‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 140 sur 191 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

brigantins, que pour faire de là ses approches vers la capitale avec plus de facilité. Persuadé qu'il importait à sa sûreté de disposer du cacique ou chef qui commandait dans la ville, il mit à sa place un Indien plus qualifié, qu'un parti de nobles lui désignait comme ayant plus de droits à cette place. Attachés par ce nouveau bienfait, le cacique et ses partisans servirent les Espagnols avec une inviolable fidélité.

La construction des brigantins, exécutée en grande partie par des soldats : des Indiens ignorants que Cortés était obligé d’employ à aider trois ou quatre charpentiers qui s'étaient heureusement trouvés dans son armée, ne se faisait qu'avec beaucoup de lenteur. Il ne recevait point le renfort qu'il attendait d’Hispaniola. Toutes ces circonstances l’émpêchaient de porter ses armes vers la capitale aussi promptement qu’il aurait voulu. Attaquer sans de nouvelles forces une ville si peuplée, si bien préparée à se défendre et si avantageusement située, c’eût été exposer ses troupes à une destruction inévitable. Trois mois s’écoulèrent avant que les matériaux de ses brigantins fussent prêts et qu'il eût aucune nouvelle des effets

-de sa négociation à Hispaniola; cependant il ne resta pas

dans l’inaction; il attaqua successivement différentes villes situées sur le lac et les soumit ou les détruisit, quoique les Mexicains eussent employé toutes leurs forces pour les défendre. Il n’en usa pas de même avec quelques autres villes ; il employa des moyens plus doux. Quoiqu'il ne put traiter avec les habitants que par l'intervention des interprètes, il n'avait pas laissé d'acquérir, par cette manière de communiquer avec eux, tout imparfaite et pénible qu’elle était, une grande conraissance de l'état

du pays et des dispositions des peuples, en sorte qu'il

TA ee RS Be

conduisit ses négociations et ses intrigues avec une dextérité merveilleuse et un succés étonnant. Plusieurs de ces villes voisines de Mexico avaient été autrefois les capitales de petits Etats indépendants. Quelques-unes n’étant soumises que depuis peu de temps à l'empire, conservaient encore le souvenir de leur ancienne liberté et portaient avec impatience le joug de leurs nouveaux maitres. Les marques de leur mécontentement n’échappérent pas à Cortès, qui profita de cette découverte pour gagner leur confiance et leur amitié. En leur promettant de les délivrer de la domination des Mexicains et de les traiter avec plus de douceur s'ils voulaient se réunir aux Espagnols contre leurs oppresseurs, il engagea les peuples de plusieurs districts non-seulement à reconnaître le roi de Castille comme leur souverain, mais à fournir à son camp des provisions en abondance età fortifier son armée de troupes auxiliaires. À peine Guatimosin se fut-il aperçu de cette défection parmi ses sujets, qu'il mit tous ses soins à la prévenir; mais, malgré tous ses efforts, l'esprit de révulte fit des progrès. Les Espagnols acquirent de nouveaux alliés, et le monarque indien vit avec douleur Cortés, armant contre l'empire les mêmes mains qui auraient dû le défendre, s’avancer contre Mexico à la tête d’un corps nombreux de ses propres sujets.

Cortés préparait ainsi la destruction de l'empire du Mexique en resserrant par degrés les limites de sa puissance ; l'exécution de ses grands desseins ne paraissait plus ni incertaine ni éloignée, lorsqu'il faillit à les voir renverser par une conspiration aussi dangereuse qu'inattendue. Les soldats de Narvaès n'avaient jamais été fort unis avec les premiers soldats de Cortès, et il s'en fallait bien qu'ils secondassent avec le même zèle que ceux-ci

ta bé at

dextéde ces pitales nt sourvaient rtaient es. Les | pas à er leur lélivrer ec plus ; contre jusieurs astille mp des troupes arcu de pus ses l'esprit irent de douleur qui auà la tête

pire du sa puisaraissait les voir qu'inatété fort bn fallait ceux-ci

Page 1