement, qu’il ordonna à l'alcade de la Trinité de se faire restituer par Corlez les provisions qu’il lui avait données.
FRéDÉRIc. Qu’entend-on par provisions ?
M. Hunter. Un emploi n’est accordé à une personne qu’ayec une lettre décachetée, où sont écrits
bus les ordres dont elle est chargée : on appelle ette lettre provision.
Les ordres que reçut l’alcade furent notifiés à ortez, qui ne voulut pas s’y soumettre, parce qu’il Nayait rien à se repfocher til prétendit qu’un chanement si prompt chez le gouverneur ne pouvait re que le résultat d’un malentendu; il dit qu’il ui écrirait, et partit de suite pour la Havane : il
l'y arrêta pour prendre les objets qui lui parais-
aient nécessaires pour une telle entreprise et pour lendre un renfort qui devait lui arriver.
L'objet principal fut des cuirasées avec. un pour-
les ärmes à !
à leur arme sons appelé où coulevrin
point doublé dé coton : ce ne fut que pat Ie man que de fer qu’on le fit ainsi, Cependant l'expérience lui montra que du coton piqué entre deux toiles est préférable au fer contre les fléches ét les javelot américains; car le coton retient les traïts par là Mqui ne sont pointe, et leur öte toute leur force, tandis que le Mlasarda ver: cuirasses en fer ont le'vice de repousser Ie'fer, et Man roi puiss: blessent l’homme qui est à côté. D’après cettéire Me ceux du märque, et eu égard à la chaleur du climat | ik nent résiste adoptèrent ; dès ce moment, ce gente d’armuregti | qui les fatiguait moins que le fer, Depuis, tous ld dont la mag
guerriers européens Ont suivi le même usäge. Ces Coran. I
de cette manière que les besoins ont donné nai reçue de: ce :
sance à Part. | al
Les apprèts furent bientôt disposés. Onze vais Moe
seaux composaient Pescadre; on choisit le plus Coxran. I grand, pour en faire le vaisseau amiral, quoique M. Huwre
pourtant il ne füt que de cent tonneaux, et plus freuple, du p
petit qu’un vaisseau marchand à deux mâts. Trois,
parmi les autres , étaient ‘de quatre-vingts tonncau We, et 1
environ, ét enfin le reste n'était rien autre que des Pilards?
barques sans pont. Six cent dix-sept hommes mon M. Hunre:
freuse supers vaient ces ho créatures qui anIMaux ne ı Dieu, et des une {elle cor
taient cette petite flotte, sur laquelle étaient envi ron cent matelots et ouvriers ; tous les autres étaien| sohdals: > “EN à > |
Presque tous n’&iaieni armés que d’épées et de lances, excepté 13, qui avaient des mousquets, el 32 dés arbalètes. On peut juger, par là; combien
lé manxpérience Loïles est s javelots ls par li 8 que les le fer, el cette re:
imat , ik ’armureg , tous ld ige. C’est ané näis-
nze vais ; le plus
quoique
‚ et plus s. Trois, onncaux > que des nes mOn:
ent envis 6taien|
ses et de juets ‚el combien
ls armes à feu étaient peu en usage encore. Quant ileur armement, ils avaient 16 chevaux, 10 casons appelés piéces de campagne, 4 fauconneaux on couleyrines, canons très minces et très alongés 4 qui ne sont plus en usage. C’est ainsi que Cortez se hasarda vers un monde inconnu, pour subjuguer un roi puissant, dont les Etats. étaient plus vastes que ceux du roi d’Espagne, et qui devait infaillible ment résister, sans peine, à ses prétentions, et se ire de ce chélif équipage ; enfin le roi du Mexique, dont la magnilicence vous surprendra
Conan. Quelle offense le roi d’Espagne avait il reçue de ce roi?. à
M. Hunter. Aucune, Coxrav. Pourquoi donc lui faire la guerre ?. ;
M. Hunrer, Pour s’emparer de ses villes; de son
peuple, du pays et surtout de ses richesses.
Coxnan. Les Espagnols n'étaient done que dus
pillards? | ps
LA
M. Hunter. Rien de plus, mon bon ami, L’af- :
freuse superstition, sous l'empire de laquelle viaient ces hommes , leur faisait regarder toutes les créatures qui n'étaient pas chrétiennes comme des animaux ne méritant que leur haine, maudits de
Dieu, et destinés à souffrir éternellement. D’aprös
une telle conviction, loin de croire commettre un
196 VOYAGES ET CONQUÈTES.
crime en dépossédant ces malheureux, en les mal. traitant, en les réduisant en esclavage, en leur donnant même la mort, ils croyaient faire un acte agréable à Dieu ; ils les contraignaient donc à em. brasser la religion chrétienne, et malheur à qui voulait résister, Cortez, aussi superstilieux que ses compagnons, quoique plus sensé, se regardai comme celui que Dieu avait choisi pour punir ces
hommes du crime de n’être pas nés chrétiens. Ces. B sez donc de vous étonner s”\ faisait une guerre,
aussi cruelle et aussi injuste que lorsqu'on va chas ser un renard ou un lièvre. C’est ainsi que le même homme peut être pieux et inhumain, un brigand,
quoique héros, et joindre la cruauté à la gén. À
rosité. |
* Velasquez éprouva un grand dépit que Cortez fül parti, malgré les ordres qu’il avait mandes à la Tri. ntéé. L’officier chargé de cetté mission fut accusé de trahison : les soupçons devinrent tels qu'il se mit en devoir de s'assurer de Cortez, à quelque prix que ce fût, et l'empêcher de quitter la Havane. Il envoya.donc un de ses confidens au sous-gouver. neur de cette ile, luï enjoiÿnant, formellement, de s'emparer de la personne de Cortez, et de l'envoyer,
de suite, à Santiago, chargé de chaînes et bien |
escorté. : | Cortez, prévenu à temps de ce qui le menagail, esquiva l'orage. Sûr de l’affection de son équipage,
il l’asssem| à suivre. I gouverneu conserver fie, et qui les mains conjuränt € gissait d’un toute leur « de le suivre fatigues et |
Sensible :
lémoigna sa la voile,
sag
Vers que” sa course?
M. Hunre:
avant lui. I umel.
| les mal.
en leur è Un acte nc à em.
ur à qui £ que ses regardait punir’ ces ens, Ces.
je guerre va chasle même brigand, la géné.
ortez fül à la Tri.
it accusé qu'il se que prix wane. Il -gouver. nent, de nvoyer,
et bien !
naçail, uipage,
u la voile. h
sa course?
ois fait naufrage sur cette cöte
s sur le parti qu’il avait fat que l'injustice du nqnieter, qu’il devait
il l'asssembJa, et prit son avi à suivre, Leur cri unanime gouverneur de devait pas Pi conserver Ic commandement qui lui avait été conie, et qu’il devait bien se garder de se mettre entre ls mains d'un juge aussi injuste que défiant , le conjuränt de né Pas les abandonner, lorsqu’il s’agissait d’une expédition si importante ; qu'il avait boute leur confiance ; et qu’ils juraient de nouveau de le suivre, jusqu’à l'a mort, quels que fus:ent les fatigues et les perils, « Sensible à l'affection de ses soldats,
Cortez leur (tmoigna sa reconnaissan
ce,ct mit, à Pinstant, à
Kuf, “
ENTRETIEN II
“ k ! à Vers que”: partie du Mexique Cortez dirigeait-il
M. Huxrer. La même qu'avait suivie Guyalva ,
avant lui. Il devait donc voir d’abord l'ile de Co-
umel.
Il mit la en liberté un Espaguol qui avait antre- „et était rest eglave des Indiens. Son, nom était Aquilar ; il avait
assé huit ans chez ces sauvages, et s'était lellement accoutumé à leurs mœurs, parlait si bien lear lan-
gage, sa figure, sa couleur, tout le rendait si sem- |
blable aux naturels, qu’on eut de la peine à lere. connaître pour Espagnol, ayant même perdu totalement les usages européens. Comme eux, il était
nu, il avait la peau basanée et portait les cheveux
tressés autour de sa tête, ainsi que les portaient les naturels. Il portait sur son dos un bouclier et des fleches, une rame sur l'épaule, et un are à la main. Une bourse tricotée, qui contenait ses vivres, un vieux livre de piété, qu’il lisait fort souvent, forment toute sa fortune. Son langage était si dé-
naturé, que les Espagnols avaient de la peine à le
comprendre.
D'après lui, dix-neuf avaient fait naufrage aux f
environs de cette eöte, et sept d’entre eux élaicil peris d’inanition et de fatigue, Les au:res étant tombès au pouvoir du cacique de ces contrées, ct! hoïame barbare en immola cinq à ses idoles et Les mangea ; le reste fut enfermé dans une cage, al
qu’ils engraissassent : ils rurent assez heureux poutÉ
s'échapper ; ils röderent dans les forêts, sans but,
sans secours , mangeant de l'herbe et des racines;k enfin, ils furent pris de nouveau par des Indiens Er qui les amonèrent à un autre cacique, qui les trag d'humanité, parce qu'il était ennemi (fu
avec plus l'autre cacique; mais il leur donna une occupation très rude,
Tous ces deux : Aqt pérent à c furent util valut beau épouser un devint com apparences de reprend se présente aussi, d’apı honteux de Corps.
Cortez pr lui donna sc rencontre le dans ses né [lai être fort
qui l'avait p lenve ; mais
lement ear lansi sem- | à leredu tota- ‚il était cheveux :
aient les r et des ia main.
vres, un nt, forit si déeine à lef
rage aux f
x élaient res élan!
racines à
Indiers,!
les trailid
de reprendre ses ancienn
{lai être fort utile.
er |
=) Cl
CORTEZ, 199 Tous ces malheureux périrent de fatigue, excepté deux : Aquilar et Guerrero furent ceux qui échappérent à cette triste fin. Peu de temps aprés, ils furent utiles au cacique dans la guerie, ce qui leur valut beaucorp d’affection. Guerrero. parvint à épouser une Indienne de distinction, et peu après devint commandant ; peu à peu il prit tellement des apparences et les goûts américains, qu’il dédaigna es habitudes, et même de se présenter à ses anciens compatriotes. Pent-être aussi, d’après le rapport d’Aquilar, était-il un peu honteux de s'être fait percer le nez et tatouer le Corps.
Cortez pressa le pauvre Aquilar dans ses bras ef donna son manteau Pour cacher sa nudité ; sa rencontre le remplit de joie, parce qu’il pensait que, dans ses négociations avec les Indiens, il pourrait
lui
quement. Il leur propositions, de paix ne coutées, et il se vit forcé: de se retirer ien ébtenu.
Cortez sentit d’autant plus vivement.ce désagrément, qu'il ne l'avait pas prévu ; 1 il ne prétendait pas commencer lä ses conquêtes; car, pour entreprendre ce qu’il avait projeté, il voulait aborder au ‚plus tôt aux terres les plus voisines du grand empire du Mexique, et c'était avec regret qu’il se voyait forcé ou à accroître l’audace des Indiens en
. cédant, ou à commencer, contre cette contrée éloi-
gnée, une gucrre qui, quoique faite avec succès, Jai ferait perdre du temps et des hommes.
‚Mais, après avoir mürement réfléchi, il crut nécessaire de les attaquer ; dès le point du jour, tout fut disposé pour l’attaque. Il remonta d’abord le courant avec son escadre en demi-cercle ; mais il voulut, avant l'attaque, faire encore des proposi-
tions de paix. Aquilar fut donc envoyé de nouveau È
aux insulaires, pour leur dire qu’il ne dépendait que d’eux d’être amisou ennemis; Aquilar se dispos donc à remplir son mandat, mais les sauvages refusèrent de l'écouter et s'avancèrent avecleurs ca nots vers la flotte.
On en vint aux mains : les Indiens lanvèrent le premiers une si grande quantité de flèches et de pierres, que les Espagnols en souffrirent’ beaucoup:
‘jusque-là ils ne 's’évaient pas défendus, mais enlin Cortez ordonna de riposter ; une seule décharge de
son artillerie suffit pour terminer le combat. Le sauvages , élonnés de ce feu imprévu et épouvantë]
| de ses te sauverent procheren difficulté |
Mais to taient sau grand non dans le te marcheren lleches et « table. Cort ordre, et a mirable ; i ipais, et se ces sauvage avec lui. L et armés à | frayant pou de l’attendr Tabasco, vil de pieux en se croisaien!
chemin pou Cortez ne
désagréetendait
Ir entreorder au and emqu’il se diens en rée éloi- ; SUCCÉS, crut ncur, {out abord le ; mais il proposi-
nouveau È
lépendait se disposa vages releurs ca
cérent les hes et de eaucoup:
nais enlin charge de mbat. Les pouvan!ö
CORTRZ. 201
| de ses terribles effets, se jeterent à l’eau, et se sauvérent à la nage ; les vaisseaux espagnols s’approchèrent du rivage, et Cortez n'éprouva plus de difficulté pour son débarquement,
Maïs tout ne finit pas là : les insulaires qui s’éaient sauvés s’enfuirent dans les bois, où un plus grand nombre de ces sauvages s’étaient réunis, et dans le temps que Cortez disposait ses troupes, ils marchèrent sur lui et lui lancérent une nuée de flèches et de pierres, en poussant un cri épouvyantable. Cortez , sans s’emouvoir, mit ses lignes en ordre, et alla au devant d’eux avec un courage admirable ; il s’enfonca dans des marais et des bois épais, et se porta sur des masses innombrables de (es Sauvages : Ja terreur et le carnage marchaient avec lui. L’aspect d’un corps de guerriers en ordre el armés à l’européenne était aussi nouveau qu’effrayant pour ce peuple ; ils n’eurent pas le courage de l’attendre, s’enfuirent ‚et s’enfermerent dans Tabasco, ville forti fiée, mais seulement par un rang de pieux enfoncés dans la terre, dont les deux bouts
se croisaient, sauf un petit intervalle qui servait de chemin pour conduire à la ville en serpentant. Cortez ne balança pas à S’engager dans ce passage lortueux, quoique le péril füt évidemment grand; mais, à l’entrée de la ville ‚il la trouva fermée , et les habitans , disposés à se défendre, avaient même . barricadé les rues avec des pieux. Malgré la résis-
202 VOYAGES ET CONQUÈTES.
tance opiniätre qu’ils opposerent, deux fois la ville fut prise, et les habitans qui ne furent pas tués se sauvérent dans les forêts.
Cortez défendit de les poursuivre. Les Espagnols né trouvèrent pas le butin qu'ils espéraient , car les sauvages avaient emporté dans les bois les choses les plus précieuses ; ils ne trouvèrent que quelques vivres fort à propos pour apaiser leur faim et les délasser. A UE us
Dès qu’il fut nuit, Cortez logea toute sa troupe dans trois temples qui étaient dans les quartiers les
plus élevés de la ville, et ne manqua pas de placer
des sentinelles pour prévenir toute surprise ; il s’assura lui-même si les sentinelles faisaient bien leur
devoir par des rondes fréquentes qu’il fit. Au jour, |
il fit fouiller les bois environnans, mais aucun Indien ne fut aperçu ni entendu, ce qui lui inspira
quelques soupçons; il poussa ses reconnaissance |
plus loin, et on lui rapporta:qu’on avait vu une quantité innombrable de sauvages, qu’on évaluait à quarante mille au moins, et qui sans doute se disposaient au combat. .
. ‚Ce rapport aurait pu intimider l’homme le plus intrépide, car que ne peuvent pas oser des hommes
cent fois plus nombreux, réduits à combattre pour |
leur patrie, leur religion, leur liberté et leur vie!
Cortez apprécia bien le péril qui le menacait; mals,
sans sei comme :
Il mit colline, tourné, son artill Il s'en un bois y nemi ; to plus grar L’ennc idee bien la guerre | armure e Le plu | d’arcs et tressé ser taient au ils avaien quelquefo mais leur d’un bois
| avec des p
et qui étai mains pou
Il y en dont ils s des pierres
is la ville as tués se
‚spagnols jent , car s les choque quelr faim et
sa troupe artiers les de placer se ; il s’asbien leur ‘Au jour, | ucun Inui inspira 1aissances } t vu une à évaluait ute se dis-
ne le plus s hommes attre pour k
leur vie!
ait ; mais, E
sans se déconcerter, il conserva tout son sang-froid comme s’il ne se fût agi que d’une parade.
Il mit sa faible armée en bataille au bas d’une colline, qui, par sa hauteur, empéchait qu'il ne fût
lourné, et du haut de laquelle il pouvait faire agir
son artillerie avec plus d'avantage et de facilité.
Il s’embusqua lui-même, avec sa cavalerie, dans un bois voisin, pour se jeter à l'improviste sur l’ennemi ; tout étant ainsi disposé, il l’attendit avec le plus grand silence. | |
L’ennemi se présenta, et afin de vous donner üne idée bien juste de la manière dont ces peuples font la guerre, je yous ferai un exposé ‘détaillé de leur
armure et de leur ordre dans le combat.
Le plus grand nombre d’entre eux était armé
| d'arcs et de flèches. Un boyau ou du poil de cerf
tressé servait de corde à leur arc, et les flèches portaient au bout un os tranchant oûane arète forte: ils avaient , de plus, un javelot, qu’ils lancaient quelquefois de loin, ou qui leur servait de près ; mais leur arme la plus meurtrière était un sabre fait d’un bois très dur, dont le tranchant était formé
| avec des pierres aiguës qu’ils y avaient enchässees, ei qui était si lourd qu’il fallait employer les deux
mains pour en faire usage.
Il ÿ en avait avec des massues et des frondes,
dont ils se servaient fort habilement pour lancer des pierres souvent fort grosses,
R À - 2 £ NES Eee ss = ras - = - ser = en nn. = m > LS er en E À ASS FR n e - ET. ir CIE Pet = a TE ie er dapper er QE ER B > m £ } R FRE EM 2 a - — = = ons 7 ER -
204 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Les chefs seuls portaieut une cuirasse faite de coton piqué, et un bouclier de bois ou une écaille de tortue. D’autres, tout nus, pour paraître plus terribles, se peiguaient, de diverses couleurs, le visage et le corps, et, afin de paraître plus grands, ils ornaient leur teie de grandes plumes liées ensemble.
Leur musique guerrière était analogue à cel armement : c'était une flûte de roseau et de gros coquillages ; , et un tronc d’arbre creusé servait de tambour. Ils ne connaissaient pas Part de se battre à rangs serrés, cependant ils observaient une es- Pece d'ordre, car ils se divisaient en petites troupes, qui, chacune, avaient leur chef, et ils avaient, comme nous , le soin de ne pas mener au combat toules leurs troupes à la fois ; mais ils formaient des corps de réserve pour, dé au secours de ceux qui en
avaiént besoin, el soutenir ainsi ceux qui en étaient
aux mains.
Is étaient extrêmement ardens dans leur première attaque, poussant, en commençant, un cri terrible ; mais si l’ennemi se soutenait , et qu’il mit en désordre les premiers assaillans, toute l’armée prenait la fuite, qui devenait générale. °
. Voilà ennemi que la petite troupe espagnole voyait marcher contre elle. Ferme comme un rempart, elle attend silencieusement le premier choc. Dès que les sauvages furent à la portée du trait, ils
poussèren de traits :
lerie et le laires tom ges, Sans faisait da:
comme pc dörobät à sable en I' coururent Les Esp contre un qu'ils se d même été présageait | du bois av:
essaim d’er terrible qt laires, qui rant que |’ seul corps armes leur le temps a:
le feu de | pressés sur Cortez, conde fois les fuyards
faite de > écaille tre plus urs, le grands, iées en-
e à cel de gros rvait de e. battre une esroupes, ‚comme t toules es COrps qui en étaient
ur preun cri u’il mit l’armée pagnole an remsr choc.
rait, is
pousserent un cri effroyable et lancèrent une nuse de traits : les Espagnols ripostaient avec leur artile lerie et leurs fusils. Des bataillons entiers d’insu-laires tombaient sous la mitraille ; mais les sauva. ges, sans s’effrayer, remplacaient les vides que faisait dans leurs rangs le feu des Espagnols, et comme pour faire un nuage de poussière qui les dérobât à la vue de leurs ennemis, ils jetèrent du sable en Pair, lancerent icurs flèches en hâte ‚et coururent à la mêlée, :
Les Espagnols n’auraient pu ténir long-temps contre un ennemi si nombreux et si acharné, quoiqu'ils se défendissent avec intrépidité; ils avaient méme êlé déjà rompus sur plusieurs points, ce qui présageait une défaite totale , lorsque Cortez sortit
| du bois avec sa cavalerie, et se jeta au milieu de cet
essaim d’ennemis. Cette apparition subite fut aussi terrible que nouvelle pour ces malheureux insulaires, qui u’avaient jamais vu de cavaliers. Se figurant que animal et l’homme ne formaient qu’un seul corps, ils furent tellement étonnés, que les armes leur tombèrent des mains. Ce déscrdre donna le temps aux Espagnols de reprendré leurs rangs ; le feu de l'artillerie se ranima , et les sauvages, pressés sur tous les points, se mirent en déroute. Cortez, content de leur avoir fait voir une’seconde fois sa supériorité, donna l’ordre d’épargner les fuyards; il fit seulement quelques prisonniers ,
pour. s’en servir à faire la paix avec la nation. Huit cents Indiens restèrent sur le champ de bataille, et il n’y eut que deux Espagnols tués et soixante-dix de blessés, On ne put pas connaitre le nombre des sauvages blessés, parce que ceux qui ne l’étaient que légèrement prirent la fuite. |
„Le jour suivant, Cortez ordonna qu’on Jui ame-
nât quelques uns des prisonniers. La frayeur se
peignait sur la figure de ces malheureux ; car ils croyaient qu’on allait les condamner à mort ; mais Us furent bien étonnés, lorsqu'ils virent la bonté que leur témoigna le général espagnol, et qu’Aquilar leur annonça qu’ils étaient libres. Leur joie fut très vive, surtout quand on leur donna quelques bagatelles d'Europe, que l’on savait leur plaire beaucoup. Au comble de la joie, ils s’empresserent d'aller porter cette nouvelle à leurs compatriotes, et leur apprendre comment ils avaient été traités. Il suffit de cette généreuse politique pour changer entièrement les sentimiens de ce peuple. Plusieurs . d’entre eux portèrent des provisions aux Espagnols, et reçurent des présens. Le cacique leur envoya une ambassade pour leur offrir des présens , et demander la paix, qui fat accordée, et vint ensuite luimême pour la confirmer par des présens réciproquement agréables, parmi lesquels vingt jeunes filles qui savaient faire le pain , que le cacique
donna à Cortez, Une de ces filles, qui reeut.en bap:
tème le | indien :
avait été une gran temps elle porlans s avec les reconnais, Cortez. Dans le insulaires hasard , le les sauvag voulaient qu'ils parl de ce que un châtim chrétiens.
couverture de volaille:
ainsi se co don , et leu chrétiens.
Après ce pour s’ayaı is partiron
n. Huit ille, et nte-dix bre des étaient
Li ame- [eur se :
car ils 4 mais | bonté v’Aquioie fut 1elques plaire ssèrent riotes, traités.
hanger usieurs \gnols, ya une lemanite luiéCIprojeunes >aCIQUE n bap: &
tème le nom de Marine, était fille d’un cacique indien : on l’avait enlevée dans sa jeunesse ; elle avait été vendue au cacique de Tabasco , et avait une grande beauté et de grands talens. En peu de temps elle apprit à parler l’espagnol, et rendit d’imporlans services à Cortez dans ses négociations avec les Mexicains. Cortez , dit-on, l’épousa par reconnaissance, et en eut un fils nommé Martin Cortez.
Dans le moment où le cacique et les principaux insulaires étaient avec Cortez, on entendit ‚ par hasard , le hennissement des chevaux espagnols : les sauvages, saisis de frayeur, demandörent de que voulaient ces êtres extraordinaires (des chevaux qu'ils parlaient ) ; on leur dit qu’ils étaient irrites de ce que le cacique et ses Sujets n’avaient pas reçu un châtiment sévère, pour avoir osé résister aux chrétiens. A cette réponse, ils allerent chercher des Couvertures, pour les faire reposer, et foule sorte de volailles pour les faire manger, espérant pouvoir ainsi se concilier avec eux ; ils demanderent pardon, et leur prom:rent d’être à l'avenir soumis aux chrétiens. |
Après cela, les Espagnols se préparèrent à partir Pour s’avancer vers les côtes occidentales; demain, ils partiront , si le vent est tant soit peu favorable.
een nn
VOYAGES ET CONQUÈTES,
ENTRETIEN IV
es !
M. Hunter. Le succès de cette guerre, qui pouvaitlui être funeste, et l'espoir d’une pareille réussite dans ses autres entreprises , remplirent Cortez de joie ; il quitta la province de Tabasco, avec sa troupe victorieuse, -et continua sa course périlleuse. Dès que tout fut embarqué, on mit à la voile , et, poussee'par un bon vent, l'escadre se dirigea vers ouest.
Pendant cette seconde course, Cortez revit tous les endroits où Grijalva l’avait précédé,
Il arriva à Saint-Juan d’Ulloa, dont je vous ai entretenus dernièrement, et jeta l’ancre entre l'ile et la terre ferme : il vit bientôt venir à lui deux" pi rogues faites dû tronc d'un arbre ; les Indiens qui y étaient embarqués paraissaient être des hommes de marque, et ne donnèrent aucun signe de peut ni de défiance. Cortez les recut avec les démonstrations les plus amicales : il espérait apprendre ve qu’ils désiraient par son interprète Aquilar ; mais il fut trompé, parce qu’Aquilar, rougissant, Jui dit qu’il n’entendait pas un scul mot deleur langage, qui était le mexicain, et qu’il ne connaissait que la langue d’Yucatan, qui est entièrement différente.
Mais C Tabasco , lion, avai ces Indien avait étér avait appr rendait-en Mexicains, en espagnu
Par cen gouverneu empereur À lés pour sa offrir ce qi linuer sa ro
Cortez fit lait venu, leur chef de pays, et ren sans attendr ses chevaux guerre : les naient en fo bientôt leurs banes de feu sentaient-ils | hospitalit&, <
il pouéussite tez de troupe e. Des , pous- Aa Vers
it tous
ous al re l’île ux‘pins qui nimes peur nstralre ve mais t, lui gage, it que diffé-
Mais Cortez s’apercut qu’une de ses esclaves de Tabasco , Mari ne, dont nous avons déjà fait menlion, avait lié conversation avec quelques uns. de ces Indiens ; car cette fille, née dans le Mexique , avait été menée à Yucatan après son enlèvement , avait appris cette derniére langue. Ainsi, Marine rendait en yucatan, à Aquilar, ce qu’avaient dit les Mexicains, et à son tour celui-ci le rendait à Cortez en espagnol. |
Par ce moyen , Cortez fut instruit que Pilpator , gouverneur du pays, et Teutile, general du grand empereur Montezuma, lui ayaient envoyé ces dépu- (is pour savoir quelles étaient ses intentions, et lui ollrir ce qui pourrait lui étre nécessaire pour conlinuer sa roule,
Cortez fit une réponse très polie, et leur dit qu’il était venu, dans des vues très amicales, apporter à leur chef des nouvelles intéressantes pour tous les Pays, et renvoya les députés avec des présens , et, sans attendre leur réponse, il mit à terre sa troupe, ses Chevaux , son artillerie et tout son équipage de guerre : les paisibles habitans de ces contrées venaient en foule pour aider ceux qui devaient être bientôt leurs Oppresseurs, et leur construire des cabanes de feuillage. Les malheureux ! que ne pressenlaient-ils les suites funestes de leur généreuse hospitalit&, ot que ne faisaient-ils tous leurs efforts
pour rejeter done la mer ces avides étrangers, qui venaient leur apporter l'esclavage ou la mort!
Le lendemain , Pilpator et Teutile se présentèrent avec une nombreuse suite de Mexicains armés ; leur train était magnifique, et répondait à la puissance deleursouverain : Cortezjugea à propos d’étaler, de son côté, autant de luxe qu’il le pouvait pour donner aux Mexicains une haute idée de sa personne et du souverain dont il se disait l'ambassadeur ; il donna ordre à sa troupe de se placer auprès de lui, avec toute la pompe militaire, et dans le plus profond silence, et accueillit les Mexicains avec un air de grandeur, qui dut leur inspirer du respect ; il leur répondit, avec affectation et laconiquement, qu’il était envoyé par Charles d'Autriche, grand et
puissant empereur d'Orient, par lequel il avait été chargé de faire à l’empereur Montezuma, en personne , des propositions ; qu’il demandait, en conséquence , de lui être présenté.
Quelques uns d’entre vous ne connaissant pas encore l'histoire moderne, il est à propos que je vous fasse. connaître Charles d'Autriche , que Corte nomme ici empc:eur d'Orient. Vous vous rappelez que, du temps de Colomb, le roi d’Espagne était Ferdinand, surnommé le Catholique.
Ce Ferdinand n’eut qu’une fille nommée Jeanne,
qui épousa un prince autrichien appelé Philippe.
Elle eut un fils nommé Charles ; c’est celui dont |
Cortez fils fut père ét y‚röun an ; il un des gné en qu'il ét L’én Mexicai qu'ils ét ral espa Montez inquiétr sur les
portait q
qui vien:
et s’en € avait pri prédictio l'empere la premic la deman Jetait les
Ils tar de grand
leur en t hardit à |
ngers, qui mort!
résentèrent rmés ; leur | puissance d’étaler, de | pour dona personne ssadeur ; il rös de lui, le plus proavec un ait respect ; il iquement,
e, grand et À
il avait été na, en perit, en COn-
aissant pas que je vous que: Cortez us rappelez pagne était
1ée Jeanne, Philippe.
Cortez parle ; car, Ferdinand élant mort, son petitfils fut le plus proche héritier de sa couronne, son pére Étant décédé avant Ini. 11 en hérita en effet, et réunit les Pays-Bas, qu’il gouvernait depuis un an ; il fut élu empereur d'Allemagne , et fut par là u,des princes les plus Puissans qui aient jamais ré. gné en Europe : on le nomme Charles-Quint , parce qu'il était le cinquième du nom.
L’énergique proposition de Cortez jeta les Mexicains dans le plus grand’ embarras, persuadés qu'ils étaient que l’entrevue que demandait le général espagnol ne serait pas agréable à leur empereur Montezuma, qui était tourmenté par les plus vives inquiétudes depuis la première venue des Européens sur les côtes:du Mexique, Une ancienne tradition portait qu’il existait vers lorient un peuple puissant qui viendrait un jour attaquer l’empire du Mexique, et sen emparerait. IL n’est pas facile de savoir d’où avait pris naissance ce bruit, mais cette ancienne prédiction avait jeté les Mexicains superstilieux, et l'empereur lui-même ‚ dans la plus vive crainte, à la première apparition des Européens. D’après cela, la demande de Cortez d’être présenté à Montezuma jetäit les deux envoyés dans une pénible situation.
Ils tächörent, avant de répondre , de gagner, par
B de grands présens, la bienveillance de Cortez , qui à Leur en lémoigna sa Tecomuaissance, ce qui les encelui dont k
hardit à lui déclarer qu'ils. ne voyaient pas.la péssi-
éme | LÉ: dt ie ie + 7 N er nn | à er A Sent
bilité de lui accorder ce qu'il demandait. Mais leur étonnement fut impossible à peindre, lorsqu'ils enténdirent que Cortez, d’un ton sévère , leur ‘dit qu’il était obligé de persistér , ‘parce qu xl ne pouvait pas se présenter devant le grand mönärque dont il était ambassadeur sans avoir st ses otdres. G
Alors ils lui dernañdétetit un délai suffisant pour informer l’empereur Montezuma de sa demande, pour connaître sa volonté ; et Cortez y consentit.
Durant cet entretien , des peintres, qui étaient à la suite des Mexicains, dessinaient sur des toiles blanches les choses les plus remarquables chez les Européens. Cortez ‚ instruit que ces peintures devaient être envoyées à l’empereur, voulut leur présenter des objets plus interessans, et dont la peinture fitune plus vive impression sur Montezuma. Il fit mettre tout son corps en ordre de bataille , et fit représenter aux Mexicaias , remplis d’é tonnement, le simulacre d’une bataille européenne. Tousles Indiens présens &prouverent une telle frayeur, que les uns s’enfuirent, d’autres se jetèrent à terre, et qu'on ne put que très difficilement convaincre an petit nombre d’entre eux que ce n’élait m un jeu pour les amuser.
Les peintres tâchérent de représenter sur la toile
ce spectacle, si terrible pour eux, dela manœuvre |
européenne : ils le tracèrent d’une main tremblante,
et cette pe avec la re préseñs, F On avait s grands che du royaun distances f reur de tot
Joux. Q où sont les
M. Hun
Les co de jours ap répondit qu | el, pour a présens dig offrirent d blement Co licate dont
Cent Ind
Ede pompe , E pieds de Cor
leurs regarc
Mais leur Sion, à la:
qui surpassa
giner dés tré
ais leur V’ils eneut ‘dit ne poujnärque ‚ses of-
nt pour mande, entit.
iaient à s toiles chez les ıres deeur préjeinture aa. II fit et fitrenent, le Indiens les uns t qu’on an petit eu pour
r la toile anœŒuUvre nblante,
et cette peinture fut transportée à Mexico, capitale, avec la relation de ce qu’on avait vu, et quelques préseñs, pour être mis sous les yeux de l’empereur. On avait sagement établi, dans ce pays, sur tous les grands chemins, depuis les points les plus éloignés du royaume jusqu’à la capitale ,. des coureurs à des distances fixes pour informer promptement l’empereur de tôus les évènements.
Joux. Quelle pouvait être la distance de l'endroit où sont les Espagnols à Mexico? Ä
M. Hunter. Plus de cent dix-huit milles anglais.
Les coureurs se mirent en mouvement, et, peu de jours après, la réponse de l’empereur arriva. Il répondit qu’il ne pouvait pas accorder la demance ; el, pour adoucir ce refus, Montezuma envoya des présens dignes d'un monarque. Pilpator.et Teutile offrirent d'abord les présens pour disposer favorablement Cortez à la réception de la commission délicate dont ils étaient chargés.
Cent Indiens portaient ces présens avec beaucoup
D de pompe , et ils furent étalés sur des nattes aux à pieds de Cortez : comme les Espagnols y attacherent
leurs regards avides !
Mais leur surprise fut au dessus de toute expres- Sion, à la vue deces échantillons "une richesse
ww
q assait tout ce que leur avidité avait pu imaginer dés trésors de-ce pays. D’un côté, on voyait
pr ns nn
ei en
des étoffes de coton ; qui égalaient la soie en finesse cains, ac et en éclat; d’un autre, c’étaient des animaux ‚des Æ ne purent arbres et d’autres objets faits avec des plurñes de Æ la rösistar diverses couleurs , et avec un art si admirable m on D un étran les prenait pour des tableaux. comme ur Ici des bracelets, des colliers et d’autres précieux nouveau bijoux, tout d’or, et travaillés avec art et élégance, 1 l'insistanc attiraient les regards ; mais deux globes très: volu. D délai, mai mineux, lun en or massif, représentant le soleil, M pas attend et l’autre en argent, représentant la lune, l’empor- Æ ‘ Cortez taient sur tout le reste. Il y avait aussi des caisses D malgré tor pleines de pierres précieuses, de perles et d’or en Æ cette négo grains ,; comme on le trouve dans quelques rivières Æ que cet éta ou dans les mines. c'était la p Cortez accepte ces riches présens avec pat un empire témoignage du plus profond respect pour le souve- Æ d’aventurf rain qui les lui envoyait. Les ambassadeurs crurent Æ projet aud.
blier ou p:
| quez.
le moment favorable pour exposer le point le plus désagréable de leur commission : ils annoncèrent,
an nom de l’empereur , que l'entrée de la capitale La répo ne pouvait être accordée à des troupes étrangères, | elle fut dif ni permettre qu'a fissent un plus long séjour dans È l'effroi qu l'empire, qu’on les engageait donc à presser Jeur Æ à Montezu départ. D refus. Ce.
Quoique cette réponse fût juste et raisonnable, Æ avec de ricl Cortez ne s’en tint pas moins pour offensé , et sou- Cortez, tint, encore plus hautement que la première fois, B tiens se cro
qu’il ne pouvait se soumettre à ce refus. Les Mexi- Æ une religio)
n finesse Lux ; des urmes de le qu’on
précieux
légance, L
ès: volule soleil, J’empors caisses | d’or en
rivières |
apparent le souvecrurent t le plus ncèrent , capitale angères, our dans sser leur
>nnable, , et SoUre fois, es Mexi-
cains, accoutumés à la soumission la plus absolue , ne purent revenir de leur étonnement, en voyant
la resistance qu’opposait au refus de leur souverain
un étranger : ils regardaient cette désohéissance comme une action abominable, et demandérent un nouveau délai pour informer leur souverain de l'insistance du général espagnol: Cortez accorda ce délai, mais à condition que la réponse ne se ferait pas attendre long-temps. | ' Cortez n’était pourtant point sans inquiétude ,
malgré tout le courage dont il faisait parade dans ‘
cette négociation ; il voyait des preuves certaines que cet état était puissant et bien gouverné , et que était la plus grande folie de prétendre renverser un empire si redoutable, avec une petite troupe d’aventurers ; sil ne se désista pas, pour cela, desc” projet audacieux ; la gloire seule pouvait faire oublier ou pardonner sa désobéissace envers Velas-
| quez.
La réponse de l’empereur arriva bientôt » mais elle fut différente de ce que l’on espérait, et malgré l'effroi que la persévérance de Cortez avait causé à Montezuma et à son conseil > On persista dans le refus. Ce. nouveau message fut porté par Teutile avec de riches présens.
Cortez , sans se troubler, répondit que les chré-
ax 235
une religion qui met dans la voie du bonheur ; que
| tiens se croyaient tenus d'enseigner à leur prochain
Rn ee
suc à Ve
mn
Tee
son SGuverain lavait envoyé pour délivrer l’empereur du Mexique et ses sujets d’une erreur où on ies voyait croupir; qu’il était donc indispensable qu'il füt présenté à l’empereur, et qu’il insistait de ‚plus fort à ce sujet. |
Teutile, perdant presque patience, n’écouta la fin de cette explication qu’avee la plus grande peine;
plein d’indignation , il se leva et déclara qu’il allait |
employer d’autres moyens pour mettre à exécution les ordres de son maître, puisque les représentations aMicales restaient sans effet. A ces derniers mots, "il se retira promptement : sa suite et tous les Mexicains sortirent du camp espagnol et le suivirent; les habitans de ce pays se retirerent entièrement.
Cortez et ses compagnons furent déconcertés de cette brusquerie : ils redoutaient les suites de cet évènement et craignaient surtout que les Mexicains, qui, jusque-là, les avaient fournis abondamment de vivres, ne cessassent de leur en porter, et alors ils n'avaient en perspective qu’une horrible famine. Ce découragement général enhardit les mécontens à proposer à leur général de retourner à Cuba; ils blämèrent hautement ses projets , qu’ils appelèrent folie , ils tâchirent de détourner leurs compagnons de leur soumission , en leur conseillant de refuser un plus long voyage.
Aussi prudent et même rusé qu’il était coura- | geux, Cortez chargea scs confidens de s’assurer des
Yéritables les propos auprès des calcitrans , il les const situation © | cacherent ] f que l’on m Cortez le ne partagea } pas que le « mer; cepen vous enfrai vous desire Des lors le départ. C sur les Esp possession d et de fortu y renoncer murmures ( E constanre.
C'est ce q même d’aug exciter les sc dire que la y et les faisait
ia fortune ;
‚Pempe. & Yritables sentimens de l’armée : il apprit que tous set “ ls propos des partisans secrets étaient sans effet We RT aupres des soldats; alors il rassembla les plus ré- ij a om de calcitrans , et allant à eux , d’un air calme et doux, Re | il les consulta sur les moyens à prendre, dans ja i | situation critique où ils se. trouyaient. Ceux-ci ne couta la À ; ; SINE i cachèrent pas leur maniere de vor, et-furent d'avis ME e peine; @ j WR . 4 ray À Que l’on mit à la voile, sans retard... r | lil allait | Zur 0, ; ts BERN Cortez les écouta Jusqu’au.bout, et leur dit qu'il cécutio 4 ei lie ne parlageait pas leurs craintes, et qu'il ne peusaït ntations À FU, ots, 9, Pas que le danger fût tel, qyils dussent s’en alar-
s mots, E Ale | Ä
Mexi mer; cependant, leur dit-il, comme je ne veux pas es Mexi- "5 FA |
a vous enfrainer malgré vous, Je consens à ce que Ivirent; HAUTES
vous désirez, ement. a ; ; ". :
EE Des lors, il fit travailler, aux préparatifs pour
le départ. Gette détermination fit l'effet de la foudre s de cet |
cains, M % les Espagnols, eux qui se croyaient déjà en ee! possession de l’or du Mexique. Leur projet de gloire
ment de ji 7 à ; Lors ik et de fortune s'évanouissait ‚ et ils ne pouvaient a 0 Ss . . j , y L famine, } "noncer ainsi. Alors, s’eleverent de violens amine, Fi. a
| murmures contre le général; on l’accusait d’incontens
. «. D Constan*e.
uba ; ils h ve f .
en C’est ce que demandait P’habile Cortez : il tächa P nons ème d'augmenter leur mécontentement, en faisant dag
cri exciter les soldats, par ses amis, qui ne cessaient de
dire que la peur seule était cause de cette retraite,
‚ coura- et les faisait reculer dans la voie de l’honneur et de
ja fortune ; enfin tout l'équipage se souleva , et irer des ; quipage : .
demanda que le général se monträt; c’est ce que voulait Cortez. Il parut, et affecta de l’&tonnement, Aussitôt, on l’accabla de reproches ; les propos les plus séditieux furent proférés de toute part ; on lui déclara que, s’ilne revenait de cette résolution , on allait choisir un autre chef pour se conduire. Cortez était au comble de ses vœux; plus les pro- * pos étaient violens, et plus il se voyait assuré de réussir dans ses vues. Il leur répondit alors que sil avait eu la pensée d'abandonner une entreprise si brillante, et de la réussite de laquelle il ne doutait pas, il avait cru se rendre aux désirs de l’armée, qu’on lui avait dépeinte dans le plus grand découragement. Les soldats déclarèrent hautement qu'i n’en était rien ; qu’ une poignée d'hommes timides avaient jugé l'armée sur eux-mêmes, mais qu’ils les désavouaient, qu’ils rejetaient , loin d’eux , ’ombre même de poltronnerie , et qu’ils mourraient tous} plutôt que de renoncer à la grande entreprise qu'ils avaient commencée. Ils jurerent donc de suivre * Cortez partout où il voudrait les conduire ; qu'il
partageraient ses travaux et ses dangers , et qu'ils |
ne l’abandonneraient qu’à la mort.
La physionomie de Cortez exprimait la joie et la confiance ; il fit l'éloge de leur courage et les assura qu’il agirait selon leurs désirs, qui étaient aussi les siens. Il leur fit part de l'intention qu'il
avait de former un établissement dans l'endroit |
même où paratifs , € son armée
Il restai plus le con lui avait ı moyen po justice qui fit choisir pouvait co blee, Corte et, son bi dit: « C’e êtes établis à vos arrêt ral qui ne dats ne sat dans cette | preliré les y demander | donc qu’il mandemen!
vous pfie, que vous j droit , USez- $nons me y trer comme En achey
{| ce que nement, ropos les t; on lui tion , on re.
les prossur& de s que s’il reprise si > doutait l’armée, decouraent qui s timides qu’ils les , l'ombre ‘nt tous ise qu'ils le suivre e; qu'ils
et qu'il À
a joie et ge et les i étaient
ion qu’il, l'endroit R
même où ils se trouvaient ; il en ordonna les préparatifs, et puis se disposa à aller, avec le reste de son armée, dans le centre du pays.
Il restait encore à compléter ce jeu. Cortez n’était plus le commandant légitime depuis que Velasquez lui avait reliré ses pouvoirs; il imagina alors un moyen pour y suppléer. It composa une cour de justice qui devait régir Ja colonie qu’il allait établir, ft choisir pour cela les personnes sur lesquelles il pouvait compter le plus, et, des la première assemblée, Cortez se présenta à eux avec un air soumis , et, son bâton de commandant à la main, il leur dit: « C’est au nom de notre monarque que vous êtes établis, messieurs; je dois donc me soumettre à vos arrêts. Je sens, ainsi que vous, qu’un général qui ne doit son autorité qu’au caprice des soldats ne saurait convenir à l'armée, et moi, je suis dans cette position ; depuis que le gouverneur m’a
Lreliré les pouvoirs qu’il m’avait donnés ‚ on peut
demander si j'ai le droit de commander, je crois donc qu’il est de mon devoir de déposer le commandement qui ne m’appartient pius; veuillez, je vous pfie, nommer, pour me remplacer, l'homme que vous jugerez le plus digne ; vous en avez le droit, usez-en. Devenu simple soldat, mes compa- 5N0ns me verront, les armes à la main , leur montrer comme on obéit à son général.
En achevant ces paroles, il présenta avec respect
220 VOYAGES ET CONQUÈTES.
son baton de commandant au président, et se retira. Cette démission parut être acceptée par les juges; ils firent semblant de délibérer ; et, enfin, procédant à une nouvelle élection, Cortez fut, par eux, nommé de nouveau à l’unanimité, Les troupes, rassemblées, approuvèrent avec empressement le choix fait par la cour de justice.
ENTRETIEN V
M. Hunter. Le lieu où l’on se proposait d'établir une colonie fut appelé, par la cour de justice, Villa. rica-de-la-Vera-Cruz, ce qui veut dire Ville riche de la Vraie Croix. |
Ils donnaient le nom de Riche à cette nouvelle ville, parce que là ils avaient, pour .
connu les richesses par..les présens c.
reçus des Mexicains, et parce qu'ils CSpr. ent que là, aussi, serait l’entrepôt général des trésors d’un empire qui, par malheur, en possédait en si grande quantité, | ugs
Ils ajouterent à cette dénomination celle de 4 Vraie Croix, parce que le jour de leur débarquement était l’anniversaire de la mort de Jésus-Christ.
we fois,
Par ce nom bizarre, furent mises en évidence:les Mi
*vaient |
deux passi gnols : la gion. Ils n° remplir éga
C’est ain ses affaires on est cruel celui de la j honteuses p
Taéonon:
aujourd’hui gnols?,
M. Huwre le montrera.
trée, qu’il j luée à quelc Cest là que (ruz, dont ı
On fit alo reux évènen que ce voyag:
Cing Indien:
Tabasco. »
t, et se e par les , eufn, fut, par ‚es trouessement
d'établir e, Villa:
le riche
nouvelle ce fois,
*vaient |
‘ent que ors d’un grande
le de Ia barque- -Christ.
lence jes 4
deux passions dominantes de nos aventuriers espaguols : la soif de l’or et l’enthousiasme de la religion. Ils n’avaient, en effet, d’autre désir que de remplir également le ciel et leur bourse.
C’est ainsi qu’à l’aide de Ja Superstilion on fait ses affaires, sous prétexte de travailler pour le ciel; on est cruel sous le masque de l'humanité ; et sous celui de la piété, on se livre impunément aux plus . honteuses passions. :
Tuéonore. N'est-ce pas la ville que lon appelle aujourd’hui Vera-Cruz, que bätirent les Espagnols?,
M. Hunter. Non : Corte- ‚ comme la suite nous le montrera, transporla cette colonie dans une con- Iree, qu’il jugea plus couvenable, et qui était sinee à quelques milles plus en avant dans le sud, Cest là que se trouve placée, sur nos cartes, Vera- (ruz, dont nous parlerons plus tard.
On fit alors les préparatifs du départ; un heurux événement vint leur aplanir les difficultés que ce voyage n’aurait pas manqné de leur susciter, Cinq Indiens, qu'avait envoyés un cacique d’une lille peu éloignée , den."nderent à étre introcuits ès du général, et lui dirent : « Le cacique Cem- Doalla, notre maitre, désirerait former une alliance vec les Espagnols, dont il a appris les hauts-faits Tabasco. »
Aprés diverses questions que Cortéz fit à ces In-
Taéon:
diens, il apprit d’eux que Montezuma, dont Cem- M. Hu poalla était sujet, était, par sa cruauté et son Orgueil, | perfectio: l’objet de la haine des Indiens, qui, fatigués du étaient d joug qu’il leur imposait, n’attendaient que Pocca Æ pomme, |
*- sion favorable pour lever l’étendard de la révolte, -Cortez put à peine contenir la joie que lui causait
tres, il n° ficatifs, q
une pareille nouvelle; il n’ignorait pas que lem duculted pire le plus puissant est bien aisé à renverser, dis Le lend que le prince s’est attiré la haine de ses sujets; ff que déja cette entreprise, que, d'abord, il taxait de témérité, Æ lon ne : lui parut sous un jour bien différent ; il ne dou désert. Au plus du succès. Aussi, les embassadeurs n’eurent- que, le so
ils qu’à se louer de Paccueil du général ; il les com-
bla de marques d’honnèteté, les pria d’assurer leur
chef de son amitié, et qu’il ne tarderait pas à aller
le trouver.
I ordonna aussitôt à sa flotte de longer la côte;
il se mit à la tête de son armée, et s’empressa à ren-
plir sa promesse, tout en explorant cette contrée] qu’on lui avait di'e si propre à former son établisse
ment. Au bout d’une journée de marche, on trou
ün'‘village entièrement abandonné de ses habitans,
lui envoy:
dirent au priait de s éloigné qu là il trouve tous les vi Cortez .der venu Juin rent que sı lez, alors,
. I * [2 u: + , ; Les maisons et les temptes étaient déserts, et, à yors Jour é ception de u, idoles 3 nn un à de guide.
inc à ra ac hs à ps |: ACER humains que l’on avait sacrifiés, et de quelques Eh nd
vres, les premiers que l’on trouva en Amérique, 0!
= ; que. Le pay ne put rien y découvrir.
considérabl
à ces Inont Cemà Orgucil, igués du ue l’occaà révolte, ui causait que l'emırser, dis sujets; el (émérite, ne douta n’eurent- | les comsurer leur as à aller
r la côte; ssa à ren-
» contrée, l
| établisse. on {rouvi habitans.
et, à l'ex
membre
1elques li
rique, on
Taéopore. Quoi! des livrés comme les nôtres?
M. Hunten. Non, ils n’étaient certes pas aussi perfectionnés, mais il y avait quelque chose. Ils étaient de parchemin, ou de peaux enduites de gomme, et pliés comme des feuillets. Au lieu de lettres, il n’y avait que des figures ou des traits significatifs, qui, commé on le crüt, ne träißgient que du culte des idoles mexicai nes,
Le lendemain on se remit en marche ; mais quoi-
que déjà sur le territoire du cacique Cempoalla , lon ne vit aucune figure humaine. Tout était désert. Aussi Cortez se croyait déjà trompé, lorsque, le soir, l’on vit arriver douze Indiens que
lui envoyait le cacique, ‘ainsi que des vivres, Ils dirent au général espagnol que leur maitre Je priait de se rendre dans ses États, dont il n’était éloigné que d’un soleil ou un jour, l’assurérent que là il trouverait en abondance, pour lui et les siens, tous les vivres et rafraichissemens qw’il desirerait. Cortez .demanda pourquoi le eacique n'était pas venu lui-même à leur rencontre : ils lui répondirent que ses infirmités Pen avaient empêché. Corlez, alors, remercia les Indiens, en Tenvoya six vers leur maitre, et garda les au tres, pour lui servir de guide. |
Le lendemain , on vit la ville qu’habitait le cacique. Le pays était
La: able
agréable et fertile, et paraissait considérable, On vit accourir des soldats que Cor-
tez avait envoyés en avant-garde ; ivres .de joie, ils vinrent annoncer à leur chef que les murs de la ville étaient en argent : cela n'était cependant pas; mais, comme le soleil tombait dessus ces murs, qui étaient enduits d’une chaux bien blanche, qu’ils ne révaient qu’or et argent, ils crurent voir leur rêve accompli, Quand ils entrèrent dans la ville, ils trouvèrent les places et les rues encombrées d’une foule immense d’habitans, qui étaient accourus 'de toute part pour les voir : ils étaient sans armes, et conservaient un silence religieux.
Quand l’on fut arrivé près de la tente du cacique, on ne tarda pas à le voir paraître ; on put, de suite, juger quelle était Pinfirmité qui l'avait empéché d’aller au devant de ses nouveaux amis :
d’une grosseur si démesurée, qu’il pouvait à peine se remuer, et ses officiers étaient forcés de le soutenir et de le faire avancer. Il y avait quelque chose de si bizarre dans la vue de cet homme , qui ne pouvait faire un pas, que Cortez eut beaucoup de peine à contenir ses gens , et à garder lui-même la gravité qu’il devait avoir en cette circonstance. Du reste, il portait un habillement magnifique; son manteau de coton &lait couvert de pierreries, et son nez et ses oreilles en étaient surchargés.
Le discours qu’il tint à la porte fut plein de douceur et d'esprit, et il finit par prier son hôte de venir se reposer chez lui, qu’ils pourraient s’y en-
il était :
tretenir } muns, Le leur four Cortez ne avec le ce son maitr.
ses pays te ne fit plus tre Monte qu'à ses at était si énc Cortez ch:
protection dit qu’il ne protection résister à sc Cortez , rigea vers ( son établiss hit travers pénible jou:
de Quiabisl:
enlource de Se Sauveren ils virent ve sortis du ten ral, et lui di
5 ctaient prêts
joie, ils rs de la
ant pas; urs, qui qu’ils ne eur rêve ils troune foule de toute t conser-
cacique, de suite, empêché
il était:
à peine le souteaxe chose ne pou:
de peine ı gravité reste, il nanteau n nez el
de douhôte de | S'y eD-
retenir plus commodément de leurs intérêts communs. Le reste du jour fut consacré au repos, et on leur fournit des rafraichissemens en abondance, Cortez ne manqua pas, dans Pentretien qu’il eut avec le cacique, de lui dire que le roi de l'Orient, son maître, l'avait envoyé pour faire cesser dans ses pays toute espèce de (yrannie ; le cacique alors ne fit plus de difficulté pour exhaler ses plaintes contre Montezuma, qui lui était devenu odieux, ainsi qu'à ses autres vassaux , Par sa cruauté : son récit était si énergique, qu'il ne put retenir ses larmes ; Cortez chercha à le calmer, lui promit même sa protection ; quant à la puissance du tyran, il Jui dit qu’il ne la redoutait Pas, parce que, sûr de la Protection du ciel, il savait que rien ne pourrait résister à ses armes. | Cortez , le lendemain, reprit sa route, et se dirigea vers Quiabislan » Où il avait résolu de former son établissement ; les plaines et les fonds qu’il fal-
| lait traverser offrirent un aspect riant, el après une
pénible journée de marche > ils aperçurent la ville de Quiabislan, qui était située sur une hauteur et entourée de rochers; à leur atrivée, tousles habitans se Sauvêrent : quand ils se trouvèrent sur la place, ils virent venir à eux quinze Indiens qui étaient sortis du temple voisin ; ils s’approchèrent du general, et lui dirent que le catique et tous les habitans talent prêts à rentrer dans la ville, s’il voulait leur
' promettre qu’il ne serait fait de mal à personne : ’ayoir re
Cortez leur en donna toute espèce d'assurance, et ff narque, i quelque temps après, on vit arriver le cacique et | le tribut tous les habitans, qui, tout en le suivant, n’avaient W moler à le fait que cöder à la peur. Cortez fut charmé dele voir D . Cette n avec le cacique de Cempoalla ; ils étaient tous ks D foujoursf deux sur des brancards : dès qu’ils furent entrés D gnation : en conversation , ils réitérérent leurs plaintes et pérer à de leurs griefs contre le tyran Montezuma. Cortez les saisir des entendit avec un nouveau plaisir, et leur donm D guère pre: l'assurance de sa haute protection. Au milieu de D Cortez ler cet entretien survinrent quelques Indiens , qui s’ap D ctindigna prochèrent tous tremblans des deux caciques , et rent arrêt leur parlörent à l'oreille : l’effroi se peignit aussitôt Æ étrangers sur leur visage, et ils se hätörent de sortir, tout | poussant | le monde les suivit. La cause de cet effroi general Æ d'immoler était arrivée de six officiers de Montezuma, qui, 8 que reclaı superbement vêtus et suivis d'un magnifique cor: @ durent al töge, dont quelques uns avaient , au dessus de leur # avec Ener; tête, des parasols de plume , traverserent le camp ses propre des Espagnols. Ils jeterent même des regards de prisonnier mépris sur Cortez et sur ses officiers ; aussi eut-on Ne voul, beaucoup de peine à empêcher les soldats de vo @ au puissan loir massacrer les Mexicains pour les punir def de faire c leur sotte fierté. On envoya Marine savoir ce quil dans le m se passait, et l’on ne tardæ pas à apprendre que cs officiers, : officiers avaient appelé ces deux caciques devantff cimens, V
eux, ei qu'après leur avoir sévèrement reprocitg venir, per
Personne :
'ance, et acique et n’avaient dele voir t tous les at entrés aintes ct Jortez les ir donn nilieu de ) qui s’apiques , et t aussitôt rtir, tout 1 general ma, qui, que cor- 1s de leur ‚le camp gards de si eut-on ; de voupunir de ir ce qui e que ces es devant reproché
d'ayoir reçu des étrangers ennemis de leur mo narque , ils leur avaient ordonné de livrer, outre . le tribut ordinaire, vingt Indiens, pour les immoler à leurs dieux, qui se trouvaient offensös.
. Cette nouvelle indigna beaucoup Cortez ; mais, joujours prudent , il sut imposer silence à son indignation : il dit aux caciques que, loin d’obtempérer à des ordres aussi barbares , ils devaient se saisir des envoyés, Cependant les caciques n’osaient guère prendre uue décision aussi énergique ; mais Cortez leur ayant réitéré ses ordres avec fermeté etindignation , ils n’osèrent pas lui résister, ils firent arrêter les officiers. Les Espagnols semblörent trangers à cette conduite; les caciques alors , poussant la fureur. jusqu’à la barbarie , résolurent d'immoler ces officiers à la place de vingt Indiens
| que réclamait Montezuma ; ce fut à Cortez qu'ils
durent alors la vie, car il s’opposa de nouveau, avec énergie, à cet acte inhumain ; ce fut même à ses propres soldats que l’on confia la garde des prisonniers.
Ne voulant point déclarer ouvertement la guerre au puissant Montezuma , il jugea plus convenable de faire croire à ce prince que, loin d’avoir agi dans Je malheureux évènement qui arrivait à ces officiers , il lui devait, au contraire , des remercimens, Voici donc la ruse qu'il imagina. Il fit venir, pendant la nuit, deux des prisonniers et
leur donnant la liberté, il leur dit au’il cherche. rait à agir ainsi envers leurs amis, et le lendemain il fit croire qu’ils s’étaient évadés.
Dans les montagnes voisines, il y avait encore d’autres caciques, qui tous voulaient secouer le joug de Montezuma; ils s’allierent avec Cortez, et jurerent de toujours regarder le roi d’Espagne comme leur seul seigneur. Ce fut alors que l’on se mit en devoir d'établir une colonie espagnole, entre Quiabislan et la mer. Ce lieu renfermait tous les avantages que l’on pouvait désirer, car, à un sol fertile, à des forêts magnifiques, il faut joindre le voisinage des côtes. On lui laissa le nom de Yilla- Rica-de-la-Vera-Cruz; mais de nos jours on ne lui a conservé que le nom de Verä-Cruz.
Personne ne fut exempt de travailler, et Corte lui-même se mit à travailler à la construction des
murs et des bâtimens de la ville. Son exemple animà ;
ses compagnons ; les travaux avancèrent avec tant de célérité, qu’au bout de quelque temps la place fut fermée et capable de résister à toutes les machines de guerre des Indiens. Pendant ce temps, les deux officiers que Cortez avait rendus à la liberté arrivèrent près de leur seigneur, et ne manquirent pas de s’étendre sur le service qu'ils croyaient que Cortez leur avait rendu. Cette nouvelle calma la fureur de Montezuma , qui d’abord avait ordonné de lever une puissante armée, pour aller écraser
les etran; se lier avc ceur pour qui Pinca dangereux Il envo des présen deux jeun verent pre les fortifie:
avoir offer dece qu’il de vouloir gneur.
Cortez rı des marque autres priso dire par M plaisir que ses officiers sa demande chrétienne 1 humains, qı par toute es comptait sur sentir à sa Cempoala e protection ;
cherche.
ndemain
it encore couer le Cortez, Espagne je l’on se agnole, nait tous à unsol indre le le Vallain ne lui
t Cortez ction des le animà vec tant
la place les ma- »mps, les a liberte manqueroyaient le calma ordonné r écraser
les étrangers, ainsi que ceux qui avaient voulu
se lier avec eux ; il se décida alors à user de douceur pour faire partir, s'il ét.it possible, ceshommes qui lincommodaient, et qui pouvaient devenir dangereux. |
Il envoya donc une ambassade à Cortez, avec des présens magnifiques : il les fit même offrir par deux jeunes princes de ses parens. Ceux-ci arriverent près du général espagnol, au moment où les fortifications venaient d’être achevées. Après avoir offert leurs présens, avoir remercié Cortez dece qu’il avait fait pour eux, ils prierent Cortez de vouloir bien abandonner les États de leur seigneur.
Cortez reçut l:s ambassadeurs avec les plus grandes marques de distinction : il fit venir les quatre autres prisonniers, leur donna la liberté, et leur fit
a dire par Marine qu'il était bien contrarié du dépP |
plaisir que l’on avait causé à Pempereur en faisant ses officiers prisonniers, mais qu’il ne le devait qu’à sa demande barbare ; il fit ajouter que la religion chrétienne regardait comme un crime les sacrifices humains, qu’il était chargé de les abolir partout, et Par toute espèce de moyen; il leur dit encore qu’il comptait sur la générosité de l'empereur, pour con-
entir à sa prière, à pardonner aux Caciques de
| Cempoa!la et de Qwabislan, à qui il AVaif nromis sa
+ Fa
Protection ; car Ja manière affable dont ils l'avaient ; 10.
reçu, et les soins qu’ils avaient pris de lui faire oublier la conduite de Teutile , les avaient rendus ses amis; que, pour son départ, il avait déjà prévenu l'empereur qu'il ne pouvait l’effectuer avant d’avoir été admis à l'honneur d’avoir uncentrevue avec lui; que, du reste, rien ne pourrait empêcher les soldats européens d’obéir aux ordres de leur maitre.
Les ambassadeurs se retirèrent fort satisfaits de
Cortez, admirant son courage'et son sang-froid, et B
regardant, au contraire, avec mépris la conduite faible de leur maître.
Déjà la nouvelle ville espagnole était capable de se défendre et Cortez résolut de se rendre, ainsi qu’il l’avait décidé, dans la ville. Tout lui r&ussissait selon ses désirs, et cependant son zèie pour la reli-
gion pensa lui être funeste. Ayant appris que l’on R devait, dans un temple de ses alliés, consommer un |
sacrifice humain, il en futirrité à un tel point que, n’écoutant que sa juste indignation, ils’y transporta avec des hommes armés, et jura de tout mettre à feu et à sang, si on ne rendait de suite la liberté aux malheureuses victimes d’une äussi atroce superslition. |
CHARLOTTE. Je-ne trouve rien de blämable dans sa conduite.
M. Hunter. Certes ;"mais il n’aurait pas dû exi-
ger que des prètres brisassent leurs idoles et renon-
cassent naissaie Les p
un pare fut inut prompte les renv sitôt au d’Indien entoureı quoi inti s'étonne:
crie à la tirerait s la destru roles aux à exécu(t tomber la les autres ses. Corte de sang © la place, | Conste daient, à ber sur cı que ces hc fiers et tre mencèren|
faire ouendus ses | prévenu it d’avoir ‚avec lui, es soldats re.
isfaits de
-froid, et B
conduite
ıpable de re, ainsi éussissait ır la reli-
que lon
mmer un |
oint que, 'ansporta ttre à feu yerie aux supers(i-
able dans
18 dû exiet renon-
EORTEZ. 231
cassent à leur fausse religion, puisqu'ils n’en connaissaient pas d’autres.
Les prêtres le suppliörent de ne pas exiger d’eux un pareil sacrilége, Le cacique était tremblant, tout fut inutile : voyant que lon n’exécutait pas assez
promptement ses ordres, il ordonna à ses soldats de.
les renverser eux-mêmes. Les prêtres criérent aussitôt aux armes; bientôt une quantité immense d’Indiens se réunissent: auprès, de leurs prêtres, et entourent Cortez et sa pe:ite iroupe. Il,y avait de quoi intimider tout autre que Coriez ; mais lui, sans s’élonner, et plus terrible par laspect du danger, crie à la multitude que la première flèche que l’on tirerait serait le signal de la mort du cacique et de la destruction de tout le pays. Marine rendit ces paroles aux Indiens, et aussitôt les troupes se mirent à exéculer les ordres de leur chef. Bientôt lon vit tomber la plus grande et la plus hideuse des idoles ; les autres eurent le même sort, les vases furent brises. Cortez fit nettoyer le temple, laver les taches de sang que l’on voyait sur le pavé, et fit placer, à la place, l’image de la Vierge.
Consternés et tremblans ‚ les Indiens s’attendaient, à chaque instant, à voir le feu du ciel tomber sur ces indignes profanateurs ; mais, voyant que ces hommes, après ce sacrilége, se promenaient fiers et tranquilles, ils ouvrirent les yeux, et commenctrent à croire que les Espagnols aussi devaient
La
mes
en ur: ee