‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 44 sur 76 · CES · texte numérisé non relu

CES

CORTEZ. 259 bracelets, des colliers et d'autres bijoux précieux en or, qui annonçaient chez les ouvriers mexicains une grande habileté jointe à beaucoup de goût. Mais les Espagnols ne se lassaient pas d'admirer deux globes d'une grande dimension; l'un de ces globes, en or massif, représentait le soleil : l'autre, en argent, représentait la lune. IE y avait aussi, parmi ces présents, plusieurs caisses remplies de pierres précieuses, de perles et d'or en grains.

Cortez accepta ces présents et parut trés-flatté des avances amicales que lui faisait l'empereur; alors ses deux ambassadeurs, enhardis par le langage bienveillant et Fair affable du général espagnol, crurent avoir trouvé une occasion favorable pour lui signifies, au nom de leur souverain, qu'il était impossible de laisser entrer des troupes étrangères dans la capitale, et de souffrir qu'ils prolongeassent leur séjour dans l'empire du Mexique; que l'empereur invitait le général espagnol et ses soldats à se rembarquer le plus tôt possible,

in entendant cette réponse, qu'ileut Fair de considérer comme une offense, Cortez déclara de nouveau qu'ilne pouvait se soumettre à la rigueur d'un pareil refus, et que son honneur et celui de son souverain lui défendaient de retourner dans son pays avant d'avoir eu avec l'empereur Montézume l'entrevue qu'il réclamait.

Qu'on juge de la surprise de ces Mexicains, de ces hommes habitués à courber leurs fronts sous la volonté toute-puissante de leur maître, en entendant le langage de audacieux qui osait non-seulement discuter, mais braver un refus du grand empereur! Anx yeux de ces esclaves, la réponse de Cor-

tez étaitun attentat horrible, un abominable sacrilége : aussi

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restérent-ils pendant quelques instants immobiles et muets. Lorsque enfin ils furent remis de leur trouble, ils prièrent le général espagnol de leur accorder un nouveau délai, afin de prévenir l'empereur de l'obstination du chef des étranuers ; Cortez souscrivit à la demande des députés, mais exigea une prompte réponse.

Quoiqu'il aflectât beaucoup de calme et d'assurance, il n'en était pas moins inquiet, et ses doutes sur l'issue de cette longue négociation livraient son âme à une vive et profonde anxiété ; car il ne pouvait plus se dissimuler la témérité de son entreprise, et s'abuser sur la puissance de l'État qu'il se proposait d'attaquer avec une petite troupe d'aventuriers qui devaient succomber tous, tôt ou tard. dans une lutte aussi inégale. Ces considérations ne larrèterent pas ; il persista dans son dessein, bien résolu à braver, à subirles conséquencesde son audace; car, d'un autre côté, pouvait-il retourner à Cuba, où l'attendait la vengeance de Velasquez, irrité de sa désobéissance aux ordres du gouverneur? Placé entre les risques d’une entreprise dont le succès devait justifier la hardiesse, et dans laquelle il succomberait du moins avec gloire, et la perspective d'une mort ignominieuse par la main du bourreau, il préféra le parti qui convenait le mieux à son caractère entreprenant, à son âme ambitieuse. I résolut d'aller à Mexico et de S'y frayer un chemin avec son épée.

Mais tous ses compagnons n'étaient pas aussi déterminés que lui. y en avait parmieux quelques-uns qui étaient restés attachés à Velasquez;: ils s'efforcèrent de faire partager leurs inquiétudes aux autres soldats, et de les exciter à demander

au général qu'il les reconduisit à Cuba. Ces menées furent

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CORTEZ. 255 inpuissantes ; elles échoutrent contre l'enthousiasme qui animait la plupart des Espagnols : ils espéraient trouver d'immenses richesses au Mexique, et d'ailleurs ils attendaient de Mexico une réponse favorable.

Cependant ils furent encore trompés dans leur attente : Montézume, bien qu'effrayé de l'obstination de Cortez, n’en persistait pas moins à lui refuser l'entrée de Mexico , et à vouloir éloigner les étrangers de ses États; ce fut Teutile qui apporta ce terrible message au général espagnol. Cette fois, Cortez se montra moins orgueilleux ; il voulait essayer de la modération auprès du monarque mexicain, et répondit avec une mesure calculée : « Que la religion des chrétiens mettait au nombre de leurs premiers devoirs linsuruction religieuse de leur prochain, et son initiation à des vérités qui assurent son bonheur éternel; qu’il avait été envoyé par le grand empereur d'Orient, son souverain, au Mexique, pour arracher le maitre de ce grand empire et son peuple aux erreurs et aux mensonges de la superstition et de l'idolätrie; que, pour parvenir à un aussi heureux résultat, il avait besoin de S’entretenir avec l'empereur, et qu’en conséquence , il était obligé de solliciter de nouveau, instamment, cette entrevue indispensable, »

Mais Teutile, indigné, fut sur le point d'interrompre l'interprète qui lui rendait le discours de Cortez; à peine pouvait-il maîtriser son impatience et son courroux. Il se leva, et avec l'accent de la colère, il répondit que, puisque les représentations amicales étaient sans effet, il allait être forcé d'employer des moyens plus eflicaces pour assurer l'exécution des ordres de son souverain, Dès qu'il eut pro-

noneé ces mots, Ilse retira préciptamment avec tonte sa

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