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prévoyant l'explosion de l’indignation européenne, ils la conjurèrent en expédiant un courrier qui avait ordre de faire mettre en liberté sur-le-champ Colomb et ses deux frères. Puis une invitation très-aimable de la reine appela l'amiral à la cour, et on lui remit l'argent dont il avait besoin pour y paraître d'une manière convenable et conforme à son rang.
Dès qu'il fut entré dans la salle où le roi et la reine l’attendaient, il se jeta à leurs pieds ; son émotion était si vive et si profonde, qu'il ne put parler ; elle lui avait ôté, en quelque sorte, l'usage de la parole. Enfin, remis de son trouble et fort de son innocence, il prononça d’une voix ferme un long discours, pour se justifier des calomnies dont il était la victime. Ses paroles convainquirent Ferdinand et Isabelle qu’ils avaient été indignement trompés sur le compte de l'amiral. A l'expression sincère de leurs regrets ils ajoutèrent des protestations nouvelles de leur reconnaissance pour Colomb; et, afin de lui prouver qu'ils étaient disposés à réparer les torts dont il avait à se plaindre, ils destituèrent Bovadilla.
Cependant leur politique, toujours défiante, trahit les craintes que leur inspirait le ressentiment de l'homme dont on avait méconnu le mérite et si mal récompensé les éminents services ; ils crurent qu'ils ne pouvaient sans danver lui laisser des fonctions qui lui rendaient la vengeance si facile, En conséquence, l'amiral fut retenu à la cour sous des prétextes imaginés pour flatter son amour-propre, mais dont il ne fat pas dupe; ils nommerent Nicolas Ovando youverneur des Indes occidentales.
Ce fut en vain que Colomb invoqua des engagements so-
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