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de ses compagnons. Il termina sa harangue en les suppliant de lui indiquer comment il avait pu dé. mériter de ses amis pour qu'il en donnât de suite satisfaction. Alors les conjurés commencèrent à reprendre haleine, et dans le contentement de n’être pas connus, ils résolurent fortement d'être désormais, en toute circonstance, les fidèles compagnons de leur commandant. | C’est ainsi que le sage Cortez, en opposant un frein à son ressentiment, sauva les jours d’un grand nombre de ses so'dats, et, par cet acte de clémence, se fit autant de sincères amis qu’il y avait eu avant
de perfides parmi eux. Il savait combien l’oisiveté
pouvait lui devenir funeste. Aussi songea-t-il d’abord à donner aux plus pétulans, qu’il avait eu occasion d'apprécier, une occupation qui es empéchât d’ourdir de nouvelles trames. L'occasion vint bientôt s'offrir. On lui apprit qu’on avait tout préparé pour la construction de treize brigantins, et qu’il ne s’agissait plus que de transporter les matériaux de Tlascala à Tezeuco. Les porte-faix indiens pouvaient seuls secharger du transport; mais ils avaient besoin d’une escorte armée pour se garantir des Mexicains éparpiilés de tout côté. On réserva pour cette entreprise les conjurés repentans, et leur commandement fut confié au brave Sandoval, officier aussi prudent qüe fidèle, et que le chef espagnol pouvait honorer de toute sa coufiance.
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Les fatigues et les singularités de cette marche méritent qu’on en garde le souvenir. Au milieu marchaient huit mille Tamènes, portant des poutres, des mâts, des cordages, des voiles et des ferrailles. Quinze mille Tlascalans occupaient l’avant et l’arrière-garde et les flancs. Quelques Espagnols répartis parmi eux maintenaient l’ordre ct régularisaient la marche. Ce corps occupait l'étendue de plus d’une lieuc. À la tête paraissait Sandoval. Il avait confié
l'arrière-garde à un jeune Tlascalan nommé Chechimical.
THÉODORE. Qu’était donc devenu Xicotencatl?
on ne nous en parle plus.
M. Hunter. Il est mort. Ce jeune et brave héros rougissait de porter le joug d’un étranger, Peut-être aussi, plus prévôyant et plus avisé que les gens de son pays, voyait-i qu’en s’alliant avec l'Espagne, a nation devait un jour perdre sa liberté. Lorsque Cortez se vit obligé de revenir à Tlascala, il provoqua une émeute contre lui, mais son entreprise échoua. Ses compatriotes s’emparérent de lui Son père lui-même prononca son arrêt de mort, et le mit 4 pouvoir du chef espagnol, pour que cette sen-
Lience rigoureuse füt exécutée. Celui-ci, généreux
telle fois, e voulut pas que, pour lui, on fit couler
lsang d’un jeune patriote plein d'ardeur, du fils de Lion vieux et estimable ami. Il lui donna sa grâce et ne ibcr&, et le garda avec lui pour l'expédition de
Mexico.
68 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Tant d’indulgence ne put triompher de sa fierté; il ne cessa pas en toute occasion de condamner, avec l'assurance d’un républicain, les projets des Espagnols , et chercha à se gagner les cœurs de ses compatriotes. On porta contre lui une accusation au tribunal suprême des Tlascalans, qui mandèrent à Cortez : « Que les lois du pays punissaient de mort celui qui suscitait une rébellion dans une armée contre son commandant ; que c'était à lui d'employer toute sa sévérité envers le traître Xico-
tencatl, et qu’à son retour à Tlascala il n°y trou- k
verait pas des juges mieux disposés en sa faveur. » Cortez , encore une fois, voulut employer la douceur , et fit dire au coupable qu’il vint lui-même lui faire une exposition de ses griefs, et qu’on l’entendrait avec justice. Le fier Xicotencatl ne voulut pas céder, et expira percé de coups nombreux en se défendant contre les soldats qui, d’après l'ordre de Cortez , devaient l'amener de force.
On avait à parcourir une marche de quinze milles, È
presque toujours par des chemins inégaux et cou verts de montagnes. Dans cette marche pénible , ils étaient souvent inquiétés par une multitude de sot
dats mexicains; mais ceux-ci, voyant que de tou}
côté on était en disposition de résister, se repliaient toujours sans entreprendre la moindre attaque Pourtant , après bien des fatigues, Sandoval eut Le
bonheur d'arriver, lui et sa bizarre caravane; ik
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Tezeuco, où Cortez, plein d’allégreëse, le reçut avec Peffusion de la plus téndre amitié,
Pendant que la construction dés brigantins s'opérait, Cortez avait dépéché plusieurs officiers vers Hispaniola pour en obtenir quelques troupes, si cela se pouvait. C’était avec la plus vive impatience que depuis long-temps on attendait leur retour. Soudain lon apprit que quatre vaisseaux et un nombreux renfort venant d’Hispaniola étaient dans le port de Véra-Cruz. Ce renfort se composait de deux cents soldats, quatre-vingts chevaux , deux canonset une
sa faveur.» D quantité de munitions de guerre. Cortez et ses trou- »ver la dou- Æ pes en ressentirent le plus vif contentement. lui-même lui On redoubla de zèle pour la construction des bri-.
gantins. À Ja vérité, quelquefois les Mexicains {àchaient d’y mettre quelque empéchement, et même d'incendier les chantiers, mais la prudence de Cortez et le courage de ses soldats firent échouer leurs projets. Les travaux se terminérent enfin, et les b:igantins furent lancés sur les flots de la manière la plus solennelle. Cortez prit la résolution dassaillir la ville par trois endroits différens et au même moment. Ses troupes furent donc divisées en trois colonnes. Sandoval eut le commandement de là première, Alvarado commanda la seconde, et Olid la troisième. Le premier devait partir de Tezeuco , le second de Tacuba et le troisième de Cujoj Can, et chacun des trois devait s’avancer vers les
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70 VOYAGES ET CONQUÈTES.
digues, qui, du point de départ, conduisaient à Mexico. Cortez voulut prendre le commandement des vaisseaux pour leur prêter main-forte dans leurs attaques. Chacun se dirigea vers son poste. Alvarado et Olid démolirent sur leur passage un aqueduc d’une construction admirable, dont le conduit, grâce à l’adresse des Mexicains, procurait une eau douce des montagnes qui se trouvent éloignées de plusieurs milles de là. La privation d’eau qui en fut le résultat était le prélude de mille malheurs dont, par la suite, furent accablés ces infortunés,
À commencer de ce jour, tous les autres offrirent
le spectacle des scènes les plus sanglantes : un nom- “bre prodigieux de canotsluttaient contre les brigantins. Les ennemis postés sur les digues avaient à
repousser Parmée de terre, et se rendaient formi-
dables autant par leurs forces que par leur bravoure
opiniätre. Les frèles canots furent bientôt ou sépa-
rés ou coulés à fond ; mais du côté des digues les
Espagnols n’avaicnt pas autant d'avantage. Il est
viai pourtant qu'avec une difficulté incroyable ils
enlevaient quelques unes de ces fortifications
qu’avaient construites les Mexicains pour défendre
les ouvertures et y construisaient des ponts; mais
se rappelant avec douleur la Nuit de la Désolation,
ils se voyaient, chaque soir, obligés de regagner la
terre ferme ; et, pendant la nuit, les assiégés proli-
aient de leur éloignement pour réparer avec promp
titude ] sou{fér!
versé, « main qu alliés, é journée insensi}
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siégés prof- D
\vec promp-
litude les dommages que leurs fortifications avaient soulférts pendant le jour. Ainsi, malgré le sang versé » On n’avail pas plus fait de progrès le lende: main que la veille, et les Espagnols, ainsi que leurs alliés, étaient siexténués par les fatigues de chaque journée, qu’on avait licu de craindre de insensiblement succomber.
les y voir
A a d érut ENTRETIEN XY.
M. Huwren. Pour mettre uu terme à une lutte DU Meuririère que prolongée, Cortez résolat de porler un coup décisif, et fit tous ses préparatifs afin de dor ner le lendemain un assaut général ; où tonséqueuce, jl ordonna aux commandans de
haque corps de se porter sur la ville assiégée , d’ ‘ntrer de vive force, quelque obstacle qu'ils eussect franchir, et d'y prendre position. Il voulut commander en personne les soldats désignés pour atta- % dei » décidé , à tel prix que ce pt < e combat que lorsqu'il serait pe: entré dans Ja ville, ET asia nqne dns pos R ommenca ; les assiégeans et assiégés se présentèrent au combat avec la même
79 VOYAGES ET CONQUÈTES.
valeur et le même acharnement. Le corps à la tête duquel était Cortez, stimulé par l'exemple de son chef intrépide , se signala par une valeur prodigieuse. Tout cédait devant lui ; il franchissait successivement chaque ouverture ; il enlevait tous les retranchemens avec une ardeur à laquelle rien ne pouvait résister ; il mettait en pièces ou terrassail tout ce qui s’opposail à Sa marche, et poursuivanl
l'ennemi l’épée dans les reins, il pénétra dans la ca |
pitale au milteu de ses succès.
Le général songca à se conserver des moyens de retraite dans le cas où la fortune viendrait à le trahir. Il donna, en conséquence , à Julien d'Al drète, officier qui faisait partie du renfort récemment arrivé d’Hispanioia, l'ordre de rester en arrière avec un détachement suffisant, afin de con blér entièrement les ouvertures de la digue, per dant qu’il marchait en avant. Par malheur, cl officier regarda comme honteuse cette mission sans
péril, et ne jugea pas à propos de la remplir per-à
dant que ses compagnons cucillaient des laurier sur le champ de bataille. Loin donc de se conformer à l'ordre de son général, il suivit le mouvement, et se jeta’ dans la mêlée pour participer aux danger et à la gloire de ses camarades À peine Guatimozit fut-il informé de cette faute, qu’il fit avancer plu
sieurs corps considérables vers les digues abandon ce ordre d'en élargir autant que possible
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qui était Éspagn( terrain , le centre percheri été exéc goureusi approche {imozin aguerris À l'in bruit sot de la gu du prince ls Mex rage inc} qu'ils mi attaqués {ous les &
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