‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme] (volume 5)Chapitre 12 sur 17 · TOM. II · texte numérisé non relu

TOM. II

se crüt pas assez éclairée, et ne se prononça jias. Cependant, comme la mauvaise foi et la tyrannie dés Pizarre étaient de la plus grande évidence, on crut devoir s'emparer de Ferdinand. Je ne vous parlerai plus de lui , car on le jeta en prison, et il y resta plus de vingt ans. Les uns disent qu’il y périt, d’autres assurent qu’il recouvra la liberté avant de mourir. °

François Pizarre, de son côté, était fort tranquille , et la cour n’osait l’obliger à rendre compte ; elle voulait cependant savoir au juste ce qui se passait au Pérou. On résolut d’y envoyer un commissaire qui pût prendre sur les lieux les renseignemens les plus positifs , et donner des ordres sur la manière d’administrer à l’avenir. La mission était délicate et importante; il fallait pour la remplir un homme qui eùt de grands talens, uné probité et une fermété à l’abri de toute atteinte : on trouva toutes ces qualités dans Vasca de Castro, qui fut nommé commissairé.

Pendant qu’il se prépare à partir, nous allons revoir ce qui se passe au Pérou. Pizarre gouvernait avec une autorité et un despotisme d’autant plus . illimités qu’il n'avait plus de rival ; il donnait in-

distinctement des titres et des terres , et il ne fit en |

cela ni acte de justice ni acte de sagesse. Il s’empara pour ses frères, pour ses favoris et pour lui-même,

des contrées les plus productives et les plus agréa- |

s. PIZARRE, 219

bles, et accorda le rebut à ceux qui s'étaient illus-

trés par leur valeur ou leurs services. Les par-

tisans d’Almagro, quoique braves et dignes de | considération sous tous les rapports, étaient écartés-de tous les emplois, et avaient la misère en partage.

Lé gouverneur, aveuglé par son imprudente témérité, ne voyait pas où tout cela pouvait le conduire ; il faisait peu de cas des murmures, et continuait toujours à combler d'honnéurs et de biens tous ses favoris. Parmi les victimes de son despotisme se trouva Benalcazar, qui s'était rendu maitre de Quito; il lui enleva le gouvernement de cette contrée, et le confia à son frère Gonzalez. Ce fut ce même Gonzalez qui eut la conduite d’une expédition de la plus haute importance. Je vous en parlerai demain.

prononça pas.

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ENTRETIEN XIX

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M. Hunrer. On pensait généralement dans le Pérou qu’au delà des Andes, à l’orient, il existait un pays fertile en cannelle et autres épiceries. Gonzalez se dirigea vers ce pays avec trois cent quaran(ie

Européens, presque tous cavaliers, et quatre mille Péruvicns.

C'est le cas, mes amis, de voir sur la carte la position de Quito, d’où partit Gonzalez. Il maroha vers le sud-est en suivant le cours de la rivière

Napo, et ensuite vers le sud. Cette rivière se perd

dans le grand Maragnon ou rivière des Amazones. Ce fleuve parcourt la majeure partie de l’'Amé. rique méridionale, du couchant au levant, et se perd elle-même dans le grand océan Atlantique.

La rivière des Amazones est , par son étendue, la

plus remarquable qu il y ait au monde. Si vous voulez vous faire une juste idée de cette entreprise extraordinaire, remarquez sur la carte les circuits du fleuve.

La difficulté de surmonter les Cordillières et les Andes, montagnes toujours couvertes de neige, fut . un obstacle que Gonzalez surmonta avec peine, On aurait dit qu’il avait à lutter contre la nature : les éclairs , le tonnerre, les tremblemens de terre ; on aurait dit quele globe allait être bouleversé. La terre entr’ouverte engloutit des arbres. Une rivière s’étant débordée, le camp des Espagnols fut inondé si subitement, qu’ils purent à peine se sauver en gagnant un coteau voisin. Ensuite ils eurent à supporter une autre calamité : ils crurent tout à coup être transportés dans la zone glaciale, vers le cercle:

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Fenpinanr. Je le sais : ces cercles n'existent que dans notre imagination; ils sont où finissent les. zones tempérées, et où commencent les glaciales.

y M. Hunrer. Des Péruviens et des Espagnols y moururent de froid. Les autres ne résistèrent que parce qu’ils avaient un fort tempérament, et qu’ils faisaient un exercice continüel. Quand on arriva aux plaines d’en decà des Andes, on était encore loin d’avoir épuisé toutes les calamités. On eut des obstacles d’un autre genre. Ce pays était en partie désert et en partie habité par des sauvages qui. n’a-

vaïient des vivres d’aucune espèce. IL fallait cons-.

tamment se frayer un chemin avec la hache à travers les bois, ou franchir des marais. A tout celail faut ajouter des pluies qui durérent plusieurs mois, et qui ne permirent pes même à cetie troupe aventurière de sécher ses habits. |

Iis arrivèrent sur les rives du Napo. Gonzalez fit faire une barque pour le traverser et porter le bagage et les vivres qu’il avait. Manquant de tout, ils furent réduits à déferrer les chevaux pour faire des clous et des crampons; la résine qui tombait de certains arbres leur servit de poix et de goudron.

Hs réussirent, mais ce ne fut pas sans peine. Orel-

RSS SES

2292 VOYAGES ET CONQUÈTES.

Jana, officier qui commandait sous les ordres de Gonzalez, dirigea cette barque. Il descendit la rivière et alla chercher des vivres avec cinquante soldats; il devait rejoindre l’armée à un endroit convenu.

Orellana forma , en partant, le projet de se distinguer par une action sans exemple. IL décida de pe pas sc rendre au rendez-vous que lui avait donné Gonzalez, et d'arriver à l'Océan en suivant le cours de la rivière ; il n’aurait.probablement pas fait une pareille entreprise, s’il eût pensé que ce fleuve a une étendue de deux mille lieues marines. On ne peut pas concevoir qu’un homme, quelque déterminé qu’il fût, osât faire une pareille entreprise sur une barque aussi mal construite, alors surtout qu'il avait de provisions d'aucune espèce, ayant d’ail- | leurs à traverser un pays inculte et des peuples sguvages, et ne pouvant leur opposer qu’une faible | poignée de soldats. .

Lorsque Orellana fut arrivé à l'endroit indiqué pour attendre l’armée, il découvrit son projet. Ce lieu était où le Napo se jette dans le Maragnon, appelé la rivière des Amazones. Là, le perfide se dé- - clara à ses compagnons, et leur inspira son audace. ‘ Un seul osa s'opposer à l’exécution de son projet, mais inutilement. Orellana, pour le punir de sa fidélité, le fit débarquer dans un pays inhabité, pour qu'il y périt, et il suivit son projet. On ne saurait

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PIZABRE, — 9223

exprimer les périls et les fatigues auxquels il fut

| exposé à tout instant; traversaht tantôt des con-

trées désertes et stériles qui ne leur présentaient ni rafraichissemens, ni vivres; tantôt ayant à combattre contre des sauvages gucrriers pour obtenir de force quelques provisions ; quelquefois , environné par uue foule de canots, il avait peine à se mouvoir avec ses cinquante hommes et le petit es-

pace qu’il avait dans sa barque. Il descendit néan-

moins le fleuve sans s'arrêter, et atteignit enfin l'embouchure après sept mois de fatigues, de misère et de périls. IL était pourtant encore loin du terme de sa folle entreprise, puisqu'il fallait qu’il se hasardAt sur l'Océan avec sa faible barque, pour arriver à une colonie espagnole. Il arriva enfin à Cabagua, qui est tout près des côtes de Tierra- Firma, après avoir parcouru plusieurs centaines de lieues de chemin.

Il revint de là en Espagne, où il remplit tout le monde de surprise par le récit de son aventure ihcroyable ; car il ne le borna pas au simple narré de la vérité, mais il y ajouta divers contes pour rendre son histoire plus merveilleuse, et ce n’est que de nos jours qu’on en a reconnu la fausseté.

Il racontait que dans les contrées qu’il avait traversées, l'or et les pierres précieuses étaient aussi communes que les cailloux chez nous; qu’il en avait

vu d’autres habitées seulement par des femmes vi-

9294 VOYAGES ET CONQUÈTES.

goureuses et guerrières, d’où vient le nom des Amazones donné au pays qui est traversé par le Maragnon, et celui de fleuve ou rivière des Amazones au Maragnon. Un de ces pays fut appelé Eldorado, comme étant le pays de l'or. | Les recherches des voyageurs ont prouvé de nos jours qu’il n°y a point de pays d’or ni de royaume d'Amazoncs, et que tous les contes merveilleux

d'Orcllana sont, en faveur du goût de ce siècle, |

imaginés pour faire valoir ses découvertes, et soutenir, en Espagne, l’ardeur de les poursuivre.

ramener cam anrennar aan. pornnnmmpenangenéenaarmnenanannn.

ENTRETIEN XX

M. Hunrer. Je vais raconter l'embarras dans lequel se trouva Gonzalez par la perfidie d’Orellana. |

Comptant qu’il trouverait au confluent du Napo et du Maragnon, Orellana avec les cinquante hommes qu’il commandait et une provision de vi-

“vres, il ne fut pas peu surpris de ne trouver ni |

barque, ni vivres, ni détachement. Orellaua , pen-

sait-il, aura sans doute, par quelque cause impré- | vue, été obligé de descendre plus bas; il se décida, |

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dans celte persuasion, à continuer sa marche le

long du fleuve ; mais l'Espagnol que le perfide Orcllana avait fait mettre à terre, et qu’il rencontra, le mit au fait de la trahison d’Orellana. Ils considérérent en tremblant leur désespérante position. A demi, morts de faim cet de fatigue, cette contrée stérile et déserte ne leur présentait aucune ressource,

et leur bagage, qui était resté dans la barque d’O- rellana, était perdu pour eux. Dans cette pénible si-

tuation , ils demandérent, et, Gonzalés fut forcé de leur accorder de revenir sur leur pas. | On était à plus de deux cents milles (éuviron quatre cents licues de France) de Quito, et il était presque certain que peu d’entre eux, après les fatigues qu'ils venaient d’éprouver durant cette route longue et pénible, seraient en état de les supporter encore. Il-failut pourtant s’y soumettre, et on se mit en route. Dans l'espoir de trouver de meilleurs chemins, il voulurent revenir par une autre roule, ne se guidant que sur le soleil, Leur espoir fut trompé, car cette nouvelle route fut encore plus impraticable que l’autre, et ils trouvaient moins de vivres et de rafraïichissemens. Ayant mangé leurs chevaux et leurs chiens, ils n'avaient d’autre ressource que de mâcher des feuilles et d’avaler des insectes rebutans; ils rongèrent jusqu’au cuir de leurs selles et de leurs ceinturons, et, pour comble d’infortune, leurs haù 10.

226 VOYAGES ÆT CONQUÈTES.

bits, pourris, par la pluie, tombaient en lambeaux, ou avaient été déchirés par les ronces au travers desquelles il fallait passer sans cesse. Deux cents Espagnols et quatre mille Péruviens périrent par cette affreuse misére. .

Ceux qui purent continuer leur marche , semblables à des squelettes , arrivèrent jusqu’à Ciaquante mille de Quito , et auraient tous succombé si on n’avait envoyé de Quito des vivres. ‘Quelle ‘fut leur joie à la vue de ces secours ! mais ils auraient trouvé la mort dans ces mêmes se- ‘cours , si on les avait livrés à leur avidité : on les borna à une portion modérée pendant quelques ‘jours. On avait eu le soin de leur envoyer des habits et des-chevaux ; mais Gonzalez y renonça “parce qu’il n'y en avait pas suffisamment ; ses officiers l’imitérent, et continuèrent leur chemin pus et à pied jusqu’à Quito. Les souffrances qu’ils avaient éprouvées les avaient rendus méconnaissasables pour leürs plus intimes amis même.

Ils se reposèrent tous, excepté Gonzalez , qui, ‘en arrivant à Quito, apprit des choses plus terribles que ce qu’il venait de souffrir. Allons en “esprit à Lima, voir l'événement affreux qui s'y passe.

Vous n’avez sans doute pas oublié qu’Almagro , lors de son exécution, laissa un fils qu’il déclara ‘son successeur, L'éducation de ce jeune homme

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avait été confiée à un gentilhomme espagnol nommé Herrada , plein de mérite ; il avait acquis sous sa direction d'excellentes qualités, Grand , bien fait, vif et habile à tout , il était pourvu de connaissances peu ordinaires. Il possédait de plus lintrépidité de son père, ce qui faisait présager qu’il se distinguerait sur la scène du Pérou. Abaisser de bonne heure le génie naissant de ce jeune homme fut la pensée de Pizarre. {l le garda donc quelque temps prisonnier avec son gouvérneur , et ne laissa libre qu’à condition qu'il ferait sa résidence à Lima , sous ses yeux, pensant que ce moyen serait suffisant pour se mettre à l’abri de toute révolte de sa part; mais ce fut une erreur. Bientôt la maison du jeune Almagro fut le rendez-vous et le lieu de réunion de tous les anciens amis et de tous les partisans de son père, qui se trouvaient, comme nous l'avous vu, dans la position la plus affreuse, et ne soupiraient qu'après le moment de pouvoir veuger leur honneur , et reprendre sur le tyran les biens dont il les avait dépouillés. Le jeune Almagro devint le centre de leur réunion pour s'entendre sur les moyens de se venger et d'améliorer leur sort. Ils convinrent de secouer la tyrannie qui pesait sur eux, et d’'immoler leurs oppresseurs. L’absénce des deux frères du gouverneur leur sembla propice à l'exécution de leur complot.

2928 VOYAGES ET CONQUÈTES,

Des-éunions si souvent re ouvelées, donnèrent de l’ombrage aux partisans du gouverneur. On lui témoigna des craintes, et on l’engagea à.se tenir sur ses gardes. Mais cela ne pouvait guère l’émouvoir ; il avait une trop grande habitude de voir les dangers sans crainte. Il leur répondit : « Ne trem- » blez pas pour mes jours; à] m'est si facile de » faire sauter des têtes, que je n'ai rien à craindre » pour la mienne. »

Herrada vint le voir un jour aqw’il se promenait dans son jardin. Il allait de la part de ceux

‘qui conspiraient porr dissiper ses soupçons et voir quélles étaient ses intentions. Il cueillait des citrons ; il en offrit à Herrada, et lui dit qu'il n’en était pas encore venu d’autres. dans cette ville. Herrada lui témoigna beaucoup d’inquiétude, en lui disant! que, d’après quelques bruits répandus dans le public, il voulait se débarrasser de son élève et de ses amis. Le gouverneur avoua qu’on l'avait engagé à se tenir sur ses gardes , parce qu’on cherchait à lui arracher la vie ; mais que jamais il n’avait eu nulle envie de s’en prendre à Hoerrada et à $es amis. Celui-ci lui donna l’assurance que tout cela avait été inventé par des gens qui avaient de mauvaises intentions, et pour lui en donner une preuve plus convaincante, il dit au gouverneur que le jeune Almagro et lui avaient intention, de s'éloigner de Lima, s’il voulait bien

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le leur permettre. Aucun historien n’a su dire si Pizarre y consentit; seulement on assure qu’il promit à Herrada de lui faire remettre tout ce dont il pourrait avoir besoin. Alors Herrada parut ému et reconnaissant , et lui baisa la main. Tout cela lui fit croire qu’il n’avait rien à redouter de ces gens-là.

La mission d’Herrada fut remplie. Les conspirateurs étaient persuadés que le gouverneur étzit dans une parfaite sécurité. Le projet sanglant devait être exécuté le dimanche suivant. Pizarre n'avait pas eu le moindre soupçon lorsque vint le samedi, et ce jour là il se présenta un accident qui aurait pu lui faire ouvrir les yeux, s’il n’avait été aveuglé sur sa position, ,

L’un des conspirateurs eut des remords, et avant l'heure de l'exécution du projet, déclara la conspi-

ration à un prêtre qui s’empressa d’aller en informer .

lc gouverneur. Ce rapport fit quelque émotion sur Pizarre ; mais accoutumé à mépriser les dangers, jt reprit sa première sécurité, et répondit qu’il ne croyait pas au complot qu'on voulait lui fairecraindre ; que le ton soumis avec lequel Herrada lui avait parlé peu de jours avant, lui prouvait que cette dénonciation venait de quelqu'un qui, ayantune grâce

à lui demander, cherchait à le disposer favorable-

ment par cette révélation. pe quoi il se mit au lit sans défiance.

230 VOYAGES BT CONQUÊTES,

Il fit cependant quelques réflexions pendant 1: nuit, et commença à penser que le péril pourrai peut-être bien ne pas être sans quelque fondement, et que quelques précautions ne seraient pas inutiles On lui avait conseillé pendant long-temps de s’en tourer d’ane gardé pour sa sûreté ; mais comptant sur l’arrivée prochaine d’un plénipotentiaire d’Es pagne, il redoutait qu'on n’imputat le soin qu’il prenait de se faire garder à la craiute que lui inspi - rait ce plénipotentiaire. Toutes ses précautions se bornèrent donc à ne pas sortir de son palais de toute ‘la journée suivante; il fit dire une messe dans Chambre au lieu d’aller à Péglise comme à Pordi naire, et il dina à midi avec quelques uns de ses of ficiers. C'était le moment choisi par les conjurés, parce qu’à cause de la chaleur du climat on s’y livre au sommeil au milieu du jour.

Herrada, à la tête de dix-huit conjurés armés de toutes pièces, sort de la maison d’Almagro, l’épée à ‘la main, aux cris de vive le roi ! mort au tyran! * Ace signal, les conspirateurs dispersés dans la vie se rendivent au palais du gouverneur. H sortait de

table et conversait avec ses amis, tandis que le plug

grand nombre de ses gens étaient couchés, ce qu donna le temps à ses adversaires de francbir la cour et d'entrer même dans l’intérieur du palais sans être vus. Un des conjurés avait êté placé par Herrad: à la porte pour crier à ceux qui survenaient : L

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