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menis, n'est pas la même qu'on conñaît aujourd'hui sous le nom de Vera-Cruz : Cortez devait bientôt transporter cette colonie à quelques milles, plus avant vers le Sud, dans une autre contrée qu'il jugea plus favorable à un établissement de ce genre,
Au moment où l'on faisait les préparatifs du départ, une circonstance heureuse servit les projets de Cortez. Cinq Indiens, envoyés par un cacique voisin, se présentèrent au camp des Espagnols, et sollicitérent la faveur d'être conduits devant leur général, Il consentit à les recevoir, et alors l'un d'eux lui déclara, par l'intermédiaire d'un interprète : « Que le bruit des hauts faits, des exploits glorieux des Espagnols à Tabasco, était parvenu aux oreilles de Cempoalla, leur maître, et qu'admirant le courage de ces illustres étrangers, il désirait devenir leur allié et leur ami. »
Cortez parut charmé de ces ouvertures amicsles et de cette proposition d'alliance; mais ile fut bien davantage en apprenant de ces ambassadeurs, auxquels 1l adressa diverses questions, que les vassaux de Montézume, et entre autres Cempoalla, ne subissaient qu'avec impatience la domination de cet empereur; que son orgueil et sa cruauté avaient rendu son jury insupportable, et que ses ennemis étaient prêts à profiter de la première occasion favorable pour se soustraire à sa tyrannie, Cortez, qui n'ignorait pas qu'un empire, si puissant qu'il puisse être, est bien près de sa ruine quand le souverain s'est aliéné le cœur de ses sujets, ne douta plus du succès de son entreprise, I renvoya les ambassadeurs , comblés de présents, et les chargea de
déclarer à leur maitre que le général espagnol allait bienté,
CORTEZ, 245 se rendre auprès de lui, D'ailleurs, il désirait visiter un pays qu'on lui avait représenté comme offrant un emplacement plus convenable pour l'établissement d'une colonie, que l'endroit où il se trouvait.
Il se mit immédiatement en marche avec ses troupes, pendant que sa flotte longeait la côte. A la fin de la première Journée, la petite armée espagnole rencontra un village indien entièrement désert; tous les habitants avaient fui de leurs maisons, Dans les temples , on aperçut quelques idoles, des ossements humains , restes hideux d’abominables sacrifices , et plusieurs livres; c’étaient les premiers qu'on eûL trouvés en Amérique; mais ils ne ressemblaient nullement aux livres d'Europe. Formés de parchenin ou de peaux enduites de gomme, et pliées en forme de feuillets, ils présentaient, au lieu de lettres, une grande variété de figures et d'emblèmes qui firent supposer, avec quelque ‘aison, que ces livres servaient à l'accomplissement des cérémonies du culte mexicain.
Le lendemain, les Espagnols continuèrent leur marche ; mais partout, Sur leur passage, les villages étaient abandonnés; cette solitude leur parut de mauvais augure, et ils craignirent que le cacique Cempoalla ne les eût trompés pour les faire tomber dans un piége. Cependant, le soir, on aperçut douze Indiens; ils portaient des vivres que le cacique envoyait aux Espagnols. Is étaient chargés , par leur maitre, de prier le général espagnol de s’avancer Jusqu'à sa résidence, qui, disaient-ils, n’était distante que d'un soleil; ce qui signifiait, en langue mexicaine, qu'elle était à une journée de marche. Là, des rafraichissements de toute
espece attendaient les étrangers.
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Mais on voulait savoir pourquoi le cacique n'était pas venu lui-même à la rencontre du général espagnol ; les Indiens répondirent qu'une incommodité retenait Cempoalla dans sa demeure. Cortez garda auprès de lui six de ces Indiens pour lui servir à la fois d'otages et de guides ; k:s autres furent renvoyés vers le cacique pour lui annoncer la prochaine arrivée des Espagnols.
Le jour suivant, l'armée espagnole arriva près de la ville qu’habitait le cacique, et qui était située dans un pays agréable et fertile; ses abords annonçaient de loin une cité assez importante, et en l'apercevant , les compagnons de Cortez témoignérent beaucoup de joie; on était près d'y entrer, lorsque plusieurs soldats, placés à l'avant-garde, vinrent annoncer que les murailles de cette ville étaient d'argent. Mais ce fut une déception cruelle pour les troupes de Cortez; elles ne tardèrent pas à s'apercevoir que la blancheur de ces murailles était produite par la chaux dont elles étaient enduites, et à laquelle les rayons du soleil donnaient un très-vif éclat.
Cette ville offrit aux Espagnols, au moment où ils entrèrent, un contraste frappant avec les autres villes qu'ils avaient rencontrées sur leur route; loin de fuir, les habitants encombraient les rues et les places pour voir entrer les hommes blancs, et jouir d’un spectacle nouveau. Toutefois, leur empressement n'avait rien de brutal et de grossier, et les Espagnols n'eurent pas à se plaindre des démonstrations d'une curiosité indiscrète ou trop bruyante. Quand on fut près de la résidence du cacique, on le vit paraître, et l'on put juger quelle espèce d’incommodité l'avait empêché de venir au-devant de ses nouveaux alliés; c'était
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