‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 19 sur 76 · A DRE GE MER EE · texte numérisé non relu

A DRE GE MER EE

CHRISTOPHE COLOMBE. 129 consentira à faire exécuter l’arrèt, et un vaisseau va transporter les prisonniers en Espagne, avec l'instruction du procès où le juge avait si insolemment violé toutes les lois, ainsi que tous les principes de justice et d'humanité.

A peine le capitaine du vaisseau sur lequel avaient été embarqués Colomb et ses frères eut-il mis 4 la voile, qu'ému de pitié, pénétré de respect, il s'approche de son illustre prisonnier et veut lui ôter ses fers. «Votre prisonnier, répond l'amiral, doit rester tel qu’il a été confié à votre garde: ces chaînes que vous voulez m'ôter, je les porte par ordre de mes maîtres ; eux seuls ont le pouvoir de les détacher ; je les garde pour leur prouver mon entière obéissance. » Il porta donc ses fers jusqu’à son arrivée en Espagne.

Bovadilla, voulant priver les prisonniers de tout moyen de recours ou d'appel à la pitié dela reine Isabelle, avait ordonné qu'ils fussent remis entre les mains de l’évêque de Badajoz ; mais un pilote nommé Martin ne put voir sans compassion le malheur de l'amiral; il s’esquiva du vaisseau et accourui dans la capitale, pour présenter à la reine une lettre dans laquelle Colomb l'informait de tout ce qui avait eu lieu dans l'île Espagnole, et de la manière dont on abusait de son nom et de l'autorité déléguée à un scélérat.

En apprenant que Colomb était arrivé en Espagne, en lisant les détails que lui donnait l'amiral sur l’horrible traitement qu'on lui avait fait éprouver, Isabelle témoigna une douloureuse surprise ; car, à la cour, on était bien loin de supposer que Bovadilla pût se porter à de pareils excès. Ces violences exercées sur un homme d'un mérite supérieur et qui avait si bien mérité de la monarchie espagnole, furent hautement blâmées var Ferdinand et son épouse; et

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