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CORTEZ. 501 montrant à son peuple avec tous les attributs de la puissance, avec toute la pompe devant laquelle s'inclinait naguère avec respect la servile obéissance de ses sujets ; il croit que sa voix à conservé son ancien ascendant.
I revêt donc à la hâte son manteau impérial, met sa couronne sur sa tête et, rehaussant encore l'éclat deson costume par un ornement garni de pierres précieuses et dont il ne se parait qu'aux jours des grandes solennités, il sort de sa chambre accompagné des principaux Mexicains, qui étaient alors réunis auprès de lui. L'un d'eux étant monté au haut du mur, annonce au peuple surpris l'arrivée de son empereur, qui veut connaître la cause de ses plaintes, et offre à ses sujets sa médiation paternelle entre eux et les étrangers, qui sont aussi ses hôtes.
Au nom seul de Montézume, les Mexicains cessent de combattre et le silence succède aux hurlements dont ils faisaient retentir les airs. Alors le monarque monte lui-mème sur la muraille, et à sa vue, le peuple, pénétré de respect pour son souverain, reste silencieux, immobile. L'empereur cherche des yeux dans la foule ceux qui ont le plus d'influence sur elle : il les appelle par leur nom et adresse un discours au peuple, qui s'est montré si dévoué, si fidèle à son souverain, et combat avec tant de courage pour sa liberté,
Quand il eut cessé de parler, le silence dura encore quelques minutes ; ensuite on entendit un bruit sourd rausé par de violents murmures et qui s'augmentant successivement, se termina par de séditieuses vociférations, par de véhéments appels à la révolte.
Montézume voulut répondre et fit de la main un signe
pour récluner le silence; on refusa de l'entendre; les cris redoublaient; enfin une grande quantité de flèches et de pierres fat dirigée contre le monarque. Les deux soldats que Cortez avait placés à ses côtés s'empresserent de le couvrir de leurs boucliers ; mais il était trop tard. Déjà atteint de plusieurs flèches, il reçut à la tête une pierre lancée avec tant de force et de violence qu'il tomba sans connaissance aux pieds des soldats.
Le général espagnol fait aussitôt transporter dans sa chambre le prince, quine donne plus aucur signe de vie, et donne des ordres pour qu'on lui prodigue tous les soins que réclame son état désespéré; puis il veut aller venger luimème le malheureux monarque ; mais iln'était plus temps; à peine les Mexicains avaient-ils vu tomber leur empereur, que, surpris et effrayés tout à la fois, ils s'étaient dispersés: ils semblaient craindre que le tonnerre ne punit leur forfait, en tombant sur leur tête.
Cependant le malheureux monarque avait recouvré
l'usage de ses sens ; mais son état inspirait la pitié. Ilentrait
en fureur en parlant de indigne traitement que lui avaient lit éprouver ses propres sujets. IE expira en les maudissant et, jusqu'à son dernier soupir, il repoussa les instances des Espagnols, qui l'engageaient à embrasser la religion chrétienne,
Les Mexicains choisirent, pour succéder à Montézume, son frère, nomméQuetlavaca, etqui jusqu'alors avaitété cacique d'Istapalapa. Le premier acte du nouvel empereur fut la reprise des hostilités contre les Espagnols, et son début mili- {aire une entreprise qui leur fit courir de grands dangers.
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