LIVRE PREMIER
jamais perdu de vue la terre, mais qu’ils longeaient les côtes de si près, qu’ils ne pouvaient guère profiter de ces vents périodiques qui facilitent la navigation dans i’océan Indien ; aussi leur fallut-il dix mois entiers pour parcourir un espace qui, de l'embouchure de V'Indus à l’entréc du golfe Persique, ne comprend pas plus de vingt degrés. Il est probable qu'au milieu des troubles violents et des révolutions fréquentes que suscitèrent dans l'Orient les querelles des successeurs d'Alexandre, la navigation aux Indes, par la route que Néarque avait ouverte, fut discontinuée ; mais le commerce des marchandises indiennes qui s'était établi à Alexandrie non-seulement subsista, mais encore s’étendit sous lés rois grecs qui gouvernèrent l'Égyple, et devint une des grandes sources de la richesse qui distingua ce royaume. | Les Romains restèrent encore au-dessous des Grecs dans l’art de la navigation ainsi que pour l'esprit de découverte. Le génie du peuple, son éducation militaire, l'esprit de ses lois, concoururent à le détourner des objets de commerce et de marine : ce fut par la nécessité de s'opposer à un rival formidable, non par le désir d’étendre leur commerce, que les Romains aspirèrent à acquérir la puissance maritime. Ils ne tardérent pas à s’apercevoir que, pour obtenir la domination universelle, il fallait se rendre maître de la mer ; cependant ils regardèrent toujours le service naval comme un état subordonné, réservé à ceux des citoyens qui n'étaient pas d’un rang à être admis dans les légions. On trouverait difficilement dans toute l’histoire romaine un seul événement qui prouvat qu'ils vissent dans la navigation autre chose qu'un instrument de conquête. Lorsque la valeur et la discipline des Romains eurent subjugué toutes les puissances
maritimes de l’ancien monde, et que Carthage, la Grèce “et l'Égypte furent soumises à leur domination, ils ne prirent point l'esprit commerçant des nations qu'ils avaient conquises : ce peuple de soldats aurait regardé comme une dégradation du nom de citoyen romain de s’adonner au commerce. Ils laissaient les arts mécaniques, le négoce et la navigation aux esclaves, aux affranchis, aux habitants des provinces et aux citoyens de la dernière classe. Lors même qu'après la destruction de la liberté, les mœurs eurent commencé à perdre de leur sévérité et de leur fierté première, le commerce n'acquit pas une grande considération chez les Romains. La Grèce, l'Égypte et les autres pays conquis, quoique réduits en provinces romaines, continuèrent à faire leur commerce comme auparavant. Rome, étant la capitale du monde et le siége du gouvernement, attirait naturellement à elle toutes lesrichesses et les productions utiles des provinces. Les Romains, satisfaits de cet avantage, paraissaient souffrir sans peine que le commerce restat presque entièrement entre les mains des habitants de ces diverses contrées.
Cependant l'étendue de la domination romaine qui embrassait presque tout le monde connu, la vigilance des magistrats, et l'esprit du gouvernement, qui joignait l'intelligence à l’activité, avaient donné au commerce une nouvelle vigueur en lui donnant plus de sécurité; jamais il n'y eut entre les nations une communication aussi bien établie, une union aussi parfaite , que celle qui existait entre les parties de ce vaste empire. Le commerce n'était ni arrêté dans ses opérations par la jalousie des états rivaux, ni interrompu par des hostilités fréquentes, ni limité par des restrictions partielles; une puissance suprême faisait mouvoir et réglait l'industrie des hommes,
Grèce ils ne \vaient eune ner au hégoce itants
Lors œurs > leur rande etles Dmaipara gou- Psses , Sa-
eine
: les