‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 135 sur 191 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

par morceaux, assemblés et mis à l'eau lorsqu'il en aurait besoin.

Mais, tandis qu'il prenait de si sages précautions pour l'exécution de ses projets, il vit s'élever devant lui un obstacle formidable auquel il ne s'attendait pas. L'esprit

de mutinerie et de mécontentement éclata de toutes parts .

dans son armée. Plusieurs des compagnons de Narvaès étaient planteurs plutôt que soldats, et n'avaient suivi cet officier à la Nouvelle-Espagne que dans l'espérance d'y former des établissements et sans penser à s’exposer aux fatigues et aux dangers de la mer. Comme ils ne s étaient attachés à Cortés que dans les mêmes vues, ils n’eurent pas plutôt essayé l’espèce de service qu’on exigeait d’eux qu'ils se repentirent amèrement du parti qu'ils avaient pris. Ceux qui avaient eu le bonheur d'échapper aux dangers passés frémissaient à la pensée de s’y exposer une seconde fois. Dès qu'ils connurent les intentions de Cortés, ils commencèrent à murmurer et à cabaler secrètement, et, devenant de moment en moment plus audacieux , ils firent des représentations sur l’imprudence qu'il y aurait à attaquer un empire puissant avec les faibles moyens qui lui restaient, et demandèrent hautement de retourner sur-le-ch:::1p à Cuba. Cortés, quelque talent qu'il eit pour conduire les hommes, employa inutilement les raisons, les prières et les présents pour les persuader ou les adoucir. Ses anciens soldats, animés de l'esprit de leur chef, secondèrent en vain ses efforts avec la plus grande chaleur. Les craintes étaient trop violentes el trop profondément enracinées, et tout ce qu’on put obtenir des mutins fut de différer leur départ de quelque temps, en leur promettant de les renvoyer dès que les circonstances le permettraient.

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