ENTRETIEN PREMIER
M. Hunter, excellent père de famille, hemme rempli de vertus et d’érudition, aimait à instrüire lui-même ses enfans : pour leur faire goûter. ses lecons, il les donnait sous la forme de narrations amusantes; par ce moyen, il piquait leur
12 VOYAGES ET CONQUÈTES.
curiosité, tout en éclairant leur esprit des lumières de la science, et en nourrissant leurs jeunes cœurs des principes d’une saine morale. Déjà il leur avait fait le récit de plusieurs histoires intéressantes, et depuis quelque temps ils le priaient d’en commencer une autre. Répondant enfin à cet empressement qu’il cherchait lui-même à provoquer, il venait de promettre à l’un deux de raconter des voyages.
Tuéonore avec empressement. O mes frères !… John ! Théophile ! Lucien: Conrad !.... arrivez donc!
Lucien accourant. Mon Dieu ! qu'est - il survenu ?
Tu£ovore. Rassure-toi , mon ami, rien que de très agréable. Papa veut bien encore nous conter une de ces histoires qui nous amusent tant.
Lucrex. Laquelle ?
Taéopore. Je ne saurais te le dire au juste ; mais, d’après quelques mots échappés à papa , je pense qu’il s’agit de voyages, de naufrages, de sauvages! Tu sais quel plaisir nous a fait l’histoire de Robinson ! <
Coran. En ce cas, je vais appeler tous nos frères, et Charlotte aussi, n'est-ce pas, mon papa ?
M. Hunter. Oui, mon ami, faites-les venir tous.
(Ici Conrad
cessiveme Ferdinan
Tous LES vous voulez toire?
M. Huwr puisque cela
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M. Hunı fant ; l’abs vide dans m ment.
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M. Hoi d’hui, mes je vous en de l’un de aient exist tribué à l maines en
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(Lei Conrad rentre tout joyeux ; puis arrivent successivement Charlotte, Henri, John, Didier, Ferdinand, Philippe, William et Frederic.)
Tous Les enrans. Ah ! quel bonheur: Papa; vous voulez donc bien nous raconter une histoire ?
M. Hunter. De tout mon cœur, mes enfans , puisque cela paraît vous faire tant de plaisir.
Les enraws. Oh! oui, cela est si intéressant !
Cuartorre. Mon papa, voulez-vous bien me permettre d'aller avertir maman ? Il ne faut pas commencer avant qu’elle soit ici.
M. Hunter. Vraiment, je l’oubliais, mon enfant ; l'absence de ta maman laisserait un grand vide dans mon auditoire ; amène-la donc promptement.
(Tandis que toute la famille se réunit , M. Hunter se recueille, et , après quelques instans, prend la parole en ces termes. )
M. Hoster. Ce que je vais vous dire aujourd’hui, mes chers enfans , n’est pas un conte comme je vous en ai fait quelquefois , mais bien l’histoire de l’un des hommes les plus extraordinaires qui aient existé, de ce grand homme qui a tant contribué à l’agrandissement des connaissances humaines en découvrant un nouveau monde ; en un
mot, c’est l’histoire de Christophe Colomb que vous allez entendre.
Jean. Oh! cela doit être charmant, si j’en juge d’après ce que j’en ai déjà lu.
M. Hunter. Ce célèbre navigateur est né à Génes, en Italie, vers la fin du quinzième siècle; fils d’un marin recommandable, il montra , bien jeune encore, toutes les qualités nécessaires pour suivre avec succès la même carrière que son père. Les plaisirs des jeunes gens de son âge lui étaient inconnus; n'étant qu’un enfant, il songeait à devenir un homme , et ii écudiait avec ardeur. Il apprit rapidement le latin, qui était alors la clef de toutes les sciences, attendu que les savans n’écrivaient que dans cette langue ; puis il se livra à l'étude de la géographie, de la géométrie et de lastronomie avec tant d’application qu’il posséda bientôt plus de connaissances que la plupart des marins célèbres qui l'avaient précédé.
Comme le père de Colomb et ses compatriotes ne naviguaient que dans la Méditerranée, ce fut sur cette mer que le jeunr homme fit ses premières courses ; mais il se sentit bientôt à l’étroit sur cette vaste étendue; c'était sur l'Océan qu'il était impatient de s’élancer. A l’âge de quatorze ans, ayant trouvé l’occasion de faire un voyage dans l'Océan septentrional , il la saisit avec empressement , et
ce voyage ai avait acquis de l’un de sc et contre les part-nait.
Un jour.
Colomb aya vint à l’aboi éclata à bo lence , qu’il Le jeune hi jeta à la me débris qu’il deux lieues et sauf; apr dirigea ver royaume. I qu'en le cor que sorte à qu’il acquit Les mar truits et le déjà ils s’et dans des r& eux, et leu découverte situées dan leur avait | un passage
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CHRISTOPHE COLOMS. 45
ce voyage augmenta encore les connaissances qu’il avait acquises. À son retour, il servit sous les ordres de l’un de ses parens qui croisait contre les Turcs et contre les Vénitiens avec une escadre qui lui appart-nait.
Un jour, le bâtiment sur lequel se trouvait Colomb ayant attaqué un vaisseau vénitien, on en vint Al’abordage; mais, dans ce moment, le feu éclata à bord des deux navires avec tant de violence , qu’il n’y eut bientôt plus d’espoir de salut. Le jeune héros, qui était un excellent nageur, se
jeta à la mer sans hésiter ; il s’empara du premier
débris qu'il rencontra, et, quoiqu'il füt éloigné de deux lieues des côtes du Portugal, il y arriva sain et sauf ; après avoir pris le repos nécessaire, il.se dirigea vers Lisbonne, qui est la ‘capitale de ce royaume. La fortune ne pouvait mieux le servir qu’en le conduisant dans ce pays, et ce fut en quelque sorte à cet évènement que Colomb dut la gloire qu’il acquit par la suite. |
Les marins portugais étaient alors les plus instruits et les plus entreprenans de toute l’Europe; déjà ils s’&taient avancés sur l'Océan atlantique; dans des régions où personne n’avait pénétré avant eux, et leur courage avait été récompensé par la découverte des îles de Porto-Santo et de Madère, situées dans le voisinage de l’Afrique. Ge succès leur avait fait concevoir l'espérance de découvrir un passage pour arriver dans l'Inde,
CP
Fervivann. Il ne fallait pas chercher beaucoup pour trouver cela.
M. Hunter. Tu crois, mon ami ?
Ferpınann. I me semble qu’il aurait suffi de
consulter la carte; il leur eût été facile de voir |
qu’en suivant les côtes occidentales de l'Afrique, en doublant le cap de Bonne-Esperance, et en remontant les côtes d'Afrique de l’autre côté, ils devaient infailliblemeni arriver dans Inde.
M. Hunter. Comment se fait-il donc que des gens d’un si grand mérite aient cherché si longtemps une chose que nous trouvons si aisément?
Joux. Cela ne nous est facile que parce que nous avons les cartes de toutes les parties du monde, et de plus la certitude que l’on peut aisément doubler le cap de Bonne-Esperance.
M. Hunter. Qu’en dis-tu, toi, Ferdinand ? pensestu qu’il existät alors une carte d’Afrique, et que la possibilité de doubler le cap füt connue ?
Joux. Cela ne pouvait pas être, puisque personne n’avait pénétré jusque-là, et c’est ce qui fait
la gloire des Portugais qui tentèrent les premiers
de tourner le midi de PAfrique pour aller dans PInde.
Hexrı. On peut voir, en consultant la géographie ancienne, que l'or ne connaissait autrefois que
le nord de l’A
anciens ne po jusqu’au pôk midi.
M. Honre viendras qu là, il nous et gais de trou tu savoir auj possible de s de l’Amerig:
et de l’Asie,
FERDINAN
M. Hours
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M. Hunte cela? °
FERDINAN gnorait.
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le nord de l’Afrique et une partie de l'Ethiopie. Les anciens nepouvaientdoncsavoir sila terre s’étendait jusqu’au pôle nord, ou si elle finissait du.côté du midi.
M. Hunter. D’après cela, Ferdinand , tu conviendras que si nous eussions vécu dans ce tempslà, il nous eût été tout aussi difficile qu'aux Portugais de trouver ce passage. Par exemple, pourraistu savoir aujourd’hui, à l’aide de tes cartes, s’il est possible de se rendre dans l’Inde en faisant le tour de L'Amérique septentrionale ou celui de l’Europe et de l'Asie, par le nord-ouest ?
Ferninan. Je ne saurais voir cela sur les cartes.
M. Hoxter. Et pourquoi ne le vois-tu pas?
Fervınann. C’est que les cartes n’indiquent pas s’il y a une mer libre entre l'Amérique et l'Asie,
M. Huwrér. Sais-tu pourquoi on a omis d'indiquer cela? *
Ferpınand. Je pense que l’auteur des cartes l’ignorait.
M. Hunter. Ne pouvait-il donc pas s’éclairer sur ce point en consultant ies relations des voyageurs ?
FerdınanD. Il faudrait, pour cela, que quelqu'un cüt déjà fait ce voyage.
M. Howren. Et justement personne ne l’a fait
donc un gran 1 aplanit tant d l'Inde plus co:
jusqu’à présent. Ilen était de même pour le midi N de l’Afrique, au temps dont nous parlons; per- I sonne ne savait qu’it y eût une mer libre de ce côté, et voilà pourquoi il a fallu tant de tenta- tives pour découvrir ce passage. Tu comprends’ Lela ?
; Colomb, q Capitaines de ces capitaines Madère; circ
FERDINAND. Oui, mon papa.
M. Hunter. Maintenant je reviens à Colomb. Ompprojets, en hı avait déjà entendu parler de lui à Lisbonne, lors. [eartes et les ji qu’il y arriva ; aussi fut-il bien accueilli par les ma- beau-père. II rins les plus instruits. A cette époque, il n’était ces "ÜOLUMENS question que des entreprises des Portugais, et l'on |‘roître le dés ne s’entretenait que du plan à l’aide duquel on [eOUvertes. Qu
espérait pouvoir aller dans l’Inde par l'Atlantique. dere, et visit Comme sa fe
livra au comr spéculations ı jet qu’il médi
Dinrer. Quel était donc le chemin par lequel on y avait été jusque-là ?
M. Hunter. Il n’y avait alors que les Vénitiens qui fissent le commerce dans l’Inde. Les produits de ce pays étaient embarqués sur la mer Rouge, qui doit son nom à la couleur du sable qu’elle con- | tient; mais celie mer n’ayant point de communication avec la Méditerranée, il fallait décharger les vaisseaux, et les marchandises traversaient listhme qui sépare ces deux mers soit par des canaux, soit sur des chameaux ; elles étaient ensuite embarquées de nouveau à Alexandrie, en Égypte, d'où elles arrivaient à Venise par la Méditerranée. Il y avait
Peut-être, chent:les Por aller. dans li
| midi ; perde ce tentarends
ıb. On} ‚ lors- 5 man’était t lon el on tique.
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itiens Jduits ouge, à COR= Micaer les sthme , soit quees es aravait
donc un grand avantage à trouver un chemin qui 1 aplanit tant de difficultés et rendit le commerce de l'Inde plus considérable.
, Colomb, qui s’etait lié d'amitié avec quelques capitaines de vaisseau, épousa la fille de l’un de ces capitaines, qui avait découvert Porto-Santo et Madère; circonstance qui favorisa beaucoup ses projets, en lui donnant la faculté de consulter les [cartes ct les journaux de l’habile marin devenu son beau-père. Il passait les jours et les nuits à étudier ces documens, et il sentit à chaque instant s’accroitre le désir de faire lui-même de nouvelles découvertes. Quelque temps après, il se rendit à Madere, et visita d’abord les Açores et les Canaries. Comme sa fortune n’était pas considérable, il se livra au commerce avec succès; mais ses heureuses spéculations ne purent le détourner du grand projet qu’il méditait.
ENTRETIEN IT
Peut-être, pensait Colomb , le chemin que cherchent:les Portugais n’est-i pr: le plus court pour aller. dans V’Inde. Si la terre est ronde, comme je le
crois, n’est-il pas probable que l’autre hémisphère a été, ainsi que le nôtre, créé par Dieu pour être ha-| bité par des hommes et d’autres créatures? Je ne saurais croire que la mer couvre en entier cet autre hémisphère. Si donc, au lieu de côtoyer l'Afrique, on faisait route droit à l’ouest à travers le grand Océan, on arriverait aux Indes ; ce pays cst probablement beaucoup plus grand que l’on ne pense, et s'étend beaucoup à l’est de l'Europe. S'il en est ainsi, la route par l’ouest est la plus courte.
Le beau-frère de Colomb, ainsi que le patron d’un navire portugais, en s’avancant à l’ouest, dansfpromptement l'Océan atlantique, avaient, à plusieurs reprises, | Colomb, er trouvé à ia mer des pieces de bois artistement tra-[de mener à bo vaillees, et que les vents d’ouest poussaient dans la [n’hésita plus à direction des îles Canaries. De temps à autre, lesléquiper des v: flots, excités par les mêmes vents, amenaient aussi, [tait pas de fai sur les côtes occidentales des îles Açores, des arbres lappeler à la m d’une espèce tout à fait inconnue aux habitans delnées. ces contrées. La mer avait enfin jeté, sur ces mêmes| IF pensa d’: rivages, deux cadavres humains dont la figure neldes richesses ( ressemblait en rien à celle des autres hommes d’Eu’Inouvelles déco ropc, d'Afrique ou d’Asie. Tous ces accidens fai-|Gênes, et lui | saient connaître des conjectures dans l'esprit delle priant de lu Colomb qui, en comparant ces diverses observations pour leur exéc avec les notions que lui fournissaient les auteurs aulle grand homn sujet de l’Inde, en conclut qu’à l'Occident il y avait|lui répondit pe une terre habitée par des nations probablement po-| Sans perdre er à ja cour «
licées , et cetti une convictior modeste qu’ {ures à un mé passait pour | l'Italie.
Celui-ci apr et le trouva tr gnala plusieur sister dans se
| CHRISTOPHE COLOMB,. 21 hère a
re ha- Je ne autre rique , grand
Hlicees, et cette conclusion fit naître dans son esprit une conviction véritable ; mais, comme il était aussi modeste qu’ingenieux, il fit part de ses conjectures à un médecin de Florence, nommé Paul, qui passait pour l’un des hommes les plus savans de proba- l'Italie. »
vense,f Celui-ci approuva le raisonnement de Colomb, en estfet le trouva trés judicieux ; à tel point qu’il lui signala plusieurs circonstances propres à le faire perpatronfsister dans ses nobles résolutions et à les mettre , dansfpromptement en œuvre. rises,| Colomb, entièrement persuadé de la possibilité it traans la n’hésita plus à exécuter; mais il fallait pour cela e, lesléquiper des vaisseaux, et sa fortune ne lui permetaussi, [tait pas de faire de telles dépenses : il dut alors en
arbres [appeler à la munificence de quelques têtes couron-'
ans de |nees.
nemes| Ik pensa d’abord à faire profiter son pays natal ire neldes richesses et de la gloire qu’il attendait de ses d’Eu-]nouvelles découvertes. Il s’adressa donc au sénat de is fai-lGênes, et lui fit part des plans qu’il avait tracés en rit delle priant de lui accorder les sommes indispensables ations|pour leur exécution. Mais le sénat, ne voyant dans urs au le grand homme qu’un aventurier et un charlatan, avait]lui répondit par un refus.
nt po-| Sans perdre courage, Colomb résolut de s’adres- er à ja cour de Lisbonne; cour qui s'était déjà
de mener à bonne fin un projet si grand et si utile, -
rm Ba ar Gemma DER Zr na
la cour étail sur l’Andal avec un pri peu d’espoir fut néanmoi le roi d’Esp prêtèrent un demande de et Si elrangı une réponse [mandé l’avis
rendue célèbre par d’heureuses tentatives sur Jedi mers, et qui, assurément, ne refuserait pas de s’associer à la gloire dont notre héros demandait à
. 3e couvrir : il y développa ses desseins, qui, cette fois, furent bien accueillis, mais avec l’arriérepensée d’en profiter au détriment de celui qui les avait conçus. En effet, il n’eut pas plutôt exposé ses plans, que le Gouvernement portugais fit &quiper un vaisseau, et charger, en second > un Cap: laine expérimenté de Parcourir la route tracée par Colomb ; mais ce Capitaine , qui était loin de partagerl’enthousiasme et la conviction qui inspiraien{] C*Perts dans l’auteur de cette noble entreprise, après une courte un ces ab navigation à l'Occident, perdit bientôt courage et ‘'absurdes 0 rentra au port, confus et désappointé. - d'abor de Les En apprenant une action si déloyale , Colomb ‚mer qui pe “indigne, partit de Lisbonne et se dirigea vers MaJque, malgré drid, après avoir donné mission à son frère Barthé: asien lemy d’aller réclamer des secours du roi d’Angle-[ {rois années ( terre, dans le cas où , de son côté, il échoueraitleette PET dans ses démarches auprès de la cour d’Espagne.[que la terre ı Alors, sur le trône espagnol, était assis Ferdinand|Ment en con le Catholique, prince d'un caractère peu aventu-[POUr revenir reux et nullement doué de l'énergie nécessaire pour] obligation d mener à bonne fin une entreprise qui prösenterait| Plus favorable quelques obstacles ; d’ailleurs, comme les Maures|se IHOHUSR d s’élaient emparés d’une grade partie de ses Etats ‚| N plus ” il était en guerre alors avec leur dernier roi, dont! l'avaient préc
; sur Jay la cour était à Grenade, et qui étendait son sceptre pas degsur PAndalousie, Dans un tel état de choses ‚et andait ‚JaYec un prince comm» Ferdinand, Colomb avait ti, cettegpeu d'espoir de voir accueillir ses propositions : il arrière on qui les le roi d’Espagne et par la reine Isabelle ; qui lui | exposé prelerent une oreille attentive; mais l’objet de la demande de Colomb leur parut d’un genre si neuf et Si étrange, qu'ils ne purent se décider à faire une réponse posilive, sans avoir préalablement dedb par-[mande l'avis des hommes qu’ils réputaient les plus piraienıfe*Peris dans la navigation. Colomb, renvoyé dee courte "ant ces arbitres, ne put s’en faire comprendre , et rage ei d’absurdes objections furent tout ce qu'il en obtint d’abord. Les uns affirmaient que l'étendue de la olomb [Mer qui sépare l’Inde de l’Europe était si grande, ers Maldue, malgré la navigation la plus favorable, on ne Barthé-IPouvait pas atteindre la terre la plus prochaine avant Angle- trois années de traversée, Un autre soutenait, ayac ouerait{cetie assurance que la sottise seule peut donner, pagne.lque la terre étant ronde, on descendrait constamdinand]Ment en continuant sa route vers l’ouest, et que, ventu-[POur revenir de ce point on se trouverait dans ‘© pour P’obligation de toujours monter, ce que le vent le nterait| Plus favorable ne permettrait jamais. D’autres, pour Haures|%e moquer de lui, disaient qu’il avait tort de se États, croire plus instruit que les milliers d'hommes qui 4 déntllavaient précédé dans ce monde, ct qu’il n’était
fit &quian capiicée par
fut néanmoins reçu d’une maniére distinguée par
24 VOYAGES ET CONQUÈTES. Ci
pas probable que les terres qu’il croyait devoid Joux. Ce quej trouver de l’autre côté de notre globe eussent étéuel il reçoit tou ignorées depuis tant de siècles écoulés depuis lafächs, et j'aurais création. M. Hunter. 1
A l'ignorance de ces juges orgueilleux, Colombkcrait plus un gr: opposa une persévérance remarquable ; cependantkique, loin de se il mit dans ses réponses la modération et la röservehait les franchir : qu’on devait trouver dans un homme aussi modestehu’elle veut attei que pénétfé de la bonté de sa cause : c’est ainsiPingratitude et d qu’il réfuta toutes les objections qu’on lui avaitdnoins élevées qu’ faites, sans s’écarier du respect que ses juges luiPour elle, les d commandaient. Mais cinq années entières se pas-houvelles à remp sérent avant qu’il eût une réponse, et ce n’esthttachée sur l’obj qu’au bout de ce temps qu'il apprit, avec douleur,kue du succès, ell qu’un rapport défavorable avait été fait au roi, parf’est cette consta ces hommes aussi entêtés qu’ignorans : on lui de-Feritable grand | clara, d’ailleurs, que, tant que l'on serait en] Comme son fr: guerre avec les Maures, il était impossible de s’oc-bonse d’Angleter: cüper d'entreprises de ce genre. oyage de Londr:
Colomb eut recours à deux grands d’Espagne, aheureuse travers qui leur fortune permettait d’armer une petite flotte, Après avoir passé et de lui faire traverser les mers pour faire des de-il était parvenu ; couvertes; mais il se vit de nouveau refusé par cestol britanniqn seigneurs, qui n’avaient pas plus de courage que dehw’afin de foi dans ses promesses. haraitre
Hexnr. Il est pénible de voir ce grand homme re-Liner poussé de toute part!......... Ses projets étaient sublimes!- |
voir Joux. Ce quej’admire, c’est le sang-froid avec let étuel il reçoit tous les refus ; à sa place, je me serais is lafiché, et j'aurais laissé là toutes les entreprises.
M. Hunter. Mais, s’il eût agi ainsi, Colomb ne ombferait plus un grand homme. Une ame haute, énerdantkique, loin de se laisser abattre par aucun obstacle, ervegait les franchir tous pour arriver au but glorieux lestehju’elle veut atteindre; elle souffre certainement de ainsiPingratitude et de l’indifférence des autres qui sont Vaitmoins élevées qu’elle, mais elle ne perd pas courage. s luiPour elle, les difficultés sont autant de victoires pas-houvelles à remporter ; sa pensée est constamment r’esthitachée sur l’objet qu’elle se propose, et, convaineur,kue du succès, elle aspire sans cesse après le résultat. ‘parT’est cette constance admirable qui fit de Color ” dé-Yéritable grand homme. c en] Comme son frère ne lui avait env ’oc-ponse d'Angleterre, il se décida :
oyage de Londres. B:rthél:
e, äheureuse traversée, av tte, Après avoir passé plı de-il était parvenu à cesfol britanniqn e defu’afin de daraitre re-Éiner su-
26 VOYAGES ET CONQUÈTES.
quitter l'Espagne sans l’embrasser encore une fois il alla le voir au couvent où il Pavait mis en pe sion. Le supérieur de cette maison, le père Perez homme très savant, lui fit un excellent accucil, reçut la confidence des projets qu’il avait cancus et des désagrémens qu’il avait essuyés. Pénétré d la grandeur et des avantages d’une entreprise qui le génie seul pouvait apprécier, il fit part à Colon du crédit qu’il avait auprès d’Isabelle, et le pria d ne point partir pour l’Angleterre avant que la rein ait répondu à la lettre qu’il allait lui adresser e faveur du grand homme abandonné à ses propr facultés.
Les vives représentations que Perez fit à la rein | nutées favorablement , et Colomb fut d a cour. Isabelle lui fit accueil le plu " recevait déjà les félicitations d de son entreprise, lorsqu’i ‘égues par la faiblesse d
UT
ar les hommes qu’i ‘du navigateur sent desap
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