‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme] (volume 5)Chapitre 13 sur 17 · TES · texte numérisé non relu

TES

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rsés dans la ville ur. H sortait de audis que le plu couchés, ce qu franchir la cour du palais sans lacé par Herrad:

survenaient : Le

PIZARRS. 231

tyran est mort! tellement que, croyant être arrivés trop tard, les amis du gouverneur se retirérent au liea de voler à son secours.

ENTRETIEN XXI

Déjà les conjurés étaient arrivés, sans avoir é{é aperçus, jusqu’à l'escalier aboutissant à lappartement du gouverneur, lorsqu'un des pages qui les vit venir, se précipita avec bruit dans la chambre. Pizarre, habitué à braver les plus grands périls, loin de manifester la moindre émotion, se leva tranquillement et ordonna à l’an de ses officiers de verrouiller la porte, pour avoir seulement le temps de prendre ses armés; mais cet officier, hors de lui, n'exécuta malheureusement pas l’ordre qu’il venait de recevoir, sortit de la chambre pour demander à ceux qui montaient l'escalier d’où venait ce bruit, et quelles étaient leurs intentions? Un coup de sabre qui le terrassa fut la seule réponse qu’il en reçut, et les conjurés passant sur son corps, pénétrèrent dans la chambre de Pizarre.

Alors celui-ci était allé s’armer dans ane piéce

| voisite, où se trouvait également son beau-frère,

i 239 VOYAGES ET CONQUÊTES.

Alcantara, deux de. ses amis et deux de ses pages tout le reste, à la vue des conspirateurs, s'était. ho

teusement enfui par la fenêtre. Pizarre n’avait pa encore eu le temys de boucler sa cuirasse ; mais sai sissant-son sabre et son bouclier, et faisant face au conjurés, il fondit sur eux comme un lion, e« criaut à ses amis : « Courage, camarades! nou sommes encore assez pour châtier ces traîtres d leur témérité! » Au même instant s’engagea de par et d’autre une lutte terrible. Non seulement les con jurés élaient supérieurs en nombre, mais, comm

nus l'avons dit, ils étaient armés de pied eu capl.

tellement qu’on avait peine à les atteindre, tandi que chaque coup qu'ils portaient frappait à décou vert Pizarre et ses amis, qui aimèrent mieux péri à ses côtés que de l’abandonner. Aussi l'issue d combat ne fut pas longtemps incertaine. Alcantara le premier atteint d'un coup mortel, tomba aux pieds de son frère ; les autres éprouvèrent bientôt ll même sort, et le gouverneur, fatigué de parer le coups redoublés qui l’accablaient de toute part, e

pouvant à peine tenir son épée, reçut une profond

blessure à la gorge, et rendit sur-le-champ le dernie soupir.

À la vue de la victime baignée dans son sang, les conjurés se répandirent aussitôt dans la ville, leurs - épées nues ct ensanglantées à la main, pour annon cer partout la mort du tyran. Ils furent joints pa

ux de ses pages eurs, s'était. ho zarre n’avait pa irasse ; mais sai faisant face au ne un lion, e amarades! nou " ces traîtres d engagea de par ulement les con , Mais, commi

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plus de deux cents complices, qui conduisirent le jeune Almagro sur un cheval par toutes les rues et comme en.triomphe, en faisant publier que lui seul, à l’exclusion de tous autres, était le gouverneur légitime du Pérou. Le palais de Pizarre et les maisons de ses partisans furent livrés au pillage.

Ainsi inourut un homme digne d’être admiré par son courage dans l’action, patient dans l’adversité, mais chez lequel les ames honnêtes frémissent de reconnaître un caractère faux et quelquefois féroce. Sa conduite envers Atahualpa, Almagro et plusieurs autres, reçut ainsi la punition qu’elle avait tant de fois méritée. Ses domestiques portèrent son cadayre à l’église, mais personne n’osa le suivre ni le faire inhumer. Enfin, un nommé Barbaran, qui autrefois avait été à son service, prit sur lui de demander au nouveau gouverneur la pérmission de lui rendre les derniers devoirs. L’ayant obfenue, il s’empressa, à l’aide de ses femmes, de l'enterrer, sachant que l’intention des conjurés était d'exposer sa tête sur la roue. à R

Tuéopore. Eh quoi! c’est donc déjà fini, mon papa ? |

M. Hunrer. Pourquoi rester devant un théâtre quund les acteurs ne sont plus sur la scène ? à moins, mes enfans,que vous ne désiriez apprendre quelques circonstances de la vie privée de Pizarre ?

Tous LES ENFANS. Oh! oui, oui !

084 VOYAGES ET CONQUÈTES.

M. Honren. Selon les historiens du temps, il était d'une constitution robuste. Les forces de son corps étaient en rapport avec celles de son ame ferme ot courageuse, Personne mieux que lui n’affrontait le danger et ne supportait les coups de la fortune. Dès qu’il s'était armé, il se regardait comme invincible. Alors il lui arrivait souvent de s’avancer tout seul contre l'ennemi avec un sang-froid admirable, et ses soldats avaient peine à le rejoindre: tant il avait confiance en son bras musculeux et en son intrépidité à toute épreuve!

Je crois déjà vous avoir dit que son éducation avait été très négligée, ou plutôt il n’en avait reçu aucune, Aussi manquait-il de toutes les connaissances qu’un homme bien élevé doit acquérir ; mais il compéngait cette absence d'instruction par l’attention sérieuse, par l'activité, la patience et les réflexions que lui suggéraient toutes les circonstances qui se présentaient. Quand un acte exigeait sa signature, il faisait deux traits de plume entre lesquels son secrétaire écrivait F rançois Pizay: re.

Ce serait se tromper, mes enfans , que de croire que sans connaissances acquises on peut, comme Pi-

zarre, espérer de faire fortune. Ils sont passés ces : temps où la force du corps, unie à la bravoure, suffisait pour parvenir aux dignités milifaires ; aujourd’hui, dans tousles états, dans toutes les professions, même dans celle des armes, ôn demande bien plus

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de capacité qu’autrefois à un jeune homme qui veut obtenir un emploi ou des protections. Les temps sont changés au point, que tel homme qui commanda jadis des légionsentières, serait à peine de nos jours apte à remplir le poste de chef d’escouade.

La nature avait doué Pizarre d’une ame élevée et subtile, à laquelle il ne manquait que la culture de l'éducation. Il formait les projets les plus vastes; et plus les obstacles s ’accumulaient , plus il redoublait pour les vaincre.

Il était naturellement grand et généreux ; mais aveuglé par l’'amtition et les prestiges de la puis- «sance, il cultivait les beaux sentimens qui germaient dans son ame. Je vais vous citer, entre autres, deux anecdotes qui vous mettront à même d’apprécier les heureuses qualités dont nôtre héros était doué.

Un officier, peu favorisé de la fortune, avait perdu son cheval ; Pizarre en ayant été instruit , résolut de lui procuret les moyens d’en acheter un autre ; ik cacha à cet effet sous son habit un lingot d'or pesant dix livres, et pour le rencontrer, se dirigea vers une maison. où était élabli un jeu de paume ; mais l'officier qu’il cherchait n’y était pas encore arrivé. Quelqués uns de ses amis lui ayant proposé de jouer avec eux , il se mit de leur partie , mais sans ôter son habit, et se résignant à endurer la gêne que son lingot lui causait, pout que ses

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partners ne connussent pas la cause de sa visite. La partie durait depuis trois heures entières lorsque l'officier arriva. Pizarre alla au devant de lui k l’emmena à l'écart, et lui remettant son présent : « Ce lingot, lui dit-il, m’a si fort incommodé, » que, si vous étiez venu plus vite pour m’en dé- » barrasser, je vous en aurais donné trois fois au- » tant. » | Une autre fois (c'était pendant une de ses marchés ) on traversait une rivière ; un de ses domestiques indiens qui lui. avait souvent donné des preuves d'affection et de dévouement , fut entrainé par le courant. Pizarre eat à peine aperçu le danger où se trouvait ce malheureux , qu’il se jette à la nage pour aller le secourir ; il le saisit par les cheveux, ct après des peines infinies, parvient à le ramener sur le rivage. Le danger qu'il venait d’affronter lui-même était si grand , que le plus intrépide de ses soldats n’eût jamais osé s’y exposer. Aussi ses intimes amis lui reprochérent sa témérité et le peu de soin qu’il prenait de la conservation de ses Jours. « Vous ne connaissez pas , leur répondit- ». il, Ie prix d’un fidèle domestique. »

Soit dans la. vie privée, soit comme gouverneur, il s’habillait sans luxe et d’une manière uniforme. Il portait un habit noir qui lui descendait .sur les talons, un chapeau gris et des souliers k blancs. Par déférence pour ses amis , il mettait quel-

LA

de sa visite. La tières lorsque vant de lui, son présent :

. Incommodé, our m’en déé trois fois au-

quefois, le dimanche, un vétement de paräde

fait présent : mais dès qu’il était revenu de l'église, il se déshabillait et restait en veste ou en chemise, avec ün mouchoir autour du cou pour essuyer la

sacrail presque tout son temps à jouer à la ‘paume et aux quilles ; c'était pour lui une passion. I faisait sa partie avec le premier venus saris s’'enquérir de son état et de sa condition.

Il ne souffrait jamais qu’on se donnât la peins de lui relever la boule ni qu’on voulût lui éviter le moindre dérangement. Il était affable ; Complaisant envers le monde , et sa familiarité était poussée

une de ses un de ses dont donné des , fut entrainé perçu le danu’il se jette à saisit par les , parvient à le il venait d’afle plus intréb s’y exposer.

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pour lui être agréable , oublier son rang de gou- Yerneur. |

Son attachement et son affection pour l'empereur étaient sans bornes. Lorsqu'il s'agissait de prélever le cinquième qui revenait à la couronne

dans le partage des trésors, il poussait le scrupule jusqu’à descendre de son siége chaque fois que Île plus petit brin d’or s’en échappait, pour le recueil-

lir et le joindre à la part de l'empereur. Souvent

ette attention minuticuse faisait rire les assistans ;

mais lui, sans y prendre garde : « Si je n'avais

» point de mains, disait-il , je ramasscrais ces pe-

» tits morceaux avec la bouche. »

garni de pelleteries, dont son ami Cortez Ini avait’

sueur de son visage ; car, pendant la paix, il con-

au point que, dans les momens de plaisir, il fallait,

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