‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 138 sur 191 · ET · texte numérisé non relu

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272 HISTOIRE DAMERIQUE.

à Cortés. L'Amérique même ne fut pas la seule partie du monde qui lui fournit ces secours inattendus. Un vaisseau, frété par quelques négociants, toucha à la Nouvelle-Espagne. Il était chargé de munitions de guerre qu’ils envoyaient vendre, dans l’espérance de faire de grands profits dans un pays dont la richesse commençait à être connue en Europe. Cortès acheta avec beaucoup d’empressement une cargaison qui était pour lui sans prix, et l'équipage, suivant l’exemple des autres, alla le joindre à Tlascala.

Par tous ces événements l’armée de Cortés se trouva augmentée de cent quatre-vingts hommes et de vingt chevaux, forces trop peu cuosidérables pour mériter qu'on en fit mention dans l’histoire d'aucune autre partie du globe; mais dans celle de l'Amérique, où Von voit constamment de grandes révolutions opérées par des causes qui semblent n'avoir aucune proportion avec les effets qu’elles produisent, ces petites circonstances prennent de l'importance parce qu’elles décident de la destinée des royaumes. Il est surtout à remarquer que les deux hommes qui ont le plus contribué au succès de Cortès, en lui fournissant si à propos ces secours, étaient, Pun son ennemi déclaré qui travaillait de toutes ses forces à le perdre, et l’autre un rival envieux qui cherchait à le supplanter. L'histoire de Cortés ne présente aucun exemple plus frappant du bonheur singulier qui accompagna toutes ses cntreprises.

Le premier avantage que tira Cortès de ces renforts fut de pouvoir renvoyer ceux des soldats de Narvaès qui demeuraient contre leur gré à son service. Après leur départ, il se trouva encore à la tête de cing cent cinquante hommes d'infanterie, dont quatre-vingts étaient

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