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persuader aux Indiens que le meurtre d'un Espagnol était le plus grand des crimes, et rien ne lui paraissait plus propre à établir cette opinion que de condamner à une mort cruelle les premiers Mexicains qui avaient osé le commettre, et d’obliger leur souverain lui-même à se soumettre à une punition honteuse pour expier la part qu'il avait eue au crime de ses sujets.
La rigueur avec laquelle Cortès traita les malheureux Mexicains qui avaient osé porter leurs mains sur les Espagnols paraît avoir produit l'effet qu’en attendait Cortès. Montézuma demeura abattu et soumis. Durant six mois que Cortès passa à Mexico, le monarque continua de rester dans le quartier des Espagnols, avec l'apparence de la tranquillité et de la satisfaction, comme si ce séjour eût été de son choix. Ses ministres ct ses domestiques le servaient à leur manière accoutumée. Il prenait connaissance de toutes les affaires. Tous les ordres se donnaient en son nom. L'aspect du gouvernement paraissait le même, et, comme toutes les formes anciennes subsistaient, la nation, qui ne s’apercevait d’aucun changement, continuait à obéir au monarque avec la même soumission et le même respect. Les Espagnols avaient inspiré à Montézuma et à ses sujets tant de crainte ou de respect, qu’il ne se fit pas une seule tentative pour délivrer le souverain de sa prison. Cortès même, se confiant sur l’ascendant qu'il avait pris, permettait à Montézuma non-seulement d'aller aux temples, mais même de chasser au delà des lacs, accompagné d’une garde d’un petit nombre d’Espagnols qui suffisaient pour en imposer à la multitude et s'assurer du roi prisonnier.
Ainsi Cortés s’étant rendu maitre de la personne de Montézuma, son heureuse témérité valut tout d’un coup