‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 48 sur 76 · CE A · texte numérisé non relu

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sa grosseur monstrucuse, qui lui permettait à peine de se remuer; un certain nombre de ses ofliciers le soutenaient pour qu'il pût se traîner en avant, et cette obésité qui le rendait si difforme, lui donnait en même temps une tournure si grotesque , que Cortez eut beaucoup de peine à garder son sérieux et à contenir la gaieté de ses soldats, très-disposés à rire de l'énorme majesté et des larges dimensions de son abdomen. Di reste, ce cacique était un personnage très-grave; il avait un brillant costume qui était formé d’un manteau de coton, couvert de pierres précieuses : il en avait à son nez el à ses oreilles, qui étaient percés d'outre en outre, pour recevoir des ornements de ce genre.

Les paroles qu'il adressa au général espagnol, en l'abordant, étaient pleines de bienveillance et de sagesse; à la fin de son discours, dont Cortez fut très-satisfait, il linvita à venir dans sa demeure, afin qu’ils pussent traiter plus à leur aise de leurs communs intérêts, Cortez se rendit à cette gracieuseinvitation,etreçut chezle caciqueunehospitalité quialla au-devant de tous ses besoins, de tous ses désirs; Cempoalla fournit également en abondance des rafraichissements de toute espèce aux Espagnols.

En s'entretenant avec ce chef indien, Cortez, qui voulait connaître ses véritables sentiments, et surtout ses dispositions à l'égard du souverain du Mexique, parla du but de

l'expédition des Espagnols ; il annonça au cacique qu'il

avait été envoyé par l'empereur d'Orient pour exterminer les oppresseurs des peuples qui habitaient cette partie de l'univers. Alors Cempoalla, enhardi par cette déclaration, laissa éclater la haine qui l'animait contre Montézume,

en plaintes amères, en violents reproches ; 1 peignit leni-

pereur du Mexique comme un despote singuinaire dont tous ses vassaux voulaient briser le joug. Telle était l'émotion de ce cacique, en traçant le tableau de la tyrannie de Montézume, que son visage était baigné de larmes.

Le général espagnol chercha à le calmer, à le rassurer, par la promesse de sa protection toute-puissante contre le tyran du Mexique, parce que Dieu secondait les efforts des Espagnols, et combattait avec eux.

L'armée se remit en marche le lendemain pour se rendre

à Quiabislan; c'était le pays qu'avait choisi Cortez pour y

fonder une colonie, Après avoir traversé des champs re-

CORTEZ. 247 marquables par leur fertilité et des bois très-agréables , on arriva devant la ville de Quiabislan ; située sur une hauteur, elle était environnée de rochers qui formaient autour d'elle une enceinte de remparts naturels. On n'y rencontra aucun de ses habitants, qui s'étaient tous enfuis à l'approche des

Espagnols ; mais lorsqu'ils furent parvenus à la grande place

de la ville, quinze Indiens parurent tout à coup. Ils sortaient d'un temple, et venaient saluer les étrangers, puis leur déclarer que leur cacique et tous les habitants retourneraient immédiatement dans leurs maisons, si on leur promettait qu'il ne leur serait lait aucun mal. Cortez leur parla de manière à les rassurer complétement , et bientôt la ville se repeupla ; le cacique lui-même avait ramené les habitants que la crainte avait fait fuir.

Ce cacique était venu au camp espagnol avec Cempoalla ; tous deux étaient portés sur des brancards. Ces deux chefs, dans l'entretien qu'ils eurent avec Cortez, exprimérent , avec beaucoup de vivacité, leur aversion pour le gouvernement tyrannique de Montézume , et provoquèrent ainsi, de là part du général espagnol, de nouvelles assurances de son appui pour aider les deux chefs indiens à briser un joug qu'ils déclaraient insupportable,

Cette conférence fut troublée et interrompue par larrivée de quelques Indiens eflrayés, qui dirent quelques mots à l'oreille des deux caciques ; ceux-ci, après les avoir entendus , parurent consternés, puis se levèrent et sortirent, Cortez les fit accompagner par quelques-uns de ses officiers. Peu d'instants après, on vit six officiers de Montézume, couverts de riches costumes et accompagnés d'une troupe

nombreuse d'esclaves, dont quelques-uns tenaient suspen-

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