ENTRETIEN PREMIER
M. Huwren, excellent père de famille, homme rempli de vertus et d’érudition , aimait: à instruire lui-même ses enfans : pour leur faire goûter ses leçons , il les donnait sous la forme: de. nara- D tions amusantes; par ce moyen, il piquait leur lb |
curiosité, tout en éclairant leur esprit des lu- . mières de la science , et en nourrissant leurs ! jeunes cœurs des principes d’une saine morale. Déjà il leur avait fait le récit de plusieurs histoires intéressantes, ‘et depuis quelque temps ils le priaient d’en commencer une autre, Répondant enfin à cet empressement qu’il cherchaît lui-même # à provoquer, il venait de promettre à l’un d’eux 4 de raconter des voyages.
VOYAGES ET CONQUÈTES.
THÉODORE, avec empressement. O. mes frères !… John! Théophile! Lucien ! Conrad !... arrivez donc!
Lucren, accourant. Mon Dieu! qu'est - il survenu ?
Taéonore. Rassure-toi, mon ami, rien que de très agréable. Papa: veut bien encore nous conter une de ces histoires qui nous amusent tant.
Evcrex. Laquelle?
Taéonore. Je ne saurais te le dire au juste ; 1 mais, d’après quelques mots échappés à papa, je ! pense té s’agit de voyages, de naufrages, de * sauvages !.… Tu sais quel plaisir nous a fait l’histoire de Robinson è
Coxnan. En ce cas, je vais appeler tous nos 4 frères, et Gharlotte aussi, m’est-ce pas, mon papa ? ! M. Huwser. Oui, mon ami, fais-les venir tous. Mai
des lu- 4 (Ici Conrad rentre tout joyeux; puis arrivent sucnt leurs cessivement Charlotte, Henri, John, Didier, Fermorale. dinand, Philippe, William et Frédéric.) Dis es Tous Les ENFans. Ah! quel bonheur! Papa, De vous voulez donc bien nous raconter une his- + toire?
lui-même # ‘are
un d'eux © M. Huwres. De tout mon cœur, mes enfans, 4 puisque cela paraît vous faire tant de plaisir.
4 Les Enrans. Oh! oui, cela est si intéressant !
. arrivez ® Crancorre. Mon papa, voulez-vous bien me
1 Lei d’aller avertir maman? Il ne faut pas ommencer avant qu’elle soit ici.
st - 1l sur-
M. Huwrer. Vraiment, je l’oubliais, mon enen que de . fant ; l'absence de ta maman laisserait un grand ous conter | vide Lis mon auditoire ; amène-la. donc prompteat. | ment.
" Tandis que toute la famille se réunit, M. Hunter À serecueille, et, après quelques instans, prend
au juste ; 4 la parole en ces termes.) à papa, je M. Hunrsn. Ce que je vais vous {dire aujour. frages , de X que j u
d’hui, mes chersenfans , n’est pas un conte comme ÿe vousen ai fait quelquefois, mais bien l’histoire Qde l’un des hommes les plus extraordinaires qui daient existé , de ce grand homme qui a tant con- Mtribué à l'agrandissement des connaissances huaines en découvrant un nouveau monde; en un
a fait l’his-
r tous nos
mon papa !
venir tous.
4 VOYAGES, ET CONQUÈTES.
mot, c’est l'histoire de Christophe Colomb qu vous allez entendre.
Joux. Oh ! cela doit être FOUT si Fe juge d'après ce que j’en ai déjà lu.
M. Huwren. Ce célèbre navigateur est né à Gtnes, en Italie, vers la fin du quinzième siècle; fils d’un marin recommandable , il montra, bien jeune encore , toutes les qualités nécessaires pour suivre avec succès la même carrière que son père. Les plai- #4 sirs'‘des jeunes gens de son âge lui étaient incon- * #* nus ; n'étant qu’un enfant , il songeait à devenir un homme, et il étudiait avec ardeur. Il apprit # rapidement le latin , qui était alors la clef de toutes Ævi les sciences, attendu que les savans n’écrivaient Hé que dans cette langue ; puis il se livra à l'étude L de la géographie , de la géométrie et de l’astrono- # mie avec tant d'application qu'il posséda bientôt À plus de connaissances que la plupart des marins 4 célèbres qui l’avaient précédé. 4
Comme le père de Colomb et ses compatriotes #15 ne naviguaient que dans la Méditerranée , ce fut À sur cette mer que le jeune homme fit ses premières ? coutses ; mais il se sentit bientôt à l’étroit sur cette à vaste étendue ; c'était sur l'Océan qu’il était im- # patient de s’élancer. À l’âge de quatorze ans , ayant ! trouvé l’occasion de faire un. voyage dans l’Océan ! septentrional , il la saisit avec empressement, el 4
) que vous j'en juge
né à Gèsiècle; fils bien jeune our suivre e. Les plaient incont à devenir . AL apprit
f de toutes 4
’écrivaient ra à l'étude e l’astronoéda bientôt des marins
ompatriotes née , ce fut s premières 2 oit sur cette il était im-.
| CHRISTOPHE COLOMB. ÿ 4 ce vo age augmenta encore les connaissances qu'il
{ avait acquises. À son retour, il servit sousles ordres ! de l’un de ses parens qui croisait contre les Turcs “et contre les Vénitiens avec une escadre qui lui ap-
‘| partenait.
‘ Frépéric. Je voudrais bien savoir ce que , l'on Î entend par ce mot croiser ?
© M. Huwren. Croiser, c’est parcourir certains pa- Arages pour surveiller les vaisseaux ennemis que Mlon espère y rencontrer, et s’en rendre maître s'il est possible.
Un jour, le bâtiment sur lequel se trouvait AColomb ayant attaqué un vaisseau vénitien, on en vint à l’abordage ; mais , dans ce moment. le feu jéclata à bord des deux navires avec tant de vio- Mence, qu’il n’y eut bientôt plus d’espoir de salut. fi e jeune héros, qui était un excellent nageur, se eta à la mer sans hésiter ; il s’empara du premier débris qu’il rencontra , et, quoiqu'il fût éloigné de
Adeux lieues des côtes du Portugal , il y arriva sain
let sauf; après avoir pris le repos nécessaire, il se dirigea vers Lisbonne , qui est la capitale de ce royaume. La fortune ne pouvait mieux le servir Qqu’en le conduisant dans ce pays, et ce fut en iquelque sorte à cet évènement que Colomb dut la Agloire qu’il acquit par la suite,
Sans , ayant !
Les marins portugais étaient alors les plus ins-
lans l'Océan !
ssement ; €! 4
6 VOTAGES ET CONQUÈTES.
truitset les plus entreprenans de toute l’Europe; |, déjà ils s'étaient avancés sur l'Océan atlantique , : dans des régions où personne n'avait pénétré | avanteux, et leur courageavait été récompensé par la découverte des îles de Porto-Santo et de Madère, î situées dans le voisinage de l'Afrique. Ce succès à | leur avait fait concevoir l’espérance de découvrir ! un passage pour arriver dans l'Inde. ;
Fenprnanr. Il ne fallait pas chercher beaucoup | pour trouver cela. |
RE uma te. nm TE TR eee ne pires ape qre
M. Huwrer. Tu crois , mon ami?
Fenpnanr. Il me semble qu'il aurait suffi de Ai | consulter la carte ; il leur eût été facile de voir 4 | qu’en suivant les. côtes occidentales de l'Afrique,
1h. en doublant le cap de Bonne-Espérance , et enre %
| | montant les côtes d’Afrique de l'autre côté, ik gi |
2 r2 Ld e E t m m
n ges à ab
devaient infailhblement arriver dans l’Inde.
M. Hunter. Comment se fait-il donc que des 4 gens d’un si grand mérite aient cherché si long. 4 temps une chose que nous trouvons si aisément ?
Joux. Cela ne mous est facile que parce qu # mr. nous avons les :cartes dé toutes les parties di % À Pr monde , et de ‘plus la certitude que l'on peu à. aisément doubler lecapde Bonne-Espérance. ply
M. Hunren. Qu'en ‘distu, toi, Ferdinand: à en?
1 CHAISTOPHE COLOMB. 7
l'Europe ; 4 enses-tu qu'il existât alors une carte d’Afrique , tlantique, Æ$t que la possibilité de doubler le cap fût connue ?
it pénêtré | Joux. Cela ne pouvait pos être, puisque permpensé par fonne n'avait pénétré jusque-là, et c’est ce qui fait de Madère, ka gloire des Portugais qui tentèrent les premiers Ce suecès de tourner le midi de l'Afrique pour aller dans > découvrir Inde.
À Hexnr. On peut voir, en consultant la géogradhic ancienne , que l’on ne connaissait autrefois Que le nord de l’Afrique, et une partie de l’Ed iopie. Les anciens ne pouvaient donc savoir si la frre s’étendait jusqu’au pôle nord, ou si elle fi-
r beaucoup
ait suffi de Aissait du côté du midi.
cile devoir # M. Hunrer. D’après cela, Ferdinand , tu con- > l'Afrique, Miendras que si nous eussions vécu dans ce tempse,etenre 3%, il nous eùt été tout aussi difficile qu'aux Portu-
@is de trouver ce passage. Par exemple , pourrais- ® savoir aujourd’hui, à l’aide de tes cartes , s'il
À …. @t possible de se rendre dans l'Inde en faisant le pres que des Qur de l'Amérique septentrionale ou celui de l'Euhé si long- Mpe et de l'Asie, par le nord-ouest ?
aisément ? À Fenpinanp. Je ne saurais voir cela sur les cartes.
parce qu À M. Huwrer. Et pourquoi ne le vois-tu pas? parties di .} Fenninano. Cest que les cartes n’indiquent pas
e lon peu à prance.
re -côté , ils Inde.
vil y a une mer libre entre l’Amérique et l'Asie. | M Huxra. Sais-tu pourquoi on a omis d’indiquer
Ferdinand: la?
FenpiNanD. Je pense que l’auteur des cartes l’ignorait.
M. Huwrz. Ne pouvait-il donc pas s'éclairer sur ce point en consultant les relations des voyageurs? |
Fenpinann. Il faudrait, pour cela, que quelqu’un eût déjà fait ce voyage.
M. Huwrer. Et justement personne ne l’a fait jusqu’à présent. Il en ‘était de même pour le midi de l'Afrique,’ au temps dont nous parlons; personne ne.savait qu’il y eût une mer libre de ce côté, et voilà pourquoi il a fallu tant de tentatives pour découvrir ce passage. Tu comprends cela?
FenDiNAnD. Oui , mon papa.
M. Huxren. Maintenant je reviens à Colomb.
On avait déjà entendu parler de lui à Lisbonne, lorsqu'il y arriva ; aussi-fut-il bien accueilli par les marins les plus instruits. À cette époque, il n’était question que des entreprises des Portugais , et l’on ne s’entretenait que du plan à l’aide duquel on espérait pouvoir aller dans l’Inde par l’Atlantique.
Divin. Quel était donc le chemin par lequel on y avait été jusque-là?
M. Huxren. I] n’y avait alors que les Vénitiens j
qui fissent le commerce dans l’Inde. Les produits
de ce pays étaient embarqués sur la mer Rouge,
artes l’i-
airer sur es voya-
que quel-
» l’a fait rle midi )ns; perre de ce de tentaomprends
Colomb.
isbonne, Ili par les
il n’était s,et l’on uquel on Jantique.
lequel on
jénitiens À
produits
Rouge,
ÿ qui doit son nom à la couleur du sable qu’elle
contient ; mais cette mer n’ayant point de communication avec la Méditerranée, il fallait décharger les vaisseaux , ét les marchandises traversaient l’isthme qui sépare ces deux mers, soit par des canaux, soit sur des chameaux ; elles étaient ensuite embarquées de nouveau à Alexandrie ;, en Égypte, d’où elles arrivaient à Venise par la Méditerranée. Il y avait donc un grand avantage à trouver un chemin qui aplanit tant de difficultés et rendit le commerce de l'Inde plus considérable.
Colomb, qui s'était lié d’amitié avec quelques capitaines de vaisseau , épousa la fille de l’un de ces capitaines , qui avait découvert Porto-Santo et Madère; circonstance qui favorisa beaucoup ses pr'ojets, en lui donnant la faculté de consulter les cartes et les journaux de l’habile marin devenu son beau-père. Il passait les jours et les nuits à étudier ces documens, et il sentit à chaque instant s’accroître Le’ désir ‘de faire lui-même de nouvelles découvertes. Quelque temps après , il se rendit à Madère, et visita d’abord les Açores et les Canaries. Comme sa fortune n'était pas considérable , il se livra au commerce avec succès ; mais ses heureuses spéculations ne purent le détourner du grand projet qu'il méditait.
VOYAGES ET CONQUÈTES.
ENTRETIEN IL
Peut-être, pensait Colomb, le chemin que cherchent les Portugais n’est-il pas le plus court pour aller dans l’Inde. Si la terre est ronde, comme je le crois, n'est-il pas probable que l’autre hémisphère a été, ainsi que le nôtre, créé par Dieu pour être habité par des hommes et d’autres créatures? je ne (l Saurais croire que la mer couvre en entier cet autre
Î hémisphére. Si donc, au lieu de côtoyer l’Afrique , 4 on faisait route droit à l’ouest à travers le grand Océan , on arriverait aux Indes ; ce pays est probablement beaucoup plus grand qu’on ne le pense , et s'étend beaucoup à l’est de l’Europe. S’ilen est ainsi, la route par l’ouest est la plus courte.
Le beau-frère de Colomb, ainsi quele patron d’un navire portugais, en s’avançant à l’ouest, dans l'Océan Atlantique, avaient, à plusieurs reprises , trouvé à la mer des pièces de bois artistement travaillées , et que les vents d’ouest poussaient dans la direction desiles Canaries. De temps à autre, lesflots, excités par les mêmes vents, amenaient aussi, sur
| ges
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de | ter!
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ue cherurt pour ame je le sphère a être haes? je ne cetautre Afrique , le grand st proba- Jense , et est ainsi,
patron st, dans eprises , ent tradans la lesflots, Ssi, sur
hs à Fi rs Ce ee 5
i les côtes occidentales desiles
CHRISTOPHE COLOMS. î1
res, desarbres d’une espèce tout à fait inconnue aux habitans de ces contrées. La mer avait enfin jeté, sur ces mêmes riva-
ges , deux cadavres humains dont la figure ne res- * semblait en rien à celle des autres hommes d’Eu-
rope, d'Afrique ou d’Asie. Tous ces accidens faisaient
| naître des conjectures dans Pesprit de Colomb qui,
en comparant ces diverses observations avec les notions que lui fournissaient les auteurs au sujet de l’Inde, en concelat qu’à l'occident il y avait une terre habitée par des nations probablement policées, et cette conclusion fit naître dans son esprit une conviction véritable ; mais, comme il était aussi modeste qu’ingénieux, il fit part de ses conjectures à un médecin de Florence, nommé Paul, qui passait pour l’un des hommes les plus savans de l'Italie.
Celui-ci approuva le raisonnement de Colomb, et le trouva très judicieux ; à tel point qu’il lui signala plusieurs circonstances propres à le faire per-
. sister dans ses nobles résolutions et à les mettre | promptement en œuvre.
Colomb, entièrement persundé de la posibilitéde
| mener à bonne fin un projet si grand et si utile,
n’hésita plus à l’exécuter ; mais il fallait pour cela équiper des vaisseaux , et sa fortune ne lui permettait pas de faire de telles dépenses : àl dut alors en appeler à la munificence de quelques têtes couronnées.
Ed à TE
digue ur oc manne 2 PRE CEE
a mt ne ot émane
12 VOYAGES ET CONQUÈTES.
‘Il pensa d’abord à faire profiter son pays natal
des richesses et de la gloire qu'il attendait de ses !
nouvelles découvertes: Il s’adressa donc au sénat de Génes, et lui fit part des plans qu'il avait tracés en le priant de lui accorder les sommes indispensables pour leur exécution, Mais le sénat, ne voyant dans Je grand homme qu’un aventurier et un charlatan, lui répondit par un refus.
Sans perdre courage, Colomb résolut de s’adres-
ser à la cour de Lisbonne, cour qui s'était déjà
rendue célèbre par d’heureuses tentatives sur les mers , et qui, assurément , ne refuserait pas de s'associer à la gloire dont notre héros demandait à se couvrir : il y développa ses desseins, qui, cette fois, furent bien accueillis , mais. avec l’arrièrepensée d’en profiter au détriment de celui qui les avait conçus. En effet , il n’eut pas plutôt exposé ses plans, que le gouvernement portugais fit équi-
-per un vaisseau , et charger, en second, un capi-
taine expérimenté de parcourir la route tracée par
Colomb ; mais ce capitaine, qui était loin de parta-
ger l'enthousiasme et la conviction qui inspiraient
l’auteur de cette noble entreprise , après une courte navigation à l’occident, perdit biéntôt courage et -rentra au port, confus et désappointé.
En apprenant une action si déloyale, Colomb,
indigné, partit dé Lisbonne et se dirigea vers Ma- 4 drid , après avoir donné mission à son frère Bar- !
ays natal it de ses u sénat de tracés en pensables rant dans harlatan,
e s’adresélait déjà es sur les it pas de nandait à pui, cette l’arrièreui qui les Ôt exposé s fit équiun Capiracée par de partaaspiraient ne courte purage et
Colomb, vers Ma- :
ère. Bar-
| thélemy d'aller réclamer des secours du roi d’An- 4 gleterre , dans le cas où , de son côté ; il échouerait % dans ses démarches auprès de la cour d’Espagne.
| Alors, sur le trône espagnol ; était assis Ferdinand We Catholique , prince d’un caractère peu aventufreux et nullement doué de l'énergie nécessaire * pour mener à bonne fin une entreprise qui présen- Aterait quelques obstacles; d’ailleurs, comme les
MMaures s'étaient emparés d’une grande partie de
ses États, il était en guerre alors avec leur dernier {roi , dont la cour était à Grenade , et qui étendait son sceptre sur Andalousie. Dans un tel état de Achoses, et avec un prince comme Ferdinand , Co-
Hlomb avait peu d’espoir de voir accueillir ses pro- “positions : il fut néanmoins reçu d’une manière dis-
Hinguée par le roi d'Espagne et par lareine Isabelle,
qui lui prétérent une oreille attentive ; mais l’objet
‘ide la demande de Colomb leur parut d’un genre si neuf et si étrange , qu’ils ne purent se décider à
(faire une réponse positive, sans avoir préalable- (ment demandé l’avis des hommes qu'ils réputaient
Hes plus experts dans la navigation. Colomb, renfvoyé devant ces arbitres, ne put s’en faire com- ‘prendre , et d’absurdes objéctions furent tout ce pavi en obtint d’abord. Les uns affirmaient que 4 l'étendue de la mer qui sépare l’Inde de l'Europe À était si grande , que malgré, la navigation la plus
44 VOYAGES ET: CONQUÈÊTES.
favorable, on ne pouvait pas atteindre la terre la plus prochaine avant trois années de traversée, Un ! autre soutenait, avec cette assurance que la sottise ‘© seule peut donner, que la terre étant ronde, on descendrait constamment en continuant sa route vers Pouest , et que, pour revenir de ce point, on se trouverait dans lobligation de toujours monter, ce que le vent le plus favorable ne permettrait jamais. D’autres, pour se moquer de lui, disaient qu'il avait tort de se croire plus instruit que les milliers d'hommes qui l’avaient précédé dans ce monde , ct qu’il n’était pas probable que les terres qu’il croyait devoir trouver de Pautre côté de notre globe eussent été ignorées depuis tant de siècles écoulés depuis la création.
À l'ignorance de ses juges orgueilleux , Colomb opposa une persévérance remarquable ; cependant ilmit dans ses réponses.la modération et la réserve qu’on devait trouver dans un homme aussi modeste que pénétré de la bonté de sa cause : c’est ainsi qu'il réfuta toutes les objections qu’on lui avait faites, sans s'écarter du respect que sesjuges lui commandaient. Mais cinq années entières se passèrent avant qu’il eût une réponse , et ce n’est qu’au bout de ce tersps-qu’ik spprit, avec douleur , qu'un rapport défavorable avait élé fait au roi, par ces hommes aussi entêtés qu'ignerans : on lui déclara,
terre la rsée, Un la sottise ade, on sa route oint, on monter, trait jadisaient ‘que les dans ce es terres de notre e siècles
Colomb pendant réserve modeste est ainsi i avait uicomassérent au bout un r'apss hom-
clara,
CHRISTOPHE COLOMS. 15
; d’ailleurs, que, tant que l’on serait en guerre avec À les Maures, il était impossible de s'occuper d’en- À treprises de ce genre.
__ Colomb eut recours à deux grands d’Espagne, : à qui leur fortune permettait d’armer une petite
4 | flotte , et de lui faire traverser les mers pour faire . des découvertes ; À par ces seigneurs, qui n'avaient pas plus de courage L que de foi dans ses promesses.
mais il se vit de nouveau refusé
à Henni. Il est pénible de voir ce grand homme repoussé de toute part !..….. Ses projets étaient 4 sublimes!
© Joux. Ce que j’admire, c'est le sang-froid avec À lequelil reçoit tousles refus ; à sa place, je me serais € fâché , et j'aurais laissé là toutes les entreprises.
M. Hunrer. Mais, s’il eût agi ainsi, Colomb ne 4 segait plus un grand homme. Une ame haute, éner- 1gique, loin de se laisser abattre par aucun obstacle, sait les franchir tous-pour arriver au but glo- {rieux qu'elle veut atteindre ; elle souffre certainement de l’ingratitude et de l’indifférence des autres ‘qui sont moins élevées qu’elle; mais elle ne perd pas courage. Pour elle, les difficultés sont autant de victoires nouvelles à remporter ; sa pensée est {constamment attachée sur l’objet qu’elle se propose, et, convaincue dü-suecès, elle aspire sans esse après le résultat. C’est cette constance admirable qui fit de Colomb un véritable grand homme.
Pa e ner Lemon us
46 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Comme son frère ne lui avait envoyé aucune !
réponse d'Angleterre , il sedécida à faire lui-même! le voyage de Londres. Barthélemy , pendant une malheureuse traversée , avait été pris par des pirates. Après avoir passé plusieurs années dans l'es. clavage , il était parvenu à briser ses chaînes et à À gagner le sol britannique, mais dans un si pitoya- # ble état, qu’afin de pouvoir se vêtir convenable. À ment pour paraître à la cour , il se vit dans la né. # cessité de dessiner et de vendre des cartes de géo- ! graphie. | g)
Christophe Colomb avait un fils nommé Diégo, M qu’il aimait avec tendresse : comme il ne voulait 4 pas quitter l'Espagne sans l’embrasser encore une 4 fois , il alla le voir au couvent où il l'avait mis en 4 pension. Le supérieur de cette maison, le père # Perez, homme très savant , lui fit un excellent # accueil, et reçut la confidence des projets qu’il * avait conçus, et des désagrémens qu'il avait es # suyés. Pénétré de la grandeur et des avantages # d’une entreprise que le génie seul. pouvait appré- # cier, il fit part à Colomb du crédit qu’il avait au # près d'Isabelle, et le pria de ne point partir pour # l’Angleterre avant que la reine ait répondu à l : lettre qu’il allait lui adresser en faveur du grand # homme abandonné à ses propres facultés. } à
Les vives représentations que Perez fit à la reine & à furent écoutées favorablement ; et Colomb fut de %
voyé aucune | ire lui-même !
pendant une s par des piées dans l’es-
chaînes et à # un si pitoya- Havait d’abord consultés sur le projet du navigateur, convenable. Met voyant qu'ils maintenaient le jugement désapt dans la né. @probateur qu'ils avaient prononcé, il ne voulut artes de géo plus qu’on lui en parlât, et la reine elle-même mit
projets il 7 u’il avaites »s avantages !
uvait appré- À il av kr Mhommes méchans, qui flattent assidument Îles | partir pour ?
épondu à
és,
fit à la reine 1 lomb fut de *
Suite mandé à la cour. Isabelle lui fit l’accueil le plus
bienveillant, etil recevait déjà les félicitations de
Ases amis sur le succès de son entreprise , lorsqu'il
vit encore ses espérances déçues par la faiblesse de
XFerdinand.
Celui-ci tit de nouveau appeler les hommes qu’il
lun terme aux pourparlers dans lesquels elle était
Fra ë Diégo dentrée relativement à Colomb.
We pes 4 de dégoûts, fut l'objet des sarcasmes des courtisans penis anis àn L et de tous ceux à qui l'éclat de sa destinée future on, le père # portait ombrage. Certes , si son ame n’avait pas été an excellent pplus grande que les contrariétés qui le harcelaient
Ainsi ce grand homme repoussé, méprisé, abreuvé
à depuis si long-temps , il serait mort de dépit. CHanrorre. Veuillez nous dire , mon papa, ce
# que vous entendez par courtisans ?
“M. Huwre. Ma fille, on appelle courtisans ces
F'rois et les princes , et qui n'ont rien tant à cœur que de médire et de se moquer des hommes de bien
ne du gran: f qui ont encouru la disgrâce de leur maître.
Colomb cependant , encore une fois supérieur à son adversité, se disposa à tenter un dernier effort auprès du roi d'Angleterre, en lui offrant
. rablement accueillies , il n’eut plus'à s'occuper que 1
une partie du monde que déjà trois gouvernonens 4 L
avaient refusé d’accepter. Pendant qu’il faisait les À Leur préparatifs de ce voyage , on apprit la nouvellede 4 € la prise de Grenade par les Espagnols , «et de la € M chute de l’empire des Maures dans la péninsule. ? Ferdinand et Isabelle étaient enchantés de-ce succès éclatant, qui les rendait seuls souverains de tout : le territoire espagnol ; et, comme dans les-momens ! heureux il est de l’essence du cœur humain d’être : plus sensible aux grandes et nobles pensées , deux ! des amis de Colomb mirent cette circonstance à * profit , et firent en sa faveur de nouvelles tentatives * auprès d'Isabelle.
Divier. Sait-on le nom de.ces deux amis?
M. Honren. Oui, leursnomssont parvenus jusqu’à ! nous : Quintanilla et Santangelo. Tous deux par- # lèrent avec tant d’éloquence, que Ferdinand ;et } Isabelle, persuadés enfin du :mérite de ce grand 4 navigateur et de l'utilité de son entreprise , n’op- ! posèrent plus aucune résistance ; et qu'un -eour- 4. rier fut à l'instant envoyé pour rejoindre Colomb ! qui était déjà parti pour l’Angleterre. Le courrier ! atteignit heureusement :son ‘but, et Colomb fut # ramené à la cour de la reine où Pattendait une! : réception toute triomphale. Les conditions dont il 4 fit part aux souverains de l'Espagne ayant-été/favo- |
de l’exécution de ses deséeins.
faisait les !
buvelle.de ?
et ‘de la 4
Déninsule.
>:Ce SUCCÈS
as de tout :
es-momens À ain d’être !
sées , deux !
pnstance à * tentatives 4
mis ?
> deux parrdinand et e ce grand
rise , n’op- À u’un -eour- !
tre Colomb !
Le courrier !
Colomb fut 4
endait ‘une
nus jusqu'à | lrais de plaisir à apprendre que Colomb est enfin : parti ! J’ai peur que desempèchemens nouveaux ne surviennent.
M. Hunren. Ne crains rien, l’acte du départ a {été signé par le roi et la reine , et.remis à Colomb. Il résulte du traité qu’il sera vice-roi de tous lcs pays dont il aura. fait. la découverte , et que ce titre 4 honorable sera pour toujours le partage de ses descendans. De plus, lui et sa race auront droït au
ions dont il 4
nt-étéfavo- | >ccuper que | | grande activité-présida aux soins de l’entreprise;
heur !
Cuanses. Va:t:il s’embarquer aussitôt ?
M. Hunter. Demain , vous saurez cela.
CHRISTORHE ,COLOMB.
Les ENFANS, d'un cri unanime, Quel bon-
ENTRETIEN Il.
Wazzram. Ah! papa! si tu savais combien j’au-
dixième du-produit que rapportent les pays dont il
doit faire la découverte.
On s’arma sans délai pour l'expédition. La plus
mais les bâtimens étaient-si ‘étroits , leur construc. ! tion avait été si mal conduite , que tout autre que! le brave et vigoureux Colomb n'aurait pu, avec ! un aussi léger équipage, se frayer un chemin sur ? des mers ignorées, dont l’idée doublait les périls, ? et que les fausses traditions faisaient regarder : comme impraticable.
Le nom de Santa-Maria avait été donné à l’un ! de ces bâtimens où son pavillon devait être planté ; | le second s’appelait Pinta, et le troisième Nigna, * les deux autres , de peu d’étendue, figuraient de spacieuses chaloupes. -- \
On s’était muni de vivres pour un an, et quatre- A vingt-dix hommes seulement allaient tenter, avec Î Colomb, cette noble, mais dangereuse entre | * ae. 1 Vingt-quatre mille rixdalers avaient suffi pour # tous les frais de l'armement. La cour d'Espagn 3 trouva pourtant si considérable cétte somme lé !
AE qu’elle allait arrêter ces glorieux projets el ! lé s'en désister pour {oujours; mais Colomb ; que rie 4 à dé ne
ne peut ébranler, propose le huitième de son propr 3 argent, qu’il reprendra sur la Ruilitine partie di © produit du voyage... * * "°°: | Hewnr. La cour d’Espagne possédait donc bier 4 } lo peu d’or, pour qu’elle ne du fournir une somme) aussi faible? | su 1 M. Hunren. À cette époque: , Henri, cinq écu ! ‘
eur construc. !
ut autre que
rait pu, avec !
n chemin sur *
it les périls, ent regarder
donné à l’un :
têtre planté ; À foule immense ; qui long-temps le suit des yeux sur
{londe, pénétrée de son énergie et de son
ième Nigna ;
figuraient de *
n , et quatre--4 tenter, avec 4
te somme lé.
fle 3 août 1492,
ereuse entre #
ur d'Espagne #
ux projets « mb , que riei 4 de son propr # Luis me partie d if Moyen de salut qui nous reste.’ ait donc bier 4 r une somme
, Cinq écu 1
alaient plus que cent de nos jours; de plus, les Espagnols reprenaient haleine d’un long combat soutenu contre les Maures, et les guerres appauyrissent toujours un peuple.
Colomb va donc s’embarquer : les travaux sont finis, la rade de Palos (1) reçoit les vaisseaux, et après avoir imploré selon l’usage “le secours du ciel, il part aux ‘cris joyeux d’une
courage.
# Le plan de Colomb était de se diriger vers les îles { Canaries ; il l’exécuta. L# lendemain , un cas for- 4 tuit et de mince importance aurait pourtant détruit 4 ses beaux projets, s’il eût été superstitieux comme ses compagnons ; la Pinta eut son timon brisé, On
nt suffi pour à croit même que cet accident doit être attribué à la
{trahison du pilote, qui, effrayé d’une entreprise qui lui semblait si périlleuse , voulait contraindre l'équipage à retourner vers l'Espagne. Un cri de } découragement se fait soudain entendre : retourf nons, disent tous, dans notre pays ; c'est le seul
Qu’est devenu vôtre courage? léur demande Co- ; Jlomb avec vivacité, Il sérait inutile ici, répon- | dirent-ils. Le timon. qi vient de se briser n’est-
(1) En Andalousie,
22 VOXAGES ET CONQUÈRES.
il pas la preuve que le ciel s’oppose à notre voyage? | pe nous annonce-t-il pas les longues et cruelles : calamités que nous appellerons sur -nos têtes en ! poursuivant avec ténacité un projet dont le succès #
est presque impossible ?
Eh quoi ! répliqua Colomb , nos helles espérances vieudraient donc s’évanouir devant un accident si
léger ? notre bonne ou mauvaise fortune dépen- À drait donc d’une cause aussi futile? Un timon est !
brisé, réparons-le ; mais du courage.
Notre amiral a la tête solide , disent à voix basse les matelots: il serait difficile de lui faire subir une impression.
Colomb n’ignorait pas combien il était nèces- 4 saire de détruire le caractère superstitieux de ses ! compagnons , qui, dans mille autrescirconstances,
jouets de ridicules présages , pourraient s’abandonner à de pareilles frayeurs. Il parvint non sans peine
à les rendre moins créduleset à les délivrer de leurs vaines alarmes. Ils continuèrent leur voyage et ar- !
rivérent aux îles Canaries , où l’ancre fut jetée.
Ils y réparent leurs forces, quelques réparations s’exécutent, et le 6.septembre ils voguent sur l’immense mer d'Occident, dont les vagues n’avaient jamais mouillé un édifice flottant.
Une route de deux jours ne les éloigna pas beau- | coup, et ce ne fut que le troisième qu ils n’aperçu- Ê rent plus les îles Canaries qu'ils venaient de quit- 4
re voyage ?
et cruelles :
os têtes en :
at le succès !
‘espérances accident si ne dépenn timon est
à voix basse > subir une
était nécesieux de ses constances , -s’abandon- 1 sans peine rer de leurs )yage et arat jetée.
réparations nt sur l’ims n'avaient
a pas beau- !
ls n’aperçu-
nt de quit-
Dter. Leur énergie parut alors éteinte. Dans ce moment seulement ils connaissaient le‘but de leur voyage, et leurs esprits faibles, grossissant les difficultés de l’entreprise, n’y voyaient que d'inévitables malheurs. Ils versaient des larmes comme cet ‘enfant qu’un rien désespère. Ils traçaient leurs { alarmes en poussant des cris horribles ; leurs bras À même, en signe de découragement , tombaient avec 4 force sur leur poitrine. Colomb seul reste inébran- À lable, tel qu’un rocher au milieu d’une mer en | courroux. $a voix énergique se fait entendre, et ; tant de fermeté anime son discours, l’assurance et 4 la tranquillité sepeignaient si bien dans ses regards, % que mème le plus timide de ses compagnons en est 1 électrisé , ‘et sent renaître en lui son énergie pre- % mière, Après les avoir fait rougir de leur faiblesse , 4 il les entretient du prix glorieux qui les attend à la fin du voyage, des richesses qui deviendront leur 4 partage, les éloges brillans qui de bouche en bou- + che honoreront leurs succès ; en un mot, le tableau qu’il leur trace est si séduisant, que tous jurent de | le suivre partout. Pourtant ces premières preuves | de pusillanimité firent comprendre à ce chef intré-
pide qu'il trouverait encore par la suite l’occasion ! de relever leur courage abattu ; sa prudence s’y prépara. |
Dès lors il était presque toujours posté sur le tillac, ayant dans sa main tantôt la sonde, tantôt
- assez de profondeur, le vaisseau donnerait sur un ! “écueil ; alors, adieu l’équipäge : aussi doit-on sans 4 ! relâche s’occuper si la quantité d'eau est suffisante. ;
. qu'un peu d’examen et de réflexion nous donne la 4
24 ‘VOYAGES ET CONQUÈTES.
linstrament propre aux recherches astronomiques 4 FRÉDÉRIC. Pope » qu'est-ce que c’est qu’une!
sonde? Ë M. Huwrer. C’est une longue corde où se trouve À attachée une grosse pièce de plomb : on la lance dans ? la mer en la filant progressivement, et lorsqu'elle : a atteint le fond , c’est la hauteur à laquelle elle se # trouve mouillée qui détermine en cet endroit l: proforideur de la mer.
Frépéric: Je comprends, papa. Mais leur est - il ! bien utile de connaître cette profondeur?
M. Hunrer. Quoi, tu m’adresses une pareille ani 4 tion!
Frépénic. Ah! je comprends : si l’eau n’avait pa: !
M. Hunter. Tu vois aujourd’hui, Frédéric, :
clef de bien des choses. Mais bornons-là notre entre! tien : nous reviendrons demain à nos voyageurs.
est qu’une!
onomiques. 4
où se trouve À a lance dan: ?
xt lorsqu'elle :
quelle elle se 2 t endroit li.
s: leur est-il ! té { attentive; j’ai quelque chose à vous communiquer
pareille ques
n'avait pa:
Lerait sur un |
doit-on sans st suffisante.
» Frédéric, !
ous donne la à notre entre!
voyageurs.
ENTRETIEN IV
M. Huwrer. Prêtez-moi, mes enfans, une oreille
avant de reprendre le fil de mon histoire.
Nous écoutons , papa, disent-ils tous d’un air curieux.
M. Huxrer. Les noms de longitude et de latitude devant figurer quelquefois dans ma narration,
| je dois vous apprendre le véritable sens de ces deux
termes.
Henar. Il y a déjà bien long-temps qu’on nous a parlé de cela.
Joux. C’est vrai; il y a environ deux ans, épo-
1 que où nous reçümes les premières notions sur la
géographie.
M. Huxres. Puisqu'il en est ainsi, l’ainé de vous
4 tous prendra la parole pour moi, et graces à lui les
plus jeunes apprendront ce qu’ils ignorent encore.
Henri. C'est bien. Mais ne faudrait-il pas nous
| munir du globe?
M. Hunren. Je ne crois pas cela nécessaire. Re- 1. 2
SRE rs
ND
pen TE
26 VOYAGES ET -CONQUÈTES.
gardez, voici une petite mappemonde qui pourra le À me remplacer. Allons , qui de vous se présente pour dé- M ser montrer ? | À na
Tous réclament ce petit honneur. * Jia
M. Huwrer. Un seul doit être l’objet de mon . no choix. Henri , ton droit d’aînesse te donne celui de ; pa parler. Approche; et vous mes amis , redressez , si }
vous le pouvez , la plus légère erreur. | ter Her. Charlotte, viens, ma fille, près de moi. ! Viens. aussi, mon fils Frédéric. Soyez bien attén- ! no tifs, et la longitude ct la latitude de notre globe ne +! lig vous présenteront bientôt plus aucune difficulté, 1 | Maoaue Huwrer. C’est commencer avec gravité. À
Henri, Mais, maman, aurais-tu oublié que je représente papa? Ne faut-il pas que je prenne un ton un peu solennel? Attention, mes enfans. La 1 moitié de notre terre est représentée dans cettepe- # tite figure.
Frépéric. On ne pourrait mieux démontrer.
Hexri. Vous. n'ignorez pas que la figure de la : terre ressemble à une boule. Elle est néanmoinsun ! peu raboteuse. Un de ses côtés est représenté par ’ cette figure. Deux points existent sur cette terre ! ronde ; ils sont placés l’un vis à vis de l'autre, et -4
c’est autour d’eux que la terre:tourne toujours. Les ! chiffres 4-et 2 représentent ces-deux:poin(s.:-on les À nomme les pôles de la terre. Celui-du: haut a:per- ! peudiculairement au dessus-de luiune étoile nom- :
i pourra le M méeseptentrionale, d’où lui vient le nom de pôle
te pour dé- M septentrional ; l'autre porte le nom de pôle méridio- 4 nal. Une ligne ou bien un cercle a été tracé au mi- | lieu de cette boule, dont la moitié est indiquée par
et de mon . notre figure. Ce cercle divise cette boule en deux
ne celui de 4% parties égales, représentées par les lettres À et B.
edressez , si } Frépéric. Cette ligne existe-t -elle sur notre j
à terre?
rès de moi. # Henri. Eh: non, mon cher Frédéric, il plait à bien attèn- {| notre érudition de supposer que la terre à une telle re globe ne -} ligne qui passe autour d'elle.
lifficulté.
vec gravité.
iblié que je > prenne un ; enfans. La Cmancorre. D’où vient cela? :
ins cette pe- 4 Henri. Parce que notre imagination se sert de 4 cette ligne pour diviser la terre en deux parties
CnancorTe. Je désirerais en savoir la raison.
| Hexrr. Tu l’apprendras bientôt ; patience. Dési- À rez-vous savoir le nom de cette ligne? Elle s'appelle 4 équateur.
montrer. ! égales , et.qu’au temps où le soleil se trouve perpenfigure de la 4 diculairement au dessus de:ce cercle, les jours égaéanmoinsun #% lent les nuits. Eh bién, l’espace que désigne cette
présenté par ! ligne entourantlaterre depuis À jusqu’à B et depuis cette terre À B de l’autre côté que nous ne pouvons pas voir dans
le l'autre, et-# la position où.nous nous trouvons jusqu’au même
toujours. Les À point A, on le nommelalongitude de la terre. Cette vin(s.:-on les ! explication vous laisse-t-elle quelque chose à dé- ‘haut-a:per- À sirer?
FRépeEnic ct Caanzorre. Non! non!
x étoile nom- .
Herr. Le premier point ne vous présente donc®æ Les. aucune difficulté. Passons maintenant à la longitude He de la terre : apercevez-vous ces lignes tracées du Msi je v pôle septentrional jusqu’au pôle méridional ? trouve
Les deux enfans. Oui! oui! . Cu
Henri. Eh bien, par elles est figurée la latitude fui et le de la terre, et on les nomme méridiens.
Frénéric. Pourquoi ce nom? |
Henri. Parce que tous les endroits au dessus des- ! quels on trouve un même méridien marquent midi À en même temps lorsque le soleil se trouve vis à vis là ë de cette ligne. Entendez-vous? |
Cnarcorre. Très bien. |
Henri. Tant mieux. Un de ces méridiens qui sont : ici tracés en grand nombre et que l’ou peut tirer à ! volonté se nomme le premier. Il est représenté sur ? notre figure par celui dont la grosseur excède un 4 j peu celle des autres , et qui est partagé en quantité de petits points où les lignes se coupent.
Les deux enfans. Bien , bien.
Herr. Donc, quand on demande (ne l’oublie pas ) à quelle longitude se trouve un lieu donné, c’est comme si l’on demandait à quelle distance il st | trouve du premier méridien. Sachez que de là au» méridien on prend la mesure de l’espace d'orient r1 occident. Au contraire, si l’on demande à quelt: latitude est un endroit , on désire connaître quelle! est la distance de là à l’équateur. |
Se EME E ETES is prose à
nte donc Les deux enfans. Nous comprenons tout cela. ongitude ff Henri. Sur notre petite carte je voisun navire, acées du si je vous questionnais sur la longitude où il se ? trouve , quel serait l’objet de ma demande ?
CuarLorre. De savoir la distance qui existe entre latitude Avi et le premier méridien.
* Henri. Mais Frédéric, si je demandais, en pour- {suivant, à quelle latitude se trouve le navire, quelle essus des. {serait mon intention?
| Frépénic. De déterminer quelle est la distance de
vis à vis . : là à l'équateur.
Hewnr. Je suis satisfait de cette réponse, votre 1 aptitude a droit aux éloges.
squisont ? M. Hunrer. À mon tour : je suis content des ut tirer à À petites leçons que tu viens de donner. Allons , mes ésenté sur ? enfans, un baiser doit être la récompense de votre xcède un jeune maître, et (l’embrassant lui-même) voilà, dit-
| quantité il, ce que je te dois pour m’avoir si bien remplacé. y Joux. Mais papa, n’a-t-il pas oublié quelque chose?
Poublie 4 M. Hunter. Parle.
a donné, ! Joux. Ne devait-il pas nous expliquer que léqua-
tanceils ! teur et les méridiens sont divisés en degrés?
> delàäaus M. Hunrer. Très bien, prends à ton tour la place
orient 1% du professeur et donne de l'étendue à ton observa-
> à quelk® tion.
tre quelle 4 Jonx. Je ferai ce qui dépendra de moi, il est évi- } dent que l’équateur et le premier méridien sont
39 VOYAGES ET CONQUÈTES.
coupés à égales distances par un nombre ‘infini de petites lignes qui sont autant de divisions.
Frépéric et CHarcorre. Bien.
Joux. On donne à chacune de cesdivisions le nom de degré, et ce mot veut dire un espace de quinze milles d'Allemagne, ou de vingt-cinq lieues communesdeFrance. L’équateur vaut trois centsoixante de ces degrés, et d’un pôle à l’autre la distance d’un méridien est de cent quatre-vingts : ainsi dire qu’un endroit est aù trois-cent-trentième degré de longitude, c’est en trouver trois cent trente en comptant les degrés de l’équateur depuis ce point et en allant toujours à l’ouest autour de la terre jusqu’aupremierméridien;.et side plus on disait que ce même endroit tient le huitième-degré-de latitude, cela signifierait qu’il: en existe huït en. comptant les degrés du premier méridien depuis ULAII jusqu’à cet endroit.
M. Hunrer. L’explication est très satisfaisante. John est digne aussi de la même récompense, embrassez-le , mes enfans; que je t'embrasse à mon tour.
M. Howrer continuant. Examinons maintenant quel degré de longitude et de latitude occupe le navire que je viens de dessiner , d’abord quelle est sa longitude; comptons les degrés de l’équateur vers l’ouest depuis l'endroit où se trouvé le navire jusqu'au premier méridien; mais comme un seul côté
| dela te A pouvor 1 quatcu 1 qui a
nombr voilà lc
À dela terre.est représenté dans cette figure-nous n’y { pouvons pas y trouver le compte des degrés de l’équateur tout autour, il faut donc vous fier à celui î qui a fait ce dessein, et qui (regardez) a mis le nombre 340 au dessous du‘navire. Il est évident qne
que la lenteur seule de la route pourrait inspirer
uinze com- voilà le degré de longitude du navire; mais passons Kante au degré de latitude, il nous est facile de compter d'un | les degrés du premier méridien depuis léquateur qu'un { jusqu’à la distance où le navire se trouve de l’équade | teur, ainsi un,, deux, trois, quatre, cing; le navire een * occupe le cinquième degré de latitude : ceci vous point À paraît-il clair, mes enfans?
terre * CHARLOTTE ET Frénénic. Oui! oui! papa. t que 1 M. Hunren. Mes désirs sont remplis. Ces pretude, | mières notions vous serviront par la suite, et sans nt les : elles le récit des voyageurs ne vous présenterait jus- | qu’une foule d’obscurités. Il est bon de vous avertir, avant de terminer mes explications, que quand ante. ilest question de la latitude de la terre au dessus em- de l’équateur vers le pôle septentrional , cela s'apmon . pelle latitude septentrionale , pour la distinguer de | celle qui se trouve au dessous de l'équateur, appenant | lée latitude méridionale. Revenons maintenant à hi + notre célèbre voyageur.
st sa À Le lendemain de son départ desiles Canaries , le vers 4 vent n’était pas favorable, et Colomb n’avait enjus- { core franchi qu'un espace de 18 lieues. Jugeant
quelque crainte à ses compagnons, il eut recours
VOYAGES BT CONQUÈTES.
au stratagème , et se promit de les tromper sur le M
chemin qu’ils feraient chaque jour. Il leur apprit donc que 15 lieues seulement les séparaient du lieu qu’ils venaient de quitter.
Le 12 septembre , sixième jour de route, ils étaient à 350 degrés de longitude , depuis Pile de Fer , ou à 150 milles de cette ile vers l’ouest, et au même degré de latitude nord de cette île. Le tronc d’un grand arbre frappa leurs regards; à sa vue, les matelots conçurent l'espoir de trouver une terre voisine; chimère qui servit à calmer un peu leur impatience ; mais ils ne furent pas longtemps sans s’apercevoir combien leur espérance était frivole. Avant d’avoir fait 50 lieues plus loin, une chose extraordinaire vint les plonger dans la plus grande consternation ; Colomb même en tressaillit.
Henri. Quelle était donc la cause à ds cette émotion subite?
M. Hunter. Vous n’ignorez pas que l'aiguille aimantée est regardée comme le guide le plus sûr de ceux qui voyagent sur mer ; sa pointe a la qualité singulière de se tourner toujours vers le nord ; par ce moyen , les navigateurs , la nuit comme le jour , aperçoivent les quatre points cardinaux et trouvent un point de direction; sans cette aiguille, dont l’exactitude ne s'était jamais démentie, on
Hurait de ten 1 qu’à C6 | Jug de ses que re
mr
fait sc sa mtme { déclir | parée | moni à ils er | préci | de Gi 1 fitait 1 expli | lui-r { adro sés , nou aliz fler n’a Lo
{ recours furait pu taxer de témérité l’homme le plus hardi ver sur le Me tenter un voyage aussi lointain et inconnu jus- F apprit fqu’à ce jour.
at du lieu Jugez de l'étonnement de Colomb et des frayeurs de ses pusillanimes compagnons ; lorsqu'ils virent ue ils que la boussole, au lieu d'indiquer directement s Pile de [l'étoile polaire, regardait l’ouest d’un degré entier. puesl, et Wazziam. Pourrions-nous en savoir la cause? > Île. Le { M. Huwrer. Nous ne sommes pas plus éclairés IS; à sa | sur ce point que Colomb , quoique , depuis, on ait trouver * fait souvent de pareilles observations, et qu’on ait
Imer un même marqué fidèlement les endroits où de pareilles as long- | déclinaisons s’effectuaient. L’épouvante s’était empérance | parée de tout l'équipage. L'ordre des élémens, l’hars loin, monie de la nature leur semblaient être renversés ;
dans la ) ils croyaient avoir perdu pour toujours leur guide le €n | précieux, l'aiguille aimantée. Plus les compagnons | de Colomb étaient ignorans, pius ce der nier pro-
e émo- | fitait de l'avantage qu’il avait sur eux, pour leur { expliquer les causes d’un évènement qui le jetait iguille { jui-même dans la plusgrande surprise. Ses discours, us sûr adroits ct insinuans , les avaient un peu tranquillià qua- : sés, lorsqu'une aventure plus singulière vint renord ; { nouveler leurs craintes : je veux parler des vents me le alizés. Ces vents , qui, d’orient en occident , souf- S-:00 flent toujours en pleine mer entre les tropiques, uille, n'avaient encore été l’objet d’aucune observation.
s On 1 Lorsque les matelotsse virent emportés directement
4 VOYAGES ET CONQUÈTES.
vers l’ouest, leur effroi fut extrême. Quel moyen 4 ompagni de revoir notre belle patrie , disaient-ils , si ce vent *
d'est nous assiége ici continuellement ? Cette ré- *
flexion les glaçait d’épouvante.
Au bout de quelques jours, leurs terreurs redoublérent. Aussi loin que leur vue pouvait s'étendre, ils virent des herbages verts couvrir la surface des eaux : ces herbages étaient si volumineux qu'ils gènaient même le cours des vaisseaux. Noussommes doncparvenus, disaient-ils, à l’endroit où les mers ne sont plus praticables. Ces herbages recèlent sans doute des bas-fonds et des rochersoù , malgré notre prudence, nos vaisseaux viendront bientôt se briser. Malheureux ! quelbandeau couvrait nos yeux, quel égarement était le nôtre au jour où d’adroites persuasions nous rendirent les tristes compagnons d’un aventurier.
L’embarras était grand; mais le prudent Colomb sait toujours conserver son courage, Compagnons , s’écrie-t-il , quelle erreur vous abuse de redouter une chose qui doit être pour nous le présage du succès , et qui nous annonce la fin de notre glorieuse entreprise! Est-il possible que l'herbe croisse au milieu desmers? N’est-il pas plus naturel de penser que la terre ferme va bientôt se déployer devant nous, et que les flots ont chassé vers nous ces herbes vertes moissonnées sur ses bords ?
Ce langage insinuant rassurait peu à peu les
Œurent ur
eur eSs0I plus vive ét se cro noble vo;
libres (
Le tn Ar RE a 5 js
moyen ce vent tte ré-
redouendre, ace des qu'ils sommes es mers ent sans é notre se bris yeux, adroites Jagnons
ent Co- Compause de le préle notre l'herbe naturel éployer ‘s nous ?
eu les
À ompagnons de Colomb. A l'instant même ils aper- Æurent une nuée de différens oiseaux qui prenaient
fur essor du côté de l’ouest. La peur fit place à la plus vive allégresse, aux plus douces espérances, êt se croyant presque au terme heureux de leur noble voyage , ils le poursuivirent pleins de joie
libres de la plus légère inquiétude.
fé
| ENTRETIEN Y
M. Hunter. Cependant un fol espoir les trom- (pait toujours. Aprèsun trajet de 170 lieues marines, {le continent ne se découvrait pas encore. Par bon- {heur, dans les trois nayires, Colomb seul pouvait ‘apprécier les intervalles parcoutus ; il'eut donc re- {cours au même stratagème, et leur donna la certi- {tude que 580 lieues seulement les séparaient du {point du départ.
| Toutefois cet éloignement leur paraît immense.
De nouvelles craintes surgissent, les murmures M éclatent, des cris de désespoir se font entendre. 4 Tantôt ils s’accusent d’avoir cédé trop facilement * aux vaines promesses de leur commandant; tantôt ils vomissent mille imprécations au souvenir de la reine Isabelle : à leur dire, elle a cruellement 4 exposé les jours d’une quantité de bons et braves sujets, pour une entreprise aussi périlleuse que M chimérique. Tous, à la fois, parlent du retour avec des accens d’impatience. Le vent , fixé à l’est , peut seulement l’ajourner , disent-ils, et chacun tombe d'accord qu’il faut contraindre l’amiral à abandonner d’inutiles recherches ; les plus téméraires proposent mème de le précipiter dans les flots , convaincus qu’à leur retour dans leur patric , la mort d'un pareil aventurier n’attirerait pas sur eux la vengeance des lois,
Colomb s’aperçut du péril ; mais il conserva toujours le même sang-froid devant tout l'équipage : il recourut à l’artifice d’un discours entraînant. Tantôt ses observations respiraient l'amitié ; tantôt le ton grave et impérieux du commandant, animait ses paroles ; tantôt, enfin, un geste mcnaçant enchainait les murmures des matelots ; sa voix terrible les menaçait de la colère de son roi, et des peines réservées à leur honteuse faiblesse , s'ils voulaient encore l’entraver au moment de terminer son immortel projet.
murmure 4 entendre, !
facilement + nt; tantôt
enir de la ruellement
leuse que etour avec est , peut ‘un tombe Il à abantéméraires lots , con- ; la mort ur eux la
serva touuipage : il ant. Tantantôt le nt, anireste mclots ; sa son roi, aiblesse , at de ter-
Les hommes supérieurs ont toujours maîtrisé l’esr des ames communes. L’énergique Colomb subgue les rebelles. Les cris de révolte cessent aux
Drotestations insinuantes du commandant ; une cir-
pnstance inattendue vient même doubler la conance des matelots. Le vent, qui toujours avait
et braves t@oufflé du côté de l’est , se dirigea vers le sud-ouest. Colomb, sans perdre de temps, leur fit part de ce r angement favorable, et le crédule équipage se Jvra de nouveau aux attraits de l'espérance. Quel-
Des jours après, la Pinta, qui fendait l’onde la
gremière, crut apercevoir le continent du côté du
dord :on pria instamment l’amiral de s’y diriger.
Cclui-ci, craignant de s'écarter de la véritable fouke, s’obstina dans le refus, et ne dérangea pas # course vers l’ouest. Bientôt on vit une quantité de ces oiseaux de mer qu’on appelle aléatras. C'était nu présage favorable. On espérait une terre voisine. On sonda la mer, dont le fond ne fut pourtant pas plteiut par deux cents brasses de cordes. D’autres
iseaux, parmi lesquels on distingua un oiseau du mé allaient se reposer sur les vergues, et “ous à la fois prenaient leur essor vers l’ouest. Ail- Meurs des poissons volans faisaient rider la surface
«ides eaux, et en essayant à s'élever allaient s’abattre
sur le pont. Quelquefois la mer était hérissée d’her-
Abes, et pourtant, malgré ces signes heureux, la plus légère portion de la terre ne se découvrait pas
encore. Cet espoir détruit excita de nouveaux mi #.. contentemens; les murmures se font entend €:
Alors ce ne sont pas seulement les matelots quis 4 révoltent ; les officiers , jusqu'alors impassibles 6 + O1 constans, se rangent du côté des rebelles, et Ce uges lomb reste seul comme un chêne qui, séparé de 1 ra vo forèt, résiste à l’effort des autans. En vain cherche h né. t-il à émouvoir encore les cœurs par d’éloquente : supplications : on a conjuré sa perte, et son salu dépend seulement d’un prompt retour en Espagne
Dans cette situation critique, les révoltés reçu ; rent de Colomb la promesse de voir s’accomplir leur vœux sous la condition qu’ils resteraient encoretroi à jours souples et obéissans. Si le continent m’étai pas découvert à ce terme limité, il devait soudai virer de bord, et se diriger à pleines voiles ver : l'Espagne.
Malgré leur fureur, les mutins cédérent à cett proposition , qui leur parut convenable ; et cet x : cord, de part ct d'autre, fut consolidé par les pro: ! testations les plus sacrées.
Colomb n'ignorait pas qu'il n'avait rien à redou , ter; car les signes d’un continent peu lointai 4 étaient si multipliés , qu’il avait presque la certitud 2g d'y arriver avant les trois jours fixés ; plusieurs foi déjà le fond avait été atteint par la sonde, et la vas de la terre. indiquait l'approche du rivage. On apet ceyait un nombre:considérable de petits oiseaux s
veaux mi À riger vers l’ouest, peu semblables à ceux qui, entendre Gin des climats qui les ont vus naître, s’élancent OÙS QUIS Mans les airs d’un vol incertain.
assibles € + On tira de la mer un buisson surchargé de fruits es, et Ci uges et encore frais. On respirait un air plus pur, paré de 1 ra vent plus léger se faisait sentir principalement n cherche la nuit. Heureux présages. Ils touchaient donc au éloquente térme fortuné de leur voyage. Le courage persévé-
Son salu nt de Colomb devait donc bientôt recevoir son | Espagne 4.
oltés reçu : k Après un faible trajet, il eut si bien la certitude mplir leur apercevoir bientôt une terre voisine, que le lenncore {roi ifkmain au soir il représenta à ses compagnons nt n’étai @helles actions de graces ils devaient rendre à Dieu, it soudai nt la protection vigilante les avait accompagnés oiles ver ‘ns une route aussi dangereuse. Il ordonna la s grande prudence , et fit carguer les voiles, craint à cell bant, pendant la nuit, d’être poussé sur la côte et cet a ir un vent contraire, ar les pro: %f Colomb leur renouvela la promesse que leur avait
ite la reine de donner une pension viagère de n à redoi 92 écus d'Espagne à celui qui verrait le premier le L lointai fébntinent ignoré. Cet avantage devait être accoma certitul pgné d'une mante de velours.
sieurs foi #7 Toute la nuit, l'équipage était posté sur le tillac , et la vas » avec l'agitation la plus vive, dirigeait toujours
On apet % vue du côté où il croyait enfin voir cette terre oiseaux & Mng-temps'attendue.
Laissons-les jusqu’à demain dans cette position. !
Tous: Oh! non, mon papa.
M. Huwren. Vous voulez donc que je continue « récit ?
Tous. Oh! oui, je t’en prie.
Pierre. C’est le passage le plus remarquable d toute l’histoire.
M. Huxwrer. Je vous cède, continuons.
Vers dix heures du soir, Colomb, qui se trou @ vait sur l'élévation du tillac, crut dans le lointair # voir briller une lumière ; il fit venir un page del @ reine qui se trouvait à sou bord et la lui fit remar @
quer : celui-ci la distingua de même, et la montr Li
à un troisième qui venait de se placer à côté d’eux
Il sembla à tous les trois que cette lumière variai %
dns sa position , et l’on put juger qu’un voyageu . la portait. L
Vers les deux heures après minuit, une bruyant exclamation vint livrer tous les cœurs à la joie | plus vive. C'était le cri terre ! terre! poussé par | Pinta, qui toujours ouvrait la marche. Tout l'équi page, qui tant de fois s'était livré à un fol espoir appelait vivement l'aurore pouravoir la certitude ps ses yeux que ses vœux les plus chers étaient enfi exaucés. Enfin les ombres se dissipent, le ciel dd # vient rougeâtre, et les gens de la Pinta chanter : le Te Deum. Aussitôt que les équipages des deu ! autres navires aperçoivent le continent , leur all
position.
)ntinue ct |
quable de
ui se trou le lointain page del
fit remar €
la montr côté d’eux
ère variai ?
à vOyageu
> bruyant à la joie | ussé par |
fol espoir rtitude pi aient enfi le ciel de
leur alli
out l'équi
a chanter ÿ s des deu ?
dresse va jusqu'aux larmes , et pénétrés jusqu’au Hnd de l'âme, ils adressent au ciel les plus vives ctions de graces.
4 A peine ont-ils fini cet hymne de reconnaissance, qu ils se hâtent de réparer leurs torts envers leur pmmandant , qu’ils n'avaient pas craint de mécon- Maitre et d’insulter fortement. Poussés par un noble répentir, ils embrassent les genoux du héros, et ihplorent le pardon de leurs méfaits. Dans cette siation, Colomb est toujours le même : il leur pro- “ct l'oubli de leurs torts avec une aménité aussi fénéreuse qu'avait été admirable la force avec lahelle il avait combattu leur furieuse rébellion.
mérique dont ils viennent de faire la décourte? |
M. Huxrer. Colomb lui-même l’ignore encore.
issons-le descendre à terre et s’informer des lieux. ibporte-moi demain la carte de l’Amérique. Songesbien.
Joux. Oui, mon papa.
ENTRETIEN VI. | vaisseau eux aus dar d
s 2 béiller s Joux. Mon cher papa, voici lacarte que tu m’as ef foula demandée hier. cuvrir.
M. Huxrer. Bien. Mes enfans , regardez avec Le co attention. Toutes ces îles que je vous montre du ets dan doigt se nomment, en général, îles Lucayes ou Chef, en Bahamas. Une d’elles , la voilà, se nomme Guana. üi ham, ou, si vous voulez, île de Cat : c’est la première que découvrirent nos navigateurs. Co. P* lomb l'appela Salvador , c’est à dire pays à la dé. 0R5age
couverte duquel il dut son salut ; mais depuis ell: Put d a changé de nom. srent
L’équipage resta encore quelques instans dans * la pe la contemplation de cette terre ignorée, que cou Pendi
vrait alors de ses feux le soleil levant. Son aspect à agréable, sa fécondité, ses jolis bois, coupés, par #16
intervalles , d’un nombre prodigieux de ruisseaux, "#°° d venaient doubler, chez les Espagnols, la joie de par cette importante découverte. deu
Cependant Colomb fit mettre les chaloupes à la mer, et, en ayant monté une, il se dirigea vers ®
Le tu m'as
rdez avec 1ontre du icayes ou 1e Guana- : c’est la eurs. Coà la dé.
epuis elle
ans dans que couon aspec!
upés, par isseaux, a Joie de
pes à la igea vers
‘CHRISTOPMHE COLOMB. #3
rivage au bruit de belliqueux concerts , suivi de premiers officiers et de quelques personnes ares, laissant flotter des drapeaux. A leur aspect, naturels inondèrent la côte pour considérer les väisseaux européens, dont le spectacle était pour N aussi admirable qu’inconnu. On arriva sur le d, et Colomb, pompeusement paré, faisant Bller son épée dans sa main , descendit le premier 4 foula cette nouvelle terre qu’il venait de dépvrir.
es compagnons le suivirent, baisèrent la terre , { dans cette modeste posture, promirent à leur chef , en sa qualité de vice-roi du Nouveau-Monde , fe docilité sans bornes. Après cette première dé- Mbustration de la plus touchante allégresse , on Hnta, sur le rivage, une croix devant laquelle ks’agenouilla encore pour offrir à Dieu un juste fut de gratitude ; puis, avec solennité, ils en- Brent en possession de ce pays au nom du roi et la reine d’Espagne.
Pendant cette cérémonie, les Indiens, pressés Btour des Espagnols, considéraient, avec un fpnnement silencieux , d’un côté, les édifices flottans, de l’autre , les hommes extraordinaires qu’ils Whaient de sanisis à travers les ondes. Ah! si ot infortunés avaient pu soupçonner les tristes @nséquences de cette fête, ils eussent déploré leur @rt cruel, ou plutôt ils auraient repoussé ces in-
none — us
4% VOYAGES ET CONQUÈTES.
connus qui leur causaient un ravissement respa tueux.
La surprise des Indiens redoublait en considé ,
rant les nouveaux débarqués. Le teint blanc de fai
Européens, la barbe de leur figure, leurs vète 4
mens, leurs armures, leur manière d'agir, tou
cela leur semblait merveilleux; mais au bruit de mousquets et des canonnades, ils se sentiren 4 comme foudroyés. Ces inconnus leur semblaien %#
des hommes armés du feu céleste , des êtres supi rieurs à tous les autres , des fils du Soleil qu’ils ado ‘ralent , qui avaient daigné venir les visiter.
Luc. Le Soleil était donc le dieu de ces gens-là?
M. Huwrer. Oui, mon enfant. Quelques Amér
cains, dont l’idée était supérieure à celle des autres
avaient conçu une telle admiration pour la spler deur du Soleil, sa chaleur vivifiante et son cour
toujours égal , qu’ils le regardaient comme l’êtr ‘fui
dont le pouvoir bienfaisant était le plus digne d leurs hommages, en un mot, comme Dieu même da utres , de leur côté, s'étaient fabriqué plusieur divinités de forme humaine.
L'étonnement des Espagnols égalait presque ce lui des Indiens, à la vue de tant d’objets inconnu et bizarres. Les herbes de ce pays, les plantes, le arbres , les animaux étaient d’un tout autre genrt que ceux d'Europe. Des hommes aussi contrastaien!
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gens-là ?
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ngulièrement avec eux, par leurs habitudes et Burs formes corporelles. Leur peau était cuivrée , Eur chevelure noire et longue; leur menton n’aait point de barbe ; leur taille était moyenne. A des traits bizarres se mélait une qvuce timidité ; leur visage et d’autres parties de leur corps portaient Hpmpreinte de bigarrures variées singulièrement. es uns n'avaient rien qui couvrit leur nudité ; les Autres étaient presque nus. Pour toute parure, ils Dortaient à leurs oreilles , leurs narines et sur leur tête, des plumages , des coquilles et des feuilles si Ils annoncèrent d’abord beaucoup de timidité et de réserve ; mais leurs hôtes leur inspirèrent une grande confiance, en leur donnant à tous une Quantité de bagatelles, des grains de verre, des elots et des rubans ; et lorsqu’à la fin du jour les Bspagnols s'acheminèrent vers leurs vaisseaux , une pule d'Indiens les y suivirent dans des canots cons- @uits avec des troncs d’arbres , autant par curio- L que pour échanger avec eux d’autres colifichets eh échange ; ils offraient soit du fil de coton trawillé par leurs maias , soit des javelots dont une frie arêle de poisson formait la pointe, des perro- Sa et des fruits de toute espèce. Ils étaient si
des des plus simples bagatelles apportées par les ropéens , qu’ils recueillirent soigneusement les tessons d’un vicux pot dispersés sur le tillac , et que, Fr quelques jetons de cuivre qui ne leur étaient
6 VOYAGES ET CONQUÈTES.
bons à rien, ils donnérent.avec empressement vingt. cinq livres d'excellent fil de coton.
Le jour suivant, Colomb, constamment escorté par une foule d’indigènes, explora les côtes de Pile: SX ;1 1 il ne manqua pas de leur demander, par des signes, 4 route où ils prenaient ces petites lames d’or dont ils ornaient leurs narines; et il parvint à en apprendre ,,4 que cet or ne provenait pas de leur île , mais bien d’une autre située au midi, et où, à les en croire, + on en trouvait en abondance. F
Colomb, ayant pris la résolution de se conformer à leurs renseignemens , se rembarqua avec sept In- ,9% diens qui devaient lui servir de guides et d’inter- dot prètes , et cingla vers le sud , pour aller à la décou- 5 verte de cette opulente contrée. Il trouva sur cette F route plusieurs iles, dont il ne visita que les trois plus considérables, auxquelles il donna les noms de Ferdinande, Isabelle, et Sainte-Marie de la Conception. Dans l’une de ces îles , on vit des chiens qui étaient muets, on s’en étonna; mais l’expérience a démontré depuis que les chiens mêmes d'Europe ne peuvent plus aboyer, quand ils ont ag passé quelque temps sur lesol américain. C’est aussi n@i dans l’une d’elles que l’on aperçut et que l’on tua le ges. premier alligator, animal de l'espèce des lézaràs, et qui ressemble beaucoup au crocodile ; c'est pour de
cela qu’on le nomme aussi crocodile des Indes oc f cidentales,
ent vingt.
nt escorté 8 de l’ile :
les signes >nt ils or-
mais bien
ais comme dans ces îles Colomb ne trouvait d’or , et que tous les Indiens auprès desquels il nait des informations lui désignaient toujours le , il n’y séjourna que peu de temps, et continua
» sa Koute.
Au bout d’une autre courte traversée, on découapprendre wi}
un pays qui différait des îles que l’on avait à vues, tant par l’immensité de son étendue que
46 la nature de son terrain. Loin d'offrir, comme
conformer C sept In-
| la décour- \ sur cette e les trois
les noms
“iles, une surface unie, il présentait aux yeux pi ? Le
6 montagnes, des vallées que des forêts variaient agiéablement, des rivières et des prairies. Colomb
et d’inter- doi ta lui-même si ce pays tenait à un continent, ou
melques jours, que c’était effectivement une île,
de les indigènes, dans leur langue, appelaient Cuba.
s la voyez, mes enfans, sur notre carte, aux
rie de la : m 23° degrés de latitude septentrionale.
des chiens is l’expés mêmes d ils ont est aussi ’on tua le s lézaràs, c'est pour Indes oc. {
Wolomb, curieux de connaître cette contrée et ceux
‘habitaient , jeta ancre à l'embouchure d’un
gfänd fleuve; mais à peine les Indiens eurent-ils agreu les vaisseaux, qu'ils quittèrent leurs caba-
met s’enfuirent précipitamment dans les montagies. Uu seul eut assez de courage pour s'approcher,
une petite barque, et de monter à bord de l’un
&8 vaisseaux. Colomb, pour gagner ses amitiés, lui
de légers présens; et l’envoya à terre avec un des
Mitres Indiens qu’il avait amenés de Guanaham, et
48 VOYAGES ET CONQUÈTES.
deux de ses gens, chargés de prendre connaissans 4 du pays et de s’assurer de la confiance des habitan: ! ILeût pu débarquer un plus grand nombre d’Esp: gnols, maisil craignit que leur présence n’effrayi les insulaires.
Cependant, comme les vaisseaux avaient souffa beaucoup d’avaries , on regarda comme indispens: ble de les radouber, c'est à dire d’en boucher le trous avec du goudron. &
Sur ces entrefaites, les deux Espagnols s’en nr : tournèrent apr’ avoir parcouru les terres jusqu' douze lieues ; voici à peu près le rapport qu'ils fire à l'amiral. ne
Le pays que nous venons de traverser offre pre que partout l’image de la culture et de la fertilité @ on y récolte du blé indien ou maïs, et une racin À qu’on mange comme du pain après l’avoir fait rôti @@i Nous sommes parvenus à unepetite ville, quise con 1 pose à peu près de cinquante maisons construilt en bois; sa population est de mille habitans. Li 1e plus notables s’avancèrent vers nous, et après les n à tions favorables que leur donnèrent sur nous les Ii diens qui dans notre route nous servaient d’inte prètes, nous fûmes pris par le bras et conduits dar | k la ville, où l'on nous assigna un vaste logemen ? On nous présenta pour siège une espèce de chaïs @ qui avait la forme d’un animal dont la queue forma 4
le dossier , et dont les oreilles et les yeux étaier :
nnaissane À : dés que nous eûmes pris la place, les Indiens s habitans Æ irent par terre à nos côtés ; ils nous prirent les bre d'Esp ins et les pieds, les baïisèrent et nous donnèrent n’effrayi fnt de preuves de respect, qu'il était facile de voir
qu’ils nous regardaient comme des êtres envoyés du
Mél. Nous mangeñmes des racinesrôties dont le goût indispens us parut semblable à celui de châtaigne. Une reboucher le rque singulière que nous fimes, c’est qu’il ne fi- Ærait pas une seule femme dans le nombre des sauols s’en rt fêges qui faisaient notre service ; au bout de quel rres jusqu fie temps, ces hommes se retirèrent, et bientôt qu’ils firei firent remplacés par un nombreëgal de femmes dont Hôus recümes les mêmes honneurs. Enfin, quand
offre pre sus primes congé de ces gens, un grand nombre
la fertilité habitans nous firent l'offre de partager notre route. une raci ! us refusämes avec un remerciment, en acceptant r fait rôti dite faveur du cacique ou roi seulement et de son quise con #8 qui nous ont suivis jusqu'ici en distribuant parconstruit {ht des ordres pourqu’on noustraite avec leségards bitans. Li 18 plus respectueux.
près les n° Ces deux premiers reçurent de l'amiral des témoi-
nt souffer
ous les + @Bagesdegratitude; ils furent ensuite régalés à bord ent d’inte 4 son vaisseau avec toute la déférence qu’on devait iduits dar Meur rang.
logemen! Lorsqu'il demanda de quel côté se trouvait l’or
e de chaï 4 ue formii , ux étaie
ns le pays, on lui désigna l’orient ; mais les Inens étaient fort surpris de voir les blancs attacher aussi grand prix à ce métal qui n’avait aucune
valeur, et dont ils nese servaient que pour se para Leshommesblanes, de leur côté, s’étonnaient de voi : dans ces gens affables autant de simplicité, Colom ! ne séjourna que peu de temps dans cette île ; apri ! avoir pris d’autres informations , il se dirigea ve 4 le pays aux mines d'or ; vif objet de ses désirs et qu 4 les Indiens nommaient Haïti. K Il s’éloigna de Cuba : il se fit accompagner à 4 douze naturels pour les amener en Espagne ; « #f Indiens n'éprouvèrent aucune émotion en s’éloi Mi gnant de leur patrie. Colomb avait pris soin quel 4 séjour dans le vaisseaux leur présentât tous l: 4 agrémens possibles. À Le ventles contrariait depuis quelques jours; l': 4 miral fut contraint de voguer tantôt d’un côté, ta: 4 tôt de l’autre, c'est à dire de louvoyer.
Alonzo Pinzo, qui commandait la Pinta, vou %fà mettre à profit cette circonstance; et comme son vai 1: seau possédait les meilleures voiles, il chercha à à passer les autres pour arriver le premier dans Haï etse munir d’or avant qu’ils y cussent pénétré. 4 Colomb, soupçonnant son dessein, lui fit signe d 4 l'attendre ; mais Pinzo, rebelle à cet ordre, oubli 4 qu'il lui devait reconnaissance, et courut où: cupidité l’entratmait.
Colomb , ne trouvant aucun moyen de. l'arrêter 4 se décida à reverir à Cuba avec les deux autre ‘vuissoautr : le mauvais temps l'y fit'séjourner que! !
CHRISTOPHE COLOMS. 51 ur se parer xient de voi 4 ité, Colon] | te île ; apri à dirigea va .4 lésirs et qu
es jours ; il en profita pour explorer le pays dans s endroits les plus agréables et les mieux cultivés. es habitansont une manière de vivre qui, d’abord, spira du dégoût aux Espagnols dès qu'ils s'en Derçurent ; ils mangeaïent avec un extrême plai- 1 : de grosses araignées , des vers trouvés dans le Mois en pourriture , et des poissons, cuits à demi, npagner à 4 ont ils avaient pris soin d'arracher les yeux qu’ils Fes er D mangeaient que crus.
ait êlu L. Quand le temps fut devenu favorable, Colomb soin que ® dirigea de nouveau vers Haïti, où il devait At tous l 4 ouver le perfide Pinzo ; seize lioues de routé lui s . firent. Le 6 décembre , il parvint dans ectte île 8 jours ; l' Mnmonse , qu’il appela Hispaniola, ou petite Espanm côté, tar L e, par ia ressemblance de son terrain avec celui
l'Espagne, en Europe : plus tard, on la 1omma n{a, voul hint-Domingue; ce nom est celui d’une ville qu’y me Son va! tirent les Espagnols, et qui, dans la suite , devint aercha à d capitale de l'ile.
dans Haï ? À son aspect, les bois furent le refuge de tous énétré. Ms habitans, et comme on n'y vit aucune trace fitsigned "le la Pinta, Colomb ne tarda pas à quitter l'endre, oubli roit où il avait jeté l'ancre et remit à la voile vers
rut où: nord en longeant la côte.
} Etant descendu sur un autre bord, il parvint à Bron quelques habitans ; une Indienne, dont L's’était emparé, en avait reçu tant de cadeaux
t de cajoleries, avait tracé à ses compatriotes un
el’arrôter à eux autre !
rner quel
52 VOYAGES ET CONQUÈTES. .
tableau si favorable des Espagnols, qu’ils ne cr: 4 gnirent pas de les accoster pour considérer et rec 4 voir aussi quelques uns de ces dons précieux du! ; elle avait été comblée. .
Pour le visage et les coutumes, ces Indiens : 4 différaient pas des indigènes de Guanabani, 4# de Cuba : comme eux, rien ne voilait leur n dité; leur teint était cuivré; la douceur, la 8 midité et l'ignorance les caractérisaient aussi. 4% l'aspect de tant d’objets divers , ils semblaient pe Hi. ser que les Espagnols n'étaient pas de simpl fi . mortels, mais plutôt des êtres descendus des cieu gif; Ils se paraient de beaucoup plus d’or que les hal 9 tans des îles précédentes; mais, comme ces dk niers, ils y attachaient si peu de prix, qu’ils reg: daient comme un bonheur de pouvoir le céder po: des épingles, des sonnettes, des grains de ver 4 et d’autres bagatelles de ce genre. Lorsque Color 4 s’informa du lieu qui recélait ce précieux métal, i & désignérent l’orient ; à cette seconde indicati: 9 ses navires fendent soudain lesflots, et il part a mé par l’espérance de rencontrer bientôt une sour gêne intarissable de trésors. |
| CHRISTOPHE COLOMB. 53 u’ils ne cri 4 dérer et rec récieux da A
4 ENTRETIEN VII
s Indiens :
suanabani 4 ait leur n ceur, la : 488 ent aussi, #4 ablaient pe M. Hunter. Ils venaient à peine de mouiller 5 de simpl 4 nn autre golfe de cette ile, que l’amiral reçut lus des cieu péisite du cacique de ce pays ; son escorte était que les hal, N nbreuse. Il était porté, dans un palanquin, sur ame ces d: {ii épaules d: ‘uatre hommes; mais sa majesté
qu'ils reg: Mtentiéremer .v + comme ses sujets. Il n’hésita le céder po | à un seul instant à se présenter à-bord, et quand ins de ver & Plui apprit que Colomb commençait à se mettre que Color Wble, qu'on Pintroduisit dans le licu où le repas
ux métal, i ét dressé, suivi de deux vicillards qui sem-
> indicati fient être son conseil, il prit un siège à côté de (il part a Fhiral et tint une posture où se peignaient le une sour féliect et la confiance ; à ses pieds se placèrent ses x conseillers, On lui présenta du vin et quelfées uns des plats qui se trouvaient sur la table ; il
en mangea et fit passer le reste à son escorte qui ait sur le pont en l’attendant.
© A la fin du repas, le cacique fit don à l'amiral de
clques feuilles d’or et d’une ceinture dont un tra-
54 | VOYAGES ET CONQUÈTES.
vail parfait relevait l'éclat. Colomb, pour le ri mercier, lui fit présent d’un collier d’ambre jaune? d'une paire de pantoufles de couleur rouge , d'u he: couverture de lit et d’un flacon de fleur d'orange Le roiindien en fut si pénétré, que dans l’effusio* à L de sa gratitude il fit entrevoir à l’amiral que so À ) pays était à sa disposition. | | Grave et noble avec ses sujets, ce souverai usait d’une extrême familiarité avec les Espagnok É L. le moindre objet fixait toute son attention, et IS choses merveilleuses que contenait le vaissa ges semblaient. lui procurer le plus grand étonnement Sur la fin du jour, il témoigna le désir de descend is
à terre. Soudain , la chaloupe fut mise en mer ; 9; reçut los adieux de l’amiral et. s’éloigna au brie d’un coup de canon; il regarda alors comme ce ere ] tain que ces êtres à la couleur blanche avaient pri gi epo
naissance dans les cieux, puisque la foudre et : Sc à! tonnerre résonnaient dans leurs mains. Les 11 ps diens eurent tant de respeet pour ces nobles à g88 cha
connus, qu’ils baisèrent même les vestiges des Esp ciduis: gnels, imprimés sur la terre. l Gonrme cette partie du nouveau continent n'é alindor tait pas celle où se trouvaient les précieuses mine 189 en : d’or, unique espérance des Espagnols, Colomb mi id och à la voile pour se diriger versla partie de l’est. 8 don:
Le résultat de tous les renseignemens qu’on avai { prisétait qu'on se trouvait alors dans un pays iné
CHRISTOPRE COLONB, 55
MS, dépendant d'un cacique dont le pouvoir était M étendu : l'amiral lui dépêcha des ambassadeurs Mbe hâta de le visiter lui-même, d’après l'invitation Wil en avait reçue.
Mans ce trajet, on était arrivé jusqu’au cap, où, fitant du calme qui régnait dans l’air, il fit re- Dllér les voiles à peu près à une lieue de la terre. De- DS deux jours, le sommeil n’avait pas fermé ses Mix. Vers minuit, il alla donc se reposer, après Wir mis au timon un pilote à sa place , avec la déet f] expresse de abandonner. Bientôt tout l’équidé l’imita, se croyant hors de tout danger. Le Pile même, qui, dans cette nuit tranquille, ne Wait rien à redouter , crut ne pas manquer à la Milence en substituant un mousse à sa place, omme ce! miigré l’ordre sévère de son chef ; il alla prendre avaient Pi grepos comme ses autres compaguons : c'était. oudre et | Mc à l’inexpérience d’un enfant qu'était confiée, as. Les In pont la nuit, la sûreté du vaisseau. Pendant nobles it fé chacun dormait profondément, un fil d’eau es des Esp cduisait peu à peu le navire vers la côte. Soudain Mthoc si terrible Pébranla, que le mousse, effrayé,
tinent n° afndonna le timon. A ses cris'perçans , Colomb se ises mine 188 en sursaut , moute sans délai sur le tillac, voit. :olomb mi esfrochers , etcomprend bientôt que le navire vient el'est. de) donner sur un écueil. L’abattement s'empare de ju’on avai ft l'équipage, lui seul possède assez de sang-froid
L'pays iné Pr aviser au véritable moyeu de le sauver.
56 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Il fait soudain entrer quelques Espagnols dans une chaloupe, et fait jeter , à ur certain intervalle, une ancre au moyen de laquelle n puisse touer le vaisseau , c’est à dire le faire avancer et le débarrasser des rochers ; mais ils sont tellement désespé. rés, que, loin de lui obéir , ils ne rêvent qu’à leur propre salut, et cherchent un refuge à bord de la Nigna. Par bonheur, celui qui commandait ce na-
vire repoussa des hommes qui foulaient aux pieds À; leur devoir et se séparaient lâchement de leur chef. *
Ïls retournèrent donc par force à leur navire. Sur ces entrefaites, l'amiral, pour le rendre plus
léger , ordonna de briser les mâts et d’abandonner ñ
à la mer les objets les moins utiles. Vaines précautions. Il se fit une ouverture au vaisseau près de la quille, et soudain l’eau y pénétra si abondamment, qu’on dut perdre toute espérance de le préserver. Colomb et tous ses gens entrèrent dans les chaloupes venues pour les secourir, et à force de ramer on s’empressa d'atteindre la Nigna.
Le jour suivant, il fit informer le cacique du revers qu’il venait d’essuyer, et demanda l’aide de ses navires pour tenter de sauver quelques débris du naufrage.
En apprenant cela, le généreux cacique Guakanabari s’empressa de voler au secours des Espa-
gnols avec sesgens et ses canots. Ils réunirent , avec :
la fidélité la plus scrupuleuse , tout ce qu'ils purent