‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme]Chapitre 21 sur 49 · PART DS PERS · texte numérisé non relu

PART DS PERS

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pirent. Les voyageurs au désespoir craignaient à chaque instant que les vaisseaux ne prissent feu ; et pour comble de maux, une goutte cruelle tourmentait l'amiral et ne lui laissait aucun repos.

Eufn le ciel eut pitié de l’excès de sa misère; il survint une pluie si abondante qu’à peine pouvait-on se tenir sur le tillac. La chaleur, à la vérité, n’en fut que peu diminuée; mais du moins on se procura une boisson fraîche. Le calme cessa aussi; l'espérance revint dans le cœur de ces hommes presque mourants. Ils prièrent instamment Colomb de ne pas persister dans le dessein de courir au sud; et, se rendant à leurs instances, il fit mettre le cap à l’ouest.

On avait déjà couru plusieurs jours dans cette direction, lorsque tout à coup le matelot de garde fait entendre les cris de terre ! terre! L'île qu’on apercevait se montrait sous l’aspect de trois montagnes, d’où Golomb prit occasion de lui donner le rom de Trinité, qu'elie conserve encore aujourd’hui. Elle n'est pas loin de l'embouchure de l'Orénoque.

Ce fleuve, dans les environs de Trinidad, se décharge dans la mer avec tant de violence, qu’il rend la navigation extrêmement périlleuse. Les flots s’amoncèlent, se heurtent et se brisent dans ces parages d’une manière épouvantable ; et un vaisseau qui tombe dans ce violent tourbillon -= art grand risque d’être mis en pièces. Ceux de Colomb eurent ce malheur ; ils étaient parvenus avant que l’on s’en doutât au milieu de ce redoutable champ de bataille, où les vagues s’entre-brisaient : tour à tour élevéset précipités, ils étaient jetés en haut et en bas, à droite et à gauche, comme des volants poussés par des raquettes. Il lui fallut toute son “abileté pour sortir de ce dangereux pas par un détroit qui paraissait si horrible, qu’il l’appela la bocca del drago, ou la gueule du dragon. Le voilà entre Trinidad et la côte de Cumana, qui, comme vous savez, est une partie de terra firma.

Pierre. Colomb a donc aussi découvert le continent d'Amérique ?

M. Hunter. Sans doute; aussi était-il très-persuadé que cette terre ne pouvait pas être une île, parce qu'il en voyait sortir et se précipiter dans l'Océan un fleuve aussi considérable que l’Orénoque.

Pierre. Mais pourquoi n’a-t-on pas nommé ce pays Colombie, d'après son nom?

M. Hunter. C'est là sans doute, à son égard, une injustice que son siècle ne devait pas commettre.

CHARLOTTE. Pourquoi l'ont-ils nommé Amérique ?

M. Hunter. C’est ce que nous verrons dans la suite ; pour le moment nous devons tâcher de ne pas perdre de vue les vaisseaux de Colomb.

Convaincu qu’il avait enfin touché à la terre ferme du nouveau monde , il courut toujours à l’ouest le long de la côte et descendit plusieurs fois à terre. Il trouva que les habitants avaient beaucoup de ressemblance avec ceux de l’île espagnole, mais qu’ils faisaient paraître un peu plus d'esprit et de courage et qu'ils avaient le teint plus blanc. Ils se paraient également de feuilles d’or et de belles perles, qu'ils troquaient avec plaisir contre des bagatelles d’Europe. Un d'eux vint un jour, sans être accompagné de personne, joindre Colomb, qui était descendu à terre pour respirer un air frais. Il s’approcha de l'amiral avec confiance, lui ôÔta de la tête un bonnet de velours cramoisi et lui mit une couronne d’or. Colomb, présumant que c'était un cacique, le fit traiter avec distinction.

Ces Indiens avaient la tête enveloppée d'un mouchoir de coton de diverses couleurs, et le devant du corps, depuis la ceinture jusqu'aux genoux, couvert d'une pièce de même étoffe. Leurs cheveux étaient longs, mais coupés: et leurs armes, des arcs, des flèches et des boucliers.

Colomb se fût arrêté volontiers plus longtemps dans ce lieu pour reconnaître l’intérieur du pays; mnais l’état délapré de ses vaisseaux et ses infirmités l’obligèrent de renoncer à d’autres recherches et de cingler vers l'ile espagnole. Chemin faisant, il découvrit l'île Sainte-Marguerite, deve-

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