‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 137 sur 191 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

avait envoyé dans les iles pour y faire une recrue étaient encore incertaines et éloignées; mais une suite d’événements heureux et imprévus fit pour lui ce que toute sa sagacité et tous ses talents n'auraient pu faire. Le gouverneur de Cuba, qui avait regardé le succès de l’expédition de Narvaès comme infaillible, ayant envoyé après lui deux petits vaisseaux avec de nouvelles instructions, un renfort d'hommes et des munitions de guerre, l’officier à qui Cortès avait confié le commandement de la côte eut l'adresse de les attirer dans le havre de la Vera-Cruz, se saisit des vaisseaux, et persuada aisément aux soldats de suivre les drapeaux d'un chef plus habile que celui auquel on les envoyait. Peu de temps après, trois vaisseaux plus forts entrèrent séparément dans le même havre. Ils faisaient partie d’une escadre armée par François de Garay, gouverneur de la Jamaïque, qui, possédé de la fureur des découvertes et des conquêtes , comme tous les Espagnols alors établis en Amérique, avait cherché longtemps à pénétrer dans quelque partie de la Nouvelle- Espagne, et à partager avec Cortès la gloire et les avantages que pouvait attendre celui qui soumettrait cet empire à la couronne de Castille. Ces aventuriers avaient fait imprudemment leur descente dans une province où le pays était pauvre et le peuple féroce et guerrier, et, après une longue et cruclle suite de malheurs, la famine les avait forcés à se hasarder d’entrer à la Vera-Cruz et à se mettre à la merci de leurs compatriotes. Leur fidélité ne tint pas contre les espérances flatteuses et les grandes promesses qui avaient séduit d’autres aventuriers avant eux, et, comme si l'esprit de révolte fût alors contagieux dans la Nouvelle-Espagne, ils quittérent aussi le service du chef qui les avait engagés et se donnérent

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