‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme]Chapitre 23 sur 49 · LEE MR RER SE PRISE · texte numérisé non relu

LEE MR RER SE PRISE

DE CHRISTOPHE COLOMB. 6l

nue si importante par la pêche des perles, et aborda enfin à sa colonie, espérant s'y délasser pendant quelque temps de ses soucis et de ses travaux.

TREIZIÈME ENTRETIEN

Fondation &e Saint-Domingue. — KRévolte de la nouvelle colonie. — Colomb étouffe la rébellion et envoie en Espagne la nouvelle de la découverte de la terre ferme. — Découverte de Vasco de Gama dans

l'Afrique. — Ingratitude de l'Espagne envers Colomb.

M. Hunter. Hélas! l'heure du repos n'était pas encore venue pour le pauvre Colomb. De nouveaux dangers et de nouvelles traverses l'attendaient dans cette relâche.

Don Barthélemy, son frère, avait conduit pendant son absence la colonie d'Isabelle dans une contrée beaucoup plus fertile, et il avait entrepris d’y bâtir une ville, qu'il nomma Saint-Domingue, en l'honneur de Dominico, son père. Cette ville, florissante encore de nos jours, a été longtemps une des plus considérables entre celles des Indes occidentales ; elle a donné son nom à toute l’île.

A peine Barthélemy eut-il fondé cette nouvelle colonie qu'il alla visiter avec une partie de ses forces les provinces de l’île où son frère n'avait pas pénétré, laissant à Saint- Domingue le grand juge Roldan avec le reste deses troupes ; mais ce méchant homme récompensa la confiance que l’on avait mise en lui par la plus noire ingratitude.

Il épiait depuis longtemps l’occasion de perdre les Colomh et de se rendre maître absolu de l’île. Le départ de Barthélemy et l'absence de l'amiral lui parurent une circonstance favorable pour l'exécution de ses projets; il en profita avec adresse et souleva contre Barthélemy et contre Diègue, son autre frère, les Espagnols qui étaient restés. La plupart se rangèrent de son côté. Bientôt il se fit reconnaitre pour leur chef, et ayant pris les armes contre l'adelantade,

62 VOYAGES ET CONQUÊTES il s'empara de tous les vivres et tenta de prendre d'assaut le fort que l’on avait construit à Saint-Domingue. Cependant il échoua dans cette dernière tentative par la vigilance du commandant, ce qui obligea lies rebelles à aller fixer leur séjour dans une autre partie de l’île, dont ils insurgèrent les habitants, et bientôt Saint-Domingue presque entière finit par entrer dans la révolte.

Pour surcroît de chagrin, Colomb apprit que les trois vaisseaux chargés de vivres qu’il avait détachés des Canaries n'étaient pas arrivés. Les tempêtes et les courants avaient écarté ces vaisseaux de leur route; et après avoir erré dans plusieurs régions inconnues, ils arrivèrent enfin à l’île espagnole, mais précisément sur la côte où Roldan et ses complices avaient établi leur demeure.

Le rusé rebelle, cachant sa révolte aux commandants des trois vaisseaux, eut l'adresse de leur faire débarquer une partie de leur monde, pour les conduire, disait-il, à Saint- Domingue. Ces gens, qui la plupart étaient le rebut des prisons espagnoles, n’eurent pas plutôt appris le vrai dessein de Roldan, qu'ils se rangèrent avec empressement sous ses drapeaux, espérant qu'il y aurait à piller : tel fut le premier fruit du conseil peu réfléchi que Colomb avait eu le malheur de donner lui-même !

Quelques jours après l’arrivée de l’aniral, ces trois vaisseaux parurent aussi à la rade de Saint-Domingue, mais sans être d'une grande ressource pour cet homme délaissé : car ils avaient déjà débarqué à l’île espagnole la majeure partie des troupes qu’ils portaient et consommé presque tous les vivres qu’ils avaient eus à bord. L’insolent Roldan, fier de sa supériorité, qui n’était que trop manifeste, se moquait hautement de la faiblesse de Colomb.

L’amertume la plus profonde remplit l'âme de l'amiral; et s’il n’avait écouté que son ressentiment, il se serait aussitôt mis à la tête du peu de soldats qui lui étaient restés fidèles et serait allé attaquer les traîtres, aimant mieux périr en essayant de les châtier que de survivre dans l’inaction à l’affront qu'il essuyait.

S > TO D ED EE RS EP D US LS NO UD de à D A M 0 LS MANS LE RGE ER "

Re nm s

lre d'assaut Cependant igilance du er fixer leur irgèrent les entière finit

ie les trois es Canaries nts avaient r erré dans à l’île espaet ses com-

ndants des irquer une 1, à Saintut des prirai dessein nt Sous ses le premier le malheur

trois vaisigue, mais e délaissé ; la majeure esque tous dan, fier e moquait

> l'amiral; serait ausent restés nt mieux ins l’inac-

à # a $ ré] , À

Mais, pour le bonheur de la colonie à son berceau, Colomb fut assez magnanime pour sacrifier son ressentiment à l'utilité publique. Il résolut de ne point venger son offense personnelle, mais de chercher à ramener à leur devoir, par la voie de la douceur, Roldan et ses complices.

Après beaucoup de négociations pénibles, il parvint enfin à son but, et eut la satisfaction d’avoir étouffé une rébellion si dangereuse sans verser une goutte de sang.

Il envoya ensuite un vaisseau en Espagne, pour informer la cour de la découverte qu'il avait faite de la terre ferme, ainsi que de la révolte qu’il venait d'apaiser. Aux échantillons des productions du continent, consistant en perles, lingots d’or et une quantité de toiles de diverses couleurs et d’un tissu très-fin , il ajouta son journal, où il avait écrit avec la plus grande exactitude la route de ses vaisseaux et tout ce qui s'était présenté de remarquable, Roldan et ses complices ne manquèrent pas aussi d'écrire au roi par la même occasion, pour inculper l'amiral et jusfier leur propre conduite; et le roi fut assez injuste pour ajouter plus de foi au récit calomnieux des rebelles qu'au rapport véridique de Colomb.

Nous allons, mes enfants, nous arrêter ici quelques moments pour jeter un coup d'œil sur une autre partie du monde où, pendant que nous étions occupés des Indes occidentales, il s’est aussi passé des événements d’un grand intérêt.

Vous vous rappelez que le roi de Portugal avait dédaigné les offres de Golomb; il ne tarda pas à s’en repentir. Pour réparer cette faute, il résolut de n’épargner aucune dépense pour trouver autour de l'Afrique le chemin de l'Inde orientale, que l’on cherchait depuis si longtemps. Dans cette vue, il fit équiper une escadre et en donna le commandement à un marin expérimenté et d’un grand mérite, nommé Vasco de Gama.

Des diflicultés qui paraissaient insurmontables s’opposaient à cette entreprise; mais Gama, comme Colomb, offrait le modèle de ces grands caractères qui ne se laissént

64 YOYAGES ET CONQUÊTES détourner par aucun obstacle des projets qu’ils ont une fois artêtés. En vain les côtes de l'Afrique, qu’il range sans les connaître, lui présentent leurs longues chaînes hérissées de rochers, d’écueils et de bancs de sable; en vain les orages et les tempêtes déploient leurs fureurs et cherchent à briser ses navires mal construits : il oppose à toutes ces difficultés un courage inébranlable; il les franchit, et gagne enfin la pointe la plus méridionale de l'Afrique, le cap de Bonne-Espérance. Mais ce ne fut là qu’un point de repos pour un génie aussi vaste que le sien ; il passa outre , et, remontant la côte opposée, il arriva à Mélinde, qui est situé sur la côte de Zanguebar.

Ce fut pour lui une surprise des plus agréables d’y trouver, au lieu des barbares qu'il avait rencontrés le long des côtes d'Afrique, une nation civilisée, et qui, à beaucoup d’égards, se rapprochait déjà des peuples d'Asie. Elle faisait un commerce étendu, professait la religion mahométane, et n’était pas étrangère aux arts des peuples policés.

Comptant sur les succès de son entreprise, il remit à la voile, et le 22 mai 1498 il eut le bonheur d'atteindre le but de ses vœux, la côte de l’Inde.

Jon. Quel est l’endroit où il aborda ?

M. Huwtrer. C’est à Calicut, sur la côte de Malabar, dans la presqu'île en deçà du Gange.

Gama vit avec admiration la richesse de ce pays, ses productions précieuses, la régularité de son gouvernement, ainsi que les mœurs douces des habitants. Mais, par malheur, il n'avait rien à bord qu’il pût donner en échange des riches marchandises de ces contrées; car les bagatelles dont les sauvages étaient si avides ne tentaient guère ces Indiens ; aussi n’y fit-il pas un long séjour ; il se hâta de retourner en Europe, pour porter au roi son maître la nouvelle de l'heureux succès de son voyage.

Ainsi, presque dans le même temps que Colomb découvrait le nouveau monde, une autre partie de notre globe, à la vérité déjà connue, mais dont les Européens n'avaient encore tiré que peu de parti, fut liée plus directement à

LE : - Ê k an CN ES GR ee A RSS ST DS D OS te SC RSS D SR A RSA ee de Dr dE Qt dé gel DE LE LR DE GE ARE D - L * : DS BE NN SATA MER EE, SSSR PRÉ REn PARPUES re REA RTE s

nt une fois ge sans les y hérissées 1 vain les cherchent toutes ces l, et gagne , le cap de | de repos utre , et, li est situé

d'y trou- > long des beaucoup , Elle fai- 1ométane, És.

remit à la dre le but

bar, dans

pays, ses rnement, par malange des elles dont e ces Inita de ree la nou-

b décou-re globe, n'avaient tement à

ERA AU TN PTE SRE R EE

Pa Æ

PTT MC Ne

Am X

Page 1