TON
ps à la tête mple de son leur prodichissait sucvait tous les selle rien ne
Ju terrassait poursuivanl
à dans la ca- |
des moyens iendrait à le Julien d'Al nfort récemle rester en afin de com digue, pen nalheur, cet mission sans remplir pen-
se conformer mouvemenl,
ls ouvertures, et de s’y poster. Les autres corps qui étaient engagés aux portes de la ville avec les Espagnois reçurent Pordre de céder peu à peu du terrain, afin d’attirer inseusiblement l’ennemi vers
[le centre de la ville, Le succès couronna cette su-
percherie. Cortez, persuadé que ses ordres avaient été exécutés par Julien d’Aldrète, poursuivit vigoureusement Îles Mexicains qui reculaient à son approche, ‘et arriva enfin jusqu’au lieu où Gualimozin l’attendait avec ses soldats les plus aguerris. |
À linstant, et au signal donné par l'empereur, le bruit sourd et solennel du tambour sacré du dieu de la guerre se fait entendre près de la, du haut du principal temple. À ce bruit, qui leur est connu, ls Mexicains sont subitement animés d’un courage incroyable, et courent au devant de la mort qu'ils méprisent. Tout à coup les Espagnols sont attaqués de toute part, et surpris, harcelés dans
Ds UV ous les sens, ils ne peuvent opposer une plus lonos lauriers. , "aus 1e guc résistance, malgré leur bravoure et leurs con-
malssanccs dans l’art de la guerre. Ils se replient sur eux-mêmes, d’abord en colonnes serrées, len-
r aux danger e Guatimoit
avancer pli ues abandon que possibl®
lement, et en faisant face à Pennemi; mais comme à lout moment celui-ci devient plus nombreux et ls attaque avec plus de fureur, ils finissent par “uger moins à se défendre qu’à vciller à leur sûré, Hs rompent les rangs; Espagnols et Tlasca- TOM. II. 4
lans, infanterie et cavalerie, tout fait péle-mle vers l’ouyerture de la digue la plus voisine, qu'il trouvent occupée par un nombre considérable d’ennemis.
Cependant Cortez fait tous les efforts possibles pour rallier ses soldats; il ordonne, il prie, rien ne peut arrêter la confusion et la fuite de son ar mée. Sans rien entendre, sans rien voir, chacun se sauve comme il peut. Ils s’élancent par pelotons entiers en bas de la digue, par l'ouverture, s noient ou sont pris par les Mexicains. Cet endroit du lac n’avait malheureusement pas assez de profondeur pour permettre aux brigantins de s'en approcher pour les secourir.
Cortez , au milieu de ce désordre effroyable, oubliait dubirement son propre danger, pour ne s’occuper que de ses compagnons; au moment où il délivrait l’un d'eux des mains de l'ennemi, il fut lui-même pris par trois capitaines mexicains, qui l’emmenèrent en poussant des cris de joie. Deux de ses officiers voyant qu’on entraine leur général, prennent à l'instant même la résolution de ke délivrer au péril de leur vié. Is se précipitent à travers la foule des ennemis, atteignent ceux qui tiennent Cortez, leur font mordre la poussière, et trouvent eux-mêmes un glorieux trépas; mais Corte a recouvré sa liberté : il s'échappe, quoique dans ui état digne de compassion. Plus de soixante Esp
fait pêle-méle voisine, qu’il considérable
guols et mille Tlascalans avaient été tués ou faits risonniers, et tous
ez saignait à ce désastre affreux ; mais une scène | lus déchirante encore devait, à la fin du jour, se
lévelopper devant lui, et jeter dans son ame le dékspoir et l’horreur.
Dès que la nuit fut ven luminée. Le son lugubre lit entendre au milieu d
forts possibles , il prie, rien ite de son ar.
ir, chacun se par pelotons ouverture, se s. Cet endroit assez de pro.
ns de s’en ap-
ue, toute la ville parut des instrumens de guerre es joyeux cris des féroces ainqueurs, qui s’apprétaient à célébrer leur vicire par une horrible fête. L'illumination du temle principal était telle, qu’il fut aisé d’apercevoir à foule qui Pentourait, et les Préparatifs des prêtres ur égorger lerrs prisonniers : Spectacle affreux, üquel l'imagination des Espagnols ajoutait enre! Parmi les victimes, ils croyaient reconnaître, leur peau blanche, leurs infortunés camarades ; ils
ffroyable, oupour ne s’ocmoment où il nnemi, il fut exicains, qui le joie. Deux leur général, lution de le précipitent à ent ceux qu poussière, el s; mais Cortez pique dans pi oixante Espa
ant les hideuses idoles auxquelles ils devaient lre immolés ; ils croyaient même entendre distincnent la voix de leurs amis, au milieu des dou- il ureux hurlemens que poussa
L'on trainait vers l
et
larmes pour Prier quelque soulagement à la douleur qui
76 VOYAGES ET CONQUÈÊTES.
Pendant que ses soldats étaient dans la conster nation, ses ennemis, aù contraire, avaient sentis relever leur courage au point que, dès le lende. main matin, ils hasardèrent une sortie, et pour sèrent l’audace jusqu’à attaquer le quartier-géni ral, que les Espagnols et leurs alliés eurent toute les peines du monde à défendre. Mais ce qu'il] eut de plus redoutable encore, ce fut le résula
d’une ruse de guerre enfantée par Guatimozin pour hâter la ruine de ses ennemis. Il envoya, dan
toutes les contrées de Pempire, les têtes des Espa gnols qu’on avait égorgés, en faisant publier qui
le courroux du dieu de la guerre était apaisé paf
le sang de ses ennemis sacrifiés ; que, d’après sa di
claration, ces odieux étrangers seraient tous dif truits, et que, dans huit jours, pas un seul d’enlr&
eux ne souillerait le sol de l'empire.
La défection de tous les Indiens, alliés des E pagnols, fut la conséquence de ce stratagème. |l ne doutèrent plus un seul instant que leur dieu d la guerre n’effectuât ses menaces, et cette saper tition les fit rompre de suite toute liaison solidai avec des hommes dont la perte avait été décrèti par le ciel. Les Tlascalans eux-mêmes, abandonna leur cause, cotmencçaient à déserter, lorsque le g4 néral espagnol, pour arrêter cette défection total! recourut à un moyen qui eut le plus heureux sf cés, Iordonna que, pendant huit jours, on s’absiiq
dde tout
gantins tranché
RCuns se
Celui troisseme Conseils « à paix a fans mai de sauve:
ligues:
Die tout engagement avec l'ennemi, disposa les brigantins de manière à protéger sés troupes bien retranchées, et attendit ainsi, sans coup férir, l’époque que Guatimozin avait fixée.
Le délai fatal étant expiré sans que les Espagnols, dont la ruine avait été prédite, eussent uffert la moindre atteinte, les alliés virent qu’on savait induits en erreur. Honteux de leur sotie prédulité, ils embrassèrent de nouveau le parti des spagnols, plus que jamais décidés à coopérer au renversement de l’empire mexicain, qui leur était à charge. D’autres Indiens qui, abusés par leur foi aveugle, avaient regardé comme infaillible un oracle mensonger , crurent que, pour perdre plus Æsirement les Mexicains, cette idole avait bercé œux-ci d’un faux espoir, et revinrent également aux Espagnols. Ainsi le nombre des alliés, tant anciens que nouveaux, sc:2va en peu de jours d'une manière si rapide, que 150 mille Améri- Deus se trouvèrent rangés sous les drapeaux de Cortez.
ns la conster.
vaient senti se dès le lende rie, et pour.
quartier-géni.
eurent {oute Fais ce qu'il] fut le résult r Guatimozink L'envoya, dan$ ôtes des Espa
Er:
aient tous d in seul d’entr&
, alliés des E stratagème. | ie leur dieu d 4 cette super aison solidair it été décréti ;, abandonnat , lorsque le gi éfection totalé s heureux sui rs, on s’abstit
Celui-ci, loin de se laisser éblouir par cet acfroissement prodigieux de Pouvoir, écouta les conseils de la prudence. H alla jusqu’à proposer paix aux Mexicains, ainsi qu’il l'avait déjà fait
le sauver sa patrie ou de mourir, repoussa délhigueusement tout moven de conciliation, per-
fans maintes occasions ; mais Guatimozin, résolu :
78 VOYAGES ET CONQUÈTES.
suadé qu’il était que les liens qu’il pourrait formerR
avec les Espagnols ne seraient jamais, pour sa nx tion et pour lui-même, que des liens de servitude. Alors la lutte recommença de part et d’autre,
Cortez, se trouvant en mesure d'étendre ses forces,
bloqua la capitale de si près, qu'aucune espèce de vivres ne put y parvenir. En peu de jours les mil heureux habitans de cette ville. immense succom: bèrent par centaines, en proie à la famine et à peste.
Cortez cependant gagnait du terrain. Dès que les Espagnols avaient repoussé les ennemis d’un poste, il le confiait à la garde des troupes alliées, qui occupèrent ainsi successivement les ouvertures des di: gues. De cette manière on s'était déjà approché jus qu’à la capitale par trois côtés différens. Cependant le courageux Guatimozin opposait une résistance Opiniâtre et disputait le terrain pied à pied ; mai
les soldats de Cortez faisaient de rapides progrès,
incendiaient tout ce qu'ils avaient pris de vive force, et construisaient des fortifications pour s’abriter. Les trois colonnes avaient ordre de se réunir sur grande place. Alvarado fut le premier qui parvintà ce rendez vous. Cortez, qui avait pris le commande ment de la colonne dirigée par Olid, ne tarda pas à} arriver, et à se mettre à la poursuite des Mexicain
que la troupe d’Alvarado, déjà en ordre de bataille} venait de mettre en déroute. La troisième colonne}
condui temps, Déjà dela vi 1j0, AVC ché dar égale néral e flattant résistan combat.
disposé une SUS] tre con:
Pend élaient ( de limit tranquil cains is tre les E châtime quelque fit senti:
le boucl s'était, r armées, les défis nifestère
| conduite par Sandoval, survint presque en même lemps, et lé massacre devint hotrible.
Déjà lés Espagnols étaient maîtres des trois quarts de la ville et ÿ avaient allumé l'incendie. Guatimotn, avec les meilleurs de ses soldats, s'était retranché dans le quartier qui était encore libre. On avait également l'intention de $’en emparer; mais le général espagnol, désirant arrêter le carnage, el sé fattant que l’empereur se fatiguerait d’une vainé résistance, ordonna à son armée de suspendre lé combat, et offrit la paix encore une fois. On sembla disposé à accepter ses propositions, et il en résultà. une suspension d'armes de trois jours, mais sans autre convention.
Pendant ce temps-là, les deux armées ennemics élaient en présence, et un simple fossé leur servait de limites. De part et d’autre on était parfaitement tranquille, sauf quelques provocations que des Mexicains isolés et franchissant le fossé dirigeaient contre les Espagnols. Ces fanfaronnades recevaient leur châtiment , quelquefois par le mépris, mais aussi quelquefois d’une tout autre manière.C’est ce qu’on ft sentir à l’un de-ces braves, qui, portant l’épée et le bouclier d’un des Espagnols qu’on avait sacrifiés, s'était, nouveau Goliath, campé au milieu des deux armées, d’où, avec une fierté insolente, il adressait Des défis les plus i injurieux. Plusieurs Espagnols maà rifestèrent soudain l'envie de le punif de son afro
de servitude, t et d’autre, re ses forces, ne espèce de jours les mil.
ense succom:
mine et à la
n. Dès que le is d’un poste, es, qui occurtures des di:
approché jus s. Cependant ne résistance à pied ; ma ides progrès] de vive force, our S’abriter.
e tarda pas àJ les Mexicain re de bataille, ème colonne,
80 VOYAGES ET CONQUÈÊTES.
gance; mais Cortez réprima cette ardeur, se bornant à charger un interprète de crier à ce Don Quichotte
« qu’il pouvait aller chercher dix de ses semblables,
et qu’à cette condition il permettait à un jeune
homme aw’il lui désigna d’aller leur couper la gorge
à tous. » Ce jeune homme était Pun de ses pages, agé d'environ seize ans, nommé Marcado. Le Mexicain, devenu plus insolent encore par ce refus ironique, persista dans ses bravades et ses provocation.
Alors Marcado, se regardant comme chargé de ter- &
miner l'affaire, d’après la désignation de son géné-
ral, s’élance hors des rangs sans rien dire et avec uue telle impétuosité, qu’il est déjà loin lorsqu'on s'aperçoit de ce qu’il va faire. Il atteint le rodomont, et l'attaque si violemment, qu’il lui a bientôt fait mordre la poussière. Tandis que de hngs bravos ré: pondent à son action, il revient avec l’épée et le bouclier du vaincu, et dépose son trophée aux pieds de Cortez, qui l’embrasse avec une vive satisfaction,
et, pour le récompenser, veut de sa propre main lui
ceindre l'épée qu’il a si vaillamment conquise. Sur ces entrefaites, les Espagnols recevaient che
que jour de Guatimozin la promesse de venir en per # sonne discuter les articles d@paix; mais celui -ci n’avait d’autre but que de cacher son projet et de
bercer ses ennemis d’une sécurité trompeuse. 5es courtisans lui avaient fait croire qu’it n’avait d’au-
Es
“es
tre moyen d'éviter la mort ou l'esclavage qui le mt-h
nacaiell plus re troupes SOppos.
conder terminé
à qu'ils ic
conside lrent a l'objet € lac pou les brig pousser blessure avant, Corps.
Sand remplis plus gr:
cations Holgui: fut ler percut ( les ran las arm lit grâc l’honne l'épée à
,$Se bornant n Quichotte
semblables, |
à un jeune per la gorge e ses pages, lo. Le Mexirefus ironi- ‘Ovocations.
iaçaient qu’en se réfugiant dans les provinces les plus reculées de ses États, et d’y lever de nouvelles troupes à l’aide desquelles il pourrait de nouveau s'opposer à ses ennemis. Tout était prêt pour le seconder dans sa fuite. Les grauds de l'empire, déterminés à tous les sacrifices pour sauver le prince
à qu'ils idolätraiert, s’embarquèrent sur un nombre
argé de ter- à le son géné-
dire et avec in lorsqu'on e rodomont, bientôt fait œs bravos ré- > l'épée et le ée aux pieds satisfaction,
pre main Jui
)nquise.
‘evaient cha
venir en per-#
ais celui - €
projet et deÀ )mpeuse. 36 b
n’avait d’auve qui le me w] à
considérable de canots disposés à cet effet, et assailrent avec vigueur les brigantins, pendant que l’objet de leur sollicitude, Guatimezin, traversait le lac pour s’évader. Sandoval, qui commandait alors ls brigantins, fait d’inutiles efforts pour les repousser à coups de canon. Bravant la mort et les blessures, ils ramaient avec courage et toujours en avant, êt tâchaien: d'engager un combat corps à COrps.
Sandoval voit tout à coup au loin plusieurs canots remplis de monde qui voguaient sur le lac avec la plus grande vitesse. Devinant le but de ces embarcations , il leur fait à l'instant donner la chasse. Holguin, dout ie brigantin étaitle meilleur voilier, fut le premier qui le rejoignit. Aussitôt qu’on s’aperçut que son intention était d’en venir aux mains,
Lies rameurs s’arrêtèrent, les guerriers déposèrent
5 armes, et tous demandèrent en suppliant qu’on LE grâce de la vie à leur souverain. Enchanté de l'honneur qu’il devait à son étoile, Holguin s’élanec épée à la main dans le canot, où il disiingue bien-
LA
CT
82 VOYAGES ET CONQUÈTES.
, t le malheureux empereur aux marques de vénération dont il était entouré. Celui-ci s’avançant de lui-même avec une majestueuse fermeté : « Je suis » ton prisonnier, dit-il à l'Espagnol, et tout prêt à » te suivre. Je n’ai qu’une prière à te faire : c'est de » veiller à ce qu’on ait pour ma femme et pour ses » compagnes les égards qui leur sont dus. » À ces mots il se tourna vers l’impératrice, lui dit quelques paroles d'encouragement, et lui tendant la main, la fait descendre dans le brigantin. De ce moment fut
décidé le sort de tout l’empire du Mexique, qui, |
dans la personne de son monarque, tomba au pouvoir des Espagnols. On était au 13 août 1521. Holguiu s’empressa de conduire son illustre captif à son général. Celui-ci n’eut pas plutôt appris un évènement si important, que, transporté de joie, il alla au devant du prince et le reçut au bord du lac, en lui témoignant tout le respect que méritaient son
rang et sa valeur. L'infortuné Guatimozin parut |
sensible à cet acte de courtoisie, et suivit courageusement le général à son quartier. Là, s'étant assis un instant, il se leva, et, par la bouche d’un interprète, il dit à Cortez : « J’ai fait mon devoir. Je ne » sers plus à rien maintenant, et un prisonnier » comme moi doit être à charge à son vainqueur.
» Prends ce poignard, ajouta-t-il en indiquant celui |
» dont Cortez était armé, plonge-le dans mon cœur, » et tcrmine une vie désormais inutile. » À ces mots,
sa fem:
qui ém cherch s'éloigi el que que n°:
d'hum:
La} cains d maîtres miers } songea cet eni il fit ple tentem devaier de péri avec les consun mozin, {out ce Or IMF moins que tot
1 beaucor
leur ét:
conten!
contre |
ues de véné.
avançant de lé : « Je suis t tout prêt à ire : c’est de > et pour ses dus. » À ces dit quelques t la main, la moment fut
sa femme fit retentir l'appartement de cris déchirañs qui émurent vivement le général espagnol. Celui-ci chercha d’abord à consoler ces malheureux, puis il s’éloigna afin que leur douleur s’exhalât librement el que sa présence ne leur fût point importune. Oh! que n’a-t-il toujours suivi cet admirable sentiment d'humanité!
La prise de Guatimozin étant connue, les Mexicains déposèrent lès armes, et les Espagnols furent maîtres de la capitale tout entière. Pendant les pre-
exique, qui, E miers jours, ils ne se possédérent pas de joie, en nba au pou- songeant à l'heureuse issue de leur expédition; mais 11521. cet enivrement ne fut pas de longue durée; bientôt llustre captif à ;l it place à des murmures, à des paroles de mécon-
dt appris un té de joie, il bord du lac, ritaient son nozin parut | il courageus'étant assis d’un interevoir. Je ne | prisonnier | vainqueur.
liquant celui | s mOn CŒUT, | y À ces mots,
tentcment, quand ils virent par quel minime butin devaient étre récompensés tant de travaux et tant de périls. En effet, la majeure partie des maisons, avec les richesses qu’elles renfermaient, avaient été consumées par lincendie; d’un autre côté, Guatimozin, désespérant du salut de Mexico, avait pris tout ce qui se trouvait de pléfPrécieux dans le trésor impérial, et l’avait fait jeter dans le lac; du
que tout le butin rassemblé parut si minime, que { beaucoup de soldats dédeignérent la faible part qui leur était échue, et que tous firent éclater leur mécontentement, tantôt contre Guatimozin, tantôt contre leur général, qu’ils eurent l’audace d’accuser
moins en fut-il accusé par les Espagnols : de sorte
d’avoir soustrait, à son profit, la plus grande partie des trésors. Tous les moyens que Cortez employa pour les calmer furent inutiles. A la tête des mécontens parut le trésorier royal, Aldarète, qui, se prévalant des prérogatives de sa charge, exigea qu’on leur livrât l’emperéur et son premier ministré, pour les contraindre à avouer en quel endroit du lac les trésors avaient été jetés. Cortez qui, dans d’autres circonstances, avait su ténir tête à l’orage, céda cette fois à la demande de ces barbares. :
On mit à la torture Guatimozin. et son ministre, L'empereur endura avec une étonnante fermeté tous les supplices que ses bourreaux surent imaginer. On les avait tous les deux étendus sur un gril, sous lequel un feu ardent était allumé. Le ministre fidèle, qui avait suivi courageusement l'exemple de son maitre, poussa un grand cri en tournant les yeux de son côté, comme pour en obtenir la permission de tout révéler. Guatimozin, comprenant ce re « Et moi, lui dit-il avec » le plus grand calmé, suis-je donc sur des roses?» À ces paroles sublimes, le ministre ne dit plus rien, et mourut en héros sous les yeux de son maître. Cortez, dont les orcifles avaient été frappées du cri de cet infortuné, accourut plein de honte et de repentir, dans la chambre où se passait ce drame affreux, etArriva assez à temps pour arrach \r à la mort le malheureux Guatimozin.
M. ] vais dé l'expéd parlera le mên se renc cruel, ( ponse € certituc condui!
quer da mandé pas à Cr de gou raire p et le re
effraya lures, « {ourner Mais chef esp
rande partie tez employa ête des méèle, qui, se rge, Cxigea mier minis-
quel endroit >z qui, dans Le à l’orage, ares. :
n ministre, nte fermeté urent imäidus sur un allumé. Le ageusement rand cri en ne pour en ualimozin, dit-il avec des roses?»
ne dit plus eux de son at été frapat plein de ü se passait DS pour alOZin.
ENTRETIEN XVI
M. Huxter. — Une fois encore, mes enfans, je vais dérouler à vos yeux le tableau sanglant de l'expédition du Mexique ; après quoi je ne vous parlerai plus de cet empire. Tout le pays éprouva le même destin que la capitale; chaque province se rendit successivement et subit le joug le plus cruel. Cortez pourtant attendait toujours une réponse d’Espagne , et ce silence le mettait dans l’incertitude de savoir comment on aurait envisagé sa conduite. Après une longue attente, il vit débarquer dans le port de Vera-Cruz un vaisseau commandé par un certain Tapia ; ce dernier n’apportait pas à Cortez , comme il devait s’y attendre, le titre de gouverneur du Mexique; il arrivait au contraire pour le destituer, s'emparer de lui, le juger el le remplacer dans ses fonctions. Par bonheur pour lui, ce Tapia était un homme faible et sans art: le subtil Cortez lui opposa tant d'obstacles, dfraya sa timide imagination de si noires peinlures, qu’il jugea très prudent pour lui de relourner comme il était venu.
Mais les malheurs qui pesaient sur la tête du chef espagnol semblaient en vain s’être dissipés,
86 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Pour bannir ce chagrin , il fit passer à l’empereur Charles-Quint , quise trouvait en Espague , le plan détaillé de tout ce qu'il âvait entrépris, et déposa humblement à ses pieds la part du butin qu’on lui réservait. L'empereur , livré jusque-là au iracas de bien d'autres affaires ; avait chargé de cet examen des personnes ennemies de Cortez. Cette fois, il voulut lui:même prendre ce soin. C’est avec sur: prise et contentement que le jeuue souverain admira les belles conquêtes de Cortez, et la splendeur de cette glorieuse entreprise. Il l'approuva en tout point, l'investit de la qualité de gouverneur ct vice-roi de la Nouvelle-Espagne, et de plus dressa une commission pour déterminer les droits de Velasquez, qui gouvernait Cuba. Comme cela arrive toujours, celle-ci jugea cette affaire au gré de l'empereur ; en annulant et les prétentions de Ve. lasquez à diriger les pays conquis, et les plaintes fausses qu’il avait adressées sur la perfidie du chef espagnol. On l’indemnisa seulement de ce qu'avait coûté l'expédition ; et, pour l'abaisser bien plus encore, on lui défendit formellement de ne jamais entrepréndre aucun projet de guerre sans y êlre autorisé par le roi. Le présomptueux Velasquez ne put supporter cette double humiliation , et en perdit la vie.
De son côté , Cortez était on ne peut plus heu reux. JL reconstrüisit Mexico, qui devait être un
jour | exhor des pr tage nature déjà ac niers, furent
Mai:
un Car.
plus ch Il'entre reconqn rent re, ment le l'ordre probati.
ment le phits d quatre € vifs à ] cruel e tunés d’
Sur u timozin et cherc ce princ
CORTEZ, du
jour la ville la plus brillante de l'Amérique, et exhorta ses officiers au défrichement des terres des provinces. À cet effet, il fit entre eux le parlage «a territoire, et leur permit d'exercer sur les naturels la même tyrannie absolue dont ils avaient déjà accablé les habitans des iles. Comme ces deraiers, ils supportèrent le joug le plus barbare, et furent rapidement détruits.
l’empereur ue, le plan , et déposa n qu’on lui Lu tracas de cet examen ette fois, il jt avec sur:
averain adet la splen:
pprouva en uverneur cl plus dressa s droits de ame cela arre au gré de tions de Veles plaintes idie du chef > ce qu'avait ien plus enle ne jamais Sans y êlre x Velasquez tion , et en
Mais ce grand peuple, autrefois si fort, avait un caracière guerrier qui lui fit vendré sa liberté plus cher que ses oppresseurs ne l'avaient pensé.
I'entreprit plus d’une fois de briser ses fers et dé | reconquérir ses droits; de pareilles tentatives fu: rent regardées comme une révolte digne du chätiment le plus rigoureux, et l’on exerça , sinon par l'ordre formel de Cortez, du moins avec son apfrobation , des atrocités qui, pour toujours, impriment la honte et le déshonneur sur les vieux expoits de ce hardi guerrier. Soixante caciques et quatre cents de la nob'esse mexicaine furent brûlés vifs à Panuco, et, pour rendre ce spectacle plus ruel encore, on força les familles de ces infor: tunés d’être les témoins de leur fin tragique.
Sur un doute bien faiblement éclairci, que Gualimozin appuyait la rébellion de ses anciens sujets et cherchait à briser ses verroux; on s'empara de @ prince si noble, si intrépide , et on le peñdit
ut plus heuvait être un
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88 VOYAGES ET CONQUÈTES.
en plein jour dans la rue, avec les deux caciques de Tezeuco et de Tacuba.
Un si cruel assassinat doit flétrir la gloire de Cortez. Depuis ce jour la vengeance du ciel semble le poursuivre partout, en le rerdant le triste Jouet de l’ingratitude.
Des officiers espagnols expédiés à Moxico pour la gestion des revenus du roi, voulurent sans ordre étendre leur autorité , et s’arroger même un droit judiciaire sur le vice-roi. Mais Cortez, d’après le caractère que nous l'avons vu déployer, se
moqua de leurs tentatives, et ne cessa pas d’agir }
selon son propre gré; ceux-ci tracèrent à la cour
d’Espagne un tableau de son pouvoir despotique,, dans le but de faire soupçonner au roi et à son À
ministre que Cortez rêvait à son indépendance. On envoya donc à Mexico un commissaire chargé de scruter ses actions, et investi du pouvoir de le faire revenir en Espagne, s’il le jugeait convenable. Le vice-roi en fut averti; sa fureur était extrême de voir que c'était là le salaire des fatigues qu'il s’était imposées dans l'intérêt de son pays. Ses amis auraient voulu le décider à échapper au traitement ignominieux qu’on lui réservait, et à gagner son indépendance , en repoussant les armes par les armes; mais l’adversité rendit aussitôt à son ame cette grandeur qu'avait obscurcie l’enivrement de la bonne fortune ; il ne voulut rien faire de con
Audi
trai roi, SUP rebe
jugi de f l'art Espe de s se se blait bres bien cueil Nais:
Cora titre terre
M ses h de la abus.
néral nouy
du pa
Co
deux caciques
la gloire de du ciel semble le triste iouet
Texico pour la nt sans ordre ême un droit ez, d’après le déployer, se
essa pas d’agir É
rent à la cour ir despotique,
L roi et à son
indépendance, issaire chargé pouvoir de le it convenable.
était extrême fatigues qu'il pays. Ses amis au. traitement à gagner son nes par les ar- Ôt à son ame nivrement de à faire de con
traire à la fidèle subordination qu’il devait à son
roi, et, avec une ficrié généreuse, il se prépara à supporter linjure et l’ingratitude plutôt que d’être rebelle au pouvoir législatif de sa patrie.
C'était une idée bien pénible pour lui d’être
jugé comme un vil malfaiteur, dans ces lieux tant
de fois témoins de sa gloire ; aussi n’attendit.il pas l'arrivée de son juge pour retourner lui-même en Espagne chercher un refuge auprès de la justice de son roi. À la vue de ce grand homme, chacun se sentitpénétré de respect et d’admiration ; il sembit, en effet, surpasser les guerriers les plus célébres. La tranquillité peinte sur son visage détruisit bientôt les soupçons dirigés contre lui. Le roi l’accucillit avec leffusion de l'estime et de la reconnaissance, et lui prodigua ses bienfaits; il le décora du collier de l'ordre espagnol , lui décerna le litre de comte , et le mit en possession de bien des terres dans la Nouvelle-Espagne.
Mais lorsqu’il s’agit de le mettre en pied dans ses hautes fonctions, on vit du danger à l’investir de la même autorité dont on avait craint qu’il abusât ; il obtint seulement sa nomination de général, et le libre loisir de tenter des découvertes nouvelles. Pour ce qui concernait l'administration du pays , on établit un corps notable, qu’on appela Audience de la Nouvelle-Espagne.'
Cortez revint à Mexico; mais dès lors les peines
90 VOYAGES ET CONQUÈTES.
membres de l'audience opposaient des obstacles à chacun de ses projets. Pour se délivrer de leur surveillance , il s’élança une secondé fois à travers les tracas et les périls qui accompagneht toujours l'invasion des terres ignorées. Il arma une flotte de guerre sur la rive occidentale du Mexique, pout aller à la découverte de la grande mer du Sud. La découverte de la presqu’ile de Californie, qui abou-
tit à l'Amérique septentrionale, fut le prix de mille |
obstacles dangereux qu’il avait surmontés.
. À son retour de cette fatigante entreprise , ses adjoints ne cessèrent pas de lui causer bien des chagrins. Confiant en la justice de son souverain,
et encouragé par les faveurs dont ce dernier l’a. |
vait comblé, il:se décida à retourner en Espagne, pour exposer Fumblement à l’empereur les torts qu’on lui imputait. Mais il obtint un froid accueil ; à peine daigua-t-on l'entendre : on l’éconduisit
même d’une manière méprisante. Ce héros se vit, camme lé brave Colomb, délaissé aptès de nobles |
et dangereux travaux, réduit à la position la plus hoñteuse et forcé de réclamer, comme une aumône, la justice d’un roi sans reconnaissance. Triste et abreuvé de dégoüts, il passa six années dans des soins si étrangers à la fierté de son caractère et à sa ianière d'agir. Bientôt après la douleur et le ressentiment. d'un oubli si cruel ierminèrent ses
et les chagrins l’assaillirent sans interruption ; les
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glorieux jours. 11 mourut âgé de soixante-quinze ans , le 2 décembre 1545. Ses froides dépouilles , comme il l'avait expressément ordonné, furent portées dans la Nouvelle-Espagne. , 0